Café langues de putes

23 avril 2016

Un petit "What's up bitches" depuis les USA

Une petite note rapide puisque le prochain article que je suis en train d'écrire prend beaucoup plus de temps que prévu. 

Et puis parce que je suis actuellement à Los Angeles. Aussi.

Non, je rectifie.

Et puis parce que je suis actuellement incroyablement heureuse à Los angeles. Aussi.

Alors je sais que j'ai beaucoup de chance. J'ai la chance d'avoir un métier que j'aime, et qui me donne en plus du temps et de l'argent pour pouvoir voyager.

Donc j'aimerais bien te dire viens, sois heureux toi aussi, c'est easy. Forcement, en allant marcher dans toutes les rues du monde, en levant le nez devant tous les buildings et en prenant des coups de soleil en avril, c'est toujours plus simple d'être très content.

Mais je vous souhaite tellement d'être aussi heureux que je peux l'être quand je suis en mouvement.

Parce que putain quand même, qu'est ce que je suis contente ici. Genre I feel it in my fingers, I feel it in my toes. J'achète 1200 bouquins que je lis sur le toit de l'immeuble où il y a des coussins, des palmiers et des oiseaux. J'ai découvert San Francisco qui est belle à en mourir de jalousie. J'ai vu le Golden Bridge et quand tu me connais un minimum, tu sais que moi et les ponts c'est l'amour par delà les étoiles (ET ON A MÊME ROULE DESSUS PUTAIN)(#hyperventilation). J'ai insulté en français un asshole qui a ensuite baissé la tête parce que, même si tu ne comprends pas, quand on te gueule "TU ASSOIS TON PUTAIN DE CUL SUR TA PUTAIN DE CHAISE MAINTENANT", tu sens bien qu'on te murmure pas l'Hymne à l'amour. Genre le ciel bleu sur nous peut s'effondrer connard, jamais tu me touches le mollet sans mon autorisation. 

Bref. 

Je souris quand on me parle de mon accent, je ris avec Flavie et ses amis d'ici. J'achète des hoddies et des bonnets avé "California" dessus, comme les vraisJ'ai passé une heure à Hollywood et j'ai trouvé ça chiant. J'ai passé huit heures en voiture entre Los Angeles et San Francisco et tu n'imagines pas comme la côté américaine est belle. Et les étoiles aussi. Les collines vertes immenses et le désert.

J'ai vu des lapins lumineux géants, des hommes se baladant nus avec juste une (huuuuge) chaussette sur le pénis. Des passages piétons aux couleurs de l'arc en ciel, et du street art partout partout partout. J'ai mangé mon poids en saloperies d'ici, en burger, en frites, en m&m's au beurre de cacahuète et au piment, en citronnade de toutes les marques et toutes les tailles (becose c'est mon obsession made in USA for ever), en pizza végétarienne et en bières à la fraise. J'ai eu une gueule de bois à en mourir parce que j'ai bu de la bière qui s'appellait "VOODOO" (et peut être à cause des gin tonic d'après mais ça va, t'es pas ma mère) mais je ne suis pas morte youpi oh Lord.

Chaque matin, je me réveille sur mon matelas pneumatique dans le salon, et je me dis que je ne pourrais pas être plus heureuse et que j'ai de la chance. 

C'était pas gagné d'avance, il y a quelques années. Crois moi chaton.

Et puis j'ai filmé tout le temps. La lumières, les couleurs, les gens, les bâtiments qui taillent le ciel ou les pots de glaces qu'on s'enfilent sur le toit la nuit. 

Parce que j'ai pris beaucoup de résolutions en ce début d'année. Il y en a que j'ai déjà réalisé, et plein d'autres qui me restent à commencer. Je mélange le tout, genre continuer à apprendre l'allemand et prendre contact avec un professeur de guitare. Acheter des manuels de braille et regarder le prix des airBnb en Irlande. 

Mais surtout, j'ai enfin acheté un logiciel de montage. 

J'ai une caméra depuis 2014 et j'ai filmé plein de morceaux de ma vie depuis. Mais je ne les ai jamais monté, je pensais que j'étais trop nulle pour ça, que je ne n'étais pas assez douée.

Et c'est bête comme idée. Je crois qu'on passe à côté de plein de trucs parce qu'on pense ne pas être à la hauteur de les faire, de les vivre, de les réaliser. Et on est vraiment des gros cons, à croire qu'on ne mérite pas les choses. On ne mérite pas de filmer des moments, on ne mérite pas de monter des films, on ne mérite pas d'écrire et d'être lu, on ne mérite pas d'être publié.

On ne mérite jamais d'être heureux, jamais. Ça fout trop d'angoisse, trop de pression, trop de craintes d'inachevé.

Bref, du coup, moi en 2016, je me fous des coups de pieds au cul. Je ne peux plus rester à tourner dans des schémas contenants, poussiéreux et miséreux. Moi j'essaie pour voir si je n'arrive pas à faire mieux. Et à faire fermer la gueule deux minutes à toutes les voix de mes peurs qui crient toujours à l'unisson, que je n'arriverais à rien, jamais.

Donc avant de partir aux États Unis, j'ai réussi à monter toutes les vidéos que j'ai pu filmer durant mon dernier voyage de 4500 kilomètres en février, à travers la France et l'Allemagne. C'est ICI.  C'est débutant, c'est tremblant, c'est mal cadré. Mais c'est plein de personnes que j'aime tellement, c'est plein d'Hambourg, de Berlin, de Marseille et de Sainté. Y'a même mon rire très fort, c'est pour dire. C'est peu intéressant, au final. Mais ce n'est pas le plus important.

Parce que putain, je l'ai fait. Le premier pas pour sortir des sentiers. Je vais maintenant monter mes autres films, celui de ce voyage ci. Et puis ceux d'avant. Revoir New York, Kiev, Montréal l'été.

J'ai débloqué un verrou que je m'étais moi même cadenassé, et putain ça valait le coup.

Alors pendant que je suis encore à neuf heures de décalage de vous. Je prends le temps de blablater un peu trop longtemps pour vous rappeler que vos cadenas, vous pouvez un jour réussir à vous les virer. Les tordre, les découper à la tenaille et les balancer. 

Je crois en toi depuis mon toit californien, je crois en toi à 9000 kilomètres de là. Je crois en toi, vraiment.

Donc alors dis, tu te décadenasse enfin quand?

Je reviens vite pour des articles plus complets. Bon la semaine prochaine, je serai en jet lag (so jet laaaaag ooooh ooooh)(T'as qu'à avoir de la culture musicale pour cette référence, merde) donc même pas on m'approche en vrai.

Mais bientôt, promis juré craché.

Je vous fais mille bisous de loin.

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Posté par Dame Fanny à 03:03 - Commentaires [13] - Permalien [#]


07 mars 2016

Le retour de Cricri : "Les femmes ont besoin de vrais hommes, pas de guimauves féminisées"

Le blabla avant le sujet qui fait "Please tell me why my car is in the front yard And I'm sleeping with my clothes on":

Deux petits conseils niais avant de commencer :

1: La semaine dernière, je me suis retrouvée à m'occuper d'un adolescent mis à la porte par ses parents (Tome 200 des aventures fascinantes de "Dame Fanny & les inconnus croisés par hasard"). J'ai demandé de l'aide sur Twitter qui m'a bien conseillé, donc je fais passer l'info ici.

Si jamais vous vous retrouvez à rencontrer un pioupiou perdu à un arrêt de bus la nuit : il faut penser à aller voir le Centre communal d’action sociale (CCAS) le plus proche de chez vous. Ce sont ces professionnels qui s'occupent des jeunes en difficulté qui ont moins de 25 ans. Sinon, il faudra aller voir la Maison Départementale de la Solidarité (MDSI).

Enfin, vous faites ce que vous voulez, vous n'êtes pas obligés. Ça vous évitera des situations où les gens ne vous croient pas quand vous répondez "Mais non, je n'ai pas de lien avec lui, je l'ai trouvé dans la rue".

Mais si j'avais un conseil à vous donnez sur cette expérience : Aidez votre prochain."Tu aimeras ton prochain comme toi-même", tout ça tout ça. Je suis athée et je ne crois pas en grand chose en ce qui concerne l'humain. Mais je pense que notre humanité, c'est un peu la dernière chose qui nous reste, à l'heure actuelle. Ce qu'on donne sans chercher à reprendre, ce qu'on donne sans attendre rien en retour. Ne pas voir l'autre comme une nuisance perpétuelle. Et ça n'a pas plus creusé mon découvert de faire trois courses pour un ado affamé ou payer quelques nuits en auberge de jeunesse.

Ca m'a surtout rappelé qu'il y avait un humain à l'interieur de moi, et que parfois on pouvait être un petit élément qui pouvait faire une grande différence.

Du coup, cette histoire m'a foutu un joli coup de pied au cul, et m'a fait enfin contacter des associations d'aide aux réfugiés pour proposer mes compétences de professeur. L'une d'elle est intéressée et je vais sûrement donner des cours de français à des réfugiés et demandeurs d'asile syriens. Laisse tomber comme je suis heureuse, t'as pas idée.

Soyez un petit élément pour quelqu'un. Soyez cette grande différence là.

2. Deuxième petit conseil : N'oubliez pas d'être immature. Si tout doit être sérieux, grave, et terrifiant en ce moment. Si on nous parle sans arrêt de crise humanitaire, de réchauffement climatique, de guerres et d'actes violents.

N'oubliez pas de faire n'importe quoi. De rappeler aux gens que vous les aimez. "Aimez vous à tort et à travers", comme l'a dit François Morel (ici) qui citait Beaucarne. Envoyez des conneries par la poste, plein. Prenez des nouvelles des autres. Allez les voir pendant qu'il est encore temps. Même si c'est loin, même si c'est prenant. Les amis, ça peut mourir aussi, ne l'oubliez jamais. On passe beaucoup trop de temps à faire semblant d'être des adultes, c'est épuisant. Soyez un enfant cinq minutes, faites ce que vous voulez vraiment.

Et ça vient de la part de quelqu'un qui se déguise dès qu'elle peut quand elle fait cours d'histoire.

Soyez con, s'il vous plaît. Soyez con.

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Traumatiser les élèves en leur enseignant les guerres mondiales : check

Sujet du jour :

 

Le retour de Cricri : "Les femmes ont besoin de vrais hommes, pas de guimauves féminisées"

 

Chère Christine.

Tu me fatigues. Encore. Je veux dire, en 2013, tu m'avais déjà mise très en colère. Les horreurs que tu avais dit contre nous, c'était dur. Sous tes airs respectables avec ta famille, ton parti, tes idées chrétiennes démocrates un peu moisies. Tu nous crachais dessus dès que tu le pouvais, on avait ta bave rance sur le visage dès que tu intervenais.

Les LGBT, on a vraiment souffert il y a deux ans. Tu nous as traînés dans la boue à cause de l'imminence de la "fin de civilisation", et pour plein d'autres prétextes à la con. Toi et les autres, vous vous êtes bien lâchés à l'époque. Ça devait être un joli défouloir, ça a dû vous faire mieux dormir la nuit. Tous ces pervers, ces détraqués. Tous ces contre-natures à dénigrer, à insulter. A longueur de journée, par tweet, par message, par communiqué. Dans la rue, avec vos ballons roses et bleus, vos gamins devant vous comme boucliers, vos petits souliers bien cirés et votre haine à gerber.

C'est sur, on s'en souviendra longtemps. De votre homophobie, de vos pensées putrides et de vos slogans.

"Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants"

Mais ce n'était pas assez. Il fallait continuer à rabacher tes idées dont personne ne veut. Et qui sont toujours aussi rétrogrades et avariées.

Maintenant, tu as décidé de sortir un livre. Chouette. On n'en avait pas assez. "Les insolences de Christine Boutin", chez Jacques-Marie Laffont éditeur.

I can't wait.

O joie, tu as décidé de faire sa promotion dans les médias. Ce qui nous a donné une fantastique et absolument renversante interview sur Sud Radio dimanche dernier. Le journaliste revenait sur une citation du livre où il etait expliqué que "les femmes ont besoin de vrais hommes et pas de guimauve féminisée". 

Le journal Marianne en a fait la retranscription que je vous laisse aller lire. A gerber. (ICI)

Par quoi je commence, Cricri amour?

J'ai bien envie de citer le député Sergio Coronado qui répondait à Christian Jacob qui l'avait traité d'hystérique lors d'un énième débat à l'Assemblée Nationale sur le mariage pour tous :

«Cher Christian Jacob vous auriez pu être plus franc et faire comme dans les cours d'école: me traiter de pédé»

Parce que c'est ça que tu veux dire, Cricri. Un homme, un vrai, ça ne s'épile pas, ça ne met pas de crème, c'est pas une guimauve féminisée.

Un vrai homme, c'est pas un pédé

J'ai bon, c'est bien ça que tu voulais dire? Ou tu vas encore nous faire un couplet sur le fait qu'on t'accuse à tord d'être homophobe. Qu'on t'a mal compris encore, que tu ne vises personne quand tu parle de la virilité.

Cricri, tu me dégoutes.

Grave.

Ton homophobie et ton sexisme sont les restes des pensées du siècle dernierce qui me file des frissons. Ce sexisme bien visqueux, bien collant, qui voudrait qu'on continue à s'enchainer à des schémas qui nous aliènent, par peur de trop changer. Les femmes, les hommes, les convenances, chacun chez soi et les moutons seront bien gardés.

 

Je suis féministe parce que je ne supporte pas les inégalités entre les sexes. Je suis féministe pour avoir le droit d'avoir le même salaire, la même place, le même rang. Je suis féministe pour tout un tas de raisons, des bonnes et des moins bonnes probablement.

Et pour moi, le féminisme, c'est aussi dire :

Putain, mais vous allez arrêter un jour avec vos injonctions de merde aux hommes?

Vous allez leur foutre la paix quand?

Aux petits garçons quand on leur dit de ne pas pleurer comme une fille, d'être des hommes, des guerriers, des durs, des vrais. Quand on ne leur apprend surtout pas à dire leurs émotions, à ne pas les laisser s'exprimer. Pleurer, rougir, gémir, crier. Comme ça, on vendra ensuite des tonnes de magazines féminins tous plus cons les uns que les autres avec des titres nous promettant "Comment réussir enfin à LE faire parler ?". Et tout le monde sera content dans cette communication jamais complète, jamais entière, jamais terminée.

 

Aux adolescents quand on leur vante la masculinité comme seul modèle dans lequel ils peuvent s'exprimer. Deviens un homme, chope des filles, vite. Prépare ton avenir parce que tu devras subvenir aux besoins de toute une famille. Ca fait peur de devoir tout porter sur tes épaules? On s'en fout, ravale, démerde-toi. Deviens une machine, blinde toi, ne te fissure pas.

 

Aux hommes, quand on leur ordonne d'être viril coûte que coûte. Ne pas pleurer, de pas parler de ses insécurités, ne pas trop dévoiler. Ne pas être faible, ne pas pouvoir être consolé. Ne surtout jamais ressembler à un homosexuel, cet homme qui ressemblerait trop à une femme si j'ai bien compris ce parallèle ridicule. Faire attention à comment on s'habille, comment on s'exprime.

Faire attention à comment on baise, aussi. Toujours pénétrer autrui, ne jamais être pénétré. Prostate, tout ça, on oublie garçon, on oublie. Je ne suis pas quelqu'un qui se mèle de la sexualité d'autrui, et chacun est vraiment libre de faire ce qu'il veut au lit, ou ailleurs. Mais de toi à moi darling, passer à côté d'une partie de sa sexualité qui pourrait être bien intéressante sous prétexte de cliché, c'est quand même un peu dommage.


Avec ce genre de discours de merde Christine, tu nous rabaches les codes du schéma comme on voulait faire les hommes, avant. Un homme "puissant, qui a de la force", qui ne s'encombre pas à se mettre des crèmes et qui est là pour tenir la famille. Droit. Solide. Dur. Peu enclin à partager ses émotions, et en compétition naturelle avec sa progéniture.

 

Tu voudrais qu'on continue à reproduire le modèle de la génération de nos pères, en somme.

Et les pères. Je ne sais pas si c'est mon oedipe, mais j'ai l'impression d'être en colère tout le temps contre eux. Peu de compliments, peu de félicitations, peu de mots de soutiens pour avancer. "Pas tous les papas", tant mieux. Bien évidemment, bien heureusement. Mais j'en ai trop vu quand même, de ce modèle-là. Et ça me donne envie de leur crier dessus quand j'en croise. Ça me donne envie de les prendre par leurs épaules de sextagénaires, de les secouer et de leur apprendre la vie du haut de ma vingtaine.

Tu vas lui dire quand à ton fils, qu'il est quelqu'un de bien?

Qu'il est devenu un homme admirable, plein de qualités? Qu'il est sensible, généreux, qu'il est doué? Qu'il fait attention aux autres, qu'il est à l'écoute, qu'il est brillant?

Quand est-ce que tu vas lui dire que tu es fier de lui, putain?

Il en a besoin, quoi qu'il en dise. Ils en ont besoin et ils le méritent. Arrêtez ce concours ridicule de qui réussi le mieux sa vie, on ne joue pas dans les mêmes catégories que ses parents, jamais. Dites-leur que vous les aimez, vous les tuez vos fils à force de vouloir toujours vous comparer à eux.

Un homme "qui est puissant, qui a de la force" pour citer cette merde d'interview, c'est un homme qui assume de laisser son fils vivre en oubliant la peur qu'il veuille un jour "tuer le père". C'est quelqu'un qui accepte que les temps changent, et que sa progéniture ne sera pas comme l'avait imaginé. Et tant pis. Et tant mieux, merde, et tant mieux.

Les codes de la masculinité bougent et il faut les encourager. Même si c'est lent, c'est vrai. On a encore du boulot là dessus. Rien qu'a voir la tronche du marketing pour leur vendre les vilaines-crème-de-satan. C'est à mourir tellement c'est gros, tellement c'est lourd, tellement ils en font trop.

 

Serieusement?

Je ne ne dis pas qu'il n'est pas possible de se reconnaître dans ce genre de critères de virilité en tant qu'homme. Je connais des hommes qui sont très à l'aise dans ce genre de code et qui s'épanouissent pleinement dedans. Et c'est bien, et c'est tant mieux d'arriver à trouver un endroit où se sentir soi-même, peu importe comment.


Soyez dans ces codes-là, si vous voulez. Mais n'oubliez pas qu'ils ne sont pas la seule possibilité pour se revendiquer masculin. La définition de "virilité" du Petit Larousse me gène assez d'ailleurs : "Ensemble des caractères physiques de l'homme adulte ; ce qui constitue le sexe masculin - Mâle énergie, courage". Est ce que ce n'est que ça, la virilité? L'energie, le courage, le pénis?

Ça l'est, sûrement. Mais n'est-ce que ça? Est ce qu'on ne peut se définir que comme ça? Sois viril et tais toi? Et cette idée du courage qui ne serait que masculin? Bien sur que non, hein, bien sur que non. Je n'ai pas l'impression d'en manquer en étant du sexe opposé.

Mais on manque de choix, dans la représentation. On manque de choix, on manque encore d'audace pour expliquer ce qu'est un garçon. Je peux être une fille et porter une robe, une jupe, un pantalon. Je peux être fille et féminine, je peux être fille et masculine. Je ne serai pas vue de la même façon, c'est certain. Mais je peux le faire.

L'inverse est moins vrai.

C'est comme Zara qui a lancé "ungendered", sa collection non-genrée. Sur le papier, j'aime l'idée. En vrai, je trouve que c'est juste une collection où les filles peuvent s'habiller avec des habits de garçon. Moi, quand j'ai envie de faire ça perso, je vais directement leur piquer des trucs dans les rayons "hommes" des magasins, je n'ai pas besoin d'une étiquette spéciale et d'un nouveau logo.

 

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Bof bof bof #bof

J'aurais préféré que les hommes puissent s'approprier des vêtements aux coupes plus féminines, puisque c'est là qu'il y a encore tellement à faire. A renouveler. A réinventer. Moi, j'ai plutôt envie de voir plus de campagnes comme celles de Tom Ford. Qu'on casse les barrières des genres, qu'on continue à créer le flou dont on a tellement besoin, qui ferait tellement de bien.

 

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#tensionsexuelle

A l'inverse de toi Christine, j'ai envie de dire que les femmes ont besoin de vrais hommes, de vrais guimauves féminisées. Des hommes qui mettent de la crème si ça leur plaît (non mais mettez en sérieux, l'hydratation c'est pas que pour ta mère). J'ai besoin d'hommes qui écoutent leurs désirs, et choisissent qui ils souhaitent être vraiment. Des hommes avec des muscles dessinés. Des hommes fins, grands, élancés. Petits. Barbus. Imberbes. Masculin. Effeminés. Avec des costumes, avec des jeans déchirés. Des hommes en jupe, aussi.

Des hommes avec du khôl, s'il-vous-plaît. Tu ne sais pas Cricri, tu n'imagines pas comme moi, ça me plaît.

Je me rappelle d'une soirée alcolisée dans un train de nuit en Thailande, à danser avec un katoï en robe et talons. Les même vêtements que moi. Sa voix dans mon oreille pour me demander "Are you happy in Thailande? Do you want to be more happy in Thailande?" Et je peux t'assurer Christine mon petit chat, il n'y avait aucun problème à ce moment là pour savoir où était la virilité.

J'ai besoin du flou des genres, de respecter les codes et de tous aussi les envoyer valser.

J'ai besoin qu'on me chante la serenade à mon balcon, qu'on frappe à ma porte et qu'on m'embrasse. Et j'ai besoin qu'on puisse aussi faire la cour aux garçons. J'ai besoin que des garçons fassent la cour à d'autres garçons, aussi. J'ai besoin de toutes les couleurs du spectre de l'orientation sexuelle. J'ai besoin qu'on s'éloigne de tous ces règles moribondes qui nous dictent encore et encore comment on doit vivre, et quelle est notre propre définition.

Nous avons besoin de vrais hommes, et c'est-à-dire que nous avons besoin de vraies personnes. Qu'ils se définissent comme ils le désirent, qu'ils s'éloignent enfin de tes idées névrosées. Nécrosées. Arriérées. Qu'on les laisse enfin être qui ils veulent, ce qu'ils veulent, quand ils le veulent. Qu'ils embrassent des hommes ou des femmes, des carrières ou des causes admirables. Qu'ils sachent qu'on est là aussi pour changer ce sexisme qui les écrase, qui voudrait les diminuer quand ils s'éloignent de ce qu'il conviendrait d'être pour être un vrai mâle.

Garçon, j'a envie de toi parce que justement, je n'ai plus besoin de toi. Le courage, je l'ai déjà. Continuez à changer, continuez à évoluer. Et ce genre de discours rétrograde sur les critères à avoir ou non, un jour peut être qu'ils cesseront. Quand on laissera moins de paroles aux vieilles reliques du passé, qu'on parlera moins du temps d'avant et plus des progrès.

Soyez viril, épilez-vous. Hydratez-vous. Ou ne faites rien, et ça sera parfait aussi. Soyez vos propres choix de la virilité, vos propres codes, vos propres nouveautés.

Et les vieilles gargouilles pourront bien encore hululer.

On s'en fout, nous, on a toute la vie devant nous pour avancer.

Posté par Dame Fanny à 19:08 - Commentaires [13] - Permalien [#]

22 février 2016

Un rapide "Hallo!" depuis l'Allemagne

Yo

Vous avez été 2400 à venir lire le dernier article le jour de sa mise en ligne.

Et ça me touche vraiment de voir que vous venez toujours par ici, alors que je ne suis pas la personne la plus fiable en terme de mise à jour.

Alors j'en profite pour vous dire merci.

Alors j'en profite pour dire que je vous aime.

Là, je suis en vadrouille mais je répons à vos mails / messages quand je rentre.

 

L'Allemagne, c'est chouette, allez y.

Il y a des allemands qui ne me comprennent pas quand je tente de parler allemand, des auberges de jeunesse cool, des monuments qui font pleurer, des gens avec des imperméables chelous qui te revendent leurs tickets de métro pendant que tu essaies de leur dire que "Ich spreche nicht deutsch putain Jean Michel Deutsch je comprends pas combien tu veux, je connais pas les chiffres", des plats végé absolument partout, des énormes bateaux et des amis si chouette à Hambourg, des gens qui voulaient me faire signer une petition / que je leur donne de la thune pour un truc pour les sourds et à qui j'ai dit en langue des signes "T'es une grosse mytho, t'es pas une vraie sourde!", un restaurant à houmous qui sert une soupe à mourir (LA), des gentils berlinois et berlinoises qui t'aident quand t'es perdue, le Mémorial aux juifs assassinés d'Europe, et puis la porte d'Ishtar, et le Reichstag, et le checkpoint Charlie, et la cathédrale St Edwige.

Et ce sont les petits conseils que je donnerai pour finir cette mini note :

Prendre ses affaires, partir dans des pays qu'on ne connait pas, mourir de peur en avion, se sentir seule mais pas que, pleurer dans des rues inconnues, mais sourire encore plus, dire "Das (Die) suppe ist gut, das (die) suppe ist perfect" et voir la serveuse te comprendre même si tu fais des fautes, aller se perdre dans la ville la nuit, voler des affiches que tu trouves jolies, prendre l'air très concentrée quand on te file des flyers en t'expliquant où aller et acquieser genre ja ja je parle ta langue mec bien sur je vais aller dans ton magasin de kéké où ça vend des polos en mode K-maro je veux une femme like U, mettre ton front contre un bout du mur de Berlin et dire putainputainputainputain c'est haut, lever la tête dans le labyrinthe du Mémorial et pleurer, baisser la tête sur une inscription qui dit j'ai douze ans et je ne veux pas mourir et pleurer, dire "Moin!" pour dire bonjour, dire "Prost!" pour trinquer, et puis danser et rire aussi. 

Il fait très froid en Allemagne, mais il y a des bières.

Et il a neigé.

Moi je trouve que c'est bien assez.

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PS : Comme je vous aime, je vous apprend à dire "je veux une bière s'il te plait" en langue des signes (et tu peux même te foutre de ma gueule en m'écoutant essayer de parler allemand)(Et d'autres vidéos sur twitter si jamais : #damefannysigne )

 

 

 Ich liebe euch.

Frau Fanny.

Posté par Dame Fanny à 10:54 - Commentaires [3] - Permalien [#]

12 février 2016

L'horloge biologique et le ministère du droit des femmes (et de la famille et de l'enfance)

Le blabla avant le sujet qui fait "Said it was blue when your blood was read That's how you got a bullet blasted through your head"

1 : Il semblerait que personne ne soit d'accord avec moi sur le physique de Vian. Alors je veux bien concéder que parfois, il avait un peu la gueule de Norman Bates :

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Wanna get dirrty
It's about time that I came to start the party

(Pardon Boris)

 

Mais franchement, quand tu lis ça, tu fais quoi ?

"Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux"

Tu tombes amoureux, voilà.

2: Je suis partout sur internet, je sais. Je suis sur facebook, sur twitter, sur les blogs, je m'ennuie sur pinterest, je suis sur tumblr, sur instagram. (Le seul endroit où je ne suis pas, c'est peut être le site de Sud Ouest où je me suis faite virer)(après avoir répondu à des commentaires nuls sur un article en mode "FrauFanny dit : "Avec votre commentaire, vous venez de faire perdre 10 points de QI à tout le pays Basque")(J'étais DROLE et ils étaient désagréables, flûte)(#BandeDePoucaves).

Bref.

Ce que je veux dire, c'est que je sais que je parle beaucoup trop.

Mais, si je te manque quand même un peu, tu peux aussi venir voir le hashtag #damefannysigne sur twitter. J'y poste une vidéo par jour en semaine (tu peux toujours mourir le weekend) pour montrer des signes. Normalement, y'a même pas besoin d'avoir de compte twitter.

Et y'a ma tête. Et tu peux apprendre à dire des choses utiles comme Staline, Australie ou éjaculer (pas dans la même phrase s'il te plaît, tu seras mignon)(je dis aussi des choses moins vulgaires mais j'ai bien compris que la vulgarité, ça vous faisait marrer)(et pouvoir traduire "Call me maybe" aussi).

Et puis la semaine prochaine, je serai en Allemagne donc normalement, tu vas même pouvoir me voir parler mal allemand.

Et boire des bières, probablement.

 

Sujet du jour

 

L'horloge biologique et le ministère du droit des femmes

(et de la famille et de l'enfance)

 

 

Vous me faites peur.

Je pourrais le formuler autrement, je pourrais prendre des gants.

Mais franchement, je n'ai rien d'autre qui me vienne à l'esprit.

Vous. Me. Faites. Putain. De. Peur.

Et j'ai peur de rien, normalement. Enfin presque. Enfin, j'ai des phobies de merde mais ça va, t'es pas ma mère quoi. J'ai peur du bruit du givre, du noir total, des veines, d'être ensevelie. J'ai peur de regarder dans les yeux, et quand je le fais réveille toi, ça me coûte, je t'aime bien. Je commence à avoir peur en avion alors qu'avant je m'en foutais. J'ai pas peur des souris, des rats, des araignées. J'ai pas peur des parkings souterrains, j'ai pas peur de rentrer tard toute seule, j'ai pas peur quand je marche dans la rue avec mes écouteurs et que j'ai un regard qui dit "Approche moi et je brûle ta famille, viens on va se croire à Salem mec". J'ai pas peur de la douleur, j'ai pas trop peur des piqûres même si je fais des malaises quand je donne mon sang. Mais ça, c'est parce que je mange pas assez parce que j'ai peur de grossir et j'ai une peur coincée entre le fait qu'on ne m'aime plus et que mon père ne m'aime jamais.

J'ai peur de mourir et qu'il n'y ait rien après. J'ai peur de mourir et qu'il y ait quelque chose et qu'on doive se réincarner alors que c'est déjà assez difficile comme ça, dans cette vie-là. J'ai peur qu'on se réincarne jusqu'à ce que le soleil disparaisse, et l'univers aussi et alors on fera quoi? J'ai peur de vivre infiniment, j'ai peur de ne jamais vivre vraiment.

 

Alors, pourquoi vous faites ça?

 

Pourquoi vous venez me parler des enfants que je devrais avoir, qui ne sont même pas encore nés, ni même imaginés?

 

Pourquoi, quand on parle d'enfants avec une femme qui n'en a pas, on lui parle de cette foutue horloge biologique?

La dernière fois, je me suis faite attrapée par une connaissance qui me regardait avec un air inquiet et m'a posé plein de questions sur ma vie sentimentale, et sur les enfants qu'il ne faudrait pas trop que je tarde à avoir.

Nature confiture.

Mon utérus entre les petits fours et le champagne. J'ai adoré.

Je me demande bien pourquoi avoir fini mes études et vouloir faire une thèse quand la seule chose qui anime et passionne les gens plus âgés autour de moi, c'est mes ovaires, ovules, mes trompes utérines et autres organes et hormones dont je me fous qu'ils pourraient servir à procréer.

Je croyais être débarassée de ce que je trouvais déjà chiant quand j'étais en couple.

Je n'avais pas pris conscience que seule, ça allait être pire.

On me demande comment va ma vie sentimentale dans l'unique but de me parler de possibilité de me reproduire. C'est limite si je ne dois pas montrer un échantillon de sperme à chaque fois que je parle d'une personne du sexe opposé.

 

giphy

(Pardon)

(#RireCommeUnePintade)

 

Ça me dégoûte.

Vraiment.

Surtout que je n'entends pas rabâcher aux hommes qu'à partir de 24 ans, ils perdent 2% de chances chaque année de faire des enfants dans les six mois à venir. On leur fout la paix à eux, ça ne les concerne pas, n'est-ce pas ? Ils peuvent bien vieillir, ils prendront une jeune au pire #CaRime

On se permet des réflexions qu'on ne devrait certainement pas avoir.

Oh, ce n'est pas méchant. Oh, c'est juste une et puis voila.

Sauf que c'est juste une réflexion, d'une personne à la fois. Cette même putain de réflexion reviendra dans la bouche de l'anonyme suivant, de la connaissance, de l'ami de l'ami, du collègue qu'on connaît pas trop.

Ces réflexions innocentes, combien de fois va-t-on les entendre?

Et toi alors, t'as des enfants? Non? Pourquoi?

T'as toujours pas d'enfants?

Tu t'y mets quand ? Il faudrait pas que tu tardes pas trop hein, après il paraît que c'est plus difficile d'en avoir. Enfin, je dis ça, tu fais comme tu veux....

Tu vas faire quoi quand tu seras vieille si tu n'as pas d'enfants?

L'angoisse.

L'angoisse.

L'angoisse.

 

Putain mais quand je vous parle, est-ce que je suis toujours en train de vous rappeler que votre chair est périssable? Que vous avez une date de péremption?

Que vous allez, dans un futur proche ou pas très éloigné, crever?

Claquer, trépasser, caner, mourir, faillir, rendre l'âme, décéder?

 

Mais est-ce que ce sont des manières de parler aux gens, enfin?

Et pourtant, c'est l'un de mes trucs préférés hein, de dire aux gens comment ils devraient régler certains de leurs problèmes pour vivre mieux. Je suis le pire boulet de la terre, là-dessus. Je ne sais absolument pas la fermer quand j'ai une question à poser, pourquoi, quand, comment?

C'est à peine si j'ai compris que ça serait pas mal de me taire pendant le sexe, après avoir eu une fois la brillante idée d'interroger quelqu'un sur pourquoi il ne regardait pas dans les yeux, et son rapport à l'intimité. Bien joué Freud, bien joué.

Mais je ne sais pas, pour les enfants des autres, je ne me vois pas donner mon avis. Encore moins quand je ne connais pas trop la personne. Et même quand je la connais.

C'est toujours mauvaise d'assumer des choses sur une inconnue.

Ça me rappelle en 2014, mes 12 kilos en moins et une collègue pour me dire :

-"Ohlala, tu as maigri, tu as de la chance, c'est quoi ton régime?

- Une rupture."

Elle s'était senti extrêmement gênée, et je n'avais absolument rien fait pour l'aider. Parce que j'en avais marre qu'on assume des conneries et qu'on se permette de les dire à voix haute plutôt que de réfléchir. Tourne sept fois la langue dans ta bouche, et étouffe toi de putain avec. Je ne suis pas là pour être gentille avec des gens qui ne respectent pas mes barrières.

 

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Merde.

 

On ne vient pas mettre les pieds dans le plat sur un sujet qu'on ne connaît pas, on ne rentre pas avec ses chaussures sales dans l'utérus des gens sous prétexte d'être rempli de bons sentiments.

Cette image est dégueulasse, je vous l'accorde.

Mais pas plus que venir nous emmerder, je vous l'assure.

Je ne crois pas trop dans l'idée de l'horloge biologique qui t'ordonne un jour de ne penser qu'à faire des enfants.

Je crois surtout en la pression sociale qui fait qu'on va te mettre cette idée dans la tête à chaque fois que c'est possible. Comme si tu n'existais pas autrement, comme si tu n'étais pas vraiment un individu avant d'être maman.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas l'être. Les ami(e)s autour de moi qui ont des enfants me remplissent de joie et c'est sincère. Comme ce sont mes amis, ce sont des personnes admirables et je suis ravie de savoir qu'ils vont éduquer des enfants en leur transmettant leurs valeurs que j'aime tant. Multipliez-vous encore à l'infini mes choux, le monde a besoin de vous.

Mais venir relier sans arrêt une femme à l'idée d'enfanter comme si elle était une putain de constellation à seulement deux étoiles, ça commence vraiment à me peser.

Surtout quand le gouvernement décide de transformer le secrétariat des Droits des Femmes, qui était rattaché au ministère de la santé.

Et de le filer à Laurence Rossignol qui devient ici le merveilleux :

 

"Ministre de la Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes"

 

 

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Pouvoir du prisme lunaire,

transforme-moi

On mélange les clichés et on forme une belle boule à la con de stéréotypes qui sont quand même très moyens quand on parle d'égalité.

On va encore dire "Ohlala vous vous plaignez toujours, vous n'êtes jamais contentes de rien".

Mais merde en fait, oui. Ça craint.

Les droits des femmes rattachés à la famille et à l'enfance comme si c'était là la sainte trinité. Le message que ça renvoie est quand même assez limité. Les droits des femmes qu'on essaie de faire avancer pour obtenir la parité, et qu'on nous refile maintenant avec l'enfance comme si on avait besoin de ça pour que la société nous rappelle notre devoir d'enfanter.

Marie-Georges Buffet le dit bien mieux que moi, d'ailleurs :

 

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Va y M-Gi, balance l'instru

 

Comment faire quand j'essaie d'expliquer aux gens qu'ils sont inconvenants à se mêler de mes ovaires, si le gouvernement est maladroit comme ça? Le gouvernement que j'ai élu est paritaire et j'en suis ravie. Mais les droits des femmes, c'était un ministère à la base, et qu'est-ce que c'est devenu?

Une sous-partie, un alinéa qu'on rattache à la famille comme si on ne devait jamais en sortir vraiment. Comme si c'était notre place au final, comme si on ne pouvait jamais s'émanciper tout à fait.

J'en ai déjà assez de me retrouver entourée de commentaires bien pensants sur la famille que je devrais fonder. Je ne dis pas que je ne veux pas d'enfant, je dis que ça ne regarde personne d'autre que ceux/celles impliqué(e)s dans la conception.

Je pense qu'il y a assez de gens payés en communication pour réfléchir aux intitulés, et à ce que renvoie le langage adopté. Alors je trouve ça vraiment dommage, et plutôt déplacé.

 

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Yo femmes.gouv.fr, regarde un peu ta propre rubrique merde

 

Nous n'avions pas besoin de ça en plus pour venir nous rattacher à l'idée que notre unique statut à acquérir, c'est celui de mère, travailleuse ou au foyer.

On est quoi alors, si on n'enfante pas?

Si on a une orientation sexuelle différente de la sacro sainte hétéro-normativité, si on ne peut physiquement pas concevoir, ou si on fait le choix de ne pas le vouloir?

Est-ce qu'on est moins bien, est-ce qu'on n'est pas vraiment tout à fait un citoyen? Genre un demi, genre la moitié? Comment faire pour être reconnue dans d'autres sphères que la maternité? Comment faire pour exister dans des voies qu'on a choisies, pour lesquelles on travaille, on lutte, on échange ou on s'investit?

Comment être une personne entière, même en étant mère? Comment être reconnue à l'égal des hommes qui peuvent être pères et pourtant avoir une carrière où on ne leur rappelle pas tout le temps leur statut familial, et les couches à changer?

Je n'ai pas de réponses mais ça me chagrine ce soir de voir ça. De se prendre un retour en arrière nul et peu justifié. Qui vient conforter tout ce qui nous emmerde dans notre réalité.

Les questions, les injonctions, les remarques déplacées.

Enfante et tu verras après ma fille. Accouche et on saura enfin qui tu es. Et, si le fruit de mes entrailles est vraiment béni, qui va me bénir moi et le reste de ma vie ?

Sans oublier que si je tombe enceinte trop jeune, je suis une salope.

Trop vieille, je suis égoïste à en pleurer.

Qu'est ce qu'elle va nous dire, la ministre des droits des femmes, de la famille et de l'enfance? Qu'est ce qu'elle va m'apprendre sur moi et la façon dont la société me voit et me pense?

J'attends de voir, je ne vais pas cracher sur un travail qui vient à peine de commencer. Mais je suis déjà déçue, et ce n'est pas forcement comme ça que j'aime commencer une relation. Je préfère quand j'ai des papillons dans le ventre, et de l'excitation. Mais on fera avec, on a le droit à un mauvais départ, de partir mal et de se rattraper après.

On va regarder attentivement ce qu'il va se passer, et peut être qu'il y aura des bonnes surprises de ce faux pas maladroit et pas bien assumé. Ce n'est pas qu'on vous attend au tournant madame la Ministre, c'est surtout qu'on est un peu usée de toujours devoir pointer du doigt ce qui ne va pas. Toujours un peu aphone à force de crier et répéter les mêmes choses, toujours tendue à force de devoir mordre quand on nous marche sur les pieds.

Je suis un peu lasse, et si fatiguée.

Je suis fatiguée qu'on oublie mon individualité au profit des individus que je pourrais ou non enfanter. J'aimerais bien valoir un peu plus que le projet d'un être humain qui n'existe même pas encore. Je suis là moi, avec mes défauts et mes qualités, mes titres, mes batailles et mes projets.

Nous ne sommes pas définies par notre famille, nos désir ou non de grossesse et de bébé. Je ne veux pas qu'être ça, je ne suis pas un résumé de mes organes génitaux internes et externes.

Je vaux plus que mon anatomie.

Je vaux plus que ces stéréotypes contre lesquels mon gouvernement est censé lutter.

 

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25 janvier 2016

Le cas Céline Dion : Sois belle et tais toi

Le blabla avant le sujet qui fait "De tracer d'là j'compte, c'est l'âge con et là j'ai l'impression d'être en retard Il serait peut être temps de passer la seconde"

Petite astuce : Devenez membre du site deslettres.fr (C'est gratuit et c'est pas un article sponsorisé putain merci arrête de détruire la confiance qu'il y a entre nous merde) et ça vous enverra quatre fois par semaine des lettres et correspondances de personnes connues et moins connues. Genre Boris Vian. Et outre le fait qu'il est fort probable que je tombe amoureuse de lui très prochainement (je vais bientôt me pencher sur l'ensemble de ses oeuvres), j'ai pu apprendre deux choses :

1 : Il était pas mal du tout.

intro

Hey sexy lady, I like your flow

 

 2 : Il écrivait des lettres où il était très malpoli, très vulgaire, très come here rude boy, boy can you get it up:

"Linard, je vous le dis tout net, j’ai tenté avec vous la franchise, la tendresse, les bons sentiments ; mais rien ne s’accroche à votre coeur glissant comme un savon caduc mouillé de sperme. Linard, je serais ferme : à la première tentative que vous ferez de me rapporter cette guitare, je vous sonne. Et à coups de pompes dans les molaires, procédé que je répugne d’ordinaire à employer sinon avec les chevaux."

"votre coeur glissant comme un savon caduc mouillé de sperme"

L.A.M.O.U.R

 

Sujet du jour :

Le cas Céline Dion : Sois belle et tais toi

 

Point culture : Ce mois-ci, ça sera l'anniversaire du centenaire du début de la bataille de Verdun, qui a commencé le 21 février 1916.

Je répète : 1916, c'était il y a cent ans.

Il

Serait

Peut

Etre

Temps

D'arrêter

De

Se

Comporter

Comme

Des

Trous

Du

Cul

Du

Siècle

Dernier.

(Calligrames, Guillaume Apollinaire)

(Ou presque)

 

C'est quoi l'embrouille aujourd'hui?

L'embrouille, c'est qu'on a encore du boulot pour virer le sexisme des sociétés, des propos, des modes de vie et des cerveaux. Il est encore bien imprégné dans chacune de nos cellules, dans chaque connerie prête à être dite, prête à être pensée. On l'a toujours à l'intérieur de nous, et malheureusement on le véhicule.

Putain, on n'a pas encore fini d'en chier.

Aujourd'hui, on va parler de Céline Dion. C'est pas très fréquent ici mais il faut savoir s'adapter.

Donc on est parti pour un point Québec :

BLA6

Photomontage Summer '15 rien que pour toi bébé

 

Céline Dion a perdu son mari dernièrement. Tout le Canada était donc très triste, et même le premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé ses "sympathies les plus sincères à la famille et aux proches de René Angélil" (je parle du premier ministre uniquement pour pouvoir constituer mon article entièrement de gif de cette personne, j'assume).

soupir

Et de un.

#CoeurAvecLesDoigts

Donc le mari de Céline Dion est mort. Et comme si ce n'était pas assez, son frère est mort aussi. Ça fait plutôt beaucoup.

Surtout quand on se mange des commentaires dans des tweets aussi con que celui ci :

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Moi, ce genre de bouffonnerie, ça me donne juste envie de sortir mes citations spéciales "rap français" pour placer celle là "Tous ces connards dans la pub, dans la finance dans la com’, dans la télé, dans la musique, dans la mode. Ces parisiens, jamais content, médisants, faussement cultivés, à peine intelligents".

Ça fait du bien quand c'est dit.

Reprenons.

C'est très symptomatique du problème du sexisme qui malheureusement nous fait encore bien chier en 2016. Il s'agit d'injonctions permanentes visant à nous ordonner d'être toujours le plus présentable possible. Maquille toi bien. Assez pour ne pas avoir l'air négligé, pas trop pour ne pas avoir l'air d'une salope au rabais. Habille toi avec goût, pas trop stricte pour ne pas passer pour une coincée frigide, pas trop sexy pour ne pas provoquer le désir chez les hommes. Coiffe toi. Fais des régimes pour ne pas être trop grosse. Mais aie des formes parce que les vraies femmes en ont.

Sois belle.

Sois belle.

Sois belle.

Même quand tu enterres ton mari, meuf. Même quand t'as juste envie de te rouler en boule et pleurer. N'aie pas l'air vieille surtout, merde, on te regarde. Je m'en fous que tu sois en deuil, je m'en fous que tu souffres.

Sois présentable. Sois respectable. Sois baisable.

Baisable même si tu chiales. Baisable même avec de la morve et l'envie de crever. Respecte moi et fais attention à toi.

Je m'en fous que tu chiales du moment que tu fais toujours bander.

C'est juste un cas isolé, ce tweet?

Bien sur que non, on le sait.

Et je parle là d'un journaliste avec plus de 26 000 followers et qui n'a pas du tout compris pourquoi les gens étaient tellement méchants avec lui.

2

#MondeCruel #DurchDenMonson

 

Du coup, une personne de bon goût et avec un magnifique combishort primark lui a répondu :

 

3

 

Et à force de réponses dans le même genre et d'avalanche de critiques, le tweet de Jean Michel Journaliste a fini comme ça :

tweet indisponible

Est ce que tu m'entends hey oh

 

Yeah yeah, encore une victoire écrasante des troupes feminazies.

On passe à autre chose?

Justement non, j'aimerais bien revenir sur cette micro histoire.

J'en profite encore pour utiliser ce qu'on me dit sur twitter dans un article. Etant donné que mon tweet a été un peu partagé, je me suis donc retrouvée une nouvelle fois avec du troll anti feministes/femmes/bouhouhou vous êtes méchantes. Généralement, je me fous un peu de me faire insulter sur les différents réseaux sociaux mais là, j'ai trouvé ce tweet intéressant : 

 

4

#FrançoisBayrouDuFeminisme

 

Il y a deux choses à retenir dans cette réponse, et qui montre bien quelque chose de récurrent dans le sexisme.

Tout d'abord, il y a cette négation qu'on retrouve absolument partout quand on dénonce quelque chose. Non, ce n'est pas sexiste. Non, ce n'est pas raciste. Non, ce n'est pas contre les personnes handicapées. Non, ce n'est pas une histoire d'orientation sexuelle.

Non. Non. Non.

J'ai l'impression que lorsqu'une attitude est discriminatoire, il faut qu'on la subisse mais il faut aussi qu'on en apporte des preuves.

En clair, les autres sont cons, mais en plus je dois pointer du doigt où et comment ils sont cons, sinon ils ne pourront tout simplement pas s'en rendre compte.

Sérieusement?

Je veux dire, allez vous venir pleurer à chaque fois qu'on dénonce quelque chose parce "C'est pas grave", "Ça aurait été pareil avec un homme", "Ilyadescausesplusimportantes" et autres "not all men"? Genre pour l'éternité, on va se taper un remake de Baudelaire en mode c'est le retour "des esprits errants et sans patrie qui se mettent à geindre opiniâtrement"?

Chaque.

Putain.

De.

Fois?

Je pars pour principe que je ne suis enseignante que dans le temps réglementaire où je suis payée. C'est à dire que je ne suis pas là pour vous éduquer, et je trouve que tout type de tentatives de venir chouiner, chialer, pleurnicher est une perte de votre temps, et du mien par la même occasion. C'est de la pollution de chaque putain de fait sexiste dénoncé.

Grossièrement dit, ça me casse les ovaires mais on n'est pas dans un clash entre Booba et Rohff donc je prends rarement la peine de répondre. Mais je constate les mêmes similitudes entre toutes ces interventions.

Et ça me désespère un peu.

De plus, je prends un peu de temps pour parler de cette expression qui me pose problème :

"Il faut se calmer".

C'est tout l'enjeux qu'on retrouve avec les luttes contre les discriminations. Cette fantastique et incroyable fascination de faire passer l'autre pour une "hystérique" ou pour quelqu'un qui n'est pas maître de ses émotions.

Qui s'emballe, qui en fait trop, qui a ses règles, qui n'a pas la tenue exemplaire d'un homme, qui se comporte comme un enfant, comme une personne dépourvue de maturité émotionnelle. Et donc qui a un avis qui ne peut être aussi important que celui qui garde son calme.

Évidemment qu'il garde son calme, ce n'est pas lui qu'on discrimine à longueur de putain de journée.

C'est plus facile, la vie comme ça.

Et j'ai personnellement un peu du mal avec cette expression, "il faut se/te calmer". La dernière fois qu'on me l'a dit, c'est la seule fois où une personne avec qui j'étais en couple a voulu lever la main sur moi. C'était pour que je me calme, parait-il. Sûrement n'y avait-il pas d'autres moyens pour que j'entende raison que de me retrouver par terre. C'est peut être encore cette supposée "hystérie" qui nous anime toutes et qui nous dépossède de notre faculté de raisonnement. Et qui oblige ensuite l'autre à ce genre de comportement. Je ne sais pas.

(Mémo utile : Ce n'est pas jamais de ta faute. C'est toujours de la faute de celui/celle qui te fait du mal, peu importe le mal dont il s'agit. Qu'ils aillent tous et toutes se faire cuire le cul. Tu mérites le meilleur dans cette vie. Tu mérites qu'on t'aime et qu'on fasse attention à toi, tu mérites d'être heureuse/x)

Ok

#Poutine

Bref.

On m'a demandé de me calmer parce que j'avais écris deux tweets.

Deux.

Sur un compte twitter privé, sur un réseau social dont le but principal est de communiquer.

Deux messages et c'est déjà un temps de parole trop monopolisé. Tu imagines un peu le truc? Tu imagines un peu tout ce que ça sous entend sur la place de la parole féminine?

Quand on regarde les statistiques publiés par le Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes, on s'aperçoit que "en 2011, il y a 18% de femmes parmi les expert-e-s invité-e-s dans les émissions de télévision, de radio ou encore les principaux hebdomadaires. A la radio, le temps de parole des experts hommes est de 25 minutes contre 1 minute 35 pour les expertes femmes." (SOURCE).

Ça pue un peu, non?

Ça me fait penser à twitter où je parle parfois/souvent de mon métier et de tout ce qui l'entoure. Et je me suis permise l'autre jour de faire une mise au point après une énième réflexion pas forcement méchante mais assez significative sur comment je devais m'y prendre pour faire mon métier. Et une tentative de mansplaining sur la langue que je pratique au quotidien. Je me suis donc permise de dire ça :

specialiste

specialiste2

#jresteghetto

Et vraiment, je vous encourage à l'ouvrir et à prendre du temps de parole. A revendiquer votre connaissance dans tous les domaines qui vous touchent et que vous maîtrisez. Le temps de parole ne sera jamais donné, il sera pris. Et c'est chiant, c'est long et on n'a pas envie. Mais même si on veut nous le faire croire, rien n'a jamais été donné dans les luttes contre les discriminations, tout a été pris par des combats, encore et encore.

Im focused on you

#OhYeahJustin

 

Ce qui me fait vraiment marrer aussi (enfin, qui me donne envie de me ronger les poignets plutôt), c'est qu'on reproche au féminisme de monopoliser la parole mais également de ne pas la prendre.

Exemple.

Un journal que je ne citerai pas parce je n'ai pas envie de leur faire de la pub, s'est permis une Une dans ce genre :

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Et ta mère?

 

Donc "Validité Présentement" a trouvé malin de venir chouiner qu'on ne parlait pas assez.

Est ce que ça donne envie de casser des rotules et autres prothèses de hanches?

Oh oui.

L'injonction paradoxale de la fermer et en même temps de l'ouvrir. Notons bien qu'il s'agit là de l'ouvrir afin d'alimenter des propos racistes sur la dangerosité des migrants. On ne parle pas vraiment de la sécurité des femmes, on parle juste de ces affreux barbares qui leur feraient du mal.

Parce qu'ici, dans notre beau pays, on ne leur en fait pas du tout, n'est ce pas? Et les 83 000 viols ou tentatives de viols par an seraient le fait de 83 000 migrants et autres personnes de nationalités non-françaises, c'est ça? (Source).

Mais les statistiques nous disent que 83% des agresseurs sont connus des victimes. 

Alors quoi?

Donc chère Validité Présentement, si vous écoute bien, il suffit donc que je n'adresse la parole à aucune migrant pour ne pas me faire agresser, c'est ça?

On n'utilise pas la souffrance d'autrui pour pouvoir bien se branler sur ses pensées racistes.

On n'utilise pas la cause féministe pour pouvoir écraser un peu plus les minorités.

Je ne me sens pas coupable de ne pas avoir parlé de Cologne. Je n'attends pas qu'un journal poussiéreux me donne mon diplôme de "fidèle féministe 2016". Nous n'avons pas besoin de vous pour pouvoir parler, nous ne vous reconnaissons pas cette autorité. Surtout que si vous cherchez à culpabiliser des gens par rapport au féminisme, il faudrait peut être balayer devant sa porte.

Non?

 

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Ou sont les femmes, femmes, femmes

Où sont les femmes?

 

Surtout quand on ne compte que 23 femmes sur une équipe de 74 personnes. Ça fait un peu tâche, à vrai dire. Ça ne fait pas très sérieux au niveau de l'engagement qu'on n'aurait pour lutter contre la discrimination et le sexisme, non?

Je finirai mon article en rappelant que oui, le sexisme est toujours là. Les sociétés changent petit à petit, mais il y a encore du travail à faire. Petit-à-petit, il est important de ne pas laisser passer des choses qui viendraient nous conforter dans nos habitudes discriminantes vieilles et usées, encore présentes et très utilisées.

Prenez la parole, prenez la toute entière. Prenez la même si vous n'êtes pas sure, ou même si on vous dit de vous taire.

Surtout si on vous dit de vous taire.

N'écoutez pas ceux qui voudraient donner des leçons en ne respectant même pas l'égalité et la parité dans leurs administrations.

On a besoin de vous entendre, sur tous les sujets, même les chiants. Je voudrais plus d'expertes, plus de femmes spécialistes et plus de diversité.

Plus d'égalité.

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#JustinTrudeau2017

 

Peut être que comme ça, on se retrouvera de moins en moins avec des spécialistes des médias capable de venir critiquer les choix vestimentaires d'une femme en deuil.

Peut être que ça sera la dernière fois qu'on lit des choses aussi connes et retrogrades devant un cercueil.

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03 janvier 2016

Cyber harcèlement et sexisme : On commence bien l'année

Le blabla avant le sujet qui fait "Tu parles de quoi ? J'te parle de moi, j'te parle de faire des choix Si tu renonces à rien tu choisis pas faut que j'me barre de là":

 

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En ce moment au cinéma, il y a Le pont des espions. Allez le voir. Genre, pour de vrai. Spielberg à la réalisation et les frères Coen au scénario, il vous faut quoi de plus?  Et si vous voulez vraiment écouter quelqu'un en parler, allez regarder la critique de Yannick Dahan dessus (ICI).

Ça parle de la guerre froide et du fait de tenir debout avec ses principes, même seul. Surtout si on est tout seul. Et que "Every person maters", tout ça, tout ça.

Bref, je suis donc maintenant en train d'acheter plein de livres sur la guerre froide (GNII lui il parle d'Histoire et de Sciences Humaines, putain filez moi un lexomil) et de reprendre mes manuels d'allemand.

Et c'est l'un des voeux que je rajouterai à ma vidéo de l'autre jour :

Tombez amoureux, oui.

Mais n'oubliez pas d'être curieux.

Des petites choses, des grandes choses, des autres langues, des moments de l'histoire ou des biographies de personnes célèbres ou moins célèbres. Et même surtout de celles des gens pas connus, à vrai dire. Et je ne parle pas d'acquérir de la culture pour pouvoir se toucher dessus en soirée. Mais tu vois, l'autre jour, j'ai appris que pour dire "ampoule" en allemand, on disait Glühbirne et d'après ce que j'ai compris, c'est composé de "Glühen" (être incandescent/rougeoyer/enfin tu vois le genre, ich bin pas ta mère) et "Birne" (poire).

Donc en allemand, ampoule se dit POIRE INCANDESCENTE REGARDE COMME C'EST TROP MIGNON BORDEL.

(Maintenant ok, tu peux te la péter en soirée #DeRien)

 

Sujet du jour :

 

 Cyber harcèlement et sexisme : On commence bien l'année

 

Je croyais qu'on avait pris des résolutions pour 2016. Moi, par exemple, j'ai dit que j'allais écrire plus, filmer plus, et reprendre la guitare (ouais, dans six mois, je suis une rock star et je couche avec ta meuf).

Et j'ai surtout pris comme nouvelle résolution d'être moins conne.

Parce que j'avais du level cette année.

En exemple, voici "Dame Fanny souhaite un merveilleux et joyeux Noël à son pote qui est juif et qui ne le fête donc PAS" et "Dame Fanny essaie de couper le rideau de douche" : 

bienouej

 La. Souffrance.

 

Et je pensais que c'était une résolution mondiale, d'être moins con. Mais je me plantais un peu.

Qu'est ce que j'ai vu apparaître sur les réseaux sociaux avec les premiers jours de l'année?

De la merde.

Un joli et merveilleux cas de slut shaming et de cyber harcèlement. Youpi, on est aussi con en 2016 qu'en 2015.

L'histoire :

Une jeune fille de dix sept ans a couché avec un jeune garçon dans une salle de bain, à une soirée.

Ouah, l'intrigue de malade, le truc que personne n'a jamais fait.

Problème :

Une personne a trouvé ça malin de les prendre en photo durant l'acte, de le publier sur snapchat, et même d'envoyer la dite photo au père de la gamine sur facebook. Clap clap clap, on a du haut niveau en matière de connerie.

Depuis, le snap tourne sur les réseaux sociaux qui se sont empressés de relayer le truc parce que "hihihi c'est rigolo".

 

Voici le snap en question qui a tant fait parler de lui:

 

 

Piège

TADADAM C'ETAIT UN PIEGE.

On a dit d'être curieux, pas con.

 

Bien sur que non, je ne vais pas afficher cette photo sur le blog. Tout comme je ne dirais ni le nom ni le prénom de la jeune fille. Tu noteras bien la subtilité qui fait qu'elle seule est emmerdée par l'affaire, pas le garçon. Évidemment.

Et j'en profite pour dire que le hashtag #SupportPrénomDeLaJeuneFille que j'ai vu circuler n'est pas le truc le plus malin qui puisse exister. Ça part d'un bon sentiment, c'est sur mais si ça permet de continuer à donner des informations sur son identité, c'est peut être un peu ballot.

Qu'est ce qu'on a pu voir sur Twitter à propos de cette affaire?

On a pu voir que la plate forme a mis du temps avant de se bouger le cul pour faire disparaitre le hashtag. Il a fallu beaucoup de signalements, et beaucoup d'efforts de la part d'utilisateurs avant que ça ne bouge.

On a vu du soutien aussi, de la part de beaucoup de jeunes. Ce que je trouve positif, ça pourrait montrer une certaine evolution des mentalités. Youpi, sonnez les trompettes, on avance.

Et puis, on a vu le reste.

Oh, comme d'habitude.

Du slut shamming de merde. Extraits :

Sans titre

tweet

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tweet5

 

Oulala, n'en jetez plus.

C'est marrant tout ça, de voir qu'on continue à cracher sur la gueule des filles qui choisissent leur sexualité. Surtout quand, deux mois auparavant, on se tartinait la gueule de bon sentiments pendant que l'attention mondiale était sur nous.

Moi, je croyais qu'on devait se tenir debout pour lutter face aux vilains terroristes qui attaquaient notre "mode de vie"?

Non?

Ce qui est encore plus étonnant, c'est que j'ai retrouvé exactement les mêmes propos dans Le Pont des Espions que j'ai vu hier, et qui se passe dans les années 50 - 60. Le méchant, c'est toujours celui qui est envieux de notre mode de vie, le salaud.

Curieux, curieux, curieux.

Donc notre mode de vie, c'était "les terrasses et les françaises libres et belles et baisables et sexuelles", c'est ça? Ce mode de vie que tout le monde nous envie et qu'on défend farouchement?

 

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Tu parles.

Dès qu'on soupçonne la moindre fille d'avoir une relation sexuelle, on la traite de pute et on est à la limite de reprendre les fourches et d'aller la foutre au bûcher.

Encore.

Alors, on lui reproche quoi à cette jeune fille?

 

1. On lui reproche d'avoir eu une relation sexuelle dans un autre endroit qu'un lit.

Êtes vous sérieux?

Qui n'a jamais rien fait de sexuel dans une soirée?

Qui n'a jamais couché que dans un lit? Qui n'est jamais sorti de la chambre pour faire des perversités dégradantes ailleurs? Qui n'a jamais essayé dans la salle de bain? Qui ne s'est jamais cassé la gueule dans cette putain de baignoire qui glisse toujours trop? Qui n'a jamais réalisé que coucher sous la douche, c'était sympa mais c'était quand même un peu chiant pour respirer parce qu'on n'est pas waterproof yellow submarine? Ou qui n'a jamais compris qu'être assise sur le lavabo, ça allait permettre de réaliser le fantasme de coucher debout (soyons sérieux, se faire porter pendant n'arrive pas aussi souvent que le cinéma essaie de nous le faire croire, RIP mes fantasmes d'ados)? Qui n'a jamais couché dans le salon, dans la cuisine, dans une piscine, à la mer, avec des amis dans la pièce à côté, sur son lieu de stage, dans des archives, dans un autre pays, dans des toilettes, dans une voiture, chez un(e) inconnu(e), à l'hotel, par terre, contre un mur, sur une chaise, sur un fauteuil de bureau, sur un fauteuil électrique, sur un canapé, sur un toit, dans un grenier (je suis à court d'idées)(mais je vous fait confiance, je suis sure que vous avez les moyens de poursuivre cette liste)(#PerversionEtAbomination).

 

2. On lui reproche d'avoir fait ça avec un inconnu dans une soirée.

On n'en sait rien. Ils étaient peut être en couple, c'est peut être son mec, c'est peut être juste un coup d'un soir, c'est peut être l'amour de sa vie, c'est peut être un plan cul. On n'en a pas la moindre idée.

Et j'ai bien envie de dire : On s'en balance.

Que celui ou celle qui n'a couché qu'avec une seule personne dans toute sa vie lui jette la première pierre.

Ah oui, merde.

On est tous dans le péché. Sauf peut être ma grand mère qui me rabâche qu'elle n'a jamais connu que mon grand père. Mais elle est née en 1930, elle est genre un peu tellement vieille qu'elle a connu Hitler (par personnellement c'est bon, Ich bin pas des nazis dans la famille). Et tu vois, je discutais avec elle l'autre jour, et je lui parlais d'une relation que j'avais eu et on a eu ce dialogue :

- "Blablabla j'avais rencontré ce garçon d'Alaska avec qui j'ai eu une aventure pendant son tour de l'Europe mais blablabla détails pas intéressants.

-Ooooh, s'exclama mamie, tu couches vraiment avec n'importe qui!

-Non, répondit-elle, je ne couche qu'avec les gens qui sont jolis. (rire du public)(+ 2 points pour la rime)

-.....Tu as raison, accepta la vieille dame, je suis un peu vieux jeux!"

Ma grand mère a 85 ans. Si vous avez un avis qui est plus dépassé qu'elle qui est quand même over vieille, il ne vous reste plus qu'à aller rejoindre la manif pour tous.

Vous vous y sentirez chez vous avec leur morale de vieux, leurs avis de vieux, leur conception de la vie de vieux, et toutes les conneries qu'ils peuvent affirmer sur ce qui est bon ou pas de faire, et sur l'effondrement de la civilisation qui nous pend au nez à cause de notre perversité (Et putain, depuis le temps qu'on nous le promet, j'aimerais bien que tout s'efffondre dans un joyeux bordel pour qu'on puisse enfin reconstruire deux trois trucs plus égalitaires par dessus).

 

3. On lui reproche parce que nous hein, on n'aurait jamais fait ça à son âge.

Vous êtes vieux.

Vieux.

Vieux.

Et encore vieux.

Le problème, c'est encore et toujours ce slut shaming à propos de l'idée que les femmes ne peuvent pas être libres de leur sexualité. Je connais pas de phrases plus exactes que les paroles de "Bloqué" qui disent T'aime ta meuf parce que c'est pas une traînée Tu trompe ta meuf parce que c'est pas une traînée. On en est encore là, et putain va-t-on encore longtemps faire grandir les adolescents dans cette chrysalide de pensées rétrogrades?

Nous sommes les exemples à donner. Nous sommes les modèles vers lesquels ils tendent, sur lesquels ils s'appuient pour se façonner. Donc si on reste comme des cons à lyncher la sexualité d'une adolescente, comment voulez vous qu'on change d'un iota (#ExpressionsDeVieille) leur façon de penser?

Si on hurle avec les loups dès qu'on voit quelque chose dépasser du cadre?

Si nous même, on se fait avoir au jeu du sexisme et qu'on se permet de les juger du haut de notre prétendu âge adulte?

Celui qui reste encore flou pour nous, où on paye des impôts mais qu'on continue à se déguiser pour aller voir Star Wars? Cet état d'adulescent respectable et toujours un peu inconscient, où on a des gueules de bois encore monstrueuses, des peines de coeurs affreuses, des fêtes qui finissent tard, des histoires merveilleuses, des amitiés nouvelles et celles dont on se sépare, des fous rires à en pleurer, nos loyers à payer, nos insécurités dans le miroir, la fierté parentale qu'on n'aura jamais vraiment comme on voudrait, tout ce qu'on fait et que la morale réprouve, ce qui nous fait rougir en réunion quand notre esprit s'égare, et ce qu'on finit toujours par avouer devant des verres avec notre entourage qui nous approuve.

Nous sommes les mêmes personnes que ces deux adolescents chopés dans une salle de bain. Nous ne sommes ni mieux, ni moins bien. La seule différence notable qu'on a avec eux, c'est qu'on a eu la chance de grandir sans réseaux sociaux. Sans smartphones pour tout enregistrer, photographier, publier. On n'était pas plus intelligents, on n'avait juste pas la même technologie. Et je suis certaine que ça nous a sacrement sauvé la vie. Quand je vois la tête des appareils photos qu'il fallait se trimballer. Qui était lourds, qui nécessitaient un câble pour les relier à un ordinateur. Et puis, surtout, il fallait aussi la connexion internet qui allait avec. On était loin des iphones et des androids de maintenant, tout était plus lents et nos conneries trop rapides pour être attrapées.

Preuves de nos anciennes technologies contenant des photos dossiers, warning warning warning:

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Ce qu'il ne fallait pas faire à l'époque pour faire un selfie

PS :Oui, c'est bien un bonnet reggae, non, tu n'as pas besoin d'en savoir plus.

PPS : Oui pour les plus attentifs, je ne me vernissais pas tous les ongles #REBELLION

 

Et pour les téléphones, c'était la même. Je ne pense pas qu'on aurait pu faire quoi que ce soit des photos qu'on prenait avec nos portables de l'époque. Photo dossier, deuxième :

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TMTC les vrais amis et les merveilleux téléphones à clapet 

(+ les mitaines parce que j'écoutais Linkin Park ouais ouais)

 

On était pareils, mais peut être plus chanceux parce qu'on n'avait pas le monde entier à portée de main. Quand je me souviens de la gueule de mes statuts msn de l'époque, je me dis que c'était vraiment une chance de ne pas avoir eu facebook, twitter et tout ces outils merveilleux quand on a suffisamment de recul pour s'en servir au mieux.

Donc c'est facile de venir se foutre de la gueule des plus jeunes quand on n'a pas vécu notre adolescence de la même façon. Pas la même visibilité sur internet, pas le même accès au sexe, pas de possibilité de preuves aussitôt prises, aussitôt mises en ligne, likées, retweetées, partagées. Tes conneries adolescentes que tu as le droit de faire, en mode trending topic sur Twitter parce que les gens sont cons et qu'ils ont maintenant le pouvoir de le montrer. Comme si on n'en avait pas fait nous, des actes honteux qu'on aimerait bien oublier.

A l'adolescence, je roulais ma première pelle à 15 ans à un apprenti rugbyman à un mariage (#GrandirDansLeSudOuest). J'étais pas encore sexuellement active, pour plein de raison. Le max que j'ai pu faire en terme de scandale, c'est de me faire plaquer sur msn (#vieux) et d'embrasser un nouveau garçon le soir même. Ça avait été rapporté à celui qui m'avait quitté, et ça avait fait le tour du lycée le lundi matin. J'étais passé pour une fille facile à l'époque, et ça avait été affreux. Donc t'imagines un peu à quel point on ne jouait pas dans la même catégorie.

J'ai l'impression de parler vraiment comme une vielle conne, mais la donne a changé en dix ans. Ce n'est pas l'écart d'une génération, mais c'est assez important pour qu'on apprenne au moins à ne pas juger ce qu'on ne connaît pas. On n'a pas le même accès aux informations sur le sexe, et toute la pression qui en découle. On ne vit pas tout à fait l'entrée dans la sexualité de la même façon, même si je rejette ce discours qui dit que "ohlala les jeunes de maintenant, on était mieux avant". Non, on n'était pas mieux, on était différent.

Ce qui serait important maintenant, c'est de pouvoir avoir le rôle d'adultes bienveillants. Et de ne pas rentrer dans le jeu de la diffusion d'images à caractère pedo-pornographique, ça serait bien. Ca nous rendrait pas moins vieux, mais ça permettrait de rappeler que le monde des adultes n'est pas rempli de requins.

Et puis moi, je me permettrais juste de rappeler que si on conserve, diffuse ou laisse diffuser au public l'image d'une personne prise dans un lieu privé sans le consentement de celle ci, ça peut aller jusqu'à 45 000 euros d'amende et un an d'emprisonnement. Parce que la loi, c'est pas juste fait pour faire beau. Et ça me fatigue tout ça, d'avoir à rappeler le cadre légal parce qu'on est encore trop cons dans cette nouvelle année.

Et qu'on la commence avec du sexisme et du cyber harcelement sur une ado parce qu'on n'a rien de mieux à foutre dans nos vies creuses et insignifiantes.

Parce qu'on n'a pas encore appris la leçon, pas encore compris l'intérêt de changer des pensées retrogrades qui nous gangrènent et nous freinent jusqu'à l'amputation.

Nous sommes le 3 janvier 2016, et je finirais cet article en posant cette question :

 

Putain alors, c'est quand qu'on devient grand?

 

 

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31 décembre 2015

Finir l'année avec une vidéo

 

(Pour ceux que ça interesse, le LPC ou Cued Speech : ICI ou ICI en français)

 

Je vous souhaite plein d'amour, et un reveillon pas trop nul.

Soyez heureux, bordel.

Bisous

Dame Fanny

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14 décembre 2015

Avoir bientôt trente ans : Etre seule

Le blabla avant le sujet qui fait "Do you miss me, Miss Misery":

Je me suis rendu compte qu'à force de repousser à plus tard le fait de répondre aux commentaires/mails, je ne le faisais jamais. Ne vous étonnez donc pas de recevoir prochainement des réponses mille ans après.

Ps : Je vous aime grave, vous et vos petits mots d'amour putain.

 

 

Sujet du jour :

Avoir bientôt trente ans : Etre seule

 

Il était une fois. Votre magnifique et fantastique dévouée pour qui le calme n'est vraisemblablement pas réservé. Et qui, au détour d'une conversation téléphonique avec les hautes autorités paternelles, constituée de monosyllabes de sa part "oui, hum, oui, non, oui, ouais c'est bientôt les vacances c'est cool, oui, oui, humhum" (Ça, ça veut dire "Hey, j'ai envie de raccrocher, laisse moi partir please") s'est vu assener la sublime phrase suivante :

 

"Tu dois te trouver quelqu'un maintenant, tu n'as pas de sens à ta vie."

 

Hum.

Greys-Anatomy

(Cet article sera entièrement constitué de gif de grey's anatomy

Parce que fuck yeah Rock'n Roll bitches)

Ce sont les dépassements d'honoraires de ma psy qui ont été content, sur ce coup là.

Donc je pense qu'il est temps de faire un petit bilan sur ce qu'il est possible de dire, ou non, à autrui.

Concernant la vie sentimentale des gens que vous aimez (les autres, on est bien d'accord, on s'en branle)(sauf les gens qu'on n'aime pas, eux on peut parler de leurs vies jusqu'à ce qu'on crève de vieillesse), il est possible de dire deux choses quand on a vraiment envie/besoin de se mêler de la vie de son entourage :

1 : J'aime bien ton mec, j'aime bien ta meuf, je le trouve bien, honnêtement on l'aime bien et c'est un avis du groupe en général, elle est sympa, elle a l'air amoureuse de toi c'est chouette, je trouve que vous allez bien ensemble, je suis content pour toi, ça me fait plaisir de te voir comme ça, viens on va boire.

2 : Écoute, je sais pas comment te dire ça mais est-ce que t'es vraiment heureux avec elle ? Est ce que tu es bien avec lui? Je suis désolée mais je le sens pas, et ça me coûte de te dire ça parce que je ne veux pas qu'on se dispute mais je te sens pas heureux, je sais pas, je trouve qu'il te traite pas bien, je trouve qu'il fait pas d'efforts pour être dans ton monde à toi, je trouve que tu t'occupes trop d'elle et pas de toi, je sais pas comment te dire ça, et peut être que je me trompe mais est-ce que tu es vraiment heureuse en ce moment? Ou est ce que tu restes avec lui par habitude ou par peur, mais je trouve que tu vaux tellement mieux et que tu mérites quelqu'un de plus, de moins, je sais pas. Viens, on va boire.

Soyons bien d'accord que la deuxième alternative est une sacré merde et que vous n'allez pas du tout aimer faire ça. Et que vous risquez de perdre votre ami si celui/celle ci trouve que vous dépassez les limites. Ce qui est vrai. Mais merde, putain, fait chier, ça fait des années que je te vois avec ce mec et je trouve qu'il ne te rend pas heureuse et que tu mériterais d'être avec quelqu'un qui t'apporte tout ce que tu voudrais et que J'AIME PLUS QUE LUI BORDEL JE L'AIME PAS LUI.

Ou vous pouvez choisir de chouiner sur votre blog en esperant que ça marche. Taux de réussite : 2%.

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On aime tous se mêler de la vie des autres. C'est humain, ça nous fait de la conversation quand on est au pub, on n'est généralement jamais d'accord avec les choix qui ne sont pas les notres, et c'est cool. J'aime personnellement réussir à mettre des gens ensemble, comme si on était en 5°B. Le dernier couple où j'ai un peu aidé à forcer le destin n'est qu'amour et projets en ce moment, tu peux pas imaginer comme je suis contente. Inconvénient : Si le couple se sépare, il y a des grandes chances pour que ça te retombe sur la gueule. Grave. Testé et approuvé.

Reprenons.

La vie sentimentale d'autrui, c'est fun. Ça fait de quoi discuter, y'a toujours un truc qui va, ou justement un truc qui ne va pas. On peut parler de cul, d'amour, de sentiments naissants ou disparaissants, de projets, de mariage, d'enfants, de non désir d'enfants, d'emmenagement commun, de maison, de chien, de belle mère adorable ou chiante à mourir, de pénis, de chatte inoubliable, d'épilation, de se faire ou non étrangler pendant, oui, mais non, mais si, mais si, de jouets, de mots doux, d'amour, d'amour, d'amour.

J'ai été en couple pendant presque dix ans. Dans deux relations, dont l'une très grande où il y a eu beaucoup d'amour, beaucoup de passion, de dimanche pluvieux à manger des muffins sous la couette en regardant des films d'horreurs, des repas avec des bougies partout, des mots d'amour sur les murs, des lettres, du sexe, des promenades mains dans la mains, des présentations aux parents, aux grands parents, aux copains, des projets communs, des déclarations, tout ce qui se fait normalement quand on est deux et qu'on est amoureux.

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Ouais, j'ai eu ça, mot pour mot. En VO dans le texte.

TMTC bitch, love is all.

 

Mon histoire s'est terminée pour plein de raisons qui me font dire que tu sais, on s'est vraiment beaucoup aimé et je te souhaite maintenant une gastro éternelle pour tous les jours de ta vie, et plein d'autres choses peu admirables comme des pertes de cheveux ou des varices à plein d'endroits du corps. Genre plein plein plein. Merci petit Jésus.

Mais j'ai vécu toute cette histoire, même si elle n'existe plus. Et c'était chouette, et c'était affreux, et c'était plein de sentiments différents et c'était ma vie à moi, et c'était ça le plus important.

Donc du coup, quand maintenant je commence à entendre des choses aussi connes que "On s'inquiète pour toi" parce que je suis célibataire, ça me laisse quelque peu perplexe. Surtout quand je l'entends dans d'autres histoires que la mienne, chez d'autres personnes qui ne sont pas en couple et qui sont proches de la trentaine.

S'inquiéter : Tenir compte de quelque chose, s'en préoccuper, s'en soucier, me dit le Petit Larousse.

Genre.

Sérieusement.

Se faire du soucis, éprouver de l'inquiétude, se faire du mauvais sang, flipper sa mère, avoir peur sa race.

Se faire du soucis pour quelque chose qui ne rend pas malheureux la personne concernée. Qui n'en éprouve pas de peine, pas de chagrin, pas d'inquiétude. Qui dit que tout va bien dans sa vie, que tout marche, qu'elle a un travail qu'elle aime et où elle a un peu l'impression de sauver le monde parfois, ou se sauver elle surtout, qu'elle a un appartement où elle se sent à la maison, des projets de voyages, des chats à la con, des amis fidèles, des passions, des choses à créer, des hobbies où se faire mal, des week end de fêtes, des conversations derrières des tasses de thé fumants puis tièdes, des gueules de bois, un roman à écrire, un manuel à faire publier, des idées à tester, des histoires incroyables à raconter, des gens à rencontrer, des étincelles, des peut être, des parfois, des jamais.

Et on se retrouve quand même à se faire du soucis pour quelqu'un qui n'a absolument rien demander. Parce qu'elle ne rentre pas dans la case qui existe pour toute personne qui va avoir trente ans, et qui ferait mieux de se bouger le cul à réfléchir plus grand sur comment faire des enfants, comment accéder au droit à la propriété et comment trouver l'homme parfait et le garder. Ah oui, parce qu'on parle bien de relation heteronormée, évidemment. Des efforts à faire pour trouver un conjoint, pour le garder, pour rester avec lui contre vents et marées. Même si on n'est plus heureux ensemble, même si on serait mieux tout seul. Rester, rester, rester.

Quand vous parlez de votre inquiétude complètement déplacée, complètement déphasée, vous rendez vous compte que vous devenez une part du problème bien plus grande que celui d'être en couple ou non. En rabâchant l'idée qu'il faut à tout prix être à deux, on rabâche aussi l'idée qu'il faut coûte que coûte être en couple, quitte à ne pas être heureux. Que c'est trop triste d'être tout seul, et qu'il vaut mieux serrer les dents et continuer dans des chemins où on est à deux, mais pas forcément mieux.

Vous êtes l'une des raisons pour lesquelles votre copine là, qui est en couple avec ce mec qui ne la rend pas heureuse, choisit de ne pas partir et de rester à s'enfermer dans une relation qui l'asphyxie. Parce qu'on ne dit jamais assez que c'est possible d'être heureux par soi même, qu'il ne faut pas avoir peur et que ça va aller.

Ça va aller.

Même si les autres t'emmerdent, même si les autres se mêlent de ta vie sous le prétexte de vouloir t'aider.

Ça va aller.

Le couple, c'est bien. Je suis vraiment mal placée pour dire que l'amour ne compte pas, qu'il faut faire attention à ce qu'on donne à l'autre, qu'il faut être dans la demi mesure et économiser ses sentiments, et qu'il faut doucement aimer. J'aime beaucoup, j'aime complètement. J'aime à ma façon, et mon dieu je pense que parfois, c'est fatiguant.

On est d'accord, l'amour compte beaucoup, et trouver des gens qui font sourire même quand ils sont absents, c'est quelque chose auquel il faut faire attention. Trouver quelqu'un qui te fout des papillons dans le ventre, on a rarement connu mieux. Je ne dis pas le contraire, loin de là.

Mais tu n'es pas l'amour qu'il y a, ou non, dans ta vie. Tu es plus que tout ça. L'amour a besoin de toi pour créer des histoires jolies à dire et à raconter. L'amour a besoin de toi dans ce monde pour exister.

L'amour, ce n'est pas le sens unique de ta vie. Le sens qu'elle doit avoir, il n'y a que toi pour lui donner. Pas un autre, pas une relation, pas parce quelqu'un à ta main dans la sienne ou reste à tes côtés. L'autre, c'est une valeur ajoutée, c'est merveilleux, mais ce n'est pas toi tout entier.

Ta vie, c'est tout ce que tu es. Pas tout ce qu'on te fait croire qu'il faut que tu réalises avant un âge donné. Aie des enfants, n'en aie pas. Marie toi, ne te marie pas. Emménage avec elle, ayez des appartement séparés. Soyez exclusif, soyez polyamoureux, soyez en relation libre.

Sois dans une relation qui te plaît.

Ou sois tout seul. Trouve toi, toi. J'ai l'impression depuis bientôt un an et demi depuis ma séparation, que je me trouve tous les jours un peu plus. Que, derrière chaque situation, j'apprends un peu mieux à me connaître. Je trouve ça absolument incroyable, je n'aurais jamais pensé pouvoir avoir toutes ces capacités là. Cette volonté d'aller voir ailleurs si j'y étais, de me balader moi et moi même partout, d'être chez moi dans chaque endroit qui me plaît, de m'assoir toute seule au comptoir avec un livre et un verre, et avoir même l'audace d'envoyer autrui balader.

Je ne veux plus qu'on s'inquiète pour moi.

Je ne veux pas qu'on s'inquiète parce qu'on fait des transferts sur moi que je n'ai absolument pas demandé.

Il y a assez de choses dans le monde pour s'inquiéter.

Moi, je m'inquiète du réchauffement climatique, de la montée des eaux, des progrès en français de mes élèves, de ne pas savoir assez de choses, de ne pas avoir le temps de tout apprendre sur comment marche le cerveau et la neurophysiologie du langage, de ne jamais savoir assez de langues, de perdre celles déjà apprises, d'avoir la maladie d'alzeimer un jour comme mon arrière grand mère, que les gens que j'aime meurent, que les gens que j'aime souffrent de maladie que je voudrais tellement pouvoir annuler, de l'hérédité qui me fait vraiment flipper, d'écrire un livre que personne ne voudra lire, qu'on veuille me lire justement et que j'ai trop peur de décevoir à nouveau et de ne plus jamais écrire, de ne plus jamais revoir quelqu'un à qui je tiens vraiment mais c'est vraiment compliqué. Je m'inquiète même sur des sujets sur lesquels je ne peux rien, je m'inquiète de savoir si oui ou non Saint Exupery ne se serait pas suicidé et qu'il devait être si triste et se sentir si seul la veille de sa mort quand il a écrit "Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m'épouvante. Et je hais leurs vertus de robots. Moi, j'étais fait pour être jardinier", je m'inquiète qu'il soit mort malheureux. Je m'inquiète de grossir, je m'inquiète de vieillir, je m'inquiète d'un jour perdre mon travail et ne plus avoir d'argent, je m'inquiète de ne pas avoir le temps de voyager, d'écrire, de créer, je m'inquiète de passer à côté de ma vie parce que je ne prends pas le temps de la regarder attentivement.

Ne vous inquiétez pas de savoir si j'ai ou non quelqu'un à mon bras. Que cela soit le cas ou non, il y a quelque chose de plus grand à demander aux gens que leur statut marital.Et si le leur ne vous convient pas, je ne pense pas que vous soyez en droit de leur demander quoi que ce soit.

Vos "Mais enfin, tu es si jolie, je ne comprends pas", vos "Tu devrais sortir plus, ce n'est pas normal à ton âge" et toutes les injonctions que vous faites par gentillesse/politesse/inquiétude/lâcheté et qui ne devraient même pas exister. Vous ne savez rien des batailles que les gens perdent ou gagnent, vous ne savaient rien du tout de qu'ils traversent et des exploits incroyables qu'ils sont en train de réaliser. De tous leurs efforts pour maintenir leurs vies comme ils veulent, comme ils en ont envie. Ou justement, toute la volonté incroyable que cela leur demande pour réussir, le matin, à se lever.

On ne sait rien des autres, juste ce qu'ils acceptent de vouloir nous montrer.

Arrêtez d'être aussi con à force de rabacher la même chose depuis des siècles et des siècles.

On a la chance aujourd'hui, d'avoir le droit de prendre le temps pour apprendre à s'apprivoiser. Pour choisir de réaliser, ou non, les rêves qu'on a, nos projets, nos idées. Arrêtez de voir tout au travers du prisme de la vie que vous voulez. Ouvrez un peu mieux vos yeux, déplacez de quelques centimètres vos oeillères et apprenez un peu plus à faire confiance à l'autre sur les choix qu'il fait. Sur l'amoureuse qu'elle a choisi, sur celui avec qui elle a décidé d'être, sur leur couple qu'ils choisissent de continuer à construire et fortifier, sur le choix de partir justement ou bien de rester, sur les chemins qu'on arpente tout seul et dont on est si fier quand on se retourne, et qu'on voit l'étendue immense qu'on a traversé.

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Je ne manque pas de sens à ma vie, cher père. Je n'en ai jamais manqué. Ni à deux, ni toute seule. J'ai beaucoup de choses à faire, beaucoup d'endroits où me perdre et encore plus où me trouver. Je ne suis pas seule, nous sommes des millions, nous sommes des milliers.

Foutez la paix aux célibataires de votre entourage. Vous n'êtes pas leurs pères, vous n'êtes pas leurs mères, vous ne savez pas mieux qu'eux sur comment gérer leurs vie parce que vous avez un crédit sur trente ans ou des enfants à élever. Laissez les faire, laissez les expérimenter. "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé" comme c'est écrit dans le Petit Prince, mais les autres ne sont pas ton putain de renard, ni cette conne de rose qui fait crever le Petit Prince de ne pas être auto suffisante et d'avoir besoin d'être arrosée. Nous n'avons pas besoin que vous vous sentiez responsable de notre destin, on est déjà suffisamment occupé à nous même s'en charger.

Les gens n'ont pas besoin de conseils, ni d'inquiétude qu'ils n'ont pas demandé.

Et croyez moi, vraiment, ça va aller.

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30 novembre 2015

Marion Maréchal Le Pen et les plannings familiaux : Chère Marion

Le blabla avant le sujet qui fait "Ah, ces jeunes, il faut les voir, les voir et les entendre, vu qu’ils braillent tous les soirs":

On est lundi.

Faut-il vraiment que je sois fachée.

 

Sujet du jour :

 

Marion Maréchal Le Pen et les plannings familiaux :

Chère Marion

 

Chère Marion

Selon ta fiche wikipedia, tu es née en 1989 donc on a presque le même âge. Selon ton site internet, tu as un master en droit et tu es la plus jeune députée élue de la république française.

Yep Sista, c'est du bon boulot. Une femme jeune à l'Assemblée Nationale, tu dois en manger dans la gueule bien comme il faut. Je suis sure qu'il t'a fallu du courage pour en arriver là.

Bon, maintenant, on a un problème toutes les deux. Ou deux.

Clairement, on n'est d'accord sur rien.

Je te prends un exemple au hasard, sur toutes les conneries que je peux lire sur votre site (ICI):

"La notion de « handicap » ayant été profondément élargie par la loi de 2005, elle englobe désormais certains troubles du comportement et certaines maladies qui devraient être traités hors du champ handicap."

Tu vois qu'on peut pas être copine toutes les deux. Parce que j'ai l'impression que vous faites toujours la même chose dans ton parti politique :

- Vous prenez un sujet que vous ne maîtrisez pas

- Vous essayez de parler quand même

- Vous dites de la merde.

Pour le cas du handicap, vous estimez connaître assez le sujet pour vous permettre de remettre en cause le système de classification du handicap élaborée par le docteur Philipp Wood dans les années 1980, puis réactualisé par l'Organisation Mondiale de la Santé en 2001 (ICI : CULTIVE TOI UN PEU BORDEL). Ca montre assez la taille de votre égo, et la taille des conneries possibles à dire quand on ne se renseigne sur rien, mais qu'on veut parler de tout.

Bref.

Moi Marion, ce qui me pose problème avec toi aujourd'hui, ce n'est pas le handicap. C'est plutôt la dernière tirage que tu as dit à propos des plannings familiaux dont tu voudrais couper les subventions en région PACA si tu étais élue.

Là, ça pique fort.

Je cite libération pour reprendre la polémique :

"La question est claire, la réponse définitive. «Vous l’avez dit deux fois mais je ne suis pas totalement sûr d’avoir compris : vous supprimerez la subvention accordée au planning familial ?» demande Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef à Valeurs actuelles et animateur du débat. «Oui, absolument ! répète la députée Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste du FN pour les régionales en Paca. Je considère qu’aujourd’hui, ce sont des associations politisées, on le sait bien, et elles véhiculent une banalisation de l’avortement.» Devant un public de militants de la Manif pour tous, la déclaration a forcément enthousiasmé la salle. Applaudissements nourris. C’était le 13 novembre à Marseille, à l’occasion d’un meeting du mouvement"

Donc nous parlons bien d'un meeting uniquement constitué de gens du FN et de gens de la Manif pour Tous. Double combo.

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Amour toujours

Marion, t'es sérieuse dis?

Tu veux vraiment faire ça?

Parce que toi, tu as un avis sur l'avortement, tu voudrais l'imposer aux autres qui ne t'ont absolument rien demandé?

C'est fâcheux.

Marion, toi et moi on est un peu pareilles. On a eu la chance de grandir sans problèmes dans un milieu social favorisé (tu as très certainement été mille fois plus favorisée que moi par la thune de ta famille, certes). On a été éduqué, on a pu faire des études. A l'adolescence, on nous a expliqué, à l'école ou à la maison, comment on devait agir responsablement par rapport à notre vie sexuelle qui démarrait. Contraception, IST, MST, préservatif, implant, pilules, pilule du lendemain et tout ce qui va bien. Je ne sais pas comment vous fonctionnez dans votre famille mais j'imagine que c'est partout pareil, on est plus ou moins obligé de parler de sujet qu'on n'aimerait pas trop aborder, comme la vie sexuelle des parents ou des enfants. Mais on le fait quand même, on est bien obligé. Parce que les risques de grossesses adolescentes et les divers MST/IST présentes, c'est un peu trop chaud potatoe pour être ignoré.

Toi et moi, on a sûrement été bien informé.

Le problème, c'est que toi, tu penses que c'est une bonne idée de couper les subventions / faire fermer les plannings familiaux.

Ok.

Et donc, comment va-t-on faire pour éduquer les adolescents sur tous les risques qu'on peut rencontrer dans une vie sexuelle s'ils trouvent portes closes quand ils veulent venir poser des questions?

Parce que moi, dans ma vie, je les côtoies les adolescents et j'ai déjà du répondre à des questions sur la sexualité. Et je peux te certifier que, quand les familles ne peuvent/ne veulent pas leur parler de ça, les méconnaissances qu'ils ont sur le sujet sont assez problématiques.

L'idée que la pilule empêche d'attraper les mst, que le VIH se voit sur le visage des gens qui l'ont parce qu'il donne des boutons, que si une fille a ses règles elle ne peut pas tomber enceinte, "Mais si je perds du sang quand j'ai mes règles, est ce que je vais mourir?", que les MST ne s'attrapent pas lors de fellations, "On utilise pas de préservatifs mais je l'aime, c'est bon je le connais il est pas comme ça", que si le garçon n'éjacule pas à l'intérieur alors c'est bon.

On en fait quoi de toutes ces questions, Marion?

Si on supprime les subventions de ceux qui sont là pour faire des missions d’éducation à la sexualité qui figurent dans la loi, alors on fait quoi?

Comment veux tu qu'il y ai moins d'avortements s'il y a moins d'informations?

Est ce que ce n'est pas complètement con, ça, Marion?

L'avortement n'est pas un crime, n'est pas un délit, n'a pas a être jugé par des gens venant de parti politique. Ou venant de mouvement comme la Manif pour Tous à qui on n'a rien demandé. Du tout. Qui ferait bien de reprendre ses meetings, ses slogans, ses défilés ridicules et ses banderoles et de ce les caler au cul une bonne fois pour toute. Plutôt que de l'ouvrir sur des sujets où on ne leur demande surtout pas leurs avis.

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Ta gueule Marie Chantal

 

Le mariage pour tous ne vous concernait pas, l'avortement d'autrui non plus.

Ce qu'il se passe dans la sphère privée des individus, aussi insupportable que cela puisse paraître, ne vous concerne pas. On se fout de vos jugements de valeurs, de vos propositions d'idées pour faire changer des choses déjà bien installées, de vos envie de retour en arrière et de vos refus pour la modernité qui semble vraiment vous effrayer vu à quel point vous ne cessez de vous débattre dans une agonie ridicule.

Vos slogans pro vie de merde, vos mensonges qui sont dangereux et qui étaient bien ancrés dans la tête de celui qui a tué trois personnes dans un planning familial des Etats Unis le 27 novembre dernier, et qui a dit après "No more baby parts!". C'était un déséquilibré mais c'était vos voix dans sa tête qui résonnaient. Vos conneries, vos lettre d'un foetus à une mère matricide et vos "Aujourd’hui, ma maman m’a fait mourir. Elle m’a avortée.Je ne verrai jamais le jour , ni la face de maman que pourtant j’aimais depuis le premier jour. Elle n’a pas voulu de moi" et toutes vos tirades insipides et mal écrites pour condamner les femmes à vie à la culpabilité.

Et en plus, Marion, si tu savais.

A quel point, ton parti, je ne l'aime pas.

Le problème fondamental que j'ai avec vous, c'est ce que je ne connais qu'une seule personne qui vote pour vous. Celui qui partage la vie de quelqu'un que je connais, et qui l'aime tellement fort que parfois, elle en a mal.

C'est con, Marion, dis?

Parce que du coup, c'est à ça que je vous associe, toi et ton parti. A cette violence qui fait que parfois, vous avez besoin de montrer qui a l'autorité, et vous frappez sur ceux qui sont plus faibles que vous. Oh, pas vraiment, oh pas beaucoup. Juste pour prouver que vous en avez, que vous avez des couilles et qu'il faut vous écouter. Vous, vous, et seulement vous. Ça laisse un peu de sang sur le carrelage bien lissé, ça fait mauvaise effet, il faut ensuite bien nettoyer et faire comme si de rien n'était pour un moment. Et hop, c'est réparé. Et hop, c'est oublié.

Vous refaites des sourires, des caresses, des propositions gentilles et accueillantes, tendres et conciliantes.

Et puis, vous recommencez.

Pour montrer qui est le chef, qui est celui qui décide et pour asseoir votre foutu complexe de supériorité. Vous frappez sur les plus faibles, ceux qui ne peuvent répondre et qui vous laissent faire en toute impunité.

Pendant que nous, on reste là, impuissants, avec une boule au ventre quand même, mais silencieux. Puisque ce sang n'est pas le notre, puisque c'est plus facile de fermer les yeux. Vous frappez à côté de nous, vraiment pas très loin, mais ce n'est pas nous qui avons des bleus.

Jusqu'à quand?

Jusqu'à quand, Marion, est ce qu'il faut vous laisser être indécents?

Ta tante a dit qu'ils ne toucheront pas aux subventions si tu es élue, que ton parti se désolidarise de toi et des propos. Mais est ce qu'il faut encore vous faire confiance? Est ce qu'il ne faut pas maintenant vous guetter, vous surveiller, observer le moindre changement de direction et le moindre retour possible sur ce sujet?

Je ne vous fais pas confiance, je ne l'ai jamais fait. Et si parfois, on voit votre vrai visage le temps d'un coup de colère, d'une perte de sang froid et d'une voix trop élevée, je sais que vous savez très bien faire semblant. Retrouver votre calme, tout maquiller, faire comme si de rien n'était. A l'interieur, tout est parfaitement dissimulé. Cette horreur que vous avez, votre vision rétrograde et haineuse de tout ce qui vous entoure, tout ce qui est différent et qui vous provoque la nausée.

Tout le monde s'en doute, de qui vous êtes vraiment, même quand vous êtes bien maquillé, même quand votre masque est bien collé et votre discours bien maîtrise.

Je ne vous fais pas confiance, et on vous garde à l'oeil. Même si ces temps ci, on a encore plus peur qu'avant. Même si le climat est terrible, la violence partout, nous en morceaux, nos peines encore trop grandes et pas cicatrisées, nos espoirs à genoux. Même si on est triste, qu'on est effrayé, qu'on est fatigué par ce mois de novembre, par tout ce qu'on a perdu et qui ne se rattrape plus.

On connaît le vrai visage de vos idées, Marion. Et il est répugnant. Et même si les sondages sont favorables pour vous, même si vous gagnez des points grâce à la haine et la peur, les deuils et le malheur.

Votre vision rétrograde du moment n'a plus rien à faire, ici.

Votre vision rétrograde de la vie n'a plus rien à faire, maintenant.

 

Posté par Dame Fanny à 12:36 - Commentaires [10] - Permalien [#]

25 novembre 2015

"Nos femmes françaises sont belles et libres" : Le féminisme hypocrite et opportun

Blabla avant le sujet qui fait "Baby make up your mind 'Cause I can't keep sleeping in your bed if you keep messing with my head":

L'automne 2015 est la période la plus merdique connue depuis un sacré moment. Rien ne va, tout est triste à pleurer.

Personnellement, je pense que je vais passer l'hiver entier dans ma grotte à lire. Et boire.

Livres et tequila.

Et lire des histoires de cul entre Bucky Barnes et Captain America.

Wake me up when march end, a peu près.

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Hot.

 

Sujet du jour : 

 

"Nos femmes françaises sont belles et libres" : Le féminisme hypocrite et opportun

 

Je ne reviendrais pas sur les évènements tragiques qui se sont déroulés à Paris, il y a deux semaines. Je pense que tout le monde est au courant, tout le monde s'est probablement roulé en boule et a beaucoup pleuré, et je ne saurais dire mieux que mes élèves qui ont dit "Ce sont des monsieur très méchants". Pour la forme, je dirais bien que le terrorisme peut aller se faire cuire le cul. Ça ne mange pas de pain, et ça me fait plaisir.

Par contre, il y a un sujet que je peux un peu plus aborder. Et ça tombe bien, parce que je suis infiniment pleine de colère en ce moment. N'est-ce pas fantastique, que cette fin d'année 2015 soit autant à chier?

Bon alors, je reprends.

Après les évènements de novembre, on a vu apparaître de tout sur les réseaux sociaux. Des beaux gestes, des témoignages, des chaînes de solidarités et surtout beaucoup, beaucoup d'amour. Personnellement, ça m'a fait énormément de bien de pouvoir dire et répéter à quel point j'aimais les gens, proches ou éloignés. On se recentre comme on peut, je pense, après une tragédie comme ça. Ça réunifie, on a même pu parler d'unité.

Et puis bon, après, on a fini par arrêter d'aimer tout le monde. Et on s'est rappelé que les gens étaient toujours un peu cons, en vrai. Ouf.

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Hakuna matata, brotha.

 

Mais je ne suis pas contre ce grand mouvement de patriotisme sur tous ces éléments de la culture française qu'on a pu a avoir. Se rappeler de ce qu'on a ici, la gastronomie, la fête, la liberté, l'égalité, la fraternité. Très bien. Le saucisson, le vin, le champagne, les pâtisseries, LES CANNELÉS, Carlos et Big Bisous, Sniper et gravé dans la roche, Booba, la vie, l'amour. Le patrimoine français putain. La France, la France, la France. Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré, tout ça, tout ça #HistoireEnMajeureAuBac #MissU4EverCharlesDuGaulle.

Franchement, moi tu me proposes de me la péter avec un truc dont je ne suis même pas responsable,  comme ma nationalité par exemple, j'arrive en courant. Pas besoin de faire d'effort, pas besoin de travailler. Même pas besoin de faire un régime, putain. Regarde un peu la gueule de la photo que j'ai envoyé l'autre jour à un ami canadien pour le faire venir en vacances en France :

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JEAN MICHEL CLICHÉ

Par contre, là où ça me pose un peu plus problème, c'est toutes les sorties à la con qu'on a entendu sur les femmes françaises.

A quel point elles faisaient parti du patrimoine français aussi, à être si belles et si libres sexuellement.

Genre.

Sérieusement.

Est ce que vous vous écoutez parler? Est ce que vous ne vous étouffez pas, parfois, dans votre mauvaise foi qui est si grosse qu'elle cacherait la putain de lune? Je prends un exemple :

 

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Tell me why

Ain't nothin' but a heartache

 

"Nos"

"Nos"

"Nos"

(No no there's no limit!)(#Old)

On utilise carrément le possessif, ça ne dérange personne. On est revenu comme au temps où ces salauds de boches venaient nous voler nos femmes au sein même de notre mère patrie. Les bâtards.

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Leave Miss France 2012 alone

J'ai vu partout des messages parlant et décrivant la fantastique joie que c'était d'avoir dans notre pays, NOS femmes françaises. A quel point elles étaient bonnes, baisables, et libres sexuellement. Leurs croupes parfaites, leurs tailles de guêpes et leurs joies de vivre.

Cool.

#FrenchForTheWin

Franchement, je suis ravie d'entendre tout ça. D'avoir autant de support de la part de la France entière. Que notre égalité soit enfin établie. Et de ne m'être jamais faite traiter de salope parce que j'avais une vie sexuelle.

Ah non, oups.

Ce n'est pas le cas.

Alors? Vous jouez à quoi? Quand, dans la vie de tous les jours, vous n'êtes pas foutu de déplacer vos privilèges d'un demi millimètre et qu'il faut sans arrêt se manger des armées de troll dès qu'on veut parler d'égalité. Et dès qu'on ose prononcer, du bout des lèvres, le mot "féminisme", c'est toujours comme si on vous arrachez les testicules avec un sécateur. On se mange du sexisme ordinaire toute la journée, sur notre place dans le foyer, nos salaires et même et surtout sur notre vie sexuelle. Vous ne nous aidez jamais à nous libérer de ça, on doit tout prendre par la force.

C'est parce que la communauté internationale nous regardait sécher nos larmes, qu'il faut se mettre à mentir sur la réalité?

Comment ça se passe?

Franchement, comment vous osez?

Quand on voit passer sur les réseaux sociaux ce genre de dessin, franchement, ça file un peu la nausée :

 

CUQuvb7WEAAFrBr

Tell me why
Ain't nothin' but a mistake

 

"Un attentat à la pudeur est sanctionné sur le fondement de l'article 222-27 du Code pénal qui réprime les agressions sexuelles autres que le viol.Le Code pénal qualifie d'agression sexuelle "toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise"."

Mais t'as raison Gaston, c'est vraiment super drôle comme dessin. Surtout quand on aime à ce point, en temps normal, rabaisser la liberté sexuelle des femmes. Non franchement c'est parfait. Changez rien, surtout.

 

Mais là où je me dis qu'on a un sérieux problème avec ce soudain attrait pour le féminisme, c'est quand La Manif Pour Tous Sa Mère s'en mêle. A partir de là, ça pue sacrement la merde.

Pour de vrai.

Sans honte.

Les gens les plus intolérants de 2013. Qui viennent interpeller les féministes sur la vision rétrograde des intégristes.

O ironie, j'écris ton nom.

Cadeau :

MANIFPOURTOUSGENRE

TELL ME WHY

I NEVER WANNA HEAR YOU SAY

I WANT IT THAT WAY

 

Et tu sais ce qu'on dit, à la Manif pour tous, quand on est une feministe bien éduquée?

BOUFFE

MOI

LA

CHATTE

MARIE

CHANTAL.

On vous a vu durant toute une putain d'année sur toutes les chaînes de télévision possibles dire des conneries plus grosses que vous et votre chapelet. On vous a vu cracher votre intolérance pour les homosexuels mais aussi affabuler joyeusement en affirmant qu'on allait apprendre la masturbation à la maternelle (J'ACCUSE). Crier à qui voulait l'entendre que la "Théorie du Genre" allait déconstruire les stéréotypes qui seraient "nécessaires parce qu'ils sont l'expression de la féminité et de la masculinité, des repères qui permettent de s'identifier et d'identifier les autres comme étant homme ou femme" (J'ACCUSE J'ACCUSE) et vous scandaliser qu'on apprenne aux femmes à être autre chose qu'une inférieure à l'homme, "Au fond, pour les auteurs, la femme doit être un homme comme les autres…" (J'ACCUSE J'ACCUSE J'ACCUSE).

Donc sans déconner Marie Chantal, ta gueule.

Le féminisme et les féministes peuvent tout à fait se passer de toi et de tes jugements avariés. Je t'en prie, si tu veux aller expliquer à d'autres intégristes que toi et ton mari, qu'ils se trompent sur la place de la femme dans la société, je t'en prie. Je suis sure que les mouvements terroristes doivent avoir indiqués leurs adresses quelque part, tu peux bien leur envoyer un courrier pour leur dire que tu n'es pas d'accord. Enfin si. Enfin, un peu. Enfin, on est presque sur la même longueur d'onde par rapport à l'inferiorité de la femme mais là, les choux, vous abusez un peu quand même. Amicalement, MC for the Christ, with love.

On n'a déjà pas assez de douleur d'avoir perdu autant de gens qui voulaient vivre et qui auraient apporté à notre société de belles choses, il faut en plus se taper les cons qui tentent de l'ouvrir plus fort que tout le monde. Ce qui montre bien, d'une certaine façon, que la France va se relever de tout ça. Reprendre ses bonnes habitudes de celui qui gueulera le plus fort, moi y compris. Celui qui donnera son avis sans qu'on lui ai demandé, celui qui voudra imposer sa vision face à celle du voisin, celui qui voudra exprimer son opinion en écrasant celle de son concitoyen. Toutes ces gueuleries et cette mauvaise foi, ça pourrait bien faire parti du patrimoine français, comme le saucisson ou le vin.

Je suis donc curieuse et attentive à ce que ce sursaut au niveau du féminisme va bien pouvoir donner.

Va-t-on enfin se bouger sur l'inégalité salariale entre hommes et femmes? La taxe tampon va-t-elle être supprimée (Big kiss le Sénat, TMTC les vieux)?

Va-t-on plus facilement accepter qu'un homme prenne un congé parental, ou le nom de sa femme quand il va se marier? Va-t-on accepter que les hommes puissent exprimer d'avantage leurs sentiments et leurs faiblesses, et qu'on puisse arrêter un jour de leur demander toujours d'être forts et de nous sauver? Va-t-on laisser enfin les hommes pleurer?Est ce qu'on va pouvoir les laisser être faibles un jour, et accepter qu'on puisse prendre soin d'eux?

Est ce qu'on va enfin pouvoir foutre la paix aux petits garçons qui veulent jouer à la poupée? Aux petites filles qui veulent jouer à la guerre? Est ce qu'on va enfin pouvoir les laisser comme ils sont, et arrêter de toujours les limiter?

Est ce qu'on va pouvoir être égaux dans nos lits, dans notre baise, notre stupre et notre affreux péché de luxure? Est ce qu'on va pouvoir faire l'amour, coucher, niquer, baiser, gémir, crier, caresser, griffer, se mordre, se tordre, se faire retourner et recommencer en tout égalité?

Est ce qu'on va pouvoir accéder à des postes plus importants sans s'entailler sur ce plafond de verre qui n'en finit pas de nous étouffer? Est ce qu'on va avoir enfin la parité? La liberté? L'égalité? La fraternité?

Est ce qu'on va s'aimer plus, bordel de merde?

Est ce qu'on va, putain, enfin se l'accorder?

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