"Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules" : La culpabilisation ordinaire
Blabla avant le sujet :
Je sais bien que je suis peu présente en ce moment, mais si vous voulez bien m'envoyer des pensées positives le 15 et 16 mai, cela sera hautement apprécié.
Amour par delà les nuages.
Sujet du jour
"Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules" : La culpabilisation ordinaire
Merci ladepeche.fr
La joie d'internet, c'est qu'il permet de se décentrer deux minutes de son petit nombril. En ce moment, je suis incroyablement chiante stressée. Un petit tour par les site d'information, et j'ai changé d'humeur.
Maintenant, je suis furieuse.
La dépêche et sa culpabilisation gerbante
Voici un article racoleur où on nous raconte bien en détail le viol d'une jeune femme après le retour d'une soirée. Et qui se termine par une conclusion aussi conne qu'elle est culpabilisante :
"Régulièrement, à Toulouse, des jeunes filles sont victimes d'agressions sexuelles la nuit. Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules."
Tu l'entends autant que moi, ami lecteur?
Si si, tends bien l'oreille, il me hurle à l'oreille, à moi.
Ce cri moralisateur :
C'est
en
partie
de
ta
faute
meuf!
T'es rentrée chez toi toute seule, t'es rentrée chez toi la nuit, t'es rentrée chez toi après une soirée où tu as certainement bu, t'es rentrée chez toi après une sortie en boite où tu t'es surement faite jolie avant.
Tu t'es mise en danger, tu es donc en partie responsable de ce qui t’arrive. Bonjour le sexisme, bonjour la culture du viol, bonjour la société qui n'en peut plus de nous cracher dessus. En deux phrases, la journaliste nous prouve qu'elle a bien assimilé et appliqué avec respect les codes qu'on lui a inculqué. Et que l'on ne me dise pas que les mots n'ont pas d'importance, je viens de me taper deux ans d'études où l'on m'a enseigné encore et encore que tout est langage (kikoo-love Françoise Dolto) et que chaque mot est porteur de sens.
On ne parle du viol qu'aux femmes, et on leur donne des conseils sur comment l'éviter. On ne parle pas aux hommes, éternel absent des discutions sur le sujet (ô la douche ironie).
On me donne des conseils sur mon comportement en dehors du foyer.
Pourtant, sur le site de l'observatoire de la parité, on me dit que "9,3% des victimes seulement portent plainte parce que, dans 80% des cas, l’auteur des viols est connu de la victime, ce qui pourrait porter, selon certaines associations, le nombre réel de viols à 100 000 (par an)".
Je fais comment alors?
80 putain de pourcent des viol sont fait par des crevards qui connaissaient la victime. Qui savait qui elle était, qui connaissait peut être son prénom, qui savait qu'elle était un putain d'être humain.
Et qui n'en a, strictement, rien eu à foutre.
Ça me fout à l'envers. Et ça me met encore plus mal quand je sais qu'on essaiera encore et encore de nous faire porter une partie de la responsabilité. Depuis le jardin d'Eden, la faute sur notre sexe. Sur notre sexualité et notre séduction.
La journaliste de la dépêche nous incite à ne pas sortir seule, le reste de la société nous conseille de faire attention à ne pas porter de vêtements trop courts/trop serrés/trop décolleté. Pour ne pas se faire embêter dans la rue. Pour ne pas se faire harceler. Agresser. Violer. Rase les murs chérie et fais toi toute petite. N'attire pas le regard, plus petite parmi les plus petites.
C'est marrant, moi le seul conseil que je donnerais, ça serait celui ci :
"Range ta bite, garçon".
Commençons par le début. Foutez nous la paix. Avec les beaux jours qui reviennent, je me sens devenir de nouveau excessivement agressive. Mais comment dire? Les regards sur ma poitrine ne sont vraiment pas quelque chose qui me manquent durant l'hiver. Certains diront que "ohlala c'est la nature de l'homme/ c'est le jeu de la séduction" et autres conneries du genre.
Imaginez qu'une femme sur trois que vous croisez vous fixe l'entrejambe avec insistance.
Pas votre tête, pas votre regard. Votre entrejambe. Uniquement vos parties génitales. Vous fait sentir comme un pur objet sexuel, sans conscience, sans autre valeur que le combo testicules-pénis. Pas la couleur de vos yeux, ou votre parcours de vie. Ni votre prénom. Bite-couilles, et point.
Valorisant, hein?
Du haut de mes 25 ans, j'en ai par dessus la tête de subir votre sexualité dont je n'ai que faire. Et comme je suis pourvue d'une grosse poitrine, votre désir sexuel, je commence à bien le connaitre. Col rond ou décolleté, dès les beaux jours, c'est au moins un homme qui me matera uniquement les seins dès que j'irai chercher une baguette de pain.
Au moins.
Le message : "si je pouvais, je te baiserais bien". Alors que toi, t'es en train de réfléchir à si tu as assez de monnaie pour acheter ton pain + une chocolatine. A ton loyer en retard. A ta prochaine séance sur la conjugaison du passé composé.
Tu lèves les yeux, un crétin en plein dans tes eins. Youpi, party rock in the house tonight.
Ah oui, pardon. Dans la rue, je suis Nichon-Vagin.
Pardon.
Tu penses à comment articuler le socle commun avec les programmes officielles (prof reprezent for my people), et paf, retour à ta place.
Nichon-Vagin.
Ca me fait penser à cette vie de merde :
Aujourd'hui, j'ai vu une jolie fille dans le train. Pour attirer son attention, j'ai essayé de lui faire du pied. Elle a levé les yeux vers moi et m'a dit : "Recommence et je te casse les deux jambes." Message reçu. VDM
Elle m'a donné envie de hurler, car elle a fait écho à toutes mes expériences passées. Et à toutes celles qui ne manqueront pas d'arriver non plus. Quand j'y ai réagi, on m'a sermonné sur twitter en me disant que "les hommes ont bien le droit de tenter leur chance quoi".
C'est affreux, si je réponds que non? Je vous méprise quand vous venez m'emmerder dans la rue, je vous trouve petit et lamentable quand vous essayer d'attirer mon attention et que vous refusez d'écouter ce que disent tous les signaux que je vous envoie.
Parce que, pour votre culture les petits choux, la communication marche quand même beaucoup avec le non-verbal. Et ce n'est pas moi qui le dit, c'est ce cher Albert Mehrabian, professeur de psychologie à l'université de Californie, et qui a établi la règle des "7%-38%-55%".
Cette règle, elle est simple : 7% de la communication est verbale et passe par les mots et leur sens, 38% de la communication est vocale et passe par l'intonation et le son de la voix, et 55% de la communication passe par les expressions du visage et le langage corporel.
Et, à moins que je me trompe, cela m'étonnerait que la majorité des femmes affichent un langage corporel qui disent "Prends moi toute comme la vilaine suceuse que je suis". Cela veut donc dire qu'en temps normal, on passe outre ce que nous communiquons, et que notre propre envie est moins importance que celle de celui qui pose le regard sur nous.
Personnellement, comme je suis une très vilaine personne, je finis souvent par gueuler en pleine rue. Cela dépend de l'humeur, cela reste souvent un très sonore "putain!" en fixant la personne, jusqu'à mon préféré "oui je suis habillée comme une trainée monsieur". Quand je sens que je vais avoir un gros boulet devant moi, je passe en communication uniquement en langue des signes.
Rappeler vous que l'on ne vous doit rien. Vous voulez tenter votre chance, ne venez pas pleurer qu'on est désagréable. Je ne vous dois rien. Tu ne leur dois rien. Elle ne vous doit rien. Elles ne vous devront jamais rien.
Et par pitié qu'on arrête de nous bassiner avec l'idée que vous ne contrôlez pas vos pulsions. Je n'ose pas croire que 50% de la population se retrouve coincé à l'état de teckel qui se tape les mollets des gens qui passent.

Sans déconner
Range ta bite, garçon.
Range la quand tu penses à ton désir avant de penser à l'être humain que tu as en face de toi. Range la quand tu pense qu'une femme a pu avoir une once de responsabilité dans l'aggression qu'elle a subi.
Et je dirais même mieux : Range ta bite, fille.
Range la quand tu penses qu'on mérite ce qui nous arrive. Range la quand tu penses "celle la, elle le cherche" quand une fille courte vêtue passe devant toi. Range la quand tu penses que tu ne dois pas être dans la rue toute seule, ni trop tard, ni après avoir bu.
Range ton pénis, Claire L.
Ne nous donne pas des conseils pour qu'on ne soit pas violées.
Donne des conseils pour qu'on ne viole pas.
Sois avec nous, et pas contre nous. Et efface cette dernière phrase, qui pourrait faire beaucoup de mal à nombres d'entre nous qui ne mérite que ton soutien.
Range ton pénis, fille. Vite.
De Le printemps français, tu me fais honte.
Le blabla avant le sujet qui fait "ohh trouble trouble trouble":
O chère lectrice qui m'a reconnu au Colombus café de Bordeaux, sache que je t'aime d'amour de tout mon cœur. Et je m'excuse d'avoir été si peu loquace mais c'est bien la première fois que cela m'arrive. Mais c'etait vraiment l'une des surprise les plus sympa de 2013, merci encore.
Sinon, Meteora, l'album de Linkin Park, est sorti en 2003. Il y a donc 10 ans. Il y a certain coups de vieux qui sont incroyablement vicieux. C'était pour aller écouter cet album que j'étais allée pour la première fois toute seule chez mon petit copain de l'époque. Merci Chester Charles Bennington, ma découverte de l'anatomie masculine te doit beaucoup.
DIX-PUTAIN-D'ANNEES-DONNEZ-MOI-MA-CANNE.
Sujet du jour
De Le printemps français, tu me fais honte.
On va commencer par du simple, du facile à retenir :
L'homophobie est une violence. L'homophobie est une violence. L'homophobie est une violence.
Parce que ça va commencer à me plaire, cette histoire. Depuis des mois, vous ne cessez de trouver toujours plus de termes à la con pour ne pas afficher votre haine, qui dégueule pourtant dès qu'on interroge vos partisans dans la rue. Dès qu'on gratte un peu, on retrouve les "pd" et autres "anormaux" qu'on a l'habitude d'entendre. Des mois qu'on subit votre intolérance, bien planquée sous vos pull made in china (qui trouvent le moyen de couter 25 euros en plus : COUCOU LES SOUS)

Un papa, une maman, un joli pull (et 10 euros de frais de port)
(35 euros le pull, je meurs dans ma bave)
"La manif pour tous", je trouvais déjà ça limite comme nom. Genre on invite TOUT le monde a venir défiler contre une minorité qu'on déteste et à qui on refuse les même droits. Ah non, pardon, vous êtes "homophiles, pas homophobes". Vous aimez les homosexuels, du moment qu'un couple homo vaut moins qu'un couple hétéro, c'est ça?
Mais là, votre coup de vous scinder en deux et de nommer la deuxième tête de l'hydre "le printemps français", ça m'a foutu en l'air. En lien avec le printemps arabe qu'on a pu voir en 2010, qui faisait lui même référence au Printemps des peuples.
Le mouvement du moche : ICI
C'est quoi le rapport avec vous, au juste? J'ai vraiment honte de tout ce cirque médiatique, et de votre audace dans l'absurde.
Vous êtes morts pour vos idées? Vous avez combattu un régime autoritaire quelconque? Les manifestants des révolution arabes risquaient leurs vies (et certains en sont morts) pour des meilleurs conditions de vie, pour des emplois et un partage plus égalitaire des richesse. Pour un droit à la dignité.
Elle est où, la votre?
Quand votre seule revendication est d'interdire un droit à autrui?
J'ai honte, putain, j'ai tellement honte.
"Le Printemps Français est un mouvement spontané et populaire, profondément pacifique , dont toutes les actions se déroulent contre la Loi Taubira, strictement illégitime."
Expliquez moi, mes choux, comment un projet de loi peut être illégitime? Vu qu'il a été voté par l'Assemblée Nationale, qui est elle même légitime, qui a donc les qualités requises par la loi et le droit. Expliquez moi comment cela est donc possible?
Vous n'aimez pas cette loi? C'est votre avis. Et il ne fait pas le droit français, malheureusement pour vous et vos pull à capuche de kaillera bourgeoise.
"Depuis dimanche, les opérations de harcèlement des représentants du pouvoir se sont multipliées. Le Printemps Français les accompagne. Le groupe des « hemen » a interpellé le Préfet de police de Paris devant ses bureaux de l’Ile de la Cité, torses nus badigeonnés de slogans."
Les "hemen" ou "hommen" et leur action particulièrement ridicule :

PROTECT KIDS, YOU KNOW, WE'RE AMERICAIN!
(And peace and love)(and Liberté)(and torses nus)(and poils)
Le rapport avec les Femen? Aucun. Elles ont au moins le courage de ne pas se masquer, elles. Et qu'est ce que j'ai du mal avec ces images de poings levés, par contre. Cette histoire de "lutte" contre une avancée pour la vie d'autrui.
Mais il y a encore plus cons que ces images de tétons pointant dans le dur froid de mars.
Il y a leur affiche.

Vous êtes sérieux, là? Vous voulez vraiment qu'on en reparle, de vos gosses mis en premières lignes de votre manif? Quand vous avez eu la bêtise et l'inconscience d'amener des gamins à peine assez grands pour aller à l'école devant des barrages de CRS? Et quand vous osez ensuite nous parler des besoins et des droits de l'enfant?
Et puis le joli mot gazé en majuscule, point godwin pour rappeler la 39-45, ni vu ni connu. Si vous voulez jouer au jeu de "qui a été gazé en 39-45", puis je au moins vous rappeler l'existence du triangle rose? Puisqu'on en est à faire du pathos, autant y aller franchement.
Kévin, 12 ans, n'avait rien à faire contre un barrage de police. Kevin, 12 ans, est normalement sous la responsabilité de ses parents. Et selon la Convention relative aux droits de l'enfant (vous savez, ce que vous rabâchez en permanence "le droit de l'enfant, pas le droit à l'enfant, bande de sodomites!"),
"La responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux. Ceux-ci doivent être guidés avant tout par l'intérêt supérieur de l'enfant."
Et il ne me semble pas que l’intérêt supérieur de l'enfant soit d'essayer d'occuper la place de l’Étoile avec ses parents, alors que les forces de l'ordre défendent catégoriquement d'y aller. Il ne me semble pas que le bien être de l'enfant soit dans la peur et les mouvements de foule, tout ça pour l'interêt de ses parents et leurs idées.
Chers "Manif pour tous", "printemps français", "hommen" et autres mouvements aux noms offensant de bêtises, sur tous les enfants que vous promenez au fil des manifestations hivernales, certains d'entre eux changeront d'avis une fois adulte. Certains d'entre eux vous avoueront leur homosexualité, ou la cacheront en souffrance. Certains rejetteront votre vision du monde et votre esprit fermé. Dans 10, 15 ou 20 ans. J'ai confiance.
Vous savez, je suis fille d'élu politique de droite. Ne venez pas me dire que cela n'est pas possible de ne pas avoir la même vision du monde que ses parents. On peut grandir en croyant comme parole d'évangile toutes les idées de nos géniteurs. Ou on peut aussi rejeter leurs discours, une fois qu'on a dépassé de loin l'âge de 7 ans et qu'on rencontre le vrai âge de raison. A la majorité, ou même plus tard. Certains de ces enfants vous rejetteront, et il me tarde de voir ça.
Oh, et une dernière chose. Permettez moi de vous citer :
"Au-delà du mépris que nous essuyons tous (700 000 signatures ignorées, tailles des manifestations rabaissées, sondages tournés en faveur du mariage pour tous), les partisans du mariage pour tous insultent et menacent chacun d’entre nous"
Vous vous attendez à quoi, les petits choux? Bouh le gouvernement est méchant. Bouh personne ne nous écoute. Bouh vous êtes vraiment rien que des méchants à être agressif contre nous qui défilons pacifiquement.
Vous tentez par tous les moyens de nous trainer dans la boue, et il ne faudrait pas qu'on vous crache à la gueule? Il faudrait qu'on tende l'autre joue, peut être? Il faudrait qu'on soit aussi prétendument pacifiques que vos manifestations?
Vous dépensez des fortunes dans des mouvements qui affirment que ma langue dans la bouche d'une jolie fille et bien plus dégueulasse qu'une langue dans la bouche de son cousin à qui on est lié par les liens sacrés du mariage.
Vous faites pleurer des ami(e)s qui passent déjà leurs vies à subir l'homophobie au quotidien. Vous faites du mal à ceux que j'aime, et il faudrait en plus vous faire des sourires et des gestes de fraternité? On chantera tous autour du feu, et on sera tous heureux. Kumbaya my loooord kumbayaaaa.
Si je me mets à faire une manif "Un papa, une maman, c'est mieux quand on est blanc!" et qu'on vient m'insulter, j'ai le droit d'aller me plaindre dans les médias alors? De venir pleurnicher que c'est vraiment trop méchant, et que les gens ne comprennent vraiment pas mon message d'amour. Les vilains.
Mais vous vivez où? Dans quel monde?
Bien sur qu'on vous insultera. Bien sur qu'on sera agressifs. Bien sur que vos manifs me tordront le ventre et me foutront la haine. Me feront serrer les poings et les mâchoires. Parce qu'elles véhiculent l'intolérance, et que vous faites augmenter les violences homophobes. Parce que vous faites souffrir des gens, malgré vos faux sourires et vos pull trop chers.
Veuillez agréer, madame, monsieur, l'expression de mon plus profond mépris, et de ma plus profonde indignation à partager ce pays avec vous.
Ps : On ne lachera rien non plus. Jusqu'à la fin.
Edit 01/04/13 : Le ridicule n'a pas de limites :

Donc si vous êtes les résistants, ça veut dire que NOUS sommes les nazis, c'est ça? Oh oui, j'ai toujours voulu porter du Hugo Boss.
De le Valeurs Actuelles, et son (vieux) machisme bien puant
De le Valeurs Actuelles, et son (vieux) machisme bien puant
Je ne devrais pas être en train d'écrire cet article. Je devrais être en train d'être sur la rédaction de mon ô combien passionnant mémoire, et me plaindre sur twitter en faisant des citations.
Mais bon, on n'est jamais à l'abri du cri du blaireau.
Et en ce joli mois de mars 2013, c'est merveilleux, on a encore réussi à capter radio Londres.
Alors le père Denis, il nous raconte quoi dans son billet d'humeur?
Du vilain. Du très vilain. Du vieux machisme made in France bien comme il faut, option naissance en 1947 et idées bien arrêtées. Généralement, je me fous des opinions politiques, mais là il s'agit du deuxième du même modèle qui sort des bêtises ces derniers quinze jours. Non parce qu'on a aussi eu Jacques Myard, né en 1947 et de droite lui aussi dis donc, qui nous a balancé à l'Assemblée Nationale à propos des langues étrangères : "L'anglais, ça s'apprend quand on est en âge de fréquenter des petites Anglaises!".
Cimer les garçons, vous me faites chaud au cœur.

Hihihi bonne blague #directAN
Donc Nini, il commence son article en nous disant "La parité stricte homme-femme risque d’enclencher une guerre froide des sexes où nous laisserons des plumes."
Déjà, quand tu commences comme ça, je me doute qu'on va pas être en paix toi et moi. Mais bon, je me dis que ça peut encore coller toi et moi, qu'on peut faire des efforts chacun de notre côté. Toi d'être moins vieux réac, moins d'être moins vulgaire. Pense à nous Denis, ne nous ruine pas sur un coup de tête.
Après, tu m'as un peu compliqué la tâche avec tes lignes suivantes : Inversez les cadeaux de Noël et adviendra enfin le règne de l’androgynat, à des détails anatomiques et biologiques près."
Je sais bien, les gens vont encore parler sur notre couple Denis, mais je ne peux pas telaisser encore t'emporter comme ça. Tu sais bien pourtant que la parité n'est pas le synonyme du règle des femmes-lesbiennes-castratrices-tatoué-lesbiennes-à-moto. C'est dans ta tête, tout ça. J'ai déjà dis que je préférai que tu arrêtes de boire du café et lire de la S.F avant d'aller te coucher, elle n'est pas très "What else" ta paranoia.
"Pour l’heure, les hommes font le gros dos, rigolent en douce ou la jouent collabo. Ils se disent que ça passera, comme les orages de grêle ou les virus grippaux. À terme ils peuvent en avoir marre d’être culpabilisés, et traiter les nanas en rivales, l’arme au poing. Déjà, dans la sphère politique, ils commencent à les trouver envahissantes."
J'aime pas quand tu m'appelle "nana", Denis. Je n'aime pas quand tu me parles d'arme au poing quand je te parle d'égalité. Je n'aime pas quand tu me parles violence alors que je te parles de droit. Et j'aime encore moins cette idée sous jacente qu'on en demande trop en voulant briser les plafonds de verre. Et que dire quand tu abordes la politique Denis? Je vais encore finir par repartir chez ma mère, voila.
Parce que ce n'est pas possible que tu nous colles l'étiquette "envahissantes" quand on parle de démocratie. Ce n'est pas possible de signifier que la politique n'est réservé qu'à ta caste d'hommes vieux, blancs, et sortant des grandes écoles. Sur 65 millions de français, vous êtes combien? Quel est votre pourcentage, sur toute notre nation?
Parce que, il me semble bien que nous les femmes, nous sommes facilement 50% de la population. Alors excuse moi Denis, mais nous ne sommes pas "envahissantes", comme tu dis. Nous cherchons à prendre ce qui nous appartient. Tu sais, la république,liberté, égalité, fraternité, tout ça. On cherche à se faire élire démocratiquement, exactement comme vous.
"La femme a évidemment droit à l’égalité qui est un principe juridique, pas une finalité morale tant elle peut s’accommoder d’iniquités, voire en entraîner."
D'après mon petit dico, l'iniquité, c'est un "comportement contraire à l'équité, à la justice". Alors je te présente mes excuses, mais mon esprit de "nana" n'arrive pas à déchiffrer comment une égalité peut amener l'iniquité. Mon utérus a encore du migrer dans mon cortex cérébral. Je déteste quand ça m'arrive. Mais bon, si on doit en passer par des grands mots pour exprimer nos idées, je ne pourrais te répondre que ceci :
"Je voue mes nuits, a l’assasymphonie, aux requiems", Mozart.
Merci Denis. Regarde un peu ce que tu me pousses à faire.
"Mais en outre et en sus, la femme est la figure essentielle de l’imaginaire masculin, tantôt idéalisée, tantôt diabolisée, jamais réduite aux acquêts d’un individu aléatoire."
J'aimerais bien qu'on y revienne deux minutes à ceci. Parce que moi, personnellement, ça me gonfle un chouïa quand vous me renvoyez tout votre "imaginaire masculin" à la gueule quand je suis dans l'espace public. Je n'ai pas envie d'être idéalisée, ni diabolisée. J'aimerais bien qu'on me foute la paix, par exemple, pour commencer. Et que votre dualité Sainte/Putain, vous vous la gardiez pour vos recherches youporn. Je veux être cet individu aléatoire. Je veux être un individu Denis, pas ta pute, ni ta mère. Un individu comme toi, un rival à la limite vu que tu ne fonctionnes que comme cela. Un égal.
"Qu’elle prétende devenir une catcheuse, une sapeuse-pompière ou une magnate de la finance, pour singer le patois féminisé, je n’y vois nul inconvénient dès lors que subsiste entre les mailles de la fonction l’aura voluptueuse de l’éternel féminin. Aucun homme ne peut s’en passer, quitte à s’y laisser piéger."
On n'avait dit pas de coups bas dans les disputes Denis. Pas de moqueries basses et lourdes. Feminiser les mots en espérant nous rendre ridicule n'est pas très efficace. Mais ce qui passe encore moins, c'est encore cette idée qu'il nous faut ton aval pour vivre notre vie de femme. Qu'on ne peut être entière qu'en préservant une part de féminité, pour qu'on trouve grace à vos yeux. Peu importe vos aspirations mesdames, n'oubliez surtout pas de foutre du rouge à lèvre ou d'être maternante (COUCOU NATASHA). N'oubliez pas que le plus important, c'est le regard de l'homme sur vous, pas votre propre regard sur votre personne. Et n'oubliez pas que vous piègez les hommes, parce que vous êtes toutes des PUTES toutes descendantes d'Eve LA PUTE
Quand dans un studio j’affronte Audrey Pulvar ou Clémentine Autain, je suis comme un oiseau fasciné par un serpent. Impossible de ferrailler, leur raison est forcément la meilleure, en vertu du privilège de la séduction. La plupart des femmes en usent et elles ont bien raison. Les plus coquines en abusent et je leur donne encore raison.
Blablabla bande de putes tentatrices bla.

UN PAPA, UNE MAMAN
La même injustice m’a privé des avantages susceptibles d’arraisonner toutes celles qui m’enchantent. La psyché féminine survalorise volontiers les élégants de haute taille, c’est un fait que je déplore.
Et futiles en plus bla.
(...) voilà le fin mot de mon hostilité au néoféminisme made in USA. La texture de leur métabolisme, de leur émotivité, de leur sensualité, de leur créativité, de leurs chimères, de leurs hantises, de leur relation à l’enfance, de leur approche des réalités est foncièrement différente de la nôtre. Tant mieux."
Denis, mon amour, notre amour commun du bordelais ne suffira surement pas à sauver notre couple. Parce qu'en écrivant ce billet d'humeur, tu me rabaisses, moi et mes semblables XX. Tu es ce qui me mets le plus en rogne dans cette vieille génération qui assimile encore femme et éternelle adolescente. Voir éternelle enfant. Émotivité, créativité, relation à l'enfance...J'ai l'impression qu'on parle d'un gamin en cycle 2. J'ai l'impression de ne pas être prise au sérieux.
J'ai l'impression que tu te fous de ma gueule, Denis.
"En filoutant quelques planques avec la parité, la femme s’humilie et se dépossède. Elle mérite tellement mieux que cette aumône et elle peut apporter tellement plus à nos sociétés dont les rouages manquent de douceur."
Mais je ne veux pas être douce, BORDEL DE BITE. Je ne veux pas qu'on me parle de fleurs et de romantisme pour cacher le fait que je gagne moins qu'une paire de testicules. Je ne filoute pas en demandant d'avoir des postes à la hauteur de mes ambitions et de mon travail. EGALITE DENIS, EGALITE. La nouvelle génération est là, et elle est devant. Et on foutra des coups de pompes dans les rouages qui manquent de douceurs à force de se frotter à des poils de pénis rugueux. On s'humiliera, on se dépossédera. Si l'ultime humiliation et la perte de mon âme revient à me faire perdre mon statut de créature vaporeuse, tentatrice et surtout vaguement conne, je signe desuite.
"Ce qui nous ensoleillerait l’existence n’est nullement l’égalité des sexes mais une assomption de la féminité."
Ce qui m’ensoleillerait l'existence, c'est justement cette égalité que je réclame partout. C'est qu'un Denis vaille une Dame Fanny. Et que ma féminité, ou ta masculinité, reste bien sagement au placard quand on parle de choses de grandes personnes. Quand on parle de travail et de mérite, de prétentions salariales et de reconnaissance. Paire de nichons, ou pas. Poils sous les aisselles, ou pas.
J'ai bien peur que cela marque la fin de nous, Denis. Nos chemins sont trop éloignés l'un de l'autre, moi beaucoup trop dans l'avenir, et toi encore coincé au siècle dernier. Moi et mes allures de serpent, on se chargera d'aller faire mordre des pommes qui font prendre conscience à d'autres. Plein d'autres. Mon néofeminisme est comme tes clichés sexistes, il a la peau dure et risque de durer longtemps.
De le "Mettez du rouge", ou la campagne qui passe un peu à côté pour le 8 mars
Du blabla avant le sujet qui fait "don't want your money I've got my own I juste want your dirty love "
J’expérimente quelque chose de relativement nouveau depuis bientôt deux mois : Je suis en colère et agressive presque en permanence. Le reste du temps, je travaille. Géniale-ma-vie. Je ne peux pas en parler plus, et j'en ai encore jusqu'au mois de juillet. La plupart du temps, je refuse de voir mes amis et de les avoir au téléphone parce que je sais que je suis infecte. Et auto-centrée à mort, en mode "y'a que moi qui souffre les gars, tmtc".
Cette grosse connerie du mérite acquis par la souffrance. Miam miam la France, tu reprendras bien une cuillère de morale judéo-chrétienne ma fille.
Le seul avantage à ça, c'est quand même que je me fais bien moins emmerder dans la rue. Ça permet d'apprendre une chose que j'ignorais avant : L’agressivité fait gagner un temps un précieux lorsqu'une personne bourrée nous tient la jambe. Mon dernier "tu t'occupes de ta copine desuite sinon je la défonce" à un homme qui trouvait très drôle de nous laisser gérer sa cougar complétement raide/chiante/tactile a été d'une efficacité redoutable.
Je ne recommande évidemment pas mon attitude mais c'est indéniable : Les jambes écartées sur le siège et l'air menaçant, on doit casser un schéma.
Sujet du jour :
De le "Mettez du rouge", ou la campagne qui passe un peu à côté pour le 8 mars
Allez, je ne vous la refais pas : On est bientôt le 8 mars, et ça donne déjà envie de râper le visage des gens contre le goudron de l'A65. Chaque année, ça me donne l'occasion de virer des comptes de twitter, option non négociable, tu fais une blague puante, ciao mon gars et bonne route. Ta misogynie de merde et ton "tu feras la vaisselle demain ahaha", tu te les cales bien profond et peut être même que tu trouveras ton point G au passage. #bisous.
Cette année, il y a eu une initiative intéressante pour l'occasion de la journée des droits de la femme. L'opération "Mettez du rouge". Le problème, ce que je n'y adhère pas du tout. Et je vais expliquer pourquoi. Mais je ne m'aime pas trop quand même, de dire du mal d'une initiative pendant que moi, je ne fais rien du tout en retour. L'impression d'être un gros troll, en mode "ba c nul ske tu fé té moche lol", le derrière bien assis sur ma chaise en ne bougeant pas mon petit doigt.
L'opération, la voici :

Merci mais non merci.
Il n'y a rien qui me plait dans cette initiative. Et pourtant, j'aime l'idée du mélange des genres, et du féminin porté par du masculin (La preuve). Mais là, ça n'a rien à voir avec rien, et on se sert des codes pour n'en faire pas grand chose d'utile.
Encore une fois, désolée de reprocher à quelqu'un qui tente alors que je ne propose rien de mon côté.
Mais bon, le message que j'ai envie d'entendre, ce n'est pas "Moi homme, je m'engage à défendre les femmes, ces êtres faibles".
Moi, je veux entendre "Moi homme, je m'engage à ne pas emmerder les femmes, même quand je trouve ça drôle et que c'est juste pour RIGOLAY, même quand je suis bourré avec mes potes et qu'on s'amuse, même quand elles portent des décolletés/jupes courtes/ du rouge à lèvres, même quand elles sortent le soir toute seule"
Bien sur que je serai favorable à ce que tu viennes m'aider si je me fais agresser et que tu es à côté. Mais comme tu le ferai pour un homme, pour un enfant ou pour un vieux. Parce que l'article Art. 223-6 du code pénal, il dit que "Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende".
Et que si tu ne le faisais pas, j’essaierais de te faire raquer jusqu'à la troisième génération mon chou. Raboule la thune, vil couard!

Nemo censetur ignorare legem
(= La loi c'est pas pour ta mère)
Que tu portes du rouge à lèvres ou non choupi-chou, aides moi si on vient s'en prendre à mon intégrité corporelle. Et si tu ne peux pas, appelle la police, les pompiers, le samu, la boulangère, mais fais quelque chose. Parce que le code pénal te le dit, et parce que c'est humain. Pas parce que je suis vieille meuf qui ne peut pas se défendre toute seule. Parce que je suis le même humain que toi, et que je ferais pareil à ta place. Le mieux, ça serait surtout de commencer à nous aider quand on se fait emmerder dans l'espace public. Quand mon intégrité corporelle se porte bien mais que j'ai Jean Relou qui me gonfle, ou qui m'insulte. Ça serait bien urbain.
Mais la position de chevalier blanc qui vient à mon secours, mon dieu, c'est tellement malvenu quand on parle de viol. Je ne veux pas d'affiche parlant à ma place pour dire que je veux être secourue. Que j'ai besoin d'aide. Que je suis si faible et fragile dans la jungle de la vie.
De plus, les viols c'est rarement dans l'espace public. Je sais qu'on aimerait bien garder cette idée que les violeurs ne sont que des fous qu'on trouve dans des parking souterrains ou à la sortie des boites-de-nuit. Mais la réalité, c'est que c'est souvent à l’intérieur, que c'est souvent une personne connue de la victime (ce fait me fout tellement, tellement la gerbe).
Donc ton petit speech de "promis, je viendrais au secours d'une demoiselle en détresse", c'est un peu un coup d'épée dans l'eau. Évidemment que moi aussi, j'irais aider une personne en difficulté. Même ma grand mère et son arthrose clopinerait pour foutre des coups de pompes au connard. Cette phrase, c'est aussi con que "Moi, si j'avais une machine à remonter le temps, j'irais tuer Hilter parce qu'il est TROP BAD" (Alors que tout le monde chercherait surtout un moyen de se faire de la thune)(si, bande de menteurs)(et casser la gueule au petit con du collège qui se moquait de notre gros cul et notre absence de nichons).
L'autre point dangereux de cette campagne, c'est d'utiliser le rouge à lèvres. Le rouge à lèvres, et sa jolie symbolique de provocation, de côté sulfureux, du jolie cliché de la Salope-au-parfum-capiteux-et-aux-lèvres-rouges assoiffée de pénis. Porter du rouge à lèvres rouges, c'est comme le décolleté ou la tenue courte, c'est retenu contre toi s'il t'arrive une bricole. Genre tu l'as un peu cherché meuf.
"Tu l'as un peu cherché". Cette phrase à vomir qui dit que c'est un peu bien fait pour ta gueule, toi et ton envie de plaire, si on t'a frappé, si on t'a menacé et que t'as flippé pour ta vie, si on t'a infligé une relation sexuelle pendant que tu te débattais, ou pendant que t'étais paralysé(e) par la peur. Pendant que tu subissais un crime. Mentalité vérolée de sexisme ordinaire puant.
Encore une fois, je veux des campagnes qui ne disent pas "Ne sois pas violé(e)" mais "NE VIOLE PAS". Des campagnes contre la culture du viol. Si tu ne vois pas de quoi je parle, va voir ICI parce que ça t'apprendra des trucs. Si tu penses que cette culture n'existe pas, ce n'est pas la peine de venir le dire dans les commentaires parce que je ne te demande pas si tu crois au père noël. Je te dis qu'on vit dans une société où on cherchera toujours à savoir si la fille qui a été violée portait une tenue provocante ou qu'elle avait un comportement aguicheur.
Si tu me soutiens que ça n'existe pas et qu'on est vraiment trop méchantes, va te foutre en haut d'une grue, ça marche bien en ce moment. #bisousBis.
Je veux des campagnes du 8 mars qui font prendre conscience du sexisme qu'on vit tous les jours. Qu'on arrête de me dire en permanence que je suis hystérique quand je dis que mon sexe me dessert dans ma vie. Que je subis une discrimination que je ne subirais pas si j'avais des couilles (Y'A PAS D'OVULES DANS LES TESTICULES). Que les hommes puisse prendre conscience qu'ils ne vivent pas dans la peur du viol alors que nous, on nous plonge la gueule dedans dès qu'on peut.
Ne sors pas trop tard ma fille, n'invite pas n'importe qui ma fille, FAIS ATTENTION MA FILLE. Tout ce qui vient avec, retirer ses écouteurs la nuit pour écouter les pas des autres, les clefs dans la main comme poing improvisé. Qui ne l'a jamais fait? Je ne répéterai jamais assez que mon tiers provisionnel doit bien payer un peu du bitume de ma putain de ville, et que je peux bien le fouler de mon pied délicat à l'heure que je veux. Et même sans mon tiers provisionnel d'ailleurs.
Je ne vous veux pas comme mon sauveur. Je vous veux comme des gens qui réfléchissent et prennent conscience de ce qui reste à améliorer dans cette société de 2013. Qu'on doit faire encore beaucoup d'effort pour la parité, et pour l'égalité entre nous tous. On avance, petit à petit, chaque centimètre pris n'est plus à prendre. Je ne veux pas de rouge sur vos lèvres, j'y préfère une parole pour votre pote bourré la prochaine fois qu'il viendra draguer/emmerder la jeune fille à côté qui attend le métro. Ou même vos lèvres closes, mais un processus de réflexion dans votre tête sur ces fameux droits de la femme qui ne sont pas encore égaux à ceux des hommes.
Par avance, merci.
Des dragées pour Christine! Des dragées pour Christine!
Oyez Oyez brave gens.
Alors je sais bien, je suis extrêmement en retard dans les articles sur le blog. Ce n'est pas l'envie qui manque, mais bien le temps. J'essaierais de reprendre ce blog en main d'ici quelques jours.
Mais avant tout, je partage avec vous une page facebook dont la création me démangeait depuis bien longtemps.
C'est avec une joie non dissimulée que je vous présente : Des Dragées Pour Christine

hihihi les dragées roses, c'est pour les filles!
Parce que cela fait tellement longtemps que j’attends de pouvoir créer cette page, et cela fait tellement du bien de le faire.
Il s'agit, une fois la loi en faveur du mariage pour tous enfin passée, d'envoyer des ballotins de dragées au siège du Parti Chrétien Démocrate.
Sans rien d'autre. Peut être un petit carton "Vive les marié(e)s". Mais sans message de haine, d'insultes ou de violence. Ne pas rentrer dans ce jeu qui a été à la une de tous les journaux. Toute cette jolie homophobie cachée derrière des jolies familles qui étaient montées à la capitale spécialement pour cette occasion. Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants. Des ballons roses et des logos de familles unies, aimantes et équilibrées.
A vomir.
Je n'avais plus de mots à venir écrire ici, parce que rien ne passait d'autre que la colère et l'incompréhension.
J'étais tellement mal ces dernières semaines, à chacunes de ces représentations grotesques de ce que peut être l'intolérance quand on veut la déguiser avec des faux prétextes. Quand on utilise la religion comme bouclier, alors que celle ci prône aussi le respect et l'amour. Et ces saloperies jetées sur la place publiques avec de très jolis mots, et qui sonnaient pourtant étrangement pareil que "sale pédale!".
Pareil que "Si t'es lesbienne, t'as rien à faire dans ce bar, c'est pour les gens normaux ici!".
Pareil que le visage d'un ami à qui on a balancé un coup de poing juste à cause de sa sexualité.
Pareil que tout ce qui ne se dit pas, des regards insistants, des silences, et de toute cette partie de la population qui pense que l'homosexualité n'existe que dans les backroom dégueulasse, entre deux partouzes et des rails de coke bon marché.
Qu'on vous tolère déjà bien assez,vous les déviants, alors pourquoi réclamer plus? Cette jolie phrase entendue partout, tout le temps, pour toutes les causes. Pourquoi t'es féministe? En France c'est pas le pire, t'as vu la situation en Arabie Saoudite? En France, on vous respecte quand même!
Viens pas faire chier avec ton salaire en moins. Ne viens pas oser réclamer le droit de vote aux municipales, même si ça fait des décennies que tu vis ici. Paye des impots, des taxes. Aide à construire ce pays, mais ne viens surtout pas réclamer des droits en plus, sinon on saura te rappeler ta place.
Celle d'un sous citoyen.
Parce que c'est toujours mieux que ne pas être citoyen du tout, non?
Et tu vois bien que tu es différent, regarde comme tu n'es pas représenté dans les hautes sphères. Des hommes vieux et blancs, bon pères de famille surtout. Un, deux ou trois enfants. Une femme. Une famille. Un papa, une maman, t'entends?
Accepte qu'on te gerbe dessus depuis des semaines. Sur toi, sur ceux qui te sont chers. Sur tes amours passés, présent et futur. De la merde, tes amours. Sur ton supposé manque de valeur et de morale. Sur ta capacité à élever des enfants, qui sera surement aussi lamentable que ton mode de vie de suceuse héroïnomane, de goudou frustrée de bite.
Parce que sinon, la polygamie, l'inceste, l'insécurité, la fin de la France. A mort le cockring qui va faire chuter la civilisation.
Ne viens pas nous faire croire qu'elle et toi, c'est du sérieux. On n'y croit pas, ça manque d'homme pour assurer la solidité du couple. Va y, embrasse ta copine que ça nous fasse un peu bander, ça nous changera de taper "lesbian" dans youporn. Mais ne viens pas réclamer des droits pour ton couple, on sait bien que vous n'avez pas trouver la bonne queue, c'est tout, vous les lesbiennes.
Et n'osez pas me faire croire que votre couple de pédales vaut aussi bien que mon couple marié. Et qui fait la femme hein? Parce que c'est ça qui nous inquiète, qui nous affole, qui nous fascine plus que ta propre vie à toi. QUI.FAIT.LA.FEMME? Hein? Dites nous! Qui nous fait l'affront de prendre la place de cette personne qu'on dénigre ici en France depuis le stade génital. Qui a l'audace d'être pris et de ne pas prendre?
Et ce genre d'immondices va encore avoir la belle part pendant deux semaines. Encore plus fort. Encore plus loin. Les prières de Civitas dans la rue, et l'Assemblée Nationale et ses cravates qui sauront dire de beaux discours alarmistes pour faire trembler le contribuable dans ses habits d’honnêtes hommes.
Alors, en échange à cette partie de la société qui nous fout la gueule dans la boue jusqu'à nous asphyxier, je propose l'humour. L'ironie. De la puérilité. La sucrerie de dragées joliment présentée dans de la tulle.
Les dragées dans un ballotin, le ballotin dans une enveloppe, l'enveloppe dans la boite aux lettre.
L'adresse :
Parti Chrétien Démocrate
38 rue de Berri – 75008 PARIS
Et toute cette violence ne sera bientôt qu'un vilain souvenir. Tenace, rancunier, mais un souvenir qui, comme son nom l'indique, fera parti du passé.
Enfin.
(Et oui, je sais, beaucoup de vulgarité pour ce retour sur le blog, mais je ne vois pas comment on peut écrire poliment quand on nous crache des molards visqueux de haine dans la bouche depuis si longtemps).
De la joyeuse sainte catherine, et de la violence faite aux femmes : Happy 25 Novembre
Blabla avant le sujet :
Deux nouvelles :
Le truc qui me bouffe du temps et dans lequel je suis tombée comme une bleue : J'ai instagram
J'ai fais la connaissance de La Fille Renne qui, en plus d'être un être humain formidable, a un super blog où elle met en ligne ses photos (et où y'a même Ouam, mon keum, et même deux de mes cats, tasvu l'ambiance à l'ancienne cousine) : LA FILLE RENNE
Sujet du jour
De la joyeuse sainte catherine, et de la violence faite aux femmes :
Happy 25 Novembre
Vendredi soir, le téléphone sonne. A l'autre bout du combiné, j'entends un "Bonne fête ma fille".
Grand silence.
"C'est à dire?"
"C'est les catherinette aujourd'hui, donc bonne fête!".
Hormis le fait que ma très chère mère s'était complètement planté de jour, j'ai eu un sentiment extrêmement amer en raccrochant.
J'ai clairement détesté cette tradition. Les sous entendus, l'incipit, l'explicite, l'implicite. Quand, plus petite, j'ai vu mes sœurs la fêter, je trouvais ça drôle. Il me tardait d'y être. Et puis, mon tour est arrivé, sauf que j'avais acquis une conscience d'adulte, et ça m'est resté en travers de la gorge.
D'après joyeuse-fete.com :
"La tradition de Sainte Catherine remonte au Moyen âge. A l'époque, les filles de 25 ans qui n'étaient pas encore mariées revêtaient des tenues et des chapeaux extravagants et se rendaient en cortège devant une statue de Sainte Catherine pour la parer de fleurs, rubans, chapeaux ... Elles coiffaient Sainte Catherine dans l'espoir de trouver un mari !
A l'origine, la Sainte Catherine était la fête des filles de 25 ans qui n'étaient pas mariées.
Elles allaient au bal et celles qui voulaient trouver un mari se mettaient un chapeau complétement fou sur la tête. Elles y accrochaient des objets jaunes et verts pour se faire remarquer. "
Sainte Catherine, je t'en prie, va bien te faire cuire le cul.
Alors je sais bien, certains s'attachent aux traditions plus que de raison et adore tout ce qui est ancien, parce que c'est l'histoire de la France madame. Certaines aiment ce genre de festivals de l'indécence parce que le mariage est quelque chose qu'elles espèrent depuis toute petite et qui sera LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIE. Le genre de filles qui vendront des capotes déguisée en cochon le jour de leur enterrement de vie de jeunes filles.
Non, je ne juge pas.
Sur un blog, l'autre jour, j'ai lu "je vais (enfin) me marier".
J'ai eu un peu envie de m'ouvrir les veines avec mon pavé tactile.
Mais je sais aussi qu'on ne vit pas forcément nos 25 ans de la même façon. Je sais bien qu'avant, ne pas être mariée à 25 ans était surement honteux et gage de finir vieille fille et de couvrir la famille de honte. Je sais bien que maintenant, certaines autour de moi sont déjà mariées, ont même parfois des enfants. On a le choix d'avoir le choix à l'heure actuelle, et c'est très bien comme ça.
Mais personnellement, ma vie de mes 25 ans se résume à :
Est ce raisonnable d'acheter un tee shirt de Green Day (oui). Est ce raisonnable d'acheter des plugs pirate (oui). Par quelle ville commencer mon tour de France de juin qui possède le doux nom de "Copains et tatouages" (Lille? Nantes? Strasbourg?). Est ce que j'ai envie de bosser sur mon mémoire aujourd'hui? (non).
Alors moi et mon âge mental de 15 ans, on n'est pas ravie du tout de se prendre dans la gueule au détour d'une sonnerie dégueulasse d'iphone "T'es pas mariée bisous".
Et même si c'est pour la blague, si c'est juste pour rire "ohlala tu prends tout mal", on sait bien ce qu'on en pense de l'humour sexiste : L'humour est une chose trop sérieuse (il le dit de façon bien plus intelligente que moi).
J'aime beaucoup les traditions, et les petites choses d’antan qui nous rappellent la France d'autrefois. Mais pour une fois, je refuse l'héritage grossier du passé, celui qui véhicule bien trop d'idées réductrices. Je refuse de jouer le jeu ce coup ci.Je refuse de faire semblant d'avoir honte, même si c'est pour de faux.
Je refuse de croire que le seul plus beau jour de ma vie sera en robe blanche dans une mairie. Je refuse de croire qu'il éclipserait tous les autres. Tout ces plus beaux jours de ma vie, ces diplômes obtenues, ces retrouvailles avec les amis, ces moments incroyables dans n'importe quel coin du globe.
Mon plus beau jour de ma vie, c'était dans un restaurant végétarien de Chicago avec une amie très chère, c'était dans tous les pubs de Bordeaux avec ceux qui comptent, c'était l'échographie reçue en MMS. C'était ces moments dans les montagnes à pleurer de rire, et celui où j'ai crié "I love you" au crooner sur la scène devant moi. C'était le bébé éléphant vieux de deux jours, et le jour où j'ai hurlé sur un russe qui me dépassait de deux têtes et qui ensuite m'avait suivi bien docilement à la réception pour avouer qu'il était responsable de la porte cassée de notre chambre d’hôtel en Thaïlande, et de la plus grande peur de ma vie.
C'était mon élève qui avait écrit une très jolie phrase, et qui était tout fier en m'entendant dire que c'était magnifique. C'était le jour où j'ai appris que les très grands avaient tous réussi leurs examens. C'était le jour où j'ai traduis ma première conférence, avec les yeux des autres qui faisaient trembler ma main.
J'aime pas la Sainte Catherine.
J'aime pas les catherinette et leur chapeau.
J'aime pas qu'on me pointe du doigt pour des conneries d'un autre âge, même si c'est la tradition et qu'il faut respecter les traditions parce qu'il faut respecter le passé. On estime l'âge de la terre à 4,5 ou 4,6 MILLIARDS d'année. Donc le passé, y'a le temps de voir celui que tu préfères. Et ça m'étonnerais que ces connasses d'organismes unicellulaire s'amusaient à fêter la Sainte cath' "hihi Françoise t'es toujours pas mariée, mets le chapeau".

Nadine souffre beaucoup de son célibat
Surtout que le 25 novembre est déclaré depuis 1999 la journée internationale de lutte contre la violence faites aux femmes. Et ça, bizarrement, ça me parle plus. Quand on te dit qu'en France, ce ne sont pas moins de 75 000 viols chaque année, soit un viol toutes les 8 minutes. 10% de plaintes, et seulement 2% des violeurs condamnés. Ouais, t'as raison, vaut mieux porter un chapeau à la con, ça évite de penser au fait que les violeurs ne risquent quasiment rien à commettre un crime. Enfonce toi ton couvre chef jusqu'aux yeux, et évite de regarder.
Le Nouvel Observateur, sorti le 21 novembre s'intitule "l'enquête sur la face cachée du viol". A l’intérieur, Le Manifeste Des 313 contre le viol. Et ce soir, France 2 diffuse "Viol, elles se manifestent" (ICI). Et même si c'est violent et douloureux, c'est nécessaire aussi de prendre conscience de cette réalité là. Homme comme femme. Jeune comme vieux. Si les intégristes manifestent contre le mariage pour tous parce qu'ils ne veulent pas de cette société là, moi je leur pique leur idée dans ce cas.
Je ne veux pas de cette société là. Je veux plus de reconnaissance de la violence faites aux femmes. Je veux que disparaisse cette idée que si on dit non, ça veut peut être dire oui. Je veux l'égalité, car on attaque moins souvent un égal. On attaque quelqu'un qu'on estime plus faible que soi. Je ne veux plus de chapeau, de mascarade, et de case où me mettre parce que les femmes ne rêvent que de mariage et de fonder une famille. La violence commence comme ça.
Je ne veux plus être le sexe faible.
Et le 25 novembre est le bon moment pour ça.
Bon dimanche à tous.
17 et 18 novembre 2012 : Soldes sur l'homophobie, liquidation avant fermeture définitive
Sujet du jour :
17 et 18 novembre 2012 : Soldes sur l'homophobie, liquidation avant fermeture définitive
Bon.
Je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de mes mots sur ce billets. Je vais laisser la parole à toute la violence qu'on a pu observer ce week end. Samedi et dimanche, 48 heures d'homophobie crasseuse, avec Civitas pour clôturer le tout, la cerise sur le gâteau rance de leurs idées complètement arriérées.
On me disait trop agressive dans le billet précédent. Ce n'était rien, comparé à ce week end. Ce n'était rien comparé à des milliers de personnes qui préfèrent marcher sous la pluie pour brandir de la violence sur tissus blanc, des horreurs qu'on porte à bout de bras auxquels on rajoute un ballon de merde pour faire bon enfant.
Et le code couleur du rose pour rendre plus doux la violence de l'intolérance. Un joli rasoir dans un bonbon, une machette avec un ruban de satin. Lamentable et pathétique. Mais pas autant que le fait d'amener des gosses défiler toute la journée, visages enfantins scandant des saloperies apprises sans comprendre comme on apprendrait les vers de Prevert, il dit non avec la tête mais il dit oui avec le cœur. Gerbant.
Et toujours la même rengaine, je ne suis pas homophobe mais :
Je ne suis pas homophobe mais je crie "Pas de défilé pour les enculés" (j'en ai pleuré) :
Action des jeunes nationalistes contre le mariage homosexuel
Je ne suis pas homophobe mais je tabasse des femmes à terre, féministes et journalistes :

Yvan Bennedetti, leader des Jeunesses nationalistes (mais si, ceux du début qui ont assez de virilité pour hurler "pas de défilé pour les enculés)


Un gentil monsieur de twitter qui ne comprend pas pourquoi il n'a pas le droit de s'exprimer lui aussi. Et qu'on n'est rien que des violents barbares qui voulons lui supprimer son droit d'expression.

De la bêtise pure.

Je ne suis pas homophobe mais...

Et pour finir, le plus beau :

Quand vous luttez contre une oppression, ou pour faire valoir vos droits, l'argument qui reviendra le plus souvent reste celui ci :
Il y a plus urgent.
Madame, il y a plus urgent que le droit de vote pour vous. Il y a plus urgent que le pacs. Plus urgent que l'écologie, plus urgent que la parité, plus urgent que tes droits à toi.
Si on vous rétorque cette douce phrase, sachez une seule chose : Vous êtes sur la bonne voie.
La violence n’arrêtera pas le projet de loi.
En janvier, on sera encore là.
Et le 16 décembre, on sera dans la rue. Je vais essayer de monter sur Lyon pour ce jour là. Et s'il faut devenir de plus en plus militant, alors on le sera. Votre intolérance putride ne nous arrêtera pas.
De le mariage pour tous, et le retour de l'homophobie décomplexée
Sujet du jour :
De le mariage pour tous, et le retour de l'homophobie décomplexée
Je m'en doutais, que la proposition de loi pour le mariage pour tous allait créer des incidents et des débats plus ou moins politiquement correct.
Mais là, cet espèce de tsunami de matières fécales me dépasse complètement.
Les prochains mois risquent d'être moches. Surtout quand le citoyen lambda se met soudain à penser qu'il vote les lois, et qu'il peut donc donner son avis partout à tort et à travers. C'est long.
Ca a commencé avec es manifestations dégueulasses contre le mariage pour tous organisé par l'association Vita (à fleur de toi), avec le magnifique slogan : Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants. Miam miam miam.
Pour l'amour de (votre) dieu les gens, vous ne voulez pas plutôt prendre un tournevis et vous l'enfoncer dans le globe oculaire, genre très profond, et tourner plusieurs fois dedans?
Vous me fatiguez avec vos têtes de petits-moyens-vieux bourgeois, j'ai l'impression d'être à Bordeaux centre à chaque fois que je vous vois. Vos pulls sur les épaules, vos polos et vos chaussures bateau où vous vous sentez surement très droit dedans.

Piou piou je suis un oisillon et je prends de la drogue

Kikoo je passe à la télé.
Du coup, j'étais un peu comme ça :

(oh Grave Encounters, love pour la vie)
Mega honte.
Mega, mega honte.
Et comme j'avais décidé d'en finir avec la vie, de voir des avis différents du mien, je suis passé voir mes amis de France Jeunesse Civitas et petits pois.
Ils avaient fait un nouveau post.
Je crois que j'ai encore cassé mes ovaires.
Je ne saurais dire à quel point je suis fasciné par cette théorie du complot du lobby gay. Ca m'émeut, je me crois toujours dans un James Bond et je me mets à espérer l'arrivée de Daniel Craig nu.

Daniel, sauve moi de ce vilain lobby pédérastre
Alors que non, c'est toujours les mêmes têtes de choux d' intolérance.com/on-aime-pas-les-pd :
"Le lobby gay était sur le point de réaliser le rêve des militants d’extrême gauche depuis un siècle : détruire le mariage bourgeois. Le réclamer pour les homosexuels aura été la dernière ruse de ces militants aguerris, l’embrasser pour mieux le tuer, le parodier pour mieux l’achever. Mais le lobby a vu trop gros : il tenait le mariage, il voulait les enfants… »
"Touchez pas aux enfants ! répond progressivement l’écho du pays réel face à cette gigantesque supercherie, qui prétend ajouter un droit à certains sans en retirer aux autres"
Oh, ce merveilleux point qui apparait dans la bouche de tous les homophobes qui ne s'assument pas comme tel :
"On fait ça pour les enfants"
Ça réchauffe mon petit cœur pervers ça. Savoir que des milliers de personnes se battent pour l'avenir hypothétique d'enfants qu'ils ne connaissent même pas.Tant d'altruisme dans le pays, tant de grandeur d'âme. Tant de spécialiste en droit de l'enfant, en pédopsychiatrie, en éducation spécialisé. Tant de gens qui n'ont pas besoin de faire des études pour être qualifié, parce que eux, ils Savent La Vérité.
Tas de cons.
Si le bien être des enfants vous intéressent tant que ça, et vous amènent même à faire des manifestations, venez rejoindre le secteur du handicap. On manque cruellement de gens pour faire avancer l'intégration des enfants handicapés. Venez nous rejoindre, et utiliser votre temps pour aider des gamins qui ont besoin que la société évolue dans leur sens.
Ah non?
C'est pas intéressant ça? C'est parce qu'il leur manque des membres, ou un sens et que ça vous fait peur?
Ou c'est parce qu'au fond, les gamins que vous ne connaissez pas, vous vous en branlez? Genre méchamment?
J'aimerais que s'arrête cette vulgaire imposture de vouloir cacher son homophobie latente derrière une poupée de chiffon. S'il y a autant de gens dans la rue contre cette mesure, c'est parce que l'homosexualité fait peur encore à une partie de la population complétement coincée du bulbe. Que ce qui ne rentre pas dans le moule effraie, et entraine parfois la haine.
Il/elle n'est pas dans la norme, cela m'inquiète et me fait me remettre en question, j'ai peur, je me bloque. Sans parler du tabou de la sodomie sur lequel il faudra se pencher un jour. On va encore venir se plaindre de moi parce que je suis vulgaire, mais quand même, le principal problème se résume comme ça :
Donner des coups de bite > en prendre
Je pense qu'être pénétré signifie être assimilé à une femme, et donc c'est moins bien.Et c'est quand même dommage de fonder une société sur des inepties sexistes. Mais ça, c'est un autre problème.
J'ai l'impression de revenir treize ans en arrière, pendant les débats houleux du pacs. On se retrouve avec les mêmes arguments, et presque les mêmes acteurs (kikou le renouvellement politique) : Vidéo du site de l'INA de l'époque.
On avait droit à l'époque à un joli discours caricatural de Philippe De Villier (kikoo Phil, comment va la famille?)
" Votre innovation du pacs, c'est le retour à la barbarie, tout simplement"
Et on avait même droit à l'apparition de la moins-vieille Boutin dans une autre vidéo de l'époque : ICI
Et qu'est ce qu'elle nous dit, ChriChri et son carré hermès ?
"Je ne suis pas favorable aux mariages des homosexuels parce que je ne crois pas qu'ils soit bon d'hériger en norme l'homosexualité. L'homosexualité est, par nature, la difficulté d'atteindre l'autre dans sa différence. Et quand on ne peut pas atteindre l'autre dans la différence, c'est l'exclusion"
Et une autre aberration pour la route dans cette vidéo ci : LA
"Je n'y suis pas favorable (à l'homoparentalité) car je crois qu'il n'y a pas plus belle chose que l'amour entre un homme et une femme".
Et je sais très bien que je l'ai déjà dit, mais je ne peux m'empêcher de juste rajouter ceci, trouvé sur la page wikipedia de ChriChri :
"À l'âge de 23 ans, elle se marie à son cousin germain Louis Boutin, informaticien. Ils ont ensemble trois enfants"
Je n'ai rien à rajouté à cela Chrichri.
Je trouve juste que cela commence à faire beaucoup trop d'années qu'on vous voit, toi et ton homophobie, dans des débats qui te ne concernent en aucune façon. Et qu'il serait temps qu'on t'entende moins, et qu'on laisse la parole à ceux qui sont en première ligne de cette mesure.
Car cette histoire me rappelle très fortement le congrès de Milan de 1880 (moment culture). Lors de ce congrès avait été voté l'interdiction de la langue des signes, par une assemblée de 250 participants. Parmi ceux ci, seulement 4 sourds, à qui on n'avait pas donné les services d'interprètes. A l'époque, on trouvait aussi normal de savoir mieux qu'autrui ce qui était bon pour lui. Cette interdiction est restée valable en France jusqu'en 1977.
La France, terre de tolérance.
Et je crois que pour faire avancer les choses, il n'y a pas d'autre possibilité que d'être un peu plus militant. Je crois que devant la monté de cette nouvelle homophobie décomplexée , le mieux reste encore de l'ouvrir à son tour. Et qu'il n'y a pas de meilleur temps que celui ci pour être un peu plus militant. Les avancées sociales ne se font pas toutes seules, et encore moins dans un pays qui se place 57° mondial au niveau de sa parité.
France Jeunesse Civitas et ordures ménagères organise une grande manifestation contre le mariage pour tous dimanche 18 novembre devant le ministère de la famille, à paris. Si vous êtes dans le coin, pensez à leur jeter des cailloux de ma part. Parce que pour le moment, c'est les mouvements intolérants qu'on voit le plus dans les rues. Le projet de loi sur le mariage et l'adoption pour les couples homosexuel sera étudié en séance à l'Assemblée Nationale vers la fin du moins de janvier 2013. D'ici là, et même après, on va en manger de l'homophobie "modérée" sous excuse de morale bien pensante.

Méprisez les comme ils méprisent ceux qui sont différents. Et n'oubliez pas que donner d'avantage de droit aux autres ne diminue pas les votre, cela permet juste de faire un peu plus de sens aux mots désuets Liberté, Egalité, Fraternité.
Procès des viols collectifs de Fontenay et cette mentalité qui n'aime pas les femmes
Blabla avant le sujet :
Pardon pour cette absence de mise à jour. Les nombreuses visites de ces derniers temps, et surtout les nombreuses critiques (fondées ou non) m'avait quelque peu...déstabilisée. Et j'ai pris un peu de temps pour savoir ce que j'avais envie de faire de ce blog.
Après quelques réflexions, j'en suis venue à la même conclusion :
Ce blog peut plaire comme il peut déplaire. Il s'agit d'un parmi des milliers sur la toile. Petit. Minuscule. Insignifiant.
Je ne peux pas me forcer à être quelqu'un d'autre, même ici. Je suis dans une formation qui tente par tous les moyens de nous faire rentrer dans des cases qui sont putain d'étroites. Je le ressens partout, j'ai ressorti mes rangers et mon perfecto. Je me suis rasée l'arrière de la tête (et si, c'est très beau). Je fais tout le temps ça quand j'ai du mal à respirer.
Ici, ça ne peut pas devenir comme ça. Ça ne peut pas devenir un endroit où je dois me plier dans tous les sens pour plaire un peu plus. Je le fais déjà partout ailleurs. Tout le temps.
Ici, je ne ferai plus l'origami.
Ce blog reprendra donc comme avant.
Veuillez agréer l'expression de mon entière affection et mon plus profond amour.
Fanny.
Sujet du jour :
Procès des viols collectifs de Fontenay
et cette mentalité qui n'aime pas les femmes
J'ai passé une plutôt bonne journée aujourd'hui. J'ai la chance de vivre entourée de gens très agréables, et mes jours le sont aussi.
Sauf qu'aujourd'hui, je suis tombée sur cet article :
Le procès des tournantes, un "naufrage judiciaire" pour les avocats des plaigantes
Je ne me permettrais pas de revenir sur la décision de justice, ni de parler aux noms des victimes.
Mais quand même, j'ai la gerbe. Je suis en colère. Je suis dégoutée. D'après le dictionnaire, ça me dit que je suis quelqu'un "qui ressent du dégoût ou exprime de la répugnance pour quelque chose".
Dans le dictionnaire des synonymes, ça donne :
Découragé,
J'ai envie de pleurer, pour cette affaire et toutes les autres.
Je ne sais plus où je lisais que le viol est le seul crime où la victime peut être aussi facilement accusée d'être en partie responsable de son propre statut.
déçu,
Je me souviens d'une phrase qui m'avait marqué en lisant "Eating animals" de Jonathan Safran Foer qui se demandait, après avoir parlé du massacre et du gâchis provoqué par la pêche industrielle, qu'est ce que les poissons avaient fait pour qu'on les déteste autant. Ça m'avait interpelé, et je l'avais longtemps eu en tête.
démoralisé,
Aujourd'hui, c'est un peu la même chose que je pense.
Qu'est ce qu'on bien pu faire les femmes pour qu'on les déteste autant?
Qu'est ce qu'on a bien pu faire pour qu'on nous méprise à ce point. Pour qu'on soit si peu dans les postes de pouvoirs, et qu'on soit autant dans les rubriques bien crades des faits divers sordides.
Pour que, si l'une meurt sous les coups de son compagnon, on parle systématiquement de "crime passionnel" et pas d'un putain de meurtre. La passion, je croyais que ça venait du verbe "patior" qui voulait dire souffrir ou endurer. Patior, ça veut pas dire je mets une balle dans la tête de ma copine parce qu'elle m'a annoncé qu'elle me quittait. Ça, c'est un meurtre. Les mots sont lourds de sens, et reflètent joliment ce que la société nous crache et qu'on accepte sans rien dire.
déplu,
J'ai détesté devoir expliquer à Marta, ma nouvelle amie polonaise, que "tu sais, en France, il vaut mieux ne pas répondre à des hommes qui t'interpellent quand tu rentres tard le soir chez toi. Parce que bon, ils pensent souvent que ça signifie que t'es intéressée par eux" (En Vo dans le texte : "Yeah, she wants my dick!")
Ça l'a fait rire, et moi je me suis vomi de devoir expliquer que mon pays craint. Heureusement, Marta, elle fait 1m88 et elle parle en polonais quand elle sent un relou pointer le bout de son nez. Et elle m'a appris à dire "spierdalaj!", qui, en polonais, veut dire "fuck you".
détourné,
Mais c'était dur, de devoir prononcer ces mots dégueulasses "Fais attention quand tu rentres le soir hein, be carefull!". A une fille qui veut parcourir le monde pour escalader toutes les montages possible, et faire de l'humanitaire. Be carefull my friend, parce qu'on pourra t'accuser de l'avoir chercher, cette agression, alors que tu n'es qu'amour et naïveté, en plus.
Comme j'en discutais récemment avec mon compagnon, ce qui me révolte aussi, c'est cette barrière invisible entre enfance et adolescence qui pourtant nous écrase et détermine nos vies.
Un viol d'enfant, c'est ignoble et dénoncé par l'ensemble de la population.
Un viol d'adolescence, un peu moins.
Un viol de femme, encore moins.
Du coup, c'est quoi l'âge où on devient coupable de notre propre agression? 14 ans ? 15 ans? A partir de quel anniversaire je ne suis plus une victime, mais un être sexué qui l'a forcement cherché?
Qu'est ce qu'il se passe entre la période où je me construis des cabanes dans les arbres et celle où je commence à devoir porter des soutiens gorges? Quel péché peut on bien commettre en quelques mois pour que la société entière change d'opinion à notre égard?
C'est mes règles le problèmes? Mes seins? Je deviens la source de la pensée impure qui détourne les hommes de dieu. Je deviens la tentatrice et le serpent, je deviens la coupable de la perversion d'un esprit qui n'est même pas le mien.
Et c'est juste, ça?
dissuadé,
C'est digne de notre société, ça?
écoeuré,
Ce soir, je sors boire un verre avec des amis. Comme la ville est petite, je ne rentrerai pas en voiture. Comme la ville est petite, je rentrerai à pied toute seule. La nuit.
Et je serai jolie, parce que je vais profiter d'un bon moment.
T'as vu tout ce qui pourrait me retomber sur la gueule au cas où il m'arrive quelque chose? Tout ce qui me sera reproché?
las,
Un jour, mon père m'avait dit "Ne viens pas te plaindre s'il t’arrive quelque chose" parce que j'avais mis une jolie robe, et des fleurs dans mes cheveux pour aller rejoindre un ami en ville, et danser la salsa. Je l'ai détesté ce soir là, lui et sa pensée unique qu'on retrouve dans bien des bouches respectables.
ôté,
Qu'est ce qu'il faut que je fasse pour pouvoir sortir en paix? Cacher mes cheveux, cacher mon corps, baisser les yeux, et mettre la musique très forte dans les écouteurs pour ne pas entendre les horreurs des hommes avinés du centre ville?
L'ombre de mon ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien?
rebuté,
Dans la bouche d'amis, j'ai aussi entendu ce dégueulasse "faut pas qu'elle s'étonne..." dit derrière une jeune fille qui marchait un soir, un short un peu trop court sur ses jambes. Et pourtant ces gens n"étaient pas forcement sexistes, ni misogynes. Ils avaient un peu bu, et s'imaginaient surement très drôles. Et étaient très bien conditionnés par le discours actuel.
repoussé,
Je ne suis pas un exemple. Quand je sors en soirée, je boutonne mon manteau sur mon décolleté mais je garde le regard bien droit. J'ai mes écouteurs vissés aux oreilles, mais je me permets de répondre. Un soir, j'ai frappé dans une voiture en stationnement parce qu'un homme me faisait des compliments libidineux sur mes jambes. J'ai frappé fort, en gueulant que c'était vraiment chiant, de se faire emmerder tout le temps.
Il parait que le harcèlement de rue a été un peu plus reconnu durant cet été. Ça reste toujours autant un poison désagréable, un écrou nécessaire à cette machine dégueulasse citée plus haut, qui nous amène à la case "elle l'a bien cherché" sans avoir rien demandé.
répugné,
Je ne suis pas un exemple, parce que quand je suis toute seule la nuit, j'ai toujours un couteau dans ma poche.
C'est mal, c'est illégal, et c'est dangereux.
Mais je l'ai depuis des années parce que j'ai toujours refusé de rester enfermée sous prétexte que l'espace public n'est pas fait pour les jeunes filles une fois le soleil tombé. Je paye assez d’impôts pour pouvoir disposer des pavés et du macadam des rues comme il me semble. Je paye assez cette putain de ville pour avoir le droit d'y marcher dessus sans avoir une paire qui se balancent entre mes jambes.
révolté,
J'ai un couteau et je me le fais systématiquement reproché. J'ai toujours vécu dans des endroits qui ne craignaient pas trop, et je n'ai jamais eu la paranoïa de penser au risque d’agression à chaque fois que je sors. A vrai dire, je n'y pense pas, mais j'ai gardé le réflexe d'avoir une arme blanche dans ma poche depuis le jour où j'ai vu un hélicoptère survoler mon quartier alors qu'une policière me parlait d'un violeur récidiviste en fuite. La semaine suivante, l'un de mes ex m'offrait un couteau papillon. Rose. Magnifique. Que j'ai gardé des années.
soulevé,
Le problème, ce n'est pas que je sois la vilaine fille avec une lame dans les poches usées de son manteau. Le problème, c'est que j'ai besoin d'avoir ce couteau sur moi la nuit pour me sentir rassurée. Que la société ne me protège pas assez, et ne me donne pas envie de croire en elle.
Le problème c'est qu'une fille aussi pacifiste et amoureuse du monde que moi déteste autant la mentalité de son propre pays pour ne même plus lui faire confiance.
Le problème, ce n'est pas moi.
Saturée.
Sexe, Mensonges et Harcèlement , la vidéo de Télérama sur le harcèlement sexuel
Blabla avant le sujet :
J'ai eu plusieurs fois la réflexion que ce blog n'était pas assez sérieux. Que par conséquent, cela ne servait à rien que j'écrive. Je vous invite tout d'abord à lire cet article : Les quatre cavaliers de l'apocalypse du débat qui rappelle que vous dites toujours absolument la même chose lors d'un débat, et que c'est très ennuyeux à la longue.
Peut être que mes écrits n'auront aucune conséquences, peut être qu'ils toucheront quelqu'un. L'article sur le don de moelle osseuse a permis à quelqu'un de connaitre un peu mieux ce genre de greffe, et de s'inscrire sur le registre de donneur.
Une personne, avec la possibilité de sauver la vie d'une autre.
C'est rien, c'est énorme, ça pourrait me faire faire des photos en mode duck face et les poster partout sur internet en taguant "I DIT IT BITCH". Clairement, il ne m'en faut pas plus. C'est l'histoire du vieil homme et des étoiles de mer (ICI), je suis assez réaliste pour savoir qu'on ne sauvera pas le monde, mais assez conne pour faire tout ce que je peux à mon échelle. J'adopte mes chats en disant la phrase "amenez moi le plus moche que vous ayez", je ne mange plus de viande, je n'achète plus de produits testés, je signe toutes les pétitions et milite pour plus d'accessibilité pour les personnes handicapées (COUCOU L'ENGAGEMENT 32) et je compte aller me faire un petit Service Civique Européen (ICI les renseignements) quand j'en aurais fini avec mon diplôme.
Alors les gens tièdes qui viennent me faire la morale sur l'inutilité de mes actions, je vous propose d'aller gentiment vous empaler sur des marteaux piqueurs, et d'actionner le mode "vibrations ardentes". Je vomis la tiédeur de ces gens qui vous inciteront à ne jamais accomplir vos projets, enfermés dans leur propre peur d'échouer et leur immobilisme rassurant.

Mega over Ugly Cat de l'espace
Oh, et pour ceux qui me reprochent le manque de sérieux de ce blog, n'oubliez pas que vous n'êtes pas sur la page des rapports mensuels de l'ONU, et qu'il est donc possible que le ton y soit quelque peu moins formel. Mais c'est vrai, on peut facilement confondre. Deux astuces :
- Si l'URL du site n'est pas : http://www.un.org/fr/, vous n'êtes pas sur le site de l'ONU.
- S'il n'y a pas le petit logo tout mignon tout beau de l'ONU en haut à gauche, vous n'êtes pas sur le site de l'ONU.
De rien.
Sujet du jour :

(possible piège)
Sexe, Mensonges et Harcèlement
La vidéo de Télérama sur le harcèlement sexuel
Je suis tombée sur cette vidéo aujourd'hui, qui ne sera plus visible à partir du 3 septembre (demain donc) : Sexe, Mensonge et Harcelement. (Interwiew de la réalisatrice : ICI)
J'ai la gorge nouée et une bloc dans la poitrine.
Pour une fois, je n'aurais pas grand chose à dire de plus. Regardez cette vidéo avant qu'elle ne s'efface. J'ai trouvé les dernières minutes insoutenables, les cris et les pleurs des victimes sont absolument bouleversants. J'en ai pleuré de rage.
On me dira qu'il s'agit de la loi, qu'il s'agit de quelque chose que je ne peux pas comprendre parce que je n'ai pas fais les études adéquates. Mais un homme qui réussit à faire abroger une loi qui l'a fait condamné à de nombreuses reprises, et qui ressort aussi innocent qu'un nouveau né, moi, ça me fout la gerbe. Surtout quand on fait du copinage et qu'on connait deux des membres du conseil constitutionnel.
Le vide juridique a duré plus de deux mois puisqu'il a fallu attendre juillet pour voir le rétablissement de la loi (ici). Deux mois pendant lequel toi, moi, ta femme, votre maitresse ou même notre propre mère pouvait se faire librement harceler. Sans oublier les 2000 affaires qui ont donc été annulé en même temps que la loi.
Chouette pays que le notre.
Admirable instance que joue le jeu du copinage. Des sages dont le salaire est si peu élevé :

Qui en plus, possède le logo le plus dégueulasse de l'histoire des logo :

Et qui a une parité absolument fantastique (d'après http://www.conseil-constitutionnel.fr)
- Jean-Louis DEBRÉ, nommé par le Président de la République en février 2007
- Valéry GISCARD D'ESTAING, membre de droit
- Jacques CHIRAC, membre de droit
- Nicolas SARKOZY, membre de droit
- Pierre STEINMETZ, nommé par le Président de la République en février 2004
- Jacqueline de GUILLENCHMIDT, nommée par le Président du Sénat en février 2004
- Renaud DENOIX de SAINT MARC, nommé par le Président du Sénat en février 2007
- Guy CANIVET, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2007
- Michel CHARASSE, nommé par le Président de la République en février 2010
- Hubert HAENEL, nommé par le Président du Sénat en février 2010
- Jacques BARROT, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2010
- Claire BAZY MALAURIE, nommée par le Président de l'Assemblée nationale en août 2010
Soit deux femmes sur douze. Fuck Yeah la parité.
Ce documentaire m'a retourné, et même si je n'y peux rien, j'ai tellement honte de ce qu'on fait de ce pays que ça m'en fait mal. Je ne sais pas ce qu'il faut qu'on fasse pour progresser plus vite, pour être un peu plus digne. La seule chose qu'on sait me rétorquer, c'est que les féministes, "vous n'êtes rien que des hystériques qui se battent pour de faux combats".
Et ça fait mal au cœur de savoir que certaines crèvent au travail suite aux comportements absolument inqualifiables de petits connards qui détiennent des pouvoirs minuscules et pourtant écrasants. Des petits pénis incapables de survivre sans écraser la personne en face, sans lui foutre le visage par terre et la couvrir de boue. Des vieux en costumes respectables, cravate bien nouée et chemise impeccable, qui cachent des motivations dégueulasses et transpirent la perversion.
Une minorité d'hommes, qui vous fait tellement de mal pourtant messieurs.
En France on se prend des mains au cul mais il ne faut jamais le prendre mal.
Les remarques sexistes non plus, c'est "pour rigoler hein, fais pas ta coincée". Le vieux sexisme habituel auquel il ne faut surtout pas répondre, parce que c'est de l'humour. Un peu comme tous les cons qui font des blagues sur le thé à mon compagnon parce qu'il est anglais. Ou sur la pluie.
A chaque putain de fois.
Ahaha c'est rigolo. Ahaha c'est pour rire. Ahaha, on te rappelle quand même que t'es moins français que nous hein, que tu viens pas d'ici. Que t'es pas né ici, et que ta pas la même fierté du drapeau.
Tout le temps.
Blaireaux.
Et pour le travail, ce sexisme de merde qui rampe partout. En entretien d'embauche on me demande si j'ai un petit ami parce que "les filles qui sont en couples refusent de travailler les week end et ça nous embête mademoiselle", ou encore si je compte faire des enfants "parce que vous avez 25 ans et c'est l'âge où ça commence à vous travailler". On m'en parle tout le temps, des gosses que je voudrais faire, et que ce n'est pas conseillé. Je ne crois pas qu'on fasse autant chier mon collège masculin.
Moi j'aime ma vie et ce que j'en fais, vraiment. Mais souvent, je me dis qu'elle serait plus simple si j'avais un pénis. Que ça serait moins dur, dans la vie de tous les jours. Que la société m'aiderait d'avantage, et me soutiendrait plus.
Et c'est triste que ma société à moi me donne ce genre de pensées là.
Et j'ai vraiment honte d'ici, aujourd'hui.







