Café langues de putes

27 mai 2015

Les relations toxiques, et comment se sauver

Le blabla avant le sujet :

Ça fait un moment que cet article est en préparation. Que je rature et que j'abandonne en me disant que ça ne vaut pas le coup.

Tout ça, c'était avant que vous soyez bien plus nombreux à venir ici.

Je pense que c'est important d'écrire mon témoignage ici. Parce que justement, vous êtes nombreux, et que ça peut parler à quelqu'un. Pour certains, ce qui suit va être du pur pathos, désolée. Mais tu sais, qu'est ce que tu peux bien attendre d'une meuf qui écoute du Simple Plan en portant des sweat à capuches? #Emo4Life

Si ce que je vais dire résonne en toi, si n'importe quelle ligne te rappelle des situations que tu connais, écoute bien ce que je vais te dire :

Sauve toi.

Et oui, je prends les deux sens du verbe exprès.

Tu es beaucoup, beaucoup trop important(e) et le monde à désespérément besoin de toi.

Desespérement.

Et moi, même si on ne se connait pas, je t'aime déjà.

 

 

Les relations toxiques, et comment se sauver

 

 

Le 27 mai 2015

 

Mon amour

 

Tu as 19 ans, nous sommes en 2006 et tu dois être en train de te promener en corset et en sarouel dans les couloirs de ton IUT. Tu dois avoir les cheveux roses, des chaussures avec des chats, et pas la moindre idée de ce que tu fais là. Tu viens de rencontrer ce garçon à la machine à café de l'entrée. Ta pièce ne passait pas, il t'en a offert une et vous avez discuté.

Après ça, vous allez vivre de jolies années en couple. Il va t'aider à grandir, il va t'aider à évoluer. Tu lui dois une partie de l'adulte que tu es. Vous aurez de très beaux souvenirs, tous les deux. Sept ans, ce n'est pas rien dans une vie. Vous allez vivre ensemble, affronter toutes les épreuves, et évoquer en deux langues mariage et noms des enfants.

 

Mais.

 

Je suis tellement, tellement désolée.

En 2014, il t'aura tellement bousillée que tu vas faillir y passer.

 

Et le pire, dans tout ça?

Tu le sais déjà, tout ce que je vais te dire.

C'est la suite logique, quand on se met en couple avec quelqu'un qu'on essaie de sauver. Le truc le plus commun du monde. Tu sais, tout ce qu'on te met dans la tête quand tu es une petite fille. Sois gentille, sois douce, sois tendre, écoute l'autre et aide le. On t'apprend la compassion, on te la greffe directement dans tes putains de veines. Et on ne te donne aucune arme pour te battre contre la violence, contre la tienne et celles des autres. Pretties petites martyres, victimes et bourreaux de leurs propres sorts.

On ne sauve pas quelqu'un de ses propres schémas destructeurs. On aide à les adoucir, on aide à les maintenir. Et un jour, comme tout le reste, ils te dévorent à toi aussi. Quand les choses vont commencer sérieusement à déraper, c'est l'une des premières pensées que tu vas avoir : C'est mon tour, maintenant. Il va me détruire, à moi aussi.

Crois moi, je t'aime de tout mon coeur. Mais crois moi, j'ai toujours du mal à te pardonner pour ça.

Il y aura de l'amour, dans ton couple. Il y en a toujours, quoi qu'il arrive. Mais il y a d'autres enjeux. Parfois, c'est de l'amour au début, et ça devient une lutte de pouvoir ensuite. C'est bien ça, le problème. Tu peux crever d'amour pour quelqu'un qui ne sera jamais fier de ce que tu es.

Je ne peux pas lire ce que tu écris, tu fais trop de fautes.Tu es belle mais tu serais plus belle si tu étais plus mince. Tu seras plus belle quand. Tu seras mieux quand. Tu seras plus aimée quand. Tu fais passer tes études avant moi. Tu fais passer ton travail avant moi. Tu penses trop à tes amis, et ils ne sont pas assez bien pour toi. Et tu les fais passer avant moi.

Moi.

Moi.

Moi.

 

Le problème avec les relations toxiques, c'est qu'elles te prennent une partie de toi tout le temps.

Le problème avec les relations toxiques, c'est qu'elles te bouffent tout entière quand tu veux y mettre fin.

Durant tes études, tu vas etudier le principe de perdre la face chez Goffman. L'idée que chaque individu ne puisse se manifester qu'à travers un rôle, et que leur face, leur image qu'ils mettent en jeu lors des interactions, est la chose la plus importante à avoir. Et à ne pas perdre, surtout. Mais t'écoutais pas trop, à l'époque. T'inquiète, ça te reviendra assez vite, le visage collant de larmes et de morve englué dans tes mains.

T'avais qu'à mieux écouter à l'école, petite.

Je continue.

Un jour, longtemps après 2006, tu vas avoir une intuition. Un truc dans ta poitrine, un truc que tu n'expliques pas, qui va te dire d'aller fouiller dans ses mails. Ce que tu vas y trouver va te laisser par terre. Physiquement par terre. Une histoire de tromperie, à très très grande échelle. Rien que du très banal, en somme. Dans ton téléphone, il y aura des voix qui te crieront de t'enfuir. Mais tu ne vas pas les écouter, parce que tu sais mieux qu'eux. Tu connais mieux ton couple, tu connais mieux ton mec, tu sais mieux que tout le monde ce que tu dois faire. Tes études le prouvent, tu es l'une des plus intelligentes personne que tu connaisses. Tu sais ce que tu fais. Tu sais mieux que tout le monde, toi.

Evidemment.

Welcome in hell, darling.

Ecoute moi très attentivement, je vais t'expliquer comment survivre.

Tu vas le confronter. Et c'est là qu'intervient l'histoire de perdre la face.

Tu vas remettre en cause une relation toxique sans penser à prendre un bouclier.

Tu vas demander des explications à la personne que tu aimes le plus au monde. Et comme justement, c'est celui que tu aimes aveuglement, rien ne sera objectif. Et tout ce qu'il te dira sera tordu, et toi, tu ne verras rien. La tête dans son épaule, ses bras autour de toi, il va t'expliquer pourquoi. Que s'il te trompe, c'est parce que tu consacrais trop de temps à tes études. Que tu ne faisais plus attention à ton apparence. Que tu avais grossi. Qu'il était désolé de te faire du mal, mais que qu'est ce qu'il pouvait faire quand tu faisais aussi peu attention à lui et qu'il en souffrait tellement?

Que tout ça, c'était de ta faute.

L'amour et la culpabilité ma puce. C'est comme ça que ça marche. Je t'aime mais c'est toi qui fais tout foirer. Je t'aime mais tu m'obliges à avoir ce comportement avec toi. Je t'aime mais tu te comportes tellement mal que je suis obligé de te faire ça.

A partir de là, tu vas être à genoux. Une partie du travail est déjà fait. Le choc est tellement brutal que tu n'auras même pas l'idée de te relever.

Bien.

Deuxième étape.

Le renversement de la normalité.

L'une des normes standards dans un couple, c'est de se jurer fidelité. Mais si la norme est déjà biaisée, alors pourquoi ne pas en profiter? On se retrouve dans une autre réalité, où chacun des participants accepte un schéma qui devient de plus en plus malsain.

Chérie, tu seras déjà tellement par terre qu'il sera très facile de te faire croire que les bons comportement se méritent.

Que pour que l'autre arrête de te faire du mal, il faudra te montrer d'une perfection absolue. Perdre du poids. Etre gentille. Etre serviable. Accepter de faire partie d'un harem. Arreter de te plaindre tout le temps. Arrête de pleurer putain, tu crois que ça va changer quelque chose?

A partir de ce moment, ton entourage va hurler. Gémir. Te secouer par les épaules. Et tu vas les repousser. Gentiment. Lachement. Ils ne savent pas, eux. Tous les efforts que tu fais. Ils ne savent pas tout ce que tu as à perdre. Que si la personne que tu aimes le plus te traite comme ça, c'est bien que tu dois être remplie de défauts. Que tu dois être affreusement laide, à l'interieur. Puisqu'il est le seul à le voir, et qu'il te connaît par coeur. Le dos vissé contre la rambarde du balcon du sixième étage, sur tous les ponts de la ville, tu te mets à avoir très souvent le vertige.

Pendant que tu vois le profil de ces autres filles défiler devant tes yeux sur son téléphone pendant qu'il sort fumer. Puis quand il va décider de partir du domicile, et qu'il va te demander de l'attendre. Puisqu'il va faire ça pour nous, pour notre mariage, pour notre avenir à tous les deux. Tu deviens silencieuse, et tu te fais toute petite. Tu deviens transparente.

L'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien.

Sauf qu'un putain de chien, on a la décence de le piquer. Toi, on t'attache à un arbre, et tu vas rester là bien sagement. Tu vas arrêter de manger, tu vas passer des jours à attendre que le soleil se lève et se couche. A te demander quelle sera son humeur du jour. De l'amour, ou bien de l'indifference? La boule au ventre, et les mains qui tremblent. Nager des kilomètres et ne pas bouffer pendant des jours. Baisser la tête, et pleurer beaucoup. Je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler, je me cacherai là à te regarder danser et rire.

Tu vas perdre 12 kilos.

 

2014

 

Et le monde entier va te féliciter. Te trouver belle, te congratuler de tous les efforts que tu fais, puisque la société est pourrie jusqu'à la moelle de ces concepts de beauté de merde qui ne veulent rien dire. Et tu auras la tête si basse, que tu ne pourras même pas leur répondre qu'ils ont tort, qu'ils ne faut pas t'applaudir du tout. Qu'ils ont tellement tout faux. Qu'ils sont tellement trop cons qu'ils ne voient pas que tu es en train de mourir, là, devant leurs yeux. Que tu ne peux plus écrire, plus danser, plus rire. Tu arrives à peine à travailler, et le reste du temps, tu couvres tes yeux avec des lunettes de soleil parce que tu pleures trop.

Pendant ce temps là, dans ce concept affreux des relations toxiques, il y a quelque chose qui va très bien marcher sur toi.

La négation de ta souffrance.

Mais non, tu n'as pas mal. Mais non, tu en fais trop. Mais non, tu vois, tu es folle et tu me fais souffrir à moi. Tu te rends compte du mal que tu ME fais avec tes crises?

Mais est ce que tu crois vraiment que ta dépression est séduisante?

Hypothétiquement, je pourrais te tromper avec n'importe qui, tu resterais avec moi pour avoir le statut de victime pour pouvoir te plaindre devant tes amis. Laisse moi respirer, bon dieu.

Tu vas être en train de crever, là.

Je te résume. Tu as la personne de ta vie qui te traite, petit à petit, mot après mot, tellement mal que tu n'as plus aucune idée de ce pourquoi tu es sur terre. Tu vas regarder sans arrêt les arbres plantés près des routes, et tu vas retenir tes mains de tourner le volant dans chaque platane que tu croiseras, tellement fort que tu auras les jointures blanches. Tu vas passer ta vie sur les ponts, et tu te demandes bien combien de temps il faudrait pour te noyer. Le sol de votre appartement va se couvrir des choses que tu vas casser, intentionnellement ou non. Des morceaux de verres sur le lino, et du sang que tu ne prendras même pas la peine de nettoyer. Ton entourage va s'affoler, mais tu ne l'entendras plus. C'est comme si on t'avait balancé à l'eau, pieds et poings liés. Tu perçois un fouillis mais tu ne comprends rien, parce que tu coules vers le fond.

Une seule personne va suffire pour remettre en cause ton existence toute entière. Une seule personne va te faire te questionner sur ton utilité. Une seule va tellement te plonger la tête sous l'eau que tu vas finir totalement.

Asphyxiée.

Au bout d'un moment, il ne va pas te rester beaucoup d'options. La toxicité sera telle qu'il sera impossible pour toi de te relever. La tête baissée sur les chaussures de l'autre, les doigts accrochés dans tes cheveux en priant que ça s'arrête. Et rien de tout ça ne sera suffisant. Je ne sais pas ce qu'est devenu celui qui t'avait offert un jour des pièces pour un café.

Mais je t'assure, amour, il sera très très loin d'ici à ce moment là.

Pour survivre à ça, il faudra faire deux choses :

Relever la tête, et la détourner de l'autre qui prendra toute la place dans ta vie.

Et je te l'annonce, tu auras beaucoup de chance. Car la première impulsion, la première étincelle qui te fera couper toutes les ficelles de cette affreuse chose qu'est devenu ta relation, ce n'est pas à toi que tu la devras.

Un jour, un docteur t'annoncera avec une mine très serieuse :

"La masse que vous avez, j'ai peur que ça soit un cancer".

Et tu vas ouvrir grand la bouche de stupeur. Et tout va se craqueler à l'interieur. Tous les schémas de destruction, tous les mécanismes de soumissions et de douleur. Et d'un coup, un immense sourire va se creuser sur ton visage. Et tu retiendras tout ce que tu peux pour ne pas éclater de rire, pendant que tu te rhabilles.

"Mais je ne peux pas avoir cancer, je suis cocue, je suis sensé avoir de la chance vous savez?"

"Vous allez rester en couple avec cet homme?"

"Oh, là je crois que je suis à 60% contre maintenant."

Et tu te souviendras de ce dialogue, parce que c'est la première fois de ta vie que tu verras ton docteur si sérieux mettre son visage dans ses mains. Et ne plus pouvoir arreter un fou rire si fort qu'il te devorera à toi aussi. C'est la première fois depuis très longtemps que tu feras rire quelqu'un. Comme tu le faisais avant. Avant la tempête et la noyade. L'espace d'un instant, tu vas te souvenir qui tu étais.

Relever la tête.

Et pendant ces longs examens médicaux, le regard vissé sur l'écran dont tu ne vas pas comprendre un seul mot, tu auras une seule pensée en tête "Non non non, s'il vous plait non, non non non". Et cette dame au regard si sérieux finira par t'expliquer, après de longues minutes, que non, ce n'est pas un cancer. Que non mademoiselle, vous n'allez pas mourir.

Comment veux tu baisser la tête à nouveau quand tu l'auras levée si haut pour bien écouter tout ce qu'on aura à te dire. Comment veux tu considerer toujours quelqu'un comme le centre de ta vie quand n'importe quel Dieu de la Mort t'a murmuré que ce n'était pas encore ton heure?

La detourner de l'autre qui prend toute la place dans ta vie.

Ta vie va devenir immensement vide à ce moment. Toute la place prise par ta relation toxique sera tellement étouffante qu'il va falloir la combler rapidement pour ne pas y replonger. Tu vas trouver des activités, des plaisirs, des envies et des petites joies qui vont petit à petit boucher le vide immense qui continuera de t'appeler. Chacun ses bequilles. Tu vas trouver les tiennes.

Les tiennes seront toutes aussi folles les unes que les autres. Tu vas faire des heures de voyages, prendre trois trains et franchir une frontière. Tu vas payer une chambre de palace excessivement chère, et attendre l'arrivée d'un cowboy venu faire le tour de l'Europe tout en priant "Please don't be mean dont be mean DON'T BE UGLY don't be mean". Et tu reprendras le train le lendemain en ricanant, le cou plein de love bites, après avoir passé la nuit à attacher avec ta ceinture de fille les poignets du plus beau texan que tu n'aies jamais vu et l'avoir fait gémir en disant des horreurs en français.

Tu vas te prendre d'affection pour tous les sports violents que tu vas croiser. Le hockey, et tous les autres qui nécessitent des protections. Tu vas aller les regarder pendant des mois sans réfléchir. Et puis, un jour, tu vas vouloir glisser un casque sur ton visage, et des protections sur ton corps. Car la finalité, ce n'est pas que tu voulais voir des garçons en armures se faire mal, c'est que tu voulais désespérément être un garçon en armure qui se fait mal mais qui se relève. Et les autres, qui te feront tomber et qui s'excuseront toujours pour ça, ils ne sauront pas à quel point ils vont t'aider à finir de te relever.

Alors bien sur, au moment où tu te détacheras, l'autre essaiera de revenir. En te disant des mots doux, en te donnant l'affection que tu auras supplié d'avoir pendant des mois. Tu t'aggriperas à tout ce que tu peux pour ne pas courir dans ses bras. Tu tendras l'oreille encore et encore pour écouter ton entourage te dire que tu vaux mieux que ça. Tu accrocheras tes ongles très fort dans le dos de jolies personnes pour t'empecher de faillir.

Tu vas devenir la plus forte personne que tu aies rencontré.

Et, dans la lueur de tous tes efforts, tu redeviendras humaine. Il te faudra tellement pour remonter à la surface. Tellement de luttes, tellement de larmes, tellement de sang versés pour la rémission de péchés pour lequel tu n'es pas vraiment coupable. Tu abandonneras tout. Le matériel. Le spirituel. Tout ce qui faisait de toi la personne que tu étais. Tes habitudes et tes manies, la façon que tu avais de sourire, tes rires et tout ton passé qui te tirait encore vers le fond. Pour arrêter de te noyer, tu devras entièrement te sacrifier. Tu ne trouveras la surface que complètement nue et écorchée.

Il te faudra entièrement changer pour survivre. Tu deviendras moins patiente, et tu ne sauras plus bien comment on fait pour pardonner. Tu t'enfuieras à chaque erreur qu'un autre commettra, et tu seras incapable de laisser une deuxième chance. La confiance aveugle que tu avais dans l'humanité va un peu se ternir, mais crois moi, on arrivera à réparer ça.

Pour cicatriser, il faut un temps fou. Mais tu verras, ça sera pas si important d'être complètement exsangue, du moment que tu tiens toute seule debout.

 

Mon amour, mon coeur, tout ce que tu es maintenant et que je ne suis plus. Tu vas vivre des jours terribles, des moments d'obscurité totale et de lumière introuvable. Tu ne pourras pas compter sur tous les gens autour de toi, car tu seras la seule personne à te brûler.

Mais tu trouveras de la force, je te promets. Cette personne qui t'attache les mains, avec amour ou avec dureté, tu t'en éloigneras.

Quoi qu'il arrive, un jour, tu auras la force de te relever.

Quoi qu'il arrive.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'attends de l'autre côté.

Ton toi même qui a réussi à se sauver.

Posté par Dame Fanny à 14:43 - Commentaires [49] - Permalien [#]


13 mai 2015

Sois complexée de la teucha meuf, tome 2 : Quand tu couches pas

Le blabla avant le sujet :

Je suis très à la bourre pour répondre aux mails et aux commentaires, mais promis je m'en occupe très vite. J'ai eu pas mal de travail et de verres à prendre, et je vous tiens particulièrement responsables d'une très vilaine cuite dont la soirée au pub de la veille avait pour thème "Viens, je t'offre des verres, mon blog a des visites".

Donc vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même.

Love.

 

Sujet du jour :

 

Sois complexée de la teucha meuf, tome 2 :

Quand tu couches pas

 

L'autre jour, une pensée m'a traversé le crane.

Genre une vilaine, qui m'a fait m'arreter pour la contempler un petit peu.

 

"C'est vraiment cool d'être célibataire, je couche uniquement quand j'en ai envie"

 

On va prendre un moment, on va se servir un verre, et on va réfléchir deux minutes.

Avant toute chose, j'aimerais bien savoir si cette vilaine pensée ne vous ai jamais passé par la tête non plus.

(Et je suis désolée, je vais m'adresser principalement aux lectrices de ce blog dans cet article. Je n'ai pas dit que je n'aimais pas les lecteurs. Au contraire, je l'ai déjà dit, vos commentaires sur la condition masculine sont absolument fantastiques. Géniaux. Merveilleux. Je les aime autant que le verre de Tariquet du soir. Que la lune croissante. Que la rosée du matin. 

Mais là, je parle de ressenti et de vécu, et je ne peux vraiment pas parler à votre place. Mais n'hésitez pas à m'en parler dans les commentaires. Voir mieux, ouvrez un blog, je serai vraiment curieuse de voir votre ressenti sur la sexualité de votre côté. Love love love)

J'en étais où?

Ah oui.

Se forcer au lit.

Tu sais, quand t'as pas trop envie, mais que l'autre insiste. Insiste. Insiste encore.

Et que tu cèdes, pour plein de raisons diverses et (a)variées.

Voila.

Donc on reprend :

Tu baises, t'es une salope.

Tu baises pas, t'es vraiment une connasse

Yeah double yeah.

La dernière fois que je discutais avec ma grand mère, elle me parlait de son adolescence, quand les parents ne parlaient tellement pas de sexe qu'on ne discutait même pas des grossesses avec les enfants de la famille. Genre on se contentait de présenter le bébé en mode "kikoo ta 1 petit frère mintenan lol XD" sans en avoir parlé pendant neuf mois. Et que tu te trouvais mariée sans que la moindre personne ne t'ai expliqué comment marchait les rapports sexuels. Yolo, meuf, démerdes toi.

Ça, c'était il y a 60 ans.

T'imagines comment c'est rien, soixante ans. Ça fait combien d'années qu'on peut parler de sexe? Qu'on peut éduquer sur ce qui se passe dans les rapports sexuels?

Ça fait que dalle. On a encore tellement de choses à définir, tellement de sujets à aborder. Quand je me rappelle les quelques cours sur les rapports sexuels qu'on avait eu au collège, je me souviens des garçons d'un côté à qui on parlait de masturbation, et les filles de l'autre à qui on parlait règles et grossesses potentielles. Je me dis qu'il y a encore tellement de chemin à faire.

La sexualité est politique, et notre corps l'est aussi. Et j'ai parfois l'impression d'enfoncer des portes ouvertes sur ce blog, à rabâcher des choses évidentes sur le sexe et le droit de chaque humain à pouvoir disposer de lui même.

Mais bon, en exemple, un jour t'écris sur ton petit blog un article qui dit que tu es une femme et que tu veux pouvoir avoir la sexualité que tu veux. Et c'est tellement fou, tellement outrancier d'écrire ça que Jean Michel Troll est obligé de se créer un faux profil en anonyme pour venir te balancer des arguments à la con. Attends, je te montre :

troll

T'imagines le truc? Cette pensée fait tellement peur que je provoque le besoin aux anonymes de me dire que non non non, la sexualité ne changera jamais, on restera toujours comme ça, et bisque bisque rage t'es moche.

C'est effrayant. C'est fascinant.

Bref, je reprends.

Donc baiser comme tu veux, ça ne va pas.

Ca fait peur,

t'as des lunettes de hipster,

radiateur.

(haiku)

 

Pas baiser, ça ne va pas non plus, mais c'est normal qu'une fille n'ai pas trop trop envie.

On conditionne la sexualité féminine en la bridant, tout en mettant bien l'accent que la gente masculine, elle, a toujours envie. Tout le temps. Tous les jours. Toutes les minutes. Des bites sur pattes, des pénis accessibles à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Free teub everywhere, et si ton mec veut pas baiser dans la seconde, ça veut bien dire qu'il ne t'aime plus et qu'il te trompe.

D'un côté, les femmes qui sont cérébrales et n'aiment pas le sexe.

De l'autre, les hommes qui sont complètement cons et qui adorent ça.

Super super les rapports genrés.

Comment ça, j'en fais trop?

T'es déjà passé sur les sites de séductions et les sites de presse féminine?

Moi oui. Et j'ai beaucoup souffert pour la rémission de vos péchés putain.

 

Cosmopolitan.fr te rappelle que quand même, t'es vraiment hyper teubé quand t'as un chibre  :

VEULENT VRAIMENT

#TesVraimentConJeanMarc #LaGrosseFatigue

Et côté désir féminin?

Ça donne envie de pleurer. On te donne une jolie case où tu peux bien toute te fourrer, toi et ton cérébralisme de merde qui veut jamais baiser.

Et pourquoi tu couches pas, d'ailleurs?

Parce que, bien sur, si tu veux pas avoir de rapports sexuels, c'est forcement parce que tu penses trop. Ou que tu veux de l'amour. Des preuves d'affections. Des bisous. Des bijoux. Des petits coeurs sur le miroir. Hihihi say trop mignon tu peux pas test. Moi j'ai besoin d'amour, des bisous des câlins j'en veux tous les jours #TmtcLorie4ever

Site de séduction à l'appui :

seduction

La gerbe, gerba, gerbae, gerbam

 

 Et on a aussi des sites pseudo scientifique de merde genre e-sante.fr. Attention , c'est du lourd:

 

 

Santé ta mère

(j'ai même pas de mots pour faire une légende)

Donc forcement, si tu n'as pas envie, ton partenaire est en droit de trouver des trucs et astuces pour te faire changer d'avis. C'est comme quand tu dresses un poney, tu finiras toujours par lui faire faire ce que toi tu décides. C'est normal qu'une femme n'ai pas trop envie parce qu'elle à un désir de REPONSE A L'AMOUR DE L'AUTRE (sisi, t'as bien lu).

url

 

 

Et pour qu'elle accepte de coucher, il faut juste lui parler gentiment. Gentil petit poney, regarde j'ai une pomme pour toi. Et l'affaire est dans le sac, tu connais "les chemins de son désir", et tu vas "lui ouvrir". Le cheval, le cheval, c'est trop génial.

C'est fini?

Non.

Il y a Elle.fr qui n'est jamais le dernier pour dire de la merde (ICI). Et qui te donne des conseils COMPLÈTEMENT MOISIS si tu n'as plus envie de coucher (dans le cadre d'un couple hétérosexuel hein, faut pas déconner non plus).

Qui te dit que si tu n'as pas envie, c'est aussi parce que:

"Moins on mange, moins on a faim" (moins tu couches, moins tu as envie = C'est de ta faute),

"L’appétit vient en mangeant" (force toi connasse)

"Pour entretenir l’appétit et bien digérer, faut manger régulièrement" (utilise du lubrifiant)(?)(Et force toi encore au moins une fois par semaine on a dit)

"Avant de passer à table, on met une jolie nappe, ça ouvre l’appétit (J'ai même pas compris celui là, débrouille toi pour la traduction)

"Un peu de préchauffe" (Je suis pas sure d'avoir compris si on parle de l'importance de se toucher avant ou de mettre des produits de beauté pour se sentir désirable hihihi des paillettes et du sent-bon hihihi)(#ValarMorghulis)

Et je mets le dernier en entier parce que je sens poindre la mort :

ELLLLLLE

IMAGINE ALL THE PEOPLE MEUF

 

 

Pas un seul article ne te propose de parler avec ton/ta partenaire de ce qui ne va pas. Pas un seul article ne te dit que tu n'es pas un distributeur de rapports sexuels, et ça c'est très angoissant. On te parle de faire un effort, de te forcer. On te parle de coucher alors que tu n'as pas envie. Aux hommes, on leur dit de trouver des combines. Aux femmes, on leur dit de se forcer et d'attendre que ça passe.

Ce genre d'articles, ça te balance deux trucs à la gueule :

- Le désir féminin (= le désir de l'autre personne), c'est un truc casse couille qui demande de la préparation et c'est chiant et on aime pas trop.

- Quand une femme dit non, il suffit de ne pas l'écouter et elle dira oui plus tard.

 

Donc je disais : On a encore du chemin à faire. Et il y a surtout beaucoup d'éducation à donner. Sur l'écoute de l'autre, sur les préliminaires.

Sur le consentement.

L'autre dans le couple n'est pas disponible pour moi, femme ou homme. Ce n'est pas normal de se forcer, ce n'est pas sain de penser "bon allez, je dis oui comme ça il me laisse tranquille". Et pourtant, combien de fois ça m'est arrivé. Des années de couple, et de nombreuses fois où j'ai dit oui parce que j'étais fatiguée de dire non. Parce que tu aimes ton/ta partenaire et qu'on te martèle que c'est une façon de lui prouver. Conneries.

Ce n'est pas bien que le désir de l'autre passe avant le notre.

Ton désir, tes envies, tes choix, tes règles.

ton corps, meuf. Ta chatte, ton vagin, ton plaisir.

Toi avant l'autre.

Toujours, tu m'entends.

Toujours.

Posté par Dame Fanny à 20:21 - Commentaires [23] - Permalien [#]

06 mai 2015

"Quand les féministes donnent envie d'être sexiste" Et ta mère, elle est sexiste?

Le blabla avant le sujet qui fait "No one will love you like I did, will you fuck you like I did" :

Le dernier article a été partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Ohlala.

Merci beaucoup pour vos mails, vos commentaires, pour vos mots et vos experiences. Merci de m'avoir livré des morceaux de votre vie, et de m'avoir donné matière à réfléchir.

Bref, je vous aime.

Et en l'honneur de mes nouveaux potes mourmons-tisane (je change l'orthographe exprès les bichons), qui, malgrè le fait d'avoir une religion un peu con, sont un peu sympas, je vais essayer de suivre leurs interdits sur cet article et je vais donc m'abstenir de :

boire de l'alcool (Nope)

boire du café (Nope)

boire du thé (Nope)

fumer des clopes (Nope)

baiser (Nope)

Jurer

Love you, Chemisettes friends.

 

Sujet du jour :

 

"Quand les féministes donnent envie d'être sexiste"

Et ta mère, elle est sexiste?

 

 

Le 21 avril dernier, Philippe Bilger publiait un article sur le figaro.net pour parler de la polémique de la réédition des carnets de santé des Bouches-du-Rhône. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas trop d'accord avec Phiphi.

(Alors oui, j'aurais pu en parler plus tôt, mais j'étais un peu occupée à parler de sexe. Et si on peut éviter de lier ma vie sexuelle et un homme né en 1934, je suis plutôt pour).

Alors, cette polémique. 

Donc, le conseil régional des Bouches du Rhône a édité un carnet de santé avec une couverture over cliché sexiste par delà la Lune.

Bouchas du rhonas

(une petite carte pour situer The Rhône's mouth parce que fais pas genre tu sais où c'est)

 

Du coup, quand les gens ont commencé à se plaindre, les 33 000 carnet ont été réédités.

En terme de thune dépensée pour que dalle, ça se pose là cette histoire.

En même temps, en terme de sexisme bien moche, on est pas mal. Voici la jolie couverture qui ne choque absolument pas Phiphi :

url

Cheumerie Cheum

Du coup, Philou, il nous a fait une sortie en mode "Filez moi le Goncourt bande de chiens" (à lire ICI) :

"Le visuel de la première page de ce carnet a été jugé «sexiste» parce qu'on y voyait une fille inquiète pour son tour de taille et un garçon heureux de se mesurer. L'un et l'autre, en dehors de cette différence psychologique, ne se trouvaient pas dans une posture de nature à blesser l'un ou l'autre. Juste ensemble et différents. Ce n'était pas bouleversant d'originalité!"

Moi, j'aime bien quand on met le mot sexiste entre guillemets. J'imagine bien un grand monsieur/vieux/blanc/cis/cravaté faire le geste des guillemets avec les doigts. Ça discrédite, l'air de rien. Genre moi je connais mieux le mot, genre moi JE SAIS.

Et encore heureux que les gamins ne se tapent pas dessus, je te demande pas les Hunger Games quand je veux un carnet de santé, remets toi.

 

"Ainsi, le simple fait d'oser renvoyer à une caractéristique qui, pour n'être pas fondamentale, est réelle dans la quotidienneté, a suffi pour jeter au pilon un carnet de santé qui avait été validé par le précédent exécutif départemental. On tombe sur la tête.

On aurait figuré un garçon fier d'avoir minci et une fille béate d'avoir grandi, tout aurait été donc parfait, conforme, exemplaire? Faut-il à tout coup casser des représentations qui en elles-mêmes ne portent pas atteinte à l'égalité des sexes mais s'ancrent dans une spécificité qui ne permet pas, certes, de définir le féminin ou le masculin dans sa globalité mais n'en est pas honteuse pour autant?"

Ma rhétorique préférée de l'amour. Quand tu accuses quelque chose d'être sexiste, tu peux être sure que tu vas te manger un "Ouais donc si on échange les genres, t'es contente? T'as qu'à vouloir des métiers où on porte des choses lourdes! T'as qu'à faire du marteau piqueur!"

Qu'on soit bien d'accord : Vouloir l'égalité, ce n'est pas inverser les rôles et donner les oppressions de l'un à l'autre.

C'est enlever l'oppression sur les deux.

Et puisqu'il faut le redire : Personne n'a envie de porter des choses lourdes parce que ça, c'est vraiment de la merde (POINT LEVÉE DE L'INTERDIT MOURMON)

082-082-jesus-teaching-in-the-western-hemisphere-full

Sorry oh Jesus qui s'est aussi réincarné aux America Amen oh Lord

 

"J'entends bien que les images, les magazines, les publicités et les photographies ont de l'importance et qu'ils peuvent favoriser, structurellement, des stéréotypes mais d'une part il en est qui n'ont rien de blâmable et d'autre part cette manière de poser la grosse patte de l'État ou d'un antisexisme dilaté et militant sur tout et n'importe quoi interdit l'élaboration personnelle, intime, familiale des configurations qui nous regardent."

Les images, les magazines et les publicités ne favorisent pas les stéréotypes, ils les martèlent et infligent des putain de codes de féminité et de virilité dont le monde se passerait bien. La souffrance occasionnée par des injonctions liées au poids ou à la taille respectable de muscles à avoir ne devrait jamais être minimisée. Et j'aimerais bien qu'on développe un peu ce que tu veux dire par une "élaboration familiale des configurations", parce que ça sent très fort la manif pour tous et la théorie du djendeur tout ça.

Et je t'ai aussi perdu à "antisexisme dilaté". Je suis pas bien sure, mais j'imagine qu'il s'agit d'un antisexisme pas sympa qui va contre les stéréotypes genrés et qui va donc détruire la famille et provoquer (encore) l'effondrement de la civilisation.

Cool.

url

Un papa une maman on ne ment pas aux enfants

 

Au nom de quoi récuser le plaisir que vous offre une petite fille déjà attentive à sa taille et un petit garçon investi par l'envie de grandir? Conviendra-t-il bientôt de s'excuser parce qu'on prononcera homme ou femme, qu'on s'obstinera à identifier de belles différences entre eux et que, loin d'être attristé par ces singularités riches et fluctuantes, on les mettra au contraire au crédit de l'humanité?"

J'attends les prochaines salves délirantes de ceux à qui la nature répugne. Et qui prétendent nous imposer une condition, une vision, une éducation qui ne relèvent que de notre seule responsabilité. Une résistance à ce mouvement faussement progressiste et vraiment totalitaire doit se manifester et un coup d'arrêt et de bon sens survenir. Et d'urgence.

Nope.

Nope.

Nope.

Hey teacher, leave that kid alone!

Le sexisme nous bouffe déjà tout entier, aussi grands et adultes soyons nous. C'est déjà trop tard pour nous, notre cerveau est complètement bourré d'automatismes et de stéréotypes tous aussi cons les uns que les autres.

Mais si on est déjà foutu, j'aimerais qu'on foute la paix aux enfants. Qu'on arrête de donner du rose aux petites filles jusqu'à ce qu'elles vomissent. Qu'on arrête de ne leur parler que de maternité et de leurs apparences. Quelle horreur de balancer l'obsession du poids aux plus jeunes, quand on sait le taux de problèmes de troubles alimentaires à l'adolescence.

Sois mignonne et mince, chérie. Sois belle et désirable. Encore. Encore. Encore.

Mais non, c'est juste "une belle différence" hein?

Et bon dieu, qu'on laisse les petits garçons vivre un peu. Les conneries virilistes qu'ils reçoivent dès qu'ils sont en âge d'écouter, c'est à gerber. A qui souhaiterait on de ne pas avoir le droit de pleurer? De ne pas montrer ses sentiments? Ça va durer jusqu'à quand, ce mythe de l'endurance à la souffrance. Tu es le péché originel, tu dois souffrir durant toute ta vie. Cimer la culture judéo-chrétienne, on va encore devoir l'appliquer dans nos vies jusqu'à quand?

Même mes potes Mourmons, ils disent que « les hommes seront punis pour leurs propres péchés et non pour la transgression d'Adam ». Ça veut dire que même les plus gros intégristes que je connaisse, ils se libèrent du culte de la culpabilité qu'on se tape nous dès l'enfance. Mais continuons, on est sûrement sur le droit chemin.

Souffrons tous ensemble, formons les petits garçons à souffrir et à enfermer leurs émotions à double tour. On aura bien le temps de vendre des millions de magazines féminins avec des articles à la con du genre "10 astuces pour réussir à le faire partager ses sentiments hihihi les filles".

Ce ne sont pas des "singularités riches et fluctuantes", ce sont des injonctions qui forcent les individus à se forger dans des moules avec lesquels ils n'ont parfois rien en commun. C'est empêcher les personnalités de se créer et aux enfants de grandir comme ils voudraient être. C'est enfoncer des stéréotypes dans leurs têtes comme on mettrait des coups de pelles dans la gueule.

Le monde dans deux cases, et rien qui dépasse.

L'horreur.

"Parce que sinon, par réaction, on aura tous envie de devenir sexistes. Et 33 000 euros dilapidés pour rien!"

Ce que j'aime le plus, c'est quand même cette petite phrase de fin qui finit, comme une fleur, par une menace. Genre t'es bien gentille ma jolie, mais n'oublie pas qu'on pourrait redevenir des grands méchants. Et que si tu as le droit de l'ouvrir, c'est justement parce qu'on te l'a gentiment accordé. Mais qu'on pourrait revenir sur nos paroles si tu cherchais à trop bouleverser les codes établis. Faites attention les filles, on pourrait devenir violent.

Non mais Philou, sérieusement, parce qu'on l'est pas déjà tous, des gros cons sexistes? Murés dans nos petits rôles genrés? Genre, c'est pas déjà le cas?

Ta menace, ça serait pas plutôt "On aura tous envie de devenir d'ENCORE PLUS GROS CONS sexistes"? On vous a bien laissé déconner avec votre volonté d'égalité mais faudrait pas voir à vouloir nous prendre nos rôles. Qui va s'occuper des enfants, hein? Et la famille, alors?

On devient quoi, si on n'est plus obligé de se conformer aux rôles avec lesquels on nous a éduqué? On devient quoi, si on se retrouve libre de choisir en fonction de ce qu'on est, et pas en fonction de ce qu'on devrait être?

T'as raison Philou, ça fait trop flipper tout ça. Remettons les gens dans des cases, les garçons en bleu, les filles en rose, et les moutons seront bien gardés. Laissons les filles s'obséder avec leurs poids, et les garçons s'écraser dans le moule de l'homme grand et fort. Laissons ceux qui dépassent trop se laisser mourir à l'adolescence (15% des décès des moins de 20 ans sont des suicides, mais n'y réfléchissons pas) et on aura toujours un joli monde beau et conforme aux normes.

Deviens encore plus sexiste si tu veux Philou. Je suis bien contente que ce carnet de santé à la couverture nauséabonde ne soit plus donné aux familles. Et peut être que la prochaine fois, plutôt que de claquer de l'argent, on refléchira à deux fois avant d'imprimer 33 000 euros de couvertures sexistes.

Peut être que la prochaine fois, à la prochaine "salve délirante" dont tu parles, on deviendra, justement, des moins gros cons sexistes.

Amen.

Posté par Dame Fanny à 18:19 - Commentaires [19] - Permalien [#]

29 avril 2015

"Tu seras une salope, ma fille"

Le blabla avant le sujet qui fait "When jesus say yes" :

Instaurons une nouvelle règle :

Café Langue de Pute, ça sera le mercredi désormais.

Et si on me vire deux minutes de tous les réseaux sociaux, je peux même oser affirmer que ça pourrait être CHAQUE mercredi.

 

 

"Tu seras une salope, ma fille"

 

Je m'appelle Charles.

Je suis le troisième enfant de la famille, après mes deux soeurs. Les médecins étaient contre, cette dernière grossesse était beaucoup trop dangereuse. Mais mes parents voulaient absolument un héritier mâle, alors ils ne les ont pas écouté. Ils ont testé toutes les techniques possible, les régimes miracles et autres science inexactes pour que je sois un garçon. Ils n'ont pas voulu savoir le sexe pour se garder la surprise. J'ai failli naître à cinq mois et demi, et finalement grâce aux médecins l'accouchement a eu lieu à huit mois. J'ai passé des journées sous des lampes, et j'étais tellement petit qu'on n'était pas certains que je survive.

J'ai survécu.

J'ai passé une enfance heureuse, j'ai fait beaucoup de sport collectif. Je jouais souvent dehors, je faisais des cabanes et j'avais toujours des trous aux genoux de mes pantalons. Ma scolarité s'est bien passé, j'ai eu mon bac sans problèmes.

Je suis une adulte sans histoires, j'ai des tatouages et une belle gueule. Je suis un peu séducteur. J'ai des histoires sans lendemains, ou des filles que je vois uniquement dans des lits. Je parle bien anglais, et j'arrive souvent à plaire aux américaines de passages, ou aux petites anglaises. J'aime bien les filles sportives, et je crois que j'ai vraiment un faible pour les étrangères. Mon entourage me chambre sur mes talents de charmeur, et on trinque quand je montre la photo d'une fille vraiment belle que j'ai ramené chez moi. Je drague sur des sites de rencontre ou alors les amies que les autres me présentent.J'emmène les filles voir le sport que je pratique. C'est brutal alors elles sont impressionnées et je repars souvent avec mon bras autour de leurs épaules.

2014-08-21_32

Je suis encore dans la vingtaine, je sors d'une longue histoire et je n'ai pas envie d'une relation serieuse pour le moment. Tout le monde me comprend, et mon père me raconte ses histoires de quand il était jeune où il draguait les allemandes. Ma mère me demande de leur ramener une copine sérieuse un jour pour leur donner des petits enfants mais elle n'y croit pas trop. Je suis un garçon, elle sait bien que je suis encore jeune et que je veux encore m'amuser. Je lui colle un baiser sur la joue quand je parle de ma dernière conquète et qu'elle soupire alors que mon père sourit. On rit beaucoup pendant les repas de famille, et mon père me dit de bien profiter de la vie, vu que lui s'est marié à dix neuf ans.

 

Au fond.

C'est presque la vérité, tout ça.

Mais.

 

Je m'appelle Fanny.

Je suis le troisième enfant de la famille, après mes deux soeurs. Mes parents voulaient un héritier mâle. La grossesse dangereuse, l'acouchement prématuré évité. La surprise du sexe du bébé.

Et merde.

Encore une fille.

J'ai grandi en faisant des sports collectifs avec des garçons, en construisant des cabanes et avec des trous aux genoux. J'ai eu une scolarité sans problème puisque mes parents n'avaient pas d'attente particulière pour moi. Vu que, dès le début, j'étais un peu foiré(e).

Je suis une adulte sans histoires, j'ai des tatouages et une belle gueule. Je suis un peu séductrice.

Je suis une trainée.

2014-08-21_24

Non, d'ailleurs. Ce n'est pas bien dit.

Je suis une pute.

Je suis une salope.

Je suis easy like a sunday morning.

I'm a fucking slut.

Je suis une fille facile.

Je suis une putain, je suis une catin, je suis celle qu'on ne laissera pas seule avec les petits amis des autres. C'est drôle comme phrase, ça. "Oh non, on va pas te laisser toute seule avec les mecs".

Des fois que j'aurai envie de les baiser sans leur consentement.

Je suis la pute d'Eve, qui tente et se laisse tenter. J'ai détruit le jardin d'Eden parce que j'ai choisi le peché. Les hommes ne sont que des agneaux et je suis le poison qui les fait succomber.

Je suis libre et je suis une pécheresse.

J'ai cru que je pouvais parler de ma vie sexuelle comme je voulais. Après plus de sept ans dans une relation serieuse, je croyais que notre époque acceptait la sexualité comme on le voulait chez les femmes comme chez les hommes. J'avais l'habitude de parler de cul avec mon entourage. On discutait que c'était drôle de garder les chaussures à talons au lit ou que j'aimais follement attacher les poignets.

La liberté sexuelle, tout ça.

J'avais oublié un détail.

Je couchais avec une seule personne. Il était mes limites, mes frontières, et je n'en sortais pas. J'étais respectable parce que mes désirs n'allaient jamais plus loin que ma chambre. Contre le mur du salon, à la limite. Jamais sans autorité masculine en dehors de mon appartement.

J'étais respectée parce que je couchais avec un seul pénis. Et ça, même la sainte vierge avait le droit. Même Marie pouvait se faire choper en toupie thaïlandaise sans que personne ne bronche. La sainte verge, unique et respectée.

Et puis un jour, je me suis mise à avoir une vie sexuelle qui n'était plus limitée par un couple. Ca ne m'était pas arrivé depuis mes dix sept ans. Et j'ai trouvé ça important d'en parler. De ne pas laisser la parole uniquement aux garçons. De parler du désir féminin, des histoires sans lendemains ou avec plus de régularité. De raconter, autour d'une pinte ou sur un réseau social en quoi l'égalité, c'était aussi avoir des relations au même titre que les hommes.

Que je pouvais baiser comme si j'étais un garçon, et que ça n'allait pas poser de problèmes.

Je suis tombée de haut.

On ne traite pas les femmes comme on traite les hommes. Encore une fois. Même jusque dans ton lit, même dans ton entourage le plus proche qui est censé t'aimer et te rendre heureuse.

Le sexisme, c'est partout. C'est toi, c'est moi, c'est toutes les réflexions qu'on dit parce que "c'est drôle". Parce qu'on ne réfléchit pas à ce qui est tricoté en nous et qu'on oublie souvent de prendre du recul. Je suis pareil, je me souviens encore avec honte quand on était jeunes et qu'on se balançait des horreurs avec mon meilleur ami, et que je lui disais qu'il allait finir avec le sida. Ahaha, c'est pour rire, ahaha c'est pas vrai, ahaha on dit ça parce que t'es gay mais on le pense pas.

Ahaha.

L'humour, l'oppression, tout ça.

Petit extrait de ce dernier mois :

"Toi, tu vas mourir de la syphilis de toute façon"

"Tu devrais te préserver"

"Les mecs, elles est dispo, vous devriez tenter votre chance ce soir"

"Je croyais que tu était la PIRE que je connaissais"

"Toi, tu étais en couple? Genre TOI? J'y crois pas"

"Je ne vais pas te laisser approcher mon petit frère du coup"

Et ça, c'est de la part de gens que j'aime. Je ne parle pas de Jean Relou dans la rue qui te traite de pute parce que tu ne veux pas lui sucer la bite (Oh sweet ironie). Je parle de mon entourage qui ferait tout pour moi, et qui m'aime inconditionnellement.

Du coup, j'ai arrêté d'en parler. Moi qui trouvait que c'était très féministe d'utiliser tout l'espace pour dire qu'une sexualité féminine était possible. Moi qui était persuadée qu'on avait les mêmes droits, et qu'on avait la même égalité.

Après mille coups sur le nez, j'ai commencé à tout garder pour moi. Je ne présentais plus les personnes que je rencontrais. Je ne les emmenais pas voir le sport que j'aime. Je les dissimulais comme s'ils avaient la peste, et que j'étais la plus pestiférée de nous tous.

Après mille coups de plus, j'ai même engagé une période d'abstinence. Pour voir. Pour réfléchir. Pour gagner quoi à la fin? Je n'ai pas encore trouvé de réponses. Pour me sentir moins jugée. J'ai même commencé à renier mon passé. J'ai commencé à dire que c'était une folie, que c'était passager, que je n'étais pas comme ça. J'imagine que je voulais me racheter une putain de virginité.

Comme si c'était mal. Comme si j'avais perdu de la valeur à chaque bouche qui se posait sur la mienne. Comme si la luxure était réellement un péché, et qu'on devait encore vivre sous les commandements d'un Dieu qui décide de quel pénis tu as le droit de toucher pour toute l'éternité. Au nom du père, du fils, du Saint Esprit, ma fille. Amen.

Évanouie, la fille qui laissait des marques sur les poignets. Évaporée, celle qui se réveillait contre le joli visage d'un garçon, et qui en trouvait un autre en se retournant. Fusillée pour l'exemple. Morte pour la nation. Rentrée dans les rangs, au revoir et à jamais.A trop se poser de questions, ne plus rien oser faire sous un drap. Ne plus rien tenter. Avoir des rapports insipides mais respectables.

Crever.

Et puis, un jour, la colère salutaire.

Parce que je n'ai pas passé des jours sous des lamps en essayant de survivre pour qu'on puisse ensuite gerer la vie que j'ai arraché.

Parce que je m'appelle Fanny et parce que je m'appelle Charles.

Parce que je devais être un garçon, et que je me comporterai toujours comme tel. Que je prendrais la place qui me revient, dans la vie et dans l'espace public.

Dans mon lit et dans celui des autres.

Et je pense que ça fait peur, au final. Si en tant que femme, on se met à gérer notre sexualité comme on veut. Comme on peut. Si on dit haut et fort qu'on a des désirs, et qu'on est assez fortes pour les assumer.

Si je dis que j'ai envie de sexe, mais pas avec toi.

L'angoisse, elle est là. Si je décide d'être libre, mais uniquement avec ceux que je choisis. Et que les Charles rentreront bredouilles alors que les Fanny auront leurs bras autour des épaules de leurs conquêtes.

La sexualité féminine doit pouvoir avoir sa place dans la parole. Je veux pouvoir en parler sans qu'on me rabâche que je devrais la fermer. Je voudrais qu'on arrête de parler de vertue, de tenue, ou de respectabilité. Se préserver, mais de quoi?

Se préserver, dans le dictionnaire, ça veut dire : Empêcher l'altération, la perte de quelque chose.

Est ce que je perds quelque chose quand je couche avec quelqu'un? Est ce que je deviens quelqu'un de moins bien? De moins gentil, de moins attentionné? Une moins bonne amie, une moins bonne soeur, une moins bonne fille?

Pendant que mon alter ego n'est lui, justement, absolument pas altéré?

Jusqu'à quand, le péché?

Jusqu'à quand, les mains sur la bouche pour s'interdire de parler?

Jusqu'à quand, vos réflexions sur ma vie, et les miennes sur la votre? Jusqu'où va t'il falloir qu'on rabaisse ceux qu'on aime parce qu'on est trop cons pour s'interroger?

Je ne me tairai plus, et je ne laisserai plus la place au slut shamming. Parce qu'on a encore des avancés à faire.

A mon entourage, proche et éloigné. Aux débats à venir, et ceux qui ne font que commencer.

Je ne laisserai plus rien passer. Et faites pareil avec moi, si je dis des horreurs pour rire, ou que je vous manque de respect.

Les mentalités évolueront quand on commencera à nettoyer à l'acide les nôtres qui sont déjà bien polluées.

 

(Edit : Ces sublimes photos ont été prises par une sublime personne et viennent d'ici : La Fille Renne)

Posté par Dame Fanny à 12:20 - Commentaires [102] - Permalien [#]

08 février 2015

De le "Mettez du rouge", le retour de la vengeance de la campagne qui tombe à plat

Le blabla avant le sujet qui fait "ohohoho mysterious girl I want to get close to you":

Alors oui, je dois confesser : En 2014, je n'étais pas franchement productive sur ce blog. Ni pour rien d'autre, d'ailleurs.

J'étais très occupée à perdre du poids, toute foi en l'humanité et en moi même.

Donc un petit conseil avant de commencer cet article :

Personne ne mérite que vous vous foutiez en l'air.

Personne n'est aussi important pour ça.

Tu es la personne la plus importante. Tous les autres qui veulent te faire penser moins ne sont que vermines et dejections de cloportes.

Et on leur souhaite gentiment d'aller se faire cuire le cul.

Et si tu as besoin d'une personne pour te balancer des "t'es fantastique, et ton ex/ton boss/ ta mère c'est qu'un bâtard qui mérite de mourir de la syphilis", n'hésite pas à m'envoyer un mail à cette adresse : cafelanguedepute@gmail.com.

Love.

 

Sujet du jour :

 

 

De le "Mettez du rouge", le retour de la vengeance de la campagne qui tombe à plat

 

A partir d'aujourd'hui, la fantastique et fascinante campagne "Mettez du rouge" revient. Vous avez un mois pour envoyer des photos de vous avec du joli rouge à lèvres sur la gueule pour dénoncer fièrement le sexisme. Et pour affirmer mi figue mi viril :

"Je suis un homme. Si une femme se fait agresser devant moi, je m'engage à prendre sa défense."

On est contente, hein?

On se sent 'hachement plus rassurée maintenant?

Avant que je recommence à affoler ma tension artérielle, sachez que j'ai déjà écrit un article sur cette campagne il y a deux ans (déjà)(la vieillesse) : LA

Est ce qu'il faut repartir pour un deuxième tour de colère, de haine, et de verres de Tariquet rageusement bu?

Oui.

Pourquoi on n'aime pas cette campagne : 

1 : Parce que c'est con.

En premier, je vais tout d'abord m'auto plagier en rappelant le code pénal, Art. 223-6 qui dit que "Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende". 

Ça, ça dit poétiquement que si tu n'es pas foutu d'aider quelqu'un qui se fait agresser, tu mérites de te faire poursuivre pour "Non assistance à personne en danger", et de te prendre un coup de pied au cul tellement fort qu'il te renverrait directement dans l'uterus de ta mère (pardon madame). 

COOKIE COOKIE COOKIE I WANT A COOKIE

 

Si une femme est agressée devant moi, j'essaie d'intervenir. Si un homme est agressé devant moi, j'essaie d'intervenir. Si un enfant est agressé devant moi, bizarrement, aussi, j'essaie d'intervenir.

Et j'attends étrangement la même chose de n'importe qui. Parce que, mis à part si tu es Jeffrey Dahmer (et que tu es condamné à pas moins de 957 ans de prison)(et que tu es capable de dire aux policiers venus t'arreter "Je viens de perdre mon boulot, vous savez. Je voudrais bien boire une putain de bière" alors que tu sais que tu as la tête de quelqu'un dans ton frigo)(que tu es donc un petit frippon farceur pas très sympathique), toute personne doté d'un minimum d'empathie essayera d'aider autrui. 

Si tu as envie de te grimer de rouge pour bien montrer aux autres que tu as un comportement d'humain, va y, fais toi plaisir. 

Est ce que tu as l'air ridicule? Absolument.

Et pas parce que tu portes un attribut qu'on considère comme féminin. Mais parce que tu réclames une ola pour une situation hypothétique dans laquelle tu ne te comporterais hypothétiquement pas comme un connard.

Tiens, prends un cookie Jean Charles. 

 

2: Parce que c'est dangereux 

Là où cette campagne me pose encore plus de problèmes et d'irritations que les annnées précédentes (ou alors c'est juste que je deviens moins tolérante à la connerie), c'est pour ça : 

Ta gueule Francis

 

"250 femmes violées par jour en France, ça fait une toutes les 6 minutes. Mettez du rouge a pour objectif de faire reculer ces chiffres".

T'es sérieux, là?

Pour de vrai?

Ca choque personne d'écrire une connerie plus grosse que le soleil comme ça, nature, en mode on est trop féministe de la mort t'as vu?

Je reprends : 

Nous avons une campagne qui intime l'ordre à tous individus porteurs de testicules de venir faire le chevalier blanc dès qu'une jeune demoiselle en détresse se fait agresser par un malotru. 

Détenteur de pénis, unissons nous et pourfondons du brigand.

Avec nos sexes en étendards, nos bouches carmins et nos doigts enlacés, nous allons faire baisser le nombre de viols.

Parce que forcément, les viols, ça se fait dans l'espace public, là où on peut intervenir avec tambour et trompettes.

Hein? Hein? Hein?

Continuons à mettre le viol dans une seule case, et de ne le définir uniquement comme ça dans les médias. Histoire que les victimes qui se crèvent à porter plainte puissent s'entendre dire "non mais c'était pas vraiment un viol ça!" par un entourage bien éduqué au mythe du fou qui te viole dans la rue. 

Non parce que quand tu vas te renseigner sur le site de l'INSEE, on te dit plutôt que "les trois quarts des femmes victimes de violence connaissent leur agresseur. Notamment, pour plus de 30 % d’entre elles, il s’agit du conjoint ou de l’ex-conjoint".

Ah merde.

On fait quoi alors? 

Avec nos bouches carmins et nos destriers, on a l'air un peu con non? Si on ne peut pas montrer au monde entier qu'on peut intervenir en cas d'agression.

Si le viol se fait entre deux personnes qui, la plupart du temps, se connaissent. 

Non, je te la refais Jean Charles.

Si la plupart du temps, le viol se fait par une personne que toi, tu connais.

On est un peu plus emmerdé, là. Nos doigts enlacés, ils sentent un peu plus du cul. Quand les violences faites aux femmes sont le fait de gens de ton entourage. Que les petites réflexions sexistes ordinaires, ce harcèlement de merde qui va de "Tu devrais sourire, c'est plus joli une fille qui sourit", à "T'as vu la pute avec son short là? ELLE RESSEMBLE A UNE PUTE! HEY TOI TU RESSEMBLES A UNE PUTE" sont dit par tes propres potes, ou toi quand t'es saoul et que tu trouves formidablement drôle. 

"Not all men", hein. Blablabla. Lève la main si tu n'as pas dans ton entourage une seule personne qui a, à un moment donné, était un connard sexiste avec une femme. Genre, jamais. Pas de réflexions en groupe sur la tenue d'une fille qui passe, pas de comportement désagréable, pas de sexisme au boulot, pas de généralisation liée au genre. Rien. 

Même moi, je ne peux lever la mienne.

Donc cette campagne, plutôt que d'enfiler des perles, j'aimerais plutôt qu'elle demande aux hommes de réfléchir à leur propre condition pour réussir à améliorer la notre.

Comment faire pour parler du viol sans parler uniquement aux femmes. 

Encore et toujours, comment changer le "Comment ne pas être violée" en "Comment ne pas violer".

Il y a du travail à faire. Des archétypes à démonter et des enfants à éduquer. Du sexisme à faire sortir de l'école, du travail et encore plus du foyer. Des comportements à adopter qui ne sont pas ceux qu'on nous a montré, et des pas qu'on sera les premiers à faire.

Pose ton armure et ton épée. Si tu vois une femme qui se fait emmerder, fais comme nous, fais semblant d'être son ami. Appelle la par une faux nom, et fais toi passer pour quelqu'un qu'elle connaît. Fais la sortir d'une situation délicate sans énerver l'harcelleur. Tout le monde y gagne. C'est une technique qu'on utilise déjà et qui marche bien. Sois un allié. 

Démaquille ta bouche et utilise là plutôt pour parler. A tes amis, à tes collègues, à ton entourage. Cherche à ton échelle comment faire avancer les choses, et s'il te plait, recadre tes proches quand leurs propos et leurs actes craignent un peu trop.

Tu verras, tu ferras déjà bien plus avancer le droit à l'égalité qu'avec ta cape et ton épée. 

Posté par Dame Fanny à 18:07 - Commentaires [4] - Permalien [#]



09 novembre 2014

Biba et le "10 choses que les femmes font au lit et que les hommes n'aiment pas". Et ta mère ?

Blabla avant le sujet :

Je suis revenue du Canada.

Je ne vois absolument pas comment je vais continuer à vivre ma vie sans gens qui disent "tabarouette" quand ils veulent jurer sans être vulgaires. Sans personne pour se foutre de la gueule de mon pays en mode "La France, si vous aimez autant la liberté au point de l'avoir dans votre devise, pourquoi vous vous faites envahir tout le temps alors?".

Sans "Seriously, how old are you? Comment ça, t'es né après 94? Comment ça, l'âge ça compte pas?"

Sans "J'ai un master - J'ai un master aussi - J'ai 100% de réussite à mes examens - J'ai pas l'accent québécois - touché"

Me coucher sur l'asphalte et me laisser mourir.

 

Sujet du jour :

Biba et le "10 choses que les femmes font au lit et que les hommes n'aiment pas". Et ta mère ? 

 

Cher Biba.

Je pourrais me contenter d'une seule chose : Ne parle pas en mon nom quand il s'agit de parler de sexe.

Ni d'autre chose, d'ailleurs.

Ça me fout une telle gerbe que ça pourrait presque me faire perdre les kilos canadiens que j'ai ramené dans mon cul, #LaPoutinePlusJamaisPlusJamaisPlusJamaisCa #Calo4ever

Continuer à conditionner les femmes jusque dans leur putain de lit, c'est être sur qu'elles ne soient vraiment libres nul part.

Je vais vomir.

"Ils ne nous le diront probablement jamais mais les hommes n’aiment pas forcement toutes nos manies au lit…"

Va y Bib', raconte nous ta fantastique généralisation sur la vie sexuelle du couple hétérosexuel. Je me languis de savoir ce que les hommes n'osent pas dire. Parce que c'est quelque chose que je n'ai pas encore trop connu, un homme qui se retient de dire ce qu'il pense. Du relou dans la rue au mec dans ton lit, il me semblait que leurs paroles étaient justement assez libres. "Hey t'es bonne" "Je preferere l'épilation intégrale" "T'as pris du poids".

Ca doit être moi.

Avant que je commence, autant mettre au clair une chose : Le "on" pseudo rassembleur en mode "hihihi on est toutes pareilles on est des coupines" me donnent envie de m'arracher les globes occulaires avec une scie sauteuse. Cimer.

tumblr_n92ikpkI5X1r8bxs1o1_500

 

"1. Quand on crie vraiment trop fort

Manifester son plaisir, oui. Notre homme ne pourra qu’être flatté de savoir qu’on grimpe aux rideaux grâce à lui. Hurler comme un animal qu’on égorge… euh, bof. Les voisins  n’ont pas nécessairement besoin d’être au courant qu’on fait des galipettes. D’autant plus, qu’à force, notre homme se demandera si on ne simule pas…"

Sois belle mais ferme ta gueule quand même parce qu'il faut être FE-Mi-NI-NE bordel de pine! On te l'a déjà dit Chantal, t'as bien le droit de jouer ta petite dévergondée mais reste dans les rails quand même. Il ne s'agirait pas de pouvoir vivre ta vie sexuelle comme tu l'entends. N'oublie pas que ton plaisir passe après celui de ton partenaire. Toujours. Et vu qu'on est un magasine féminin, écrit par des femmes, on va continuer à te conditionner ta sexualité.

Conseil n°1 de Dame Fanny : Crie meuf. Fais ce qu'il te plait. Si t'as envie de crier ou de chanter du Ke$ha en mode tik tok on the clock, vois avec ton/ta partenaire et fais bien ce que tu veux. Personne ne doit se permettre de te donner des ordres sur comment jouir.

"2. Quand on veut absolument discuter après l'amour

Ou faire des bisous, refaire le monde… bref. Après l’acte, notre homme a plutôt envie de nous tourner le dos et de roupiller. Il ne faut pas le prendre mal, cela n’a rien à voir avec nous. C’est physiologique… il veut dormir !

Les hommes viennent de mars, les femmes de vénus. Les hommes sont violents et les femmes peuvent faire plusieurs choses en même temps, c'est dans leurs natures."

De la merde.

Ca vient d'où ces pseudo arguments scientifique non vérifiable, "C'est physiologique, tu peux pas comprendre pauvre conne". Et le gros sac dans lequel on fout toutes les femmes, "t'as envie de discuter et de faire des bisous après? hihihi BFF 4 EVER". Le mec est un connard qui s'endort, la femme est une pintade qui veut de l'attention et des calins. Bien bien bien.

Conseil n°2 de Dame Fanny : Si tu veux dire quelque chose à la personne à côté de toi et qu'elle t'ignore : Casse lui deux côtes. La politesse, c'est pas pour ta mère.

Double conseil : Avec des orgasmes, généralement, tout le monde s'endort. Love.

"3. Quand on fait trop de mise en scène

Trop de maquillage, trop de talons, trop de lingerie, trop de musique d’ambiance, de bougies, d’accessoires… trop trop trop. Notre homme a envie de faire l’amour pas d’aller voir un film érotique des années 80. Et surtout, il veut laisser un peu de place à l’imprévu…"

Celui là, c'est l'un de mes préférés de l'amour (mon coup de coeur est pour le 7, patience, AVC à venir). Après toutes les saloperies d'injonction qu'on mange en permanence, et particulièrement dans la presse féminine, il faudrait qu'on soit naturelle. Parfaite et naturelle, évidemment. De l'imprévu mais pas trop, de l'imprévu contrôlé et validé. Il ne faudrait pas trop se permettre de fantaisies non plus. Soit belle, naturelle, sans poils qui dépassent, souris et ouvre grand la bouche meuf. "Il veut laisser un peu de place à l'imprévu", tu le sais bien.

Conseil n°3 de Dame Fanny : Vas y à fond meuf. Fous du maquillage jusqu'à avoir la gueule de Courtney Love, des talons, des corsets, de la lingerie qui coute deux mois de loyer, pas cimer Chantal Thomass. Fais de la mise en scène jusqu'à chourave les oscars de Spielberg. You're walking on sunshine meuf. Tu décides de ce qui te fais vibrer.

Tu. Décides.

"4. Quand on est immobile

Faire l’amour avec une planche à pain ? Ce n’est pas vraiment ce qu’apprécie notre homme. Même s’il ne pas envie de se lancer dans une chorégraphie élaborée, il aimerait tout de même qu’on participe. La position du missionnaire c’est chouette… mais pas à chaque fois."

Et Bib', sous entendre qu'on est des co-connes qui aiment juste se faire baiser faire l'amour en missionnaire et faire des bisous-calins-refaire-le-monde, c'est pas très valorisant. Surtout quand tu sais que quand tu oses affirmer que tu as une vie sexuelle remplie, tu te fais assez rapidement catégorisé "salope" par la moitié de ton entourage (coucou mon entourage, vous allez bien?). L'injonction de ne pas être une sainte ni une catin est vraiment encore très problématique. Mais oui, vous avez raison, faites culpabiliser les femmes plutot, ça marche à tous les coups.

Conseil n° 4 de Dame Fanny : Fais ce que tu veux de ton corps meuf. Sois libre comme un cheval sauvage.

5. Quand on joue la condescendance en cas de panne

« T’en fais pas. Ça peut arriver à tout le monde. » Phrase à éviter d’urgence. Dans ce genre de situation, notre homme s’en fiche royalement que ça arrive à d’autres. Parce que là, maintenant, c’est à lui que ça arrive ! Et ça ne lui fait pas plaisir du tout ! Mieux vaut faire une pause dans les ébats, sans faire trop de commentaires, et reprendre un peu plus tard.

 

Je n'ai même pas envie de commenter celui là tellement il est con.

Grève.

Conseil n° 5 de Dame Fanny  : Évite de dire des banalités dans la vie, c'est toujours mieux. Ça evite de finir par écrire des trucs aussi stupides que "10 conseils bourrés d'idées patriarcales"

"6. Quand on interrompt l’acte en plein milieu

Envie de faire pipi ? D’éteindre la lumière ? Besoin d’un raccord maquillage ? Le téléphone sonne ? Notre homme n’est pas fan du petit break durant l’acte. Ce n’est pas du tout son truc. Et quelque part, il n’a pas tort. Pour une partie de jambes en l’air réussie, mieux vaut oublier tout le reste et rester dans la bulle…"

MIEUX VAUT OUBLIER TOUT LE RESTE SAUF TOUTES LES CHOSES QUI TE SONT INTERDITES DE FAIRE, CONNASSE.

Conseil n°6 de Dame Fanny : Je ne sais pas d'où vient cette généralisation à mourir non plus. Je ne savais pas que c'était un cliché féminin de se tirer en plein milieu de la baise de l'acte d'amour charnel. Je te dirais d'éviter de te barer quand tu fais du sexe parce que c'est mieux de faire du sexe que de ne pas en faire. Non?

Attention, on y arrive, voici le numéro 7 :

"7. Quand on est trop dominatrice

A moins que la domination soit son truc (et dans ce cas, on est au courant), notre homme n’a pas du tout envie qu’on qu’on lui vole sa place. Etre active et prendre des initiatives, oui. Etre virile…  ben non."

tumblr_n8pv9f7aP11rtigcho1_400

"Qu'on lui vole sa place".

Qu'on lui vole sa putain de place de merde...

L'article t'affirme, nature Arthur, sous couvert de conseil de copine, de ne pas essayer de changer la place qui t'es accordé dans le monde.

Car si "ton homme" est le dominant du couple, devine un peu qui a la sublime chance d'être le dominé?

Ouais, meuf, t'as trouvé, c'est toi.

tumblr_ndzm1lpaE71qhhxd4o10_250

T'es sérieux Bib'?

T'en as pas un peu marre de m'insulter depuis le début? Non content de nous faire passer pour des imbéciles tout juste matures, il faut en plus que tu trouves l'audace de nous rappeler qu'au lit, on doit se contenter de la position de soumise.

Sinon quoi? On est "virile", c'est ça?

C'est ce genre de connerie sexiste qui nous empêche d'être ce que l'on veut être. Qui nous empêche d'être libre parce qu'on a peur du jugement des autres, jusque dans notre intimité. Toi Bib', tu nous rappelles notre place d'être humain inférieur jusqu'à dans notre propre sexualité.

C'est dégueulasse. C'est immonde. C'est sexiste et c'est intolérable.

Ma place t'emmerde Biba. Ma prétendue virilité aussi.

Conseil n°7 de Dame Fanny : Éclate toi au lit meuf. Si ça te fait vibrer, et avec leurs consentements, saute leur dessus, attache les, mets leur un foulard dans la bouche et empêche les de bouger.Griffe les, mords les. Ne les laisse pas dormir. Réveille les et recommence. Domine les. Lève toi pendant l'acte et chope ta ceinture pour attacher les poignets d'un américain médusé qui demandait si c'était vrai que les françaises étaient dominantes.

Tu as la place que tu veux. N'écoute pas ce genre de conneries vicieuses qui voudraient te faire croire que tu n'as pas le droit au maximum, au meilleur, à la première place.

T'es sur le haut du podium meuf. T'es incroyable, t'es magnifique, évade toi et baise comme une reine si ça te fait plaisir.

C'est ta place.

Ps petit conseil bison futé de Dame Fanny : Au sujet de laisser des marques sur l'autre : C'est un très bon indicateur pour savoir si l'autre est en couple sans nous l'avoir dit. Surveille bien ceux qui refusent catégoriquement, petite rusée.

8. Quand on lui demande, durant l’acte : « Et si on faisait un enfant ? »

Notre homme aurait aimé pouvoir y réfléchir un peu avant de physiquement concevoir un enfant.  Histoire d’être sûr, quoi. Ça lui aurait mis un peu moins la pression. Parce que devoir se décider en quelques secondes, c’est pas franchement facile… hein ?

Bib, on n'a pas toutes un putain d'uterus à la place du cerveau. On couche souvent parce qu'on en a envie, pas pour satisfaire notre besoin incontrôlable d'enfanter.

Conseil 8 de Dame Fanny : Oublie pas ta pilule meuf.

"9. Quand on éteint la lumière

Bien évidemment que lumière éteinte, notre homme ne verra pas notre culotte de cheval naissante, nos jambes mal épilées et notre culotte Bridget Jones. Mais il ne verra pas non plus notre magnifique poitrine, notre chevelure de rêve… ainsi que son corps entremêlé au notre. Et ça, il adore. Alors pourquoi le priver de ce spectacle ?"

Bib, ça serait super de ne pas te permettre, en plus de tout le reste, de signifier aux femmes qui te lisent, qu'elles sont imparfaites et répugnantes. Je sais bien que ça permet de vendre les crèmes et autres gélules à la con des pages publicité mais bon.

De toute façon, après le 7, j'ai plus d'espoir Bib. Notre relation n'est plus ce qu'elle était, on ne se comprend plus. J'éspère qu'on pourra rester ami quand même.

Conseil 9 de Dame Fanny : C'est facile à dire, mais dis toi que si la charmante personne qui est avec toi est dans ton lit, c'est qu'elle s'en contre-branle de tes défauts et qu'on est pas là pour en faire la liste. On est là pour le cul, pas un blog dans la partie "journal intime" de canalblog. Love.

"10. Quand on parle d'autre chose

Non. Lui demander s’il  a pensé à mettre le réveil pour demain alors qu’il est au bord de l’orgasme, ce n’est pas une bonne idée. Tout comme celle de lui dire : « Tiens au fait, ta mère a appelé » alors qu’il nous caresse amoureusement la poitrine. C’est un peu hors propos. Quand notre homme fait l’amour, il pense… à faire l’amour."

Parce que nous quand on couche, on pense pas à coucher?

On pense à quoi ? A la blanquette de veau qu'on a amoureusement mis dans le four ? Aux prénoms des gosses qu'on fera? A notre mère?

JESUS MARIE JOSEPH.

Bib, j'en peux plus de toi et de ton sexisme puant. J'en peux plus de voir ce genre de banalités affligeantes balancées sur place publique comme vérité universelle. On a déjà du mal en tant que femme à avoir une vie sexuelle libérée et heureuse. Si on doit se rajouter les injonctions de la presse féminine, on n'est pas sorti.

Foutez nous la paix. Dans notre maison et dans notre lit. Dans celui de l'inconnu d'un soir ou de la relation plus longue.

Laissez nous être maîtresses de notre sexualité.

Elle nous appartient.

Et crois moi Biba, elle est fantastique.

Posté par Dame Fanny à 20:26 - Commentaires [9] - Permalien [#]

31 août 2014

Franck Keller et le sexisme ordinaire pour bien commencer la rentrée

 

Sujet du jour : 

Franck Keller et le sexisme ordinaire pour bien commencer la rentrée

Nous sommes encore en été pour quelques jours. Même si les heures d'ensoleillement diminuent depuis maintenant deux mois (bientôt la nuit à 17:00, le froid, la dépression, la pub canal sat' avec les rennes, la mort), certains se sentent encore en vacances.

Aujourd'hui, nous avons le cas de Franck Keller, conseiller municipal UMP, qui a sûrement voulu faire rigouler les coupains avant la reprise :

 

                                                     BwXKiRCCUAAM1-g

 

 

Moi, de voir des trucs comme ça, ça fait battre mon petit coeur très fort.

                                                    tumblr_m5w3gtGD251qfg9j4o1_1280

                             Love love Francky

 

Ce tweet a bien évidemment était effacé à la vitesse des tortues ninjas quatre tortues d'enfer dans la ville. Parce qu'on veut bien faire le barbot, mais on n'aime pas trop se faire taper sur les doigts. Courageux mais pas téméraire le chevalier d'ecailles et de vinyle. 

Que nous dit ce tweet rigolol?

Que quoi que tu dises, que quoi que tu fasses (t'es embauché tant qu'on a pas vu ta face ha ha), peu importe le nombre d'efforts et de sacrifices, la seule chose qu'on va retenir, c'est ce que tu as entre les jambes.

Vagin

Tu deviens ministre? C'est grace à tes jambes, tes seins, ton cul, ta bouche. C'est grâce à ton apparence. Et encore plus salement, c'est grâce à ce que tu en as fait. Ici, dans le texte, on parle même "d'utiliser pour convaincre". Classe, sobre, de bon goût.

Meuf, on sait bien que si tu es arrivée aussi loin, c'est parce que tu as utilisé tes attributs de femelle. Ce n'est pas ton parcours, tes engagements ou tes valeurs. Non, du haut de mon statut d'homme politique, je fais remarquer publiquement que la seule chose qui est digne d'interet chez toi, c'est ta silhouette.

Chatte

Et ça renvoie quoi comme message aux autres femmes? Vous crevez pas à la tache les filles, on vous traitera de manière aussi basse et vulgaire à tous les échelons que vous tenterez de gravir. A chaque pas en avant, à chaque succès, on vous rappellera votre genre (à propos de genre et d'égalité, les manifs des rétrogrades pour tous reprennent le 5 octobre : ICI)(#LaGerbeDeLautomne)

On vous rappellera votre place.

Entrecuisse

En plaçant une photo sous le tweet déjà bien purulent, on se rajoute une bonne couche de slut shaming parce que ça ne fait jamais de mal. Ici, les centimètres de peau qu'on voit des cuisses de Mme Nadja Vallaud-Belkacem semble poser problème. Comme si on n'avait pas encore compris que l'augmentation des femmes en politique irritait bon nombre de testicules.

Du coup, on frappe sur le physique. Et ce qui est parfaitement génial avec ça, c'est qu'on a même un double standart qui nous permet de balancer des coups bas à un public très varié : 

Si ton physique ne rentre pas dans les normes de la beauté, on t'attaquera dessus. On peut se rappeller de cette magnifique phrase de Mme Nadine Morano au sujet de Mme Eva Joly : 

"Le problème d'Eva Joly ne vient pas seulement de son accent. C'est aussi physique. On sent du coup qu'il n'y a pas de communicant derrière".

Si ton physique rentre dans les normes de la beauté, on t'attaquera dessus aussi. C'est le cas ici, mais on peut se souvenir de ce merveilleux moment qui sentait bon la démocratie et le polident avec l'incident de hués/sifflements de la robe à fleurs de madame Cécile Duflot à l'Assemblée Nationale (ICI).

Merveilleux. Sublime. Bravo.

                                               tumblr_n8par5f3BS1tdmio9o1_500

                   Applause, applause, applause

 

Ça ne vous donne pas envie de pleurer? Savoir qu'une femme ministre se mange autant de sexisme gras et gratuit qu'une femme à un poste moins important me donne envie de me rouler en boule et de ne plus sortir. Ca veut dire que tu ne seras jamais épargnée null part. Du premier échelon jusqu'au plus haut poste en politique, il y aura toujours quelqu'un pour tenter de te mordre le mollet en utilisant ton genre.

Pubis

Tu es la femme pécheresse. Sans toi, on serait tranquillement en train de gambader à poil en mode Montalivet style dans le jardin d'Eden. Tu seras toujours l'ennemie qui utilise ses courbes et ses charmes pour arriver à ses fins. Tu asservis les hommes avec le sexe pour avoir ce que tu veux. Tu ne dois ton ascension, peu importe le domaine, que grâce aux pénis que tu as su faire frétiller.

Vulve

Et puis, ce petit côté "l'homme n'est qu'une oie blanche qui se fait berner le pauvre choupi" me ferait bien ricaner si je n'avais pas dejà de la bile dans la bouche. Comme si la séduction n'était qu'une affaire féminine. Sérieusement, qui croit encore que l'homme n'est pas capable d'utiliser ces attributs pour obtenir ce qu'il veut? Et ce n'est pas le nombre de torse sans tête qu'on croise sur tinder qui dira le contraire. 

Sexe 

Donc merde au sexisme en politique. Merde au trait d'humour. Merde à la pensée qui voudrait qu'on soit moins compétente parce qu'on a une jolie paire de jambes ou des rides apparentes. Merde à la culpabilisation. Les femmes en politique seront de plus en plus nombreuses, et il faudra bien s'y faire et les juger sur leurs compétences et non à ce qu'on trouve entre nos jambes. 

Bonne rentrée Madame Nadja Vallaud-Belkacem, et surtout bon courage. 

Posté par Dame Fanny à 19:50 - Commentaires [3] - Permalien [#]

02 août 2014

Renault, et sa campagne belge très sexiste "Nous, les femmes"

Blabla avant le sujet qui fait "You need man I don't need you" :

Merci pour tous vos messages en avril dernier.

Vous êtes vraiment des amours, et je ne me suis pas remis à écrire aussi rapidement que je pensais.

Mais merci les pipous, vous avez beaucoup compté.

Pour vous remercier, un article sur The Red Hot ginger photo exhibit: Ici

 

1229815_160322920834384_469575422_n

 

You're welcome.

 

Sujet du jour :

Renault, et sa campagne belge très sexiste "Nous, les femmes"

 

Pendant quatre mois de non-présence ici, alors que j'étais en train de crever / me transformer en queen alien et préparer mon règne sur le monde méditer sur ma condition humaine, j'ai vu passer un nombre incalculable de saloperies sexistes. Après de nombreux mois sans pousser de gueulante, je me suis interrogée sur l'idée de reprendre le blog. Gueuler, mais pourquoi faire? Et est ce que ça changera quelque chose, au fond? Est ce que ça vaut le coup de se manger des tonnes de trolls?

Et puis bon, comme je bosse (entre autres) avec des ados, je vois tous les jours les ravages du sexisme. Et ça m'a foutu assez en colère pour que je ré-ouvre ici. Tant pis pour les trolls, tant pis pour l'impression de crier dans le vide. J'aurais exprimé quelque part que je n'étais pas d'accord.

Par exemple, avec ce nouveau coup de Renault et sa campagne belge.

 

 

Ajouté à ça, la marque proposait des cartes qu'on pouvait télécharger sur son site parce HIHIHI LOL SAY DROLE :

3551406724299

   hihihi

7611406724273

 hihihi je suis si bête

(images piquées chez le nouvel obs : )

Bien sur, comme la marque a subi un très vilain bad buz, elle a immédiatement retiré sa campagne de pub. On a pu voir plusieurs articles expliquant que "la marque a dû les retirer et mettre fin à sa campagne de promotion, face à l'indignation de nombreux internautes" (source : Europe1 : ). Bref, que c'était la faute d'internet qui s'indignait si les publicités avaient été retirées. Pas parce qu'ell puait grave du fion, à la base.

Donc c'est bon, ça a été retiré, y'a pas besoin de s'enerver meuf, non? Y'a des côôôses plus importantes, non?

Non.

Quelque chose d'aussi important que la publicité ne peut se permettre de véhiculer des messages remplis à ce point de sexisme. Surtout quand la voix off affirme que "Nous les femmes, nous avons tendance à improviser quand nous ne trouvons pas de place de parking (…). C’est pourquoi la nouvelle Renault Twingo vous offre l’option 'Désolée de m’être garée là'". Et qu'on voit la jolie etourdie se servir de son rouge à lèvre pour écrire un mot sur....une putain de serviette hygiénique.

Bingo de tous les clichés à la con sur les femmes.

Pour commencer, on prend l'expression "Nous les femmes, nous". Et on vomit. Beaucoup.

                                                                redhot5

(j'ai voulu mettre un gif de vomi, j'ai tapé "puke" dans tumblr)(Ne le faites pas.)(Serieusement, le fais pas)(Viens pas te plaindre)

(T'as envie de vomir hein, maintenant?)(T'écoutes jamais rien putain)

 

C'est quelque chose qui me stresse beaucoup, que l'un de mes gestes ou l'une de mes actions devienne quelque chose pour enrichir le cliché de "Vous, les femmes". J'ai toujours peur que le moindre de mes défauts deviennent un argument de plus pour assurer le fait que quand même, les nanas, vous êtes un peu co-connes. Pas bien dégourdies, pas bien finaudes, pas bien capables de se débrouiller dans le wild world, I'll always remember you like a child, meuf.

Parce qu'on a déjà beaucoup d'injonctions de merde en tant qu'individu de genre féminin. Grossis pas trop du cul!  Possède des nichons de tailles convenables pour ne pas qu'on te prenne pour un mec!  Mets du rouge à lèvre mais pas trop rouge sinon t'es une pute! Maquille toi mais pas trop sinon t'es rien qu'un garage à bites!  Habille toi de façon féminine mais pas trop sinon t'es un aspirateur à pénis!

Oh, je suis vulgaire?

Vous entendez les hommes nous parler dans la rue? (NOT ALL MEN)(Non, juste ceux qui nous parlent en fait)

Non parce que je suis blonde platine et je porte des shorts dans la rue. Et moi, je les entends. Et moi, j'aimerais bien être douce, sage et prude. Mais je m'y mettrais le jour où je n'aurais pas l'impression de partir en croisade à chaque fois que je suis dans l'espace public et que je montre un morceau de ma peau. Et qu'on est vulgaire avec moi alors je n'ai rien demandé.

Reprenons.

Les injonctions de merde pour exister en tant qu'individu. Auxquels il faut rajouter les injonctions de merde parce qu'on te considère faisant parti d'un groupe minoritaire et que chacun de tes faits et gestes peut être généralisés pour l'ensemble.

Tu la sens, la grosse angoisse?

Je suis un individu, et chaque fois que je fais une faute, on va le reporter sur le groupe dont on estime que je suis la représentante. Je fais du tort aux femmes à chaque fois que je me comporte mal.

Quand je tombe et que je me couvre les genoux de bleus parce que je suis maladroite, on va dire que les femmes sont vraiment étourdie.

Quand je traîne sur tinder, on va dire que les femmes sont vraiment superficielles et recherchent uniquement le physique.

Quand je m'empêche de parler de mes problèmes de couples sinon on va dire que si je suis féministe, c'est parce que je suis mal baisée.

Quand je m'empêche de parler de ma vie sexuelle sinon ça va encore renforcer le cliché de ma couleur de cheveux.

 

Cette aliénation qu'on se porte au quotidien, je n'ai absolument aucune envie de la retrouver partout, à la télévision et sur internet.

Le concept de représentation, ça vous parle?

Si je représente un membre de mon groupe comme quelqu'un d'ercevelée, ça donne quoi comme image aux membres? Et aux non membres? Et à celles/ceux qui n'ont pas encore de représentation de ce dit groupe?

Non seulement c'est de la connerie, mais en plus c'est dangereux.

Surtout que là, on parle de la route. Et niveau culture des stéréotypes genrés, on est déjà pas mal.

pub_1

Sixt

4039217_publicite-sexiste-bayonne_545x341

MIAM.

La route, ce moment sympa et égalitaire

 

Il se trouve que, dans la vie de tous les jours, je suis le superbe cas d'une blonde en twingo. Ma voiture, je l'aime d'amour, elle s'appelle Paulette et elle me sert à aller où je veux. Soyons d'accord sur une chose : Je me fous des marques, je me fous des modèles, je me fous de tout ce qui touche de près ou de loin à une bagnole car je n'y accorde aucune importance.

Mais j'ai bien compris que j'étais la cible du fabricant pour ce type de véhicule. Donc je ne suis pas sure que ça soit une bonne idée de me balancer à la tronche que je ne suis qu'une grosse dinde mal dégourdie.

Surtout que je me tape le sexisme au quotidien.

Et je vis le sexisme sur la route comme je vis le sexime en général : Si tu me traites comme une inférieure à cause du genre que tu me donnes, je vais venir chez toi et demander à tes gosses s'ils ne veulent pas venir dans les égouts voir sur les ballons flottent. Je vais ralentir si tu me fais des appels de phares parce que tu veux rouler plus vite. Je vais te faire des doigts si tu me klaxonnes. Je vais t'insulter en langue des signes dès que je pourrais. Et si je pouvais, je te cracherais dessus.

tumblr_lmwj1qHTig1qfkjmeo1_500

C'est cadeau. Bisous

 

Et je raconte même pas le stage de récupération de points (kikou griller un stop dans la campagne devant LA SEULE VOITURE DE GENDARMES QUI PASSE SAY CON) où je me suis retrouvée dans un groupe au 70% masculin et qui expliquaient que EUX savaient conduire et que s'il n'y n'avait pas plus de femmes dans les stages, c'est parce qu'on montrait notre teucha charmait les policiers quand ils nous arrêtaient.

Comme j'aime me faire des amis, tu sais ce que j'ai répondu, choupi? "Moi, ça me dérange pas que vous rouliez vite, je bosse pour le ministère du handicap. Alors quand vous irez vous exploser contre des poteaux, ça fera du boulot pour les collègues."#SuceMaBitePourLaSaintValentin

N'empêche que je l'ai bien retenu, que je ne suis pas légitime sur le goudron. Quand je fais une connerie ou que je loupe un creneau, je jure parce que je sais que ça sera retenu dans le cliché que les femmes ne savent pas conduire. Je me mords les lèvres et je jure (un peu)(beaucoup)(putain ta race de bordel de bite de ta putain de grand mère). Je me rajoute une pression supplémentaire parce que je n'ai pas envie qu'on emmerde une autre à cause de MES erreurs. Et j'ai la chance de savoir qu'il ne s'agit que de stéréotypes à la con.

Mais combien de femmes le pense vraiment? Qu'ellles conduisent moins bien, qu'elles font plus d'erreurs parce que c'est dans leurs gênes? Que c'est bien normal que ça soit l'homme qui conduise quand on va quelque part en couple?

Combien pour croire toutes ces bêtises?

Tu sais le pourcentage d'hommes dans le nombre des blessés liés aux accidents de la route? 62 %

Tu sais le pourcentage d'hommes dans le nombre des tués dans les accidents de la route? 75%

Et tu sais le pourcentage d'hommes dans condamnés pour homicides involontaires sur la route? 83%

(Source : La sécurité routière)(Et lis les rapports, aussi : Ici)(J'AI FAIS UN DUT DE DOCUMENTALISTE TU LIS MES SOURCES ET TU TE TAIS OKAY)

Pourtant, est ce qu'on stigmatise les hommes quand ils se placent derrière un volant?

Nope.

Est ce qu'ils se mangent des publicités qui renforcent le cliché qu'ils sont des incapables?

Nope.

Est ce qu'on les caricature comme des êtres con-cons, un peu simplet, à qui il ne faudrait pas donner le permis?

Nope.

Alors quoi? Pourquoi ça tombe encore sur nos faces? Pourquoi on se mange du sexisme de merde, encore? Surtout venant de la part d'une énorme marque qui est censée montrer l'exemple. Parce que j'estime que quand on fait 40 932 milliers d'euros de bénéfices en 2013 (source : ), on peut investir de l'argent pour embaucher des publicaires qui soient un peu plus malins que ça.

Écrire un mot d'excuse avec un rouge à lèvre sur une vieille serviette hygiénique.

Vraiment?

Vous vous respectez tellement pas.

Pour cette campagne de pub, être une femme,  c'est donc :

hypersexualisation (rouge à lèvre ROUGE VIF) + hormones (serviette hygiénique parce qu'on sait tous que les femmes et leurs règles, ohlala qu'elles sont chiantes) + étourderie (les femmes, ces êtres éternellement enfant qu'il faut protéger du monde et surtout d'elles mêmes).

De. La. Merde.

Par exemple, que faites vous des femmes trans? Encore invisibles, toujours invisibles.

Toute représentation est importante, et c'est moche.

Et rien que l'idée d'écrire sur une serviette hygiénique me file la gerbe en mode nuit du samedi durant les férias de Bayonne. Les serviettes hygiéniques, ça fait "flouch" quand tu les touches, c'est immonde. C'est aussi dégueulasse que toutes les scènes où les bébés aliens sortent de la cage thoraciques de leurs hotes en mode césarienne surprise.

 

tumblr_moelezklZR1rkghwoo1_400

ARE YOU MY MUMMY?

Et cette généralisation de notre prétendu incapacité à nous garer parce qu'on est maladroite étourdie TROP CONNE. Parce qu'on a une chatte à la place du cerveau, et qu'on est incapable de garer un véhicule inférieur ou égal à 3,5 tonnes, avec une remorque dont le PTAC est inférieur ou égal à 750 kg (Ouais j'ai suivi les 1250 heures de cours de code, REPONSE B J'ATTENDS AVANT DE DÉPASSER PARCE QU'IL Y A UNE LIGNE BLANCHE DE TES MORTS).

On va encore faire l'excuse de l'humour? Oups oups, on a rien dit, regarde, c'était pour de rire?

On est en 2014, l'excuse du rire ne prend plus. Tout le monde est trop vieux pour cette connerie, trouve autre chose Calimero.

N'utilisez pas le sexisme ordinaire pour vendre. La vie ordinaire en est déjà bien assez remplie.

Ne m'insulte pas en public si tu ne veux pas que je te crache dans la bouche.

Surtout quand tu veux me vendre un produit.

Parce que maintenant, étant totalement le coeur de la cible des clients potentiels, je vais bien faire attention aux prochaines campagnes de pubs. Et pourtant, j'adore ma voiture. Mais au prochain dérapage, moi et mon cul de connasse étourdie, on ira peut être mettre notre argent ailleurs.

Parce que j'ai des talons hauts, mais tu peux toujours te les fourrer là où le soleil ne brille jamais avant que je t'achète un produit pendant que ton équipe de pub me ridiculise.

Love.

Dame Fanny & Paulette

Posté par Dame Fanny à 00:34 - Commentaires [10] - Permalien [#]

08 avril 2014

De le "T'as pas maigri toi?"

Du blabla avant le sujet :

J'ai mon obsession pour Hannibal qui est reparti comme en 40 depuis le début de la saison 2.

Du coup, je mets des vestons, des chemises d'hommes, je lis des fanfictions où il y a beaucoup de sexe entre hommes, et je regrette que mon psy soit chauve sur le dessus (et qu'il n'ai pas d'accent)(en même temps, vu qu'il ne dit que "hum hum", je suis pas sure que ça serait la mega excitation sexuelle non plus avec l'accent lituanien).

 

  tumblr_n2le17QQTa1sfi081o1_1280

(On va pas perdre les bonnes habitudes hein)

(Kikou Civitas et la Manif Pour Tous qui trainent encore ici)

 

 

Sujet du jour

De le "T'as pas maigri toi?"

 

 

En ce moment, ma vie, c'est pas franchement la super joie dans ton coeur. Sur l'échelle du bonheur, je suis plutôt au fond de l'océan, avec les calamars géants et les créatures aveugles des fonds marins genre comme mamie avec la cataracte. C'est la vie baby, y'a pire, j'aurais pu aussi être mutée à la rentrée dans une région remplie de pruneaux et de champs.

Ah ouais, merde, ça aussi.

Ces derniers temps, j'ai eu deux extrêmement mauvais moment : Very Bad Moment 1 et Very Bad Moment 2

Quand j'ai eu VBM1, je me suis dis : "Utilisons ce très vilain moment pour en sortir au moins une chose positif, arrêtons de pleurer deux secondes, 'cause now you're stronger than yesterday now it's nothing but your way meuf"

Du coup, je me suis mise à refaire du sport pour perdre le poids que j'avais pris pendant mon master, et pouvoir refaire les muscles du dos qui me faisaient cruellement défaut et qui n'aidaient pas mes problèmes de disques endommagés (bonjour, j'ai 2000 ans et j'étais la maîtresse de ton arrière grand père).

Étant quelqu'un d'absolument raisonné et raisonnable, j'ai donc ajouté trois séances de piscines de 2,5km à chaque semaine alors que je n'avais pas fait de sport depuis la dernière guerre. Direct dans le couloir des nageurs rapides, parce que t'es pas ma mère et je fais ce que je veux (ok je suis un peu morte au début, option NFS chimie iono on intube ON LA PERD ON LA PERD DONNEZ MOI LES PLAQUETTES CARTER)(NOON MARK PARS PAS SOMEWHERE OVER THE RAINBOW).

J'ai repris du souffle, j'ai repris des muscles, j'ai perdu du poids, j'ai eu beaucoup moins mal au dos. J'ai pu remettre des talons, et ça c'était pas arrivé depuis genre le final de Lost.

Bref, I've got the magic in me, magic magic magic.

Et puis bon.

  not-pens-boat-lost

Not Penny's Baot quoi.

VBM2 est arrivé. La vie est une petite farceuse qui, quand tu commences à remonter la pente, aime t'en refoutre une couche encore plus grande. Sacrée petite vie, t'as toujours un truc dans ton chapeau.

Quand j'ai eu mon VBM2, je me suis dis : Rien.

Je me suis traînée partout en chialant, j'ai eu la chance incroyable d'avoir un entourage parfait qui a accepté de bon coeur d'avoir des appels à la cons à toutes heures du jour et de la nuit. Option larve de l'espace, sans volonté, sans envie, sans rien. Morve et yeux rouges. J'étais bonne.

J'ai arrêté de dormir. J'ai arrêté de manger. Je prenais mon café le matin, et parfois rien d'autre de la journée. Je continuais d'aller nager, d'aller courir. Le jeu du jour, c'était de voir à quel moment j'allais faire une hypoglycémie, à quel moment j'allais me casser la gueule. Les mains qui tremblent, la tête qui tourne, aucune force pour réfléchir. On était bien là, comme une connasse anémique même plus capable de fonctionner.

J'ai encore perdu du poids. J'ai pu remettre des fringues que je n'avais pas porté depuis des années. Cool, des économies. Cool, je me sens plus jolie, j'ai de nouveau un peu confiance en moi. Cool, je sors de mon trou de lamentations.

 

Où est le problème?

Ces kilos perdus ont été glorifiés. Mon cercle familiale m'a congratulé bien plus que lorsque j'ai réussi mes inspections.

T'es trop belle

T'es mieux comme ça

T'as retrouvé la ligne.

Ohlala ça te va vraiment bien d'avoir perdu du poids.

Ça m'a posé un problème, au final.

Du coup, ça voulait dire que j'étais plus jolie maigre et malheureuse, que grosse et heureuse. Peu importe que ces kilos aient été perdus parce que je jetais le contenu de mes assiettes à la poubelle parce que je chialais devant. Peu importe que je finisse par aller manger chez des gens, parce que je savais qu'en rentrant, je ne cuisinerai pas pour moi.

Si je suis plus mince, je suis plus belle. Si je suis plus belle, il arrêtera de me faire mal.

 

Et ça a marché?

Les compliments des autres sur quelque chose d'aussi variable que le poids, est ce que ça reconstruit à l'interieur?

T'as raison, Albert.

Que dalle. Si à l'interieur, c'est tout arraché et vide, c'est pas un peu moins de cellulite sur ton cul qui va arranger quoi que ce soit. Glorifier le poids perdu par quelqu'un qui souffre, je suis pas sure que ça l'aide beaucoup à remonter la pente. On perd pas forcement du poids pour des bonnes raisons.

Non.

Je reformule.

On perd rarement du poids pour de bonnes raisons.

Le poids, c'est de la merde.

"Les vraies femmes ont des courbes". Ta gueule.

"I hate when girls think that they have big boobs but are really just fat" Ta gueule.

De. La. Merde.

Mon premier nutritionniste, je l'ai vu à 10 ans. Même pas le temps de rentrer dans l'adolescence que j'avais déjà la peur des parents sur la gueule à cause des kilos que je ne devais pas avoir. Paye ton rapport sain à la nourriture. Paye ton rapport sain au corps.

De. La. Merde.

J'ai perdu du poids parce que c'était la seule chose sur laquelle j'avais une emprise. Je trouvais ça chouette de sentir mon ventre plus plat quand je passais la main dessus. Mais ça n'a jamais apaisé ne serait ce qu'un peu la putain d'angoisse qui me trouait le ventre et me rendait misérable. L'espèce de vide qui murmurait tout le temps "Tu ne vaux rien, tu es minable, même lui l'a vu, tu ne vaux rien, tu es minable, même lui l'a vu".

La société était plus contente de l'image que je renvoyais.

J'en suis forte aise.

Si c'est pour se taper le putain de désert de Gobi à l'interieur, je vous offre la jolie image que j'ai acquise, et je vous conseille d'aller bien gentiment vous faire cuire le cul. Et pour commencer à petite échelle, il serait peut être temps d'arrêter de surveiller le poids d'autrui. Foutre la paix aux gens et à leurs enveloppes corporelles, et plutôt se soucier de leurs paroles.

J'ai compris que je ne me mêlerai plus de ce qui ne me regarde pas. Qu'avant de féliciter le changement du poids, je vérifierais que la raison derrière soit voulue. Un petit geste pour devenir un être humain un peu moins con, ça ne peut pas me faire du mal.

Et tout ça, c'est aussi parce qu'une étudiante m'a arrêté un jour pendant que je traduisais, m'a regardé bien dans les yeux, et m'a juste dit : "Ça va? Tu as l'air triste". Pas mon poids, pas ma silhouette. Mes yeux qui devaient surement dire "ABATTEZ MOI PUTAIN" alors que j'étais en train de bosser.

 

tumblr_mo09ipRZxh1qmeg0yo1_500

LA CHIALADE DE MA VIE DE SA RACE A ARRAS.

Quand j'ai eu VBM2, et que j'ai réussi à arrêter de me casser la gueule deux minutes, j'ai décidé de prendre une autre bonne résolution :

Je ne suis pas allée voir un nutricien.

Je suis allée voir un psy. Depuis des années que je repoussais, il était temps que je pousse enfin la porte, give me everything tonight for all we know we might not get tomorrow baby quoi.

J'ai besoin de comprendre pourquoi ça s'est tellement effondré à l'interieur, pourquoi il n'y avait plus rien qui tenait droit. Je suis loin d'avoir fini, mais je suis déjà bien chamboulée. Le poids, c'est un symptome, le poids, c'est rarement le fond.

Et puis, entre les "hum hum", entendre une autre voix que la sienne, qui demande sans jugement :

"Ah bon, vous ne mangez plus?"

Ca fait un petit declic bien comme il faut. La première pierre. La toute première pour arrêter le desert.

 

 

(Billet sensible, venez pas gueuler à la censure si vous êtes nuls dans les commentaires. DIKTATUR SOCIALISSS)

Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.html
Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.html
Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.htm

Posté par Dame Fanny à 21:40 - Commentaires [37] - Permalien [#]

21 octobre 2013

Le cas de Guillaume Pley : Agresser des femmes dans la rue, c'est pas grave si c'est de l'humour

Sujet du jour :



Le cas de Guillaume Pley : Agresser des femmes dans la rue, c'est pas grave si c'est de l'humour

Ce qui est bien avec la France, c'est qu'elle ne déçoit jamais en matière de sexisme. Toujours un joli damoiseau pour la jouer raclure des grands chemins. J'apprécie le geste, j'apprécie l’effort.

Aujourd'hui, nous avons le droit à la bêtise de Guillaume Pley, qui, sous le prétexte facile de l'humour, a filmé une vidéo montrant comment embrasser (par la force/ la surprise) une fille dans la rue. Il se sert de quatre questions : Est ce que je peux te poser trois questions?/ Est ce que tu as un copain? / Comment tu me trouves? / C'est quoi ton excuse pour ne pas m'embrasser?

Puis embrasse les filles par surprise.

Ce qui constitue une agression («constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise»), comme l'explique très bien Marie Charlotte dans son article sur madmoizelle : ICI.

La défense de cette vidéo :

- "Les américains, les russes et les italiens ont essayé, donc on a tenté en France !"

Donc puisque les petits copains l'ont tenté ailleurs, prouvant ainsi que harcèlement de rue à encore de beaux jours devant lui, on a qu'à tenté ici. Les autres sautent du pont, je fais pareil. Chouette, chouette, chouette. Des femmes de trois pays servent donc de terrain de jeu pour "qui.a.la.plus.grosse.cestmoi.com". D'un coup, mon cœur se réchauffe et je chanterais bien l'internationale devant cet élan mondial de beaufitude. Frères et sœurs du monde entier, prenons nous tous la main. Alléluia, ô Lord.

 

- Le très célèbre "SAY POUR RIGOLER OKAY?!?"

blaireau4

Quoi ?On peut plus insulter les femmes politiques de "salope"? On peut plus les embrasser de force dans la rue?

Et la liberté d'expression alors! Si c'est drôle, j'ai le droit de l'ouvrir. Parce que l'humour me protège de toutes les attaques.

Bouclier / Pouce / Jsuis perché, tu peux pas m'attraper!

D'ailleurs, tu connais pas la dernière blague ? C'est l'histoire d'une femme/d'un noir / d'un juif / d'un sale pd qui....

Comment ça, l'humour de gros beauf, ça tape toujours sur les minorités?

Tu comprends rien, plus personne n'a d'humour merde!

Je sais pas, l'histoire des disparues de l’Yonne, c'était peut être juste une histoire de lol. RIP Emile, humoriste incompris de tous.

D'ailleurs, vu qu'on en parle d'humour, marrons nous avec une autre vidéo. Je préviens, le contenu est dérangeant, et je me suis senti très mal la première fois que je l'ai vu. Vous connaissez l'expression "sharking"? Un joli phénomène qui nous vient du Japon qui consiste à foutre à poil une personne dans la rue.

Hihihi lol.

Je ne sais pas si cette vidéo est un fake. Je l'espère. Mais le principe est le même : Je montre une vidéo sur internet où je déshabille des femmes dans la rue parce que C'EST DROLE. BOOBS. RIGOLO. J'ai la sensation amer que le message qui se cache derrière cette vidéo est aussi "Tu l'as un peu cherché, tu portes des vêtements faciles à enlever".

La vidéo est vilaine, je la mets en lien pour ceux qui veulent : ICI

Et pour se laver les yeux devant tant de conneries, un peu d'amour :

 

tumblr_muz5r7IAqs1rjspwvo1_500

COUCOU LES QUELQUES MANIF POUR TOUS QUI TRAINENT <3

- Critiquer ceux (CELLES) qui s'insurgent parce que c'est rien que des connasses/moches/bisque bisque rage

On reste dans le basique de chez basique, et on tape sur l'apparence physique/ la vie sexuelle comme si c'était l'ultime réponse.

blaireau3

Un jour, il faudra qu'on se pose deux minutes pour parler de cette histoire de critère de beauté indispensable pour avoir le droit à la parole. Parce que, sans vouloir faire du mal à personne, je n'ai pas l'impression d'avoir voté pour mes représentants en fonction de leur physique. Ils ne sont pas recrutés sur photos, ni dans le gouvernement, ni au niveau des deux assemblées. Et ça ne les empêche pas d'avoir le droit à la parole.

Et on n'oubliera pas de noter que ce critère ne s'applique qu'à la gente féminine. J'ai rarement vu un homme se faire rétorquer "Toute façon, parle pas t'es moche!" (sauf dans les collèges où je bosse)(moyenne d'âge : 13 ans, on est d'accord). Par contre, le nombre de "t'es moche" (si vous saviez), t'es mal baisée/pas baisée du tout" (si vous saviez bis) que j'ai pu lire contre moi et contre d'autres pour qu'on se taise dépasse l'entendement. Surtout venant de la part d'adulte.

Ah pardon, on me dit que c'est de l'humour!

Hihihi lol (bis)

- Attaquer les femmes victimes de la vidéo :

blaireau6

Oui, alors je profite d'avoir un troll pour illustrer plusieurs points. J'en avais un autre, mais c'est moins lisible. #TesMechanteDeCritiquer #TuFaisDesFautesToutLeTemps #TuDevraisPasEtreProf #ConnasseMalBaisée

blaireau8


Alors, mes amis, qu'est ce qu'on peut lire de mignon sur internet pour accuser les victimes ?

1 : La technique du "Moi, je me serais défendue". Technique classique quand on parle d'agression sexuelle. Si la personne n'a pas VIVEMENT exprimé son non-consentement (dans la tête de certains, ça peut aller jusqu'à y laisser sa vie), c'est qu'elle le voulait un peu quand même. Que c'était un peu salope qui aime la teub. Pute.

L'état de sidération? N'importe quoi, ça n'existe pas.

La méfiance/la peur des hommes ? Pfff, moi je suis sympa, je ne comprends pas de quoi vous avez peur les filles!

La peur de l'autre dans la rue, c'est se mettre à se poser un milliard de question quand un étranger vient nous draguer.

Est ce qu'il est dérangé?

Est ce qu'il a un problème avec les femmes ?

Est il violent?

Est ce qu'il va me suivre s'il pense qu'il a une chance avec moi? Jusqu'à où? Est ce que je dois descendre du transport en commun? Est ce que je dois courir pour m'en débarrasser?

Est ce qu'il peut me frapper si j'affirme un refus trop prononcé?

Est ce que je pourrais me défendre s'il me frappe?

Est ce que vous savez ce que c'est que de se sentir vulnérable? J'ai beau me sentir égale à un homme, je sais bien que je suis plus faible physiquement qu'un paquet d'entre eux. Que si on joue à qui va péter le nez de l'autre, je vais sûrement perdre. Surtout face à un inconnu, dans la rue, dont je ne connais rien.

2 : La technique de "Elles se sont laissées embrasser par un inconnu, c'est vraiment toutes des chiennes qui attendent que ça"


Technique imbattable : Attaquer la vertue d'une femme, c'est gagner à tous les coups.

Si tu te fais embrasser = Ouah la fille facile vu qu'il ne m'a fallu que quatre questions pour t'avoir!

Si tu refuses = Ouais va y, tu te la racontes en plus, t'es moche/mal baisée (et la boucle est bouclée).

 

Pour conclure cet article, outre le fait que cet animateur ne méritait pas qu'on lui fasse autant de pub, je voudrais juste parler de l'exemple qu'il donne. Pour travailler en collège, je peux vous assurer que sa vidéo trouvera des fans chez le public adolescent. Et que ce même public ira forcément essayer cette technique de drague/séduction/agression sur leurs camarades de sexe féminin.

Montrer qu'avec surprise et force, on peut embrasser n'importe quelle fille, c'est leur dire que le plus important dans un baiser, ce n'est pas le consentement de l'autre (exemple de la première fille qui explique qu'elle a un copain et que Guillaume ne prend absolument pas en compte et qui la force à l'embrasser quand même).

Diffuser cette vidéo, c'est dire que le plus important, c'est ton envie à toi. Que ton désir passe avant celui de l'autre. Que tu peux choisir n'importe quelle fille, et qu'elle sera à toi.

Et ce propos, en plus d'être con, en devient dangereux s'il n'est pas bien expliqué à un public trop jeune. Et c'est là dépasse le cadre de l'humour dans ce cas là.

Hihihi lol.

Blaireau.

Posté par Dame Fanny à 23:32 - Commentaires [28] - Permalien [#]