Café langues de putes

02 août 2014

Renault, et sa campagne belge très sexiste "Nous, les femmes"

Blabla avant le sujet qui fait "You need man I don't need you" :

Merci pour tous vos messages en avril dernier.

Vous êtes vraiment des amours, et je ne me suis pas remis à écrire aussi rapidement que je pensais.

Mais merci les pipous, vous avez beaucoup compté.

Pour vous remercier, un article sur The Red Hot ginger photo exhibit: Ici

 

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You're welcome.

 

Sujet du jour :

Renault, et sa campagne belge très sexiste "Nous, les femmes"

 

Pendant quatre mois de non-présence ici, alors que j'étais en train de crever / me transformer en queen alien et préparer mon règne sur le monde méditer sur ma condition humaine, j'ai vu passer un nombre incalculable de saloperies sexistes. Après de nombreux mois sans pousser de gueulante, je me suis interrogée sur l'idée de reprendre le blog. Gueuler, mais pourquoi faire? Et est ce que ça changera quelque chose, au fond? Est ce que ça vaut le coup de se manger des tonnes de trolls?

Et puis bon, comme je bosse (entre autres) avec des ados, je vois tous les jours les ravages du sexisme. Et ça m'a foutu assez en colère pour que je ré-ouvre ici. Tant pis pour les trolls, tant pis pour l'impression de crier dans le vide. J'aurais exprimé quelque part que je n'étais pas d'accord.

Par exemple, avec ce nouveau coup de Renault et sa campagne belge.

 

 

Ajouté à ça, la marque proposait des cartes qu'on pouvait télécharger sur son site parce HIHIHI LOL SAY DROLE :

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   hihihi

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 hihihi je suis si bête

(images piquées chez le nouvel obs : )

Bien sur, comme la marque a subi un très vilain bad buz, elle a immédiatement retiré sa campagne de pub. On a pu voir plusieurs articles expliquant que "la marque a dû les retirer et mettre fin à sa campagne de promotion, face à l'indignation de nombreux internautes" (source : Europe1 : ). Bref, que c'était la faute d'internet qui s'indignait si les publicités avaient été retirées. Pas parce qu'ell puait grave du fion, à la base.

Donc c'est bon, ça a été retiré, y'a pas besoin de s'enerver meuf, non? Y'a des côôôses plus importantes, non?

Non.

Quelque chose d'aussi important que la publicité ne peut se permettre de véhiculer des messages remplis à ce point de sexisme. Surtout quand la voix off affirme que "Nous les femmes, nous avons tendance à improviser quand nous ne trouvons pas de place de parking (…). C’est pourquoi la nouvelle Renault Twingo vous offre l’option 'Désolée de m’être garée là'". Et qu'on voit la jolie etourdie se servir de son rouge à lèvre pour écrire un mot sur....une putain de serviette hygiénique.

Bingo de tous les clichés à la con sur les femmes.

Pour commencer, on prend l'expression "Nous les femmes, nous". Et on vomit. Beaucoup.

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(j'ai voulu mettre un gif de vomi, j'ai tapé "puke" dans tumblr)(Ne le faites pas.)(Serieusement, le fais pas)(Viens pas te plaindre)

(T'as envie de vomir hein, maintenant?)(T'écoutes jamais rien putain)

 

C'est quelque chose qui me stresse beaucoup, que l'un de mes gestes ou l'une de mes actions devienne quelque chose pour enrichir le cliché de "Vous, les femmes". J'ai toujours peur que le moindre de mes défauts deviennent un argument de plus pour assurer le fait que quand même, les nanas, vous êtes un peu co-connes. Pas bien dégourdies, pas bien finaudes, pas bien capables de se débrouiller dans le wild world, I'll always remember you like a child, meuf.

Parce qu'on a déjà beaucoup d'injonctions de merde en tant qu'individu de genre féminin. Grossis pas trop du cul!  Possède des nichons de tailles convenables pour ne pas qu'on te prenne pour un mec!  Mets du rouge à lèvre mais pas trop rouge sinon t'es une pute! Maquille toi mais pas trop sinon t'es rien qu'un garage à bites!  Habille toi de façon féminine mais pas trop sinon t'es un aspirateur à pénis!

Oh, je suis vulgaire?

Vous entendez les hommes nous parler dans la rue? (NOT ALL MEN)(Non, juste ceux qui nous parlent en fait)

Non parce que je suis blonde platine et je porte des shorts dans la rue. Et moi, je les entends. Et moi, j'aimerais bien être douce, sage et prude. Mais je m'y mettrais le jour où je n'aurais pas l'impression de partir en croisade à chaque fois que je suis dans l'espace public et que je montre un morceau de ma peau. Et qu'on est vulgaire avec moi alors je n'ai rien demandé.

Reprenons.

Les injonctions de merde pour exister en tant qu'individu. Auxquels il faut rajouter les injonctions de merde parce qu'on te considère faisant parti d'un groupe minoritaire et que chacun de tes faits et gestes peut être généralisés pour l'ensemble.

Tu la sens, la grosse angoisse?

Je suis un individu, et chaque fois que je fais une faute, on va le reporter sur le groupe dont on estime que je suis la représentante. Je fais du tort aux femmes à chaque fois que je me comporte mal.

Quand je tombe et que je me couvre les genoux de bleus parce que je suis maladroite, on va dire que les femmes sont vraiment étourdie.

Quand je traîne sur tinder, on va dire que les femmes sont vraiment superficielles et recherchent uniquement le physique.

Quand je m'empêche de parler de mes problèmes de couples sinon on va dire que si je suis féministe, c'est parce que je suis mal baisée.

Quand je m'empêche de parler de ma vie sexuelle sinon ça va encore renforcer le cliché de ma couleur de cheveux.

 

Cette aliénation qu'on se porte au quotidien, je n'ai absolument aucune envie de la retrouver partout, à la télévision et sur internet.

Le concept de représentation, ça vous parle?

Si je représente un membre de mon groupe comme quelqu'un d'ercevelée, ça donne quoi comme image aux membres? Et aux non membres? Et à celles/ceux qui n'ont pas encore de représentation de ce dit groupe?

Non seulement c'est de la connerie, mais en plus c'est dangereux.

Surtout que là, on parle de la route. Et niveau culture des stéréotypes genrés, on est déjà pas mal.

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Sixt

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MIAM.

La route, ce moment sympa et égalitaire

 

Il se trouve que, dans la vie de tous les jours, je suis le superbe cas d'une blonde en twingo. Ma voiture, je l'aime d'amour, elle s'appelle Paulette et elle me sert à aller où je veux. Soyons d'accord sur une chose : Je me fous des marques, je me fous des modèles, je me fous de tout ce qui touche de près ou de loin à une bagnole car je n'y accorde aucune importance.

Mais j'ai bien compris que j'étais la cible du fabricant pour ce type de véhicule. Donc je ne suis pas sure que ça soit une bonne idée de me balancer à la tronche que je ne suis qu'une grosse dinde mal dégourdie.

Surtout que je me tape le sexisme au quotidien.

Et je vis le sexisme sur la route comme je vis le sexime en général : Si tu me traites comme une inférieure à cause du genre que tu me donnes, je vais venir chez toi et demander à tes gosses s'ils ne veulent pas venir dans les égouts voir sur les ballons flottent. Je vais ralentir si tu me fais des appels de phares parce que tu veux rouler plus vite. Je vais te faire des doigts si tu me klaxonnes. Je vais t'insulter en langue des signes dès que je pourrais. Et si je pouvais, je te cracherais dessus.

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C'est cadeau. Bisous

 

Et je raconte même pas le stage de récupération de points (kikou griller un stop dans la campagne devant LA SEULE VOITURE DE GENDARMES QUI PASSE SAY CON) où je me suis retrouvée dans un groupe au 70% masculin et qui expliquaient que EUX savaient conduire et que s'il n'y n'avait pas plus de femmes dans les stages, c'est parce qu'on montrait notre teucha charmait les policiers quand ils nous arrêtaient.

Comme j'aime me faire des amis, tu sais ce que j'ai répondu, choupi? "Moi, ça me dérange pas que vous rouliez vite, je bosse pour le ministère du handicap. Alors quand vous irez vous exploser contre des poteaux, ça fera du boulot pour les collègues."#SuceMaBitePourLaSaintValentin

N'empêche que je l'ai bien retenu, que je ne suis pas légitime sur le goudron. Quand je fais une connerie ou que je loupe un creneau, je jure parce que je sais que ça sera retenu dans le cliché que les femmes ne savent pas conduire. Je me mords les lèvres et je jure (un peu)(beaucoup)(putain ta race de bordel de bite de ta putain de grand mère). Je me rajoute une pression supplémentaire parce que je n'ai pas envie qu'on emmerde une autre à cause de MES erreurs. Et j'ai la chance de savoir qu'il ne s'agit que de stéréotypes à la con.

Mais combien de femmes le pense vraiment? Qu'ellles conduisent moins bien, qu'elles font plus d'erreurs parce que c'est dans leurs gênes? Que c'est bien normal que ça soit l'homme qui conduise quand on va quelque part en couple?

Combien pour croire toutes ces bêtises?

Tu sais le pourcentage d'hommes dans le nombre des blessés liés aux accidents de la route? 62 %

Tu sais le pourcentage d'hommes dans le nombre des tués dans les accidents de la route? 75%

Et tu sais le pourcentage d'hommes dans condamnés pour homicides involontaires sur la route? 83%

(Source : La sécurité routière)(Et lis les rapports, aussi : Ici)(J'AI FAIS UN DUT DE DOCUMENTALISTE TU LIS MES SOURCES ET TU TE TAIS OKAY)

Pourtant, est ce qu'on stigmatise les hommes quand ils se placent derrière un volant?

Nope.

Est ce qu'ils se mangent des publicités qui renforcent le cliché qu'ils sont des incapables?

Nope.

Est ce qu'on les caricature comme des êtres con-cons, un peu simplet, à qui il ne faudrait pas donner le permis?

Nope.

Alors quoi? Pourquoi ça tombe encore sur nos faces? Pourquoi on se mange du sexisme de merde, encore? Surtout venant de la part d'une énorme marque qui est censée montrer l'exemple. Parce que j'estime que quand on fait 40 932 milliers d'euros de bénéfices en 2013 (source : ), on peut investir de l'argent pour embaucher des publicaires qui soient un peu plus malins que ça.

Écrire un mot d'excuse avec un rouge à lèvre sur une vieille serviette hygiénique.

Vraiment?

Vous vous respectez tellement pas.

Pour cette campagne de pub, être une femme,  c'est donc :

hypersexualisation (rouge à lèvre ROUGE VIF) + hormones (serviette hygiénique parce qu'on sait tous que les femmes et leurs règles, ohlala qu'elles sont chiantes) + étourderie (les femmes, ces êtres éternellement enfant qu'il faut protéger du monde et surtout d'elles mêmes).

De. La. Merde.

Par exemple, que faites vous des femmes trans? Encore invisibles, toujours invisibles.

Toute représentation est importante, et c'est moche.

Et rien que l'idée d'écrire sur une serviette hygiénique me file la gerbe en mode nuit du samedi durant les férias de Bayonne. Les serviettes hygiéniques, ça fait "flouch" quand tu les touches, c'est immonde. C'est aussi dégueulasse que toutes les scènes où les bébés aliens sortent de la cage thoraciques de leurs hotes en mode césarienne surprise.

 

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ARE YOU MY MUMMY?

Et cette généralisation de notre prétendu incapacité à nous garer parce qu'on est maladroite étourdie TROP CONNE. Parce qu'on a une chatte à la place du cerveau, et qu'on est incapable de garer un véhicule inférieur ou égal à 3,5 tonnes, avec une remorque dont le PTAC est inférieur ou égal à 750 kg (Ouais j'ai suivi les 1250 heures de cours de code, REPONSE B J'ATTENDS AVANT DE DÉPASSER PARCE QU'IL Y A UNE LIGNE BLANCHE DE TES MORTS).

On va encore faire l'excuse de l'humour? Oups oups, on a rien dit, regarde, c'était pour de rire?

On est en 2014, l'excuse du rire ne prend plus. Tout le monde est trop vieux pour cette connerie, trouve autre chose Calimero.

N'utilisez pas le sexisme ordinaire pour vendre. La vie ordinaire en est déjà bien assez remplie.

Ne m'insulte pas en public si tu ne veux pas que je te crache dans la bouche.

Surtout quand tu veux me vendre un produit.

Parce que maintenant, étant totalement le coeur de la cible des clients potentiels, je vais bien faire attention aux prochaines campagnes de pubs. Et pourtant, j'adore ma voiture. Mais au prochain dérapage, moi et mon cul de connasse étourdie, on ira peut être mettre notre argent ailleurs.

Parce que j'ai des talons hauts, mais tu peux toujours te les fourrer là où le soleil ne brille jamais avant que je t'achète un produit pendant que ton équipe de pub me ridiculise.

Love.

Dame Fanny & Paulette

Posté par Dame Fanny à 00:34 - Commentaires [10] - Permalien [#]


08 avril 2014

De le "T'as pas maigri toi?"

Du blabla avant le sujet :

J'ai mon obsession pour Hannibal qui est reparti comme en 40 depuis le début de la saison 2.

Du coup, je mets des vestons, des chemises d'hommes, je lis des fanfictions où il y a beaucoup de sexe entre hommes, et je regrette que mon psy soit chauve sur le dessus (et qu'il n'ai pas d'accent)(en même temps, vu qu'il ne dit que "hum hum", je suis pas sure que ça serait la mega excitation sexuelle non plus avec l'accent lituanien).

 

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(On va pas perdre les bonnes habitudes hein)

(Kikou Civitas et la Manif Pour Tous qui trainent encore ici)

 

 

Sujet du jour

De le "T'as pas maigri toi?"

 

 

En ce moment, ma vie, c'est pas franchement la super joie dans ton coeur. Sur l'échelle du bonheur, je suis plutôt au fond de l'océan, avec les calamars géants et les créatures aveugles des fonds marins genre comme mamie avec la cataracte. C'est la vie baby, y'a pire, j'aurais pu aussi être mutée à la rentrée dans une région remplie de pruneaux et de champs.

Ah ouais, merde, ça aussi.

Ces derniers temps, j'ai eu deux extrêmement mauvais moment : Very Bad Moment 1 et Very Bad Moment 2

Quand j'ai eu VBM1, je me suis dis : "Utilisons ce très vilain moment pour en sortir au moins une chose positif, arrêtons de pleurer deux secondes, 'cause now you're stronger than yesterday now it's nothing but your way meuf"

Du coup, je me suis mise à refaire du sport pour perdre le poids que j'avais pris pendant mon master, et pouvoir refaire les muscles du dos qui me faisaient cruellement défaut et qui n'aidaient pas mes problèmes de disques endommagés (bonjour, j'ai 2000 ans et j'étais la maîtresse de ton arrière grand père).

Étant quelqu'un d'absolument raisonné et raisonnable, j'ai donc ajouté trois séances de piscines de 2,5km à chaque semaine alors que je n'avais pas fait de sport depuis la dernière guerre. Direct dans le couloir des nageurs rapides, parce que t'es pas ma mère et je fais ce que je veux (ok je suis un peu morte au début, option NFS chimie iono on intube ON LA PERD ON LA PERD DONNEZ MOI LES PLAQUETTES CARTER)(NOON MARK PARS PAS SOMEWHERE OVER THE RAINBOW).

J'ai repris du souffle, j'ai repris des muscles, j'ai perdu du poids, j'ai eu beaucoup moins mal au dos. J'ai pu remettre des talons, et ça c'était pas arrivé depuis genre le final de Lost.

Bref, I've got the magic in me, magic magic magic.

Et puis bon.

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Not Penny's Baot quoi.

VBM2 est arrivé. La vie est une petite farceuse qui, quand tu commences à remonter la pente, aime t'en refoutre une couche encore plus grande. Sacrée petite vie, t'as toujours un truc dans ton chapeau.

Quand j'ai eu mon VBM2, je me suis dis : Rien.

Je me suis traînée partout en chialant, j'ai eu la chance incroyable d'avoir un entourage parfait qui a accepté de bon coeur d'avoir des appels à la cons à toutes heures du jour et de la nuit. Option larve de l'espace, sans volonté, sans envie, sans rien. Morve et yeux rouges. J'étais bonne.

J'ai arrêté de dormir. J'ai arrêté de manger. Je prenais mon café le matin, et parfois rien d'autre de la journée. Je continuais d'aller nager, d'aller courir. Le jeu du jour, c'était de voir à quel moment j'allais faire une hypoglycémie, à quel moment j'allais me casser la gueule. Les mains qui tremblent, la tête qui tourne, aucune force pour réfléchir. On était bien là, comme une connasse anémique même plus capable de fonctionner.

J'ai encore perdu du poids. J'ai pu remettre des fringues que je n'avais pas porté depuis des années. Cool, des économies. Cool, je me sens plus jolie, j'ai de nouveau un peu confiance en moi. Cool, je sors de mon trou de lamentations.

 

Où est le problème?

Ces kilos perdus ont été glorifiés. Mon cercle familiale m'a congratulé bien plus que lorsque j'ai réussi mes inspections.

T'es trop belle

T'es mieux comme ça

T'as retrouvé la ligne.

Ohlala ça te va vraiment bien d'avoir perdu du poids.

Ça m'a posé un problème, au final.

Du coup, ça voulait dire que j'étais plus jolie maigre et malheureuse, que grosse et heureuse. Peu importe que ces kilos aient été perdus parce que je jetais le contenu de mes assiettes à la poubelle parce que je chialais devant. Peu importe que je finisse par aller manger chez des gens, parce que je savais qu'en rentrant, je ne cuisinerai pas pour moi.

Si je suis plus mince, je suis plus belle. Si je suis plus belle, il arrêtera de me faire mal.

 

Et ça a marché?

Les compliments des autres sur quelque chose d'aussi variable que le poids, est ce que ça reconstruit à l'interieur?

T'as raison, Albert.

Que dalle. Si à l'interieur, c'est tout arraché et vide, c'est pas un peu moins de cellulite sur ton cul qui va arranger quoi que ce soit. Glorifier le poids perdu par quelqu'un qui souffre, je suis pas sure que ça l'aide beaucoup à remonter la pente. On perd pas forcement du poids pour des bonnes raisons.

Non.

Je reformule.

On perd rarement du poids pour de bonnes raisons.

Le poids, c'est de la merde.

"Les vraies femmes ont des courbes". Ta gueule.

"I hate when girls think that they have big boobs but are really just fat" Ta gueule.

De. La. Merde.

Mon premier nutritionniste, je l'ai vu à 10 ans. Même pas le temps de rentrer dans l'adolescence que j'avais déjà la peur des parents sur la gueule à cause des kilos que je ne devais pas avoir. Paye ton rapport sain à la nourriture. Paye ton rapport sain au corps.

De. La. Merde.

J'ai perdu du poids parce que c'était la seule chose sur laquelle j'avais une emprise. Je trouvais ça chouette de sentir mon ventre plus plat quand je passais la main dessus. Mais ça n'a jamais apaisé ne serait ce qu'un peu la putain d'angoisse qui me trouait le ventre et me rendait misérable. L'espèce de vide qui murmurait tout le temps "Tu ne vaux rien, tu es minable, même lui l'a vu, tu ne vaux rien, tu es minable, même lui l'a vu".

La société était plus contente de l'image que je renvoyais.

J'en suis forte aise.

Si c'est pour se taper le putain de désert de Gobi à l'interieur, je vous offre la jolie image que j'ai acquise, et je vous conseille d'aller bien gentiment vous faire cuire le cul. Et pour commencer à petite échelle, il serait peut être temps d'arrêter de surveiller le poids d'autrui. Foutre la paix aux gens et à leurs enveloppes corporelles, et plutôt se soucier de leurs paroles.

J'ai compris que je ne me mêlerai plus de ce qui ne me regarde pas. Qu'avant de féliciter le changement du poids, je vérifierais que la raison derrière soit voulue. Un petit geste pour devenir un être humain un peu moins con, ça ne peut pas me faire du mal.

Et tout ça, c'est aussi parce qu'une étudiante m'a arrêté un jour pendant que je traduisais, m'a regardé bien dans les yeux, et m'a juste dit : "Ça va? Tu as l'air triste". Pas mon poids, pas ma silhouette. Mes yeux qui devaient surement dire "ABATTEZ MOI PUTAIN" alors que j'étais en train de bosser.

 

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LA CHIALADE DE MA VIE DE SA RACE A ARRAS.

Quand j'ai eu VBM2, et que j'ai réussi à arrêter de me casser la gueule deux minutes, j'ai décidé de prendre une autre bonne résolution :

Je ne suis pas allée voir un nutricien.

Je suis allée voir un psy. Depuis des années que je repoussais, il était temps que je pousse enfin la porte, give me everything tonight for all we know we might not get tomorrow baby quoi.

J'ai besoin de comprendre pourquoi ça s'est tellement effondré à l'interieur, pourquoi il n'y avait plus rien qui tenait droit. Je suis loin d'avoir fini, mais je suis déjà bien chamboulée. Le poids, c'est un symptome, le poids, c'est rarement le fond.

Et puis, entre les "hum hum", entendre une autre voix que la sienne, qui demande sans jugement :

"Ah bon, vous ne mangez plus?"

Ca fait un petit declic bien comme il faut. La première pierre. La toute première pour arrêter le desert.

 

 

(Billet sensible, venez pas gueuler à la censure si vous êtes nuls dans les commentaires. DIKTATUR SOCIALISSS)

Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.html
Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.html
Give me everything tonight
For all we know we might not get tomorrow

Paroles trouvées ici : http://www.parolesdeclip.fr/give-me-everything-tonight-pitbull-et-ne-yo-et-afrojack-et-nayer.htm

Posté par Dame Fanny à 21:40 - Commentaires [33] - Permalien [#]

21 octobre 2013

Le cas de Guillaume Pley : Agresser des femmes dans la rue, c'est pas grave si c'est de l'humour

Sujet du jour :



Le cas de Guillaume Pley : Agresser des femmes dans la rue, c'est pas grave si c'est de l'humour

Ce qui est bien avec la France, c'est qu'elle ne déçoit jamais en matière de sexisme. Toujours un joli damoiseau pour la jouer raclure des grands chemins. J'apprécie le geste, j'apprécie l’effort.

Aujourd'hui, nous avons le droit à la bêtise de Guillaume Pley, qui, sous le prétexte facile de l'humour, a filmé une vidéo montrant comment embrasser (par la force/ la surprise) une fille dans la rue. Il se sert de quatre questions : Est ce que je peux te poser trois questions?/ Est ce que tu as un copain? / Comment tu me trouves? / C'est quoi ton excuse pour ne pas m'embrasser?

Puis embrasse les filles par surprise.

Ce qui constitue une agression («constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise»), comme l'explique très bien Marie Charlotte dans son article sur madmoizelle : ICI.

La défense de cette vidéo :

- "Les américains, les russes et les italiens ont essayé, donc on a tenté en France !"

Donc puisque les petits copains l'ont tenté ailleurs, prouvant ainsi que harcèlement de rue à encore de beaux jours devant lui, on a qu'à tenté ici. Les autres sautent du pont, je fais pareil. Chouette, chouette, chouette. Des femmes de trois pays servent donc de terrain de jeu pour "qui.a.la.plus.grosse.cestmoi.com". D'un coup, mon cœur se réchauffe et je chanterais bien l'internationale devant cet élan mondial de beaufitude. Frères et sœurs du monde entier, prenons nous tous la main. Alléluia, ô Lord.

 

- Le très célèbre "SAY POUR RIGOLER OKAY?!?"

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Quoi ?On peut plus insulter les femmes politiques de "salope"? On peut plus les embrasser de force dans la rue?

Et la liberté d'expression alors! Si c'est drôle, j'ai le droit de l'ouvrir. Parce que l'humour me protège de toutes les attaques.

Bouclier / Pouce / Jsuis perché, tu peux pas m'attraper!

D'ailleurs, tu connais pas la dernière blague ? C'est l'histoire d'une femme/d'un noir / d'un juif / d'un sale pd qui....

Comment ça, l'humour de gros beauf, ça tape toujours sur les minorités?

Tu comprends rien, plus personne n'a d'humour merde!

Je sais pas, l'histoire des disparues de l’Yonne, c'était peut être juste une histoire de lol. RIP Emile, humoriste incompris de tous.

D'ailleurs, vu qu'on en parle d'humour, marrons nous avec une autre vidéo. Je préviens, le contenu est dérangeant, et je me suis senti très mal la première fois que je l'ai vu. Vous connaissez l'expression "sharking"? Un joli phénomène qui nous vient du Japon qui consiste à foutre à poil une personne dans la rue.

Hihihi lol.

Je ne sais pas si cette vidéo est un fake. Je l'espère. Mais le principe est le même : Je montre une vidéo sur internet où je déshabille des femmes dans la rue parce que C'EST DROLE. BOOBS. RIGOLO. J'ai la sensation amer que le message qui se cache derrière cette vidéo est aussi "Tu l'as un peu cherché, tu portes des vêtements faciles à enlever".

La vidéo est vilaine, je la mets en lien pour ceux qui veulent : ICI

Et pour se laver les yeux devant tant de conneries, un peu d'amour :

 

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COUCOU LES QUELQUES MANIF POUR TOUS QUI TRAINENT <3

- Critiquer ceux (CELLES) qui s'insurgent parce que c'est rien que des connasses/moches/bisque bisque rage

On reste dans le basique de chez basique, et on tape sur l'apparence physique/ la vie sexuelle comme si c'était l'ultime réponse.

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Un jour, il faudra qu'on se pose deux minutes pour parler de cette histoire de critère de beauté indispensable pour avoir le droit à la parole. Parce que, sans vouloir faire du mal à personne, je n'ai pas l'impression d'avoir voté pour mes représentants en fonction de leur physique. Ils ne sont pas recrutés sur photos, ni dans le gouvernement, ni au niveau des deux assemblées. Et ça ne les empêche pas d'avoir le droit à la parole.

Et on n'oubliera pas de noter que ce critère ne s'applique qu'à la gente féminine. J'ai rarement vu un homme se faire rétorquer "Toute façon, parle pas t'es moche!" (sauf dans les collèges où je bosse)(moyenne d'âge : 13 ans, on est d'accord). Par contre, le nombre de "t'es moche" (si vous saviez), t'es mal baisée/pas baisée du tout" (si vous saviez bis) que j'ai pu lire contre moi et contre d'autres pour qu'on se taise dépasse l'entendement. Surtout venant de la part d'adulte.

Ah pardon, on me dit que c'est de l'humour!

Hihihi lol (bis)

- Attaquer les femmes victimes de la vidéo :

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Oui, alors je profite d'avoir un troll pour illustrer plusieurs points. J'en avais un autre, mais c'est moins lisible. #TesMechanteDeCritiquer #TuFaisDesFautesToutLeTemps #TuDevraisPasEtreProf #ConnasseMalBaisée

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Alors, mes amis, qu'est ce qu'on peut lire de mignon sur internet pour accuser les victimes ?

1 : La technique du "Moi, je me serais défendue". Technique classique quand on parle d'agression sexuelle. Si la personne n'a pas VIVEMENT exprimé son non-consentement (dans la tête de certains, ça peut aller jusqu'à y laisser sa vie), c'est qu'elle le voulait un peu quand même. Que c'était un peu salope qui aime la teub. Pute.

L'état de sidération? N'importe quoi, ça n'existe pas.

La méfiance/la peur des hommes ? Pfff, moi je suis sympa, je ne comprends pas de quoi vous avez peur les filles!

La peur de l'autre dans la rue, c'est se mettre à se poser un milliard de question quand un étranger vient nous draguer.

Est ce qu'il est dérangé?

Est ce qu'il a un problème avec les femmes ?

Est il violent?

Est ce qu'il va me suivre s'il pense qu'il a une chance avec moi? Jusqu'à où? Est ce que je dois descendre du transport en commun? Est ce que je dois courir pour m'en débarrasser?

Est ce qu'il peut me frapper si j'affirme un refus trop prononcé?

Est ce que je pourrais me défendre s'il me frappe?

Est ce que vous savez ce que c'est que de se sentir vulnérable? J'ai beau me sentir égale à un homme, je sais bien que je suis plus faible physiquement qu'un paquet d'entre eux. Que si on joue à qui va péter le nez de l'autre, je vais sûrement perdre. Surtout face à un inconnu, dans la rue, dont je ne connais rien.

2 : La technique de "Elles se sont laissées embrasser par un inconnu, c'est vraiment toutes des chiennes qui attendent que ça"


Technique imbattable : Attaquer la vertue d'une femme, c'est gagner à tous les coups.

Si tu te fais embrasser = Ouah la fille facile vu qu'il ne m'a fallu que quatre questions pour t'avoir!

Si tu refuses = Ouais va y, tu te la racontes en plus, t'es moche/mal baisée (et la boucle est bouclée).

 

Pour conclure cet article, outre le fait que cet animateur ne méritait pas qu'on lui fasse autant de pub, je voudrais juste parler de l'exemple qu'il donne. Pour travailler en collège, je peux vous assurer que sa vidéo trouvera des fans chez le public adolescent. Et que ce même public ira forcément essayer cette technique de drague/séduction/agression sur leurs camarades de sexe féminin.

Montrer qu'avec surprise et force, on peut embrasser n'importe quelle fille, c'est leur dire que le plus important dans un baiser, ce n'est pas le consentement de l'autre (exemple de la première fille qui explique qu'elle a un copain et que Guillaume ne prend absolument pas en compte et qui la force à l'embrasser quand même).

Diffuser cette vidéo, c'est dire que le plus important, c'est ton envie à toi. Que ton désir passe avant celui de l'autre. Que tu peux choisir n'importe quelle fille, et qu'elle sera à toi.

Et ce propos, en plus d'être con, en devient dangereux s'il n'est pas bien expliqué à un public trop jeune. Et c'est là dépasse le cadre de l'humour dans ce cas là.

Hihihi lol.

Blaireau.

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17 octobre 2013

L'insulte aux femmes politiques : Toutes les mêmes, toutes les mêmes, toutes les mêmes et y'en a marre

Du blabla avant le sujet

Presque 3 mois sans post, je pense que je suis en train de battre un record. Outre le fait que la rentrée scolaire ai été sacrement chaotique, je crois que le silence sur le blog est aussi du à l'exaspération que j'ai pour les commentaires. La violence gratuite et moralisante que je me tape à chaque note.

Du coup j'hésite. J'ai deux solutions que j'envisage sérieusement : La fermeture pure et simple des commentaires ou la migration sur une autre plate-forme, où il faudrait s'inscrire pour laisser un commentaire. Parce que ce qui me fatigue le plus la dedans, c'est bien le côté branleur anonyme, en mode "je me touche en donnant des leçons mais je ne veux surtout pas qu'on sache qui je suis".

Parce que si je veux de la rébellion adolescente, je vais directement au boulot, et je parle à mes collégiens, sweat à capuches et postures de larves incluses.

Pas à des adultes avec des masques sur internet.



Sujet du jour :

L'insulte aux femmes politiques :

Toutes les mêmes, toutes les mêmes, toutes les mêmes et y'en a marre



En ces temps de crise, s'il y a bien quelque chose sur lequel on ne fait pas de baisse, c'est bien la misogynie. Sous couvert d'humour, on s'en donne à cœur joie. On tape sur tout ce qui dépasse de la norme. On se la joue politiquement incorrect. On fait du grossier, du vulgaire, du bien graveleux. On insulte les femmes politique. Et on se marre bien oulala.

Hihihi c'est drôle. hihihi c'est pour RIGOLAY merde. T'as pas d'humour.

 

 

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My god, I'm so funny.

Guy Bedos traite Nadine Marano de connasse et de salope durant l'un de ses spectacles.
Et Jean Bourdeau, attaché parlementaire du sénateur Jean Pierre Michel en profite pour faire de même envers Marion Maréchal Le Pen.

blaireau2

Bref, c'est la grosse poillade. J'ai un peu l'impression d'être aux fêtes de la Saint Jean, entourée de bariques et de rugbymen à poil sur les voitures. C'est chouette, ça fait saveur local. Manque plus qu'une ou deux mains au cul, et j'ai pas l'impression d'avoir quitté le sud ouest.

Chouette.

Alors c'est quoi le problème?

Le problème, c'est qu'on n'attaque pas l'élue politique. On n'attaque pas le parti politique de ces deux femmes (et il y aurait pourtant à dire), ni leur rang d'élue. On n'attaque même pas leurs prises de position sur des sujets actuels.

L'attaque passe par une formule réductive que l'on connaît bien :


Etre humain => Etre feminin => Vagin

Vagin = Pas beau

On a encore rien trouvé de mieux pour crédibiliser quelqu'un. Genre "hey bichette, t'as pas de couilles toi!"

Fin de l'argumentaire.

Pas besoin d'en dire plus. Moi, du haut de mon statut de non-détenteur-de-vagin, je te signale que tu en as un.

Trop cassé la meuf. Comment jt'ai ken (orthographe non vérifiable), comment tu peux plus rien répondre, va y me parle même pas. Grosse bouffone, t'es trop cheum. Trop le seum quoi.

Niveau de l'argumentation : 5ème. Je le vois presque tous les jours avant mes cours.

Je suis contente de savoir que la parole est détenu par ces individus là. Je suis contente de voir que le sexisme à de si beaux jours devant lui. Qu'on continue de caqueter quand une députée prends la parole à l'Assemblée Nationale. Qu'on continue à me faire savoir que je suis le 2 et pas le 1 sur la carte vitale. Je passe en deuxième, je suis le pictogramme sur lequel on rajoute une jupe pour montrer ma différence avec le pictogramme "humain normal". Moi je suis "humain à jupe", je ne suis pas la norme.

Et la norme me le fait bien sentir.

pictograms-nps-restrooms

C'est pour ça que je suis souvent énervée, et que j'accueille très mal la drague dans les espaces publiques. Parce que j'aimerais qu'on arrête de me faire cette jolie réduction "Etre humain => Etre feminin => vagin (avec possibilité d'accession par mon pénis)". Je ne veux pas qu'on fasse sans cesse référence à mon sexe, en esperant me diminuer ou me flatter. Il est ce qu'il est, au même titre qu'une jolie paire de testicules. Et s'il n'y avait pas cette construction sociale du genre, il aurait autant d’intérêt aux yeux des autres que mon gros orteil (au demeurant très joli) ou ma chaîne des osselets (marteau, enclume, étrier CA VA J'AI EU MON PARTIEL).


Et comme je n'ai pas fini avec l'infiniment bas, je voulais montrer cet exemple d'humour, vu hier sur twitter. Attention, c'est vraiment moche.

blaireau

Voilà où ça mène, le sexisme. Rappeler à l'autre qu'il a un vagin, et que cela le rend moins digne de valeur. Que nous, en tant que non détenteur, on a le droit de balancer à la face du monde que c'est une honte d'avoir été violé.

L'humour de merde, c'est croire qu'on est politiquement incorrect quand on blâme la victime d'un viol, et non le violeur. Alors que c'est la norme, la règle ultime en matière d’humour. Je ne connais pas de blagues où l'on se moque du coupable. C'est bien plus facile de cracher sur la victime. Je peux te salir ad vitam eternam. Et c'est bien fait pour toi.

Connasse.

Salope.

Tu prends de la place dans l'espace public.

Tu prends MA place. Alors je vais te ramener à ton sexe, et à ta condition de numéro 2.

C'est de l'humour, hein!

Vraiment?

Messieurs les hommes politique, les humoristes connus et moins connus, il serait peut être temps de réfléchir aux sens de vos parole. A la signification du langage que vous utilisez. A votre idée de "l'humour noir" et autre expression qui justifient le fait de l'ouvrir pour dire des conneries.

Rabaisser les femmes n'est pas drôle. Rabaisser les femmes montrent juste que la parité vous agace, et qu'on est encore bien loin de l'égalité. Rabaisser les femmes, par des insultes ou des bons mots, ne fait pas de vous quelqu'un de provocant.

Ca fait juste de vous un connard.

Et c'est profondément navrant.

Posté par Dame Fanny à 10:48 - Commentaires [25] - Permalien [#]

29 juillet 2013

De le "Et toi, tu nous en fais un quand?"

Du blabla avant le sujet qui fait "you are my sunshine, my only sunshine, you make me happy when skies are grey"

Je vous trouve mignon, à continuer à débattre depuis deux mois sur le dernier post. Surtout pour essayer de me convaincre que vous avez raison et que je dois le reconnaitre.

Mes choux d'amour que j'aime par delà l'univers, je me permets de dire à nouveau quelque chose :

Ici, c'est chez moi.

Chez moi, je n'ai jamais tort.

Après, libre à vous de vous exprimer. Mais vous me faites penser à tous ceux qui tentent de me faire manger de la viande, avec leurs pretextes plus ou moins cons. Et je les écoute toujours, sagement, du "c'est pas sain de pas manger de protéines animales" au "Tu nies la mort!".

Et vous savez quoi?

A la fin de la journée, je finis toujours par manger mes légumes et non de la viande.

Et pendant que vous passiez votre temps à essayer d'argumenter qu'il fallait comparer la tenue vestimentaire correct des femmes à l'installation d'une porte blindé chez soi (très profond soupir), moi j'en profitais pour passer mes partiels et me faire tatouer par les deux tatoueuses les plus douées de France.

Mais je vous en prie, continuez, chacun gère son temps libre comme il veut.

 

Sujet du jour :

De le "Et toi, tu nous en fais un quand?"

 


Je suis la cadette de ma famille. J'ai deux soeurs ainées. La chose intéressante à ça, ce que cela permet de voir ce qui va t'arriver à l'avance dans la gueule. Plus ou moins.

Je me souviens que les gens ont vraiment cassés les ovaires à ma deuxième sœur à partir de ses 25 ans. A propos d'avoir des enfants. Parce qu'elle était en couple depuis un moment, et parce que les gens adorent se mêler de ce qui ne les regarde pas. Et ce pendant des années. Jusqu'à ce qu'elle finisse par en avoir un. Et qu'elle se prenne cette réflexion :

"J'aurais pensé que tu te serais mariée avant de tomber enceinte".

J'admire le courage de ma sœur, je pense qu'à sa place, je me serais balancée du haut du pont d'Aquitaine en ayant pris soin de buter toute ma famille avant en mode Seven "WHAT'S IN THE BOX? WHAAAAT'S IN THE BOOOOOX??".

De loin, j'ai trouvé ça très lourd.

Pendant que mes sœurs passaient (ou non) entre les mailles du filet des réflexions, je vivais ma vie. J'ai la chance d'avoir 12 ans d'écart avec la première, et 6 ans avec la deuxième. Ce qui laisse beaucoup de temps pour s’épanouir tranquillement pendant que les autres se font massacrer par les questions envahissantes. Et par le poids de la famille, sur ce qu'il faut faire ou non pour être une fille/femme respectable.

Et puis j'ai eu 25 ans.

Et puis, pire, j'ai eu 26 ans.

Cet âge qui ne signifie absolument rien, qui n'est même pas aussi drôle a fêter que les 25 ans. Mais qui pour beaucoup signifie le début du décompte avant les 30 ans. Et je crois que cet âge fait clairement disjoncter les plombs à beaucoup de personnes.

Et permet ainsi de casser les couilles à son prochain sous prétexte qu'on n'assume pas qu'on est en train de vieillir.

Et donc qu'on va mourir.

Nice.

supernatural-302-2

OMG c'est trop affreux, je suis aussi périssable qu'une vieille boite de surimi


Moi qui pensais être un peu à l’abri de toutes les conneries de normes qu'on refile sur le coin de la tronche de chaque fille qui devient pubère. Avec mes cheveux rouges/rose/violet/rasé. Les tatouages. Les plugs. Le féminisme. L'idée que j'envoie se faire foutre systématiquement tous ceux qui me parlent du rôle que je devrais avoir en tant que femme. Je pensais que ca donnerait un indice.

Loupé.

Meuf, t'as passé 25 ans. Meuf, t'as ton horloge biologique qui fait tic tac toc (on the clock)(but the partie don't stop).

Le problème, ce n'est pas l'horloge biologique et la viabilité des ovules. Le problème, c'est le nombre de gens qui se permettent de t'en parler.

De tes ovaires. De tes ovules. Qui rencontreront un joli petit spermatozoïde pour créer un tout petit embryon, qui deviendra un fœtus, qui deviendra un tout petit bébé.

Vomir.

A 26 ans, j'ai déjà tout eu, je me demande (avec joie et bonheur) ce que l'avenir peut encore me réserver. 

"Et toi, tu t'y mets quand?"

"Tu nous en fais un quand?" (affreux-affreux-affreux)

"Ça serait bien si tu faisais un bébé avant tes 30 ans mais tu fais ce que tu veux, je dis juste ça parce qu'après c'est plus dur"

"Oh ça fait X années que vous êtes ensemble? Vous n'avez pas envie de fonder une famille?"

Ce genre de phrases n'étant balancé qu'au sexe féminin évidemment. Aux dernières nouvelles, mon conjoint ne s'est jamais autant fait emmerder que moi. Alors que pourtant, il fait parti des 50% de mon couple, il mériterait d'avoir droit à son lot de merde aussi. Mais non, tout ça, c'est juste pour moi. Et après, on va parler de l'horloge biologique qui rend les femmes complétement folle.

Connerie.

Le problème, ce n'est pas l'horloge biologique. Le problème, c'est le nombre de personne qui veulent des nouvelles de ton utérus. J'avais écris un article qui en parlait il y a deux ans. Je ne pensais pas qu'entre temps, ça serait pire.

Pauvre de moi.

Je n'ai rien contre les enfants. En temps normal, je les aime bien vu que la plupart du temps, je leur fais cours. Je suis folle de joie quand j'entends les gens me parler de grossesses. Je deviens hystérique quand les grossesses concernent les gens proches de moi. Il y a tellement de mauvaises nouvelles dans la vie qu'apprendre une naissance à venir me rend complétement niaise. Surtout quand j'apprends que l'enfant à naitre ne souffre d'aucune pathologie. Vous ne vous en doutez pas, mais quand votre enfant n'a pas de problème, c'est une putain de chance qui mériterait d'être célébrer beaucoup plus que cela.

Par contre, quand on vient foutre son nez entre mes jambes, option "coucou je te fais une consulte gényco gratos", ça me fait bondir. Après multiples réflexions, j'ai enfin trouvé pourquoi :

Je passe tellement de temps de ma vie à prouver que je vaux autre chose que mon sexe que ça me rend folle qu'on m'y ramène sans arrêt. Je fais des études, des projets, des voyages. J'ai des convictions.

Et à la fin, ce que les gens retiennent, c'est mon utérus. Oui je suis contente de tes études ma fille, mais enfin, le plus important, tu nous fais quand un petit fils? Comment ça, ça me regarde pas? Mais on peut jamais rien te dire, c'est fou ce que tu es désagréable!

sam

T'es vraiment trop méchante

Pour le moment, je n'ai absolument aucune envie de faire des enfants. Je pense plutôt au futur remplissage de la pièce sur ma cuisse, ou à la rentrée scolaire et le boulot que cela va amener. Mon prochain voyage en Pologne. Les cours d'arabe que j'aimerais prendre un jour. Apprendre à faire de la guitare. Faire des plans à trois. Tout ça.

Quand on me dit que je DEVRAIS faire des enfants, je mords, je griffe et j'envoie balader. Parce qu'à ce que je sache, un enfant se fait par la rencontre d'un ovule et d'un spermatozoïde, durant un rapport sexuel. Donc ça veut dire que les gens se permettent de venir se mêler de ce qu'il se passe pendant que d'autres font l'amour. Couchent ensemble. Baisent. Copulent. Jouissent.

Fuck me like a bitch, darling.

De quel putain de droit?

A quel moment il est normal de venir donner des directives aux femmes sous prétexte qu'elles sont en âge d'enfanter? Et que la société trouve cela parfaitement sain? De quel droit doit on ENCORE décider pour nous comme si nous étions d’éternelles mineures?

On parle de rapport sexuel. Moi ça me fout la tête à l'envers que ma mère vienne s'en mêler. Que ma grand mère m'en parle. Que les amies de mon père me demandent quand est ce qu'elles verront mon premier né.

Le sperme de mon mec qui devrait aller dans mon vagigi pour rencontrer l'un de mes ovules pour que tout le monde s'en réjouisse.

Dégueulasse.

Pas dégueulasse de faire un enfant, mais dégueulasse que tout le monde ai l’œil dessus. J'ai peur de finir par croiser un membre de la famille lors de ma prochaine partie de jambes en l'air, qui me glissera à l'oreille "tu devrais essayer la brouette japonais chérie, c'est meilleure pour la fécondation" (déjà que j'ai des problèmes à concevoir l'idée des morts qui peuvent nous regarder depuis là-haut-dans-les-cieux "ME REGARDE PAS ARRIÈRE MAMIE JE SUIS UNE SI VILAINE FILLE!")

C'est malsain le regard des gens dans mon utérus. C'est malsain le regard des gens dans ma teucha. C'est malsain le regard d'autrui sur ma vie sexuelle. A les entendre parler de procréation, j'ai l'impression de me retrouver dans toutes les saloperies de manif pour tous, un papa une maman on ne ment pas aux enfants et y'a pas d'ovules dans les testicules.

Comme si le sexe servait uniquement à procréer. J'ai à peine 10 ans de vie sexuelle active et on essaie déjà de me la ruiner. N'oublie pas que la baise n'est rien chérie. N'oublie pas que toi non plus tu n'es rien tant que tu n'as pas prouvé à la société que tu pouvais porter la vie. Enfante, c'est ton seul but.

vierge

Oh Jesus oh Lord Alleluia!

 

Alors, comme je sais que j'ai encore quelques joyeuses années d'intrusion dans ma vie privée devant moi, je sais ce que je vais faire. Puisque les gens aiment savoir les projets de mon utérus, je parlerai de ma vie sexuelle en retour. Que dans la levrette, j'aime qu'on me tire les cheveux mais moins qu'on m'étrangle.

Que j'aime laisser des marques sur mon partenaire mais que je préfère encore plus en porter.

Qu'être au dessus, c'est sympa mais c'est plus fatiguant qu’être au dessous.

Que ça finit toujours mal dans la douche, et que c'est vraiment pas drôle de se bloquer la mâchoire lors d'une pipe.

Que je rêve de filles tout le temps, et que je trouve que les garçons, ça manque de seins parfois quand même.

Que le sperme, c'est vraiment pas bon, je ne sais pas comment vous faites?

Qu'à partir de combien de personnes on considère que c'est une partouze? 4? 5? C'est comme le foot, c'est à partir de 11?

 

Et quand j'aurai ratissé tout le domaine sexuel et qu'on me demandera enfin de me taire, je rappellerai qui a commencé.  Qui a absolument voulu parler de l'intimité de l'autre, et de toutes les choses qui ne le regarde pas. Oui oui, même si c'était "juste pour être gentil", "juste comme ça, pour demander", "après, tu fais ce que tu veux, t'es grande".

Foutez la paix aux femmes. Occupez vous de votre propre couple, et de votre propre vie sexuelle. Cessez de nous prendre pour des foutus incubateurs. Mêlez vous de votre utérus, de votre paire de couilles et de tous les organes sexuels de votre partenaire. Foutez la paix aux couples autour de vous. Oui, même si cela fait 5/6/7 ans qu'ils sont ensembles et qu'ils n'ont pas de projets.

Foutez leur la paix parce qu'encore une fois, cela ne vous regarde pas. Et que, souvent, les gens sont assez gentils pour ne pas vous rappeler que vous ne faites pas partie de leur duo. Que vous n'avez pas votre mot à dire, même si vous avez un lien de sang avec l'un d'eux.

Les gens ne sont pas à votre service, et surtout, plus important : Qu'ils fassent ou non un gamin, vous allez mourir quand même et dans un centenaire, personne sur terre ne se souviendra de vous.

Allez, bisous.

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06 mai 2013

"Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules" : La culpabilisation ordinaire

Blabla avant le sujet :

Je sais bien que je suis peu présente en ce moment, mais si vous voulez bien m'envoyer des pensées positives le 15 et 16 mai, cela sera hautement apprécié.

Amour par delà les nuages.

 

Sujet du jour

 

"Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules" :  La culpabilisation ordinaire

Merci ladepeche.fr

 

 

La joie d'internet, c'est qu'il permet de se décentrer deux minutes de son petit nombril. En ce moment, je suis incroyablement chiante stressée. Un petit tour par les site d'information, et j'ai changé d'humeur.

Maintenant, je suis furieuse.

La dépêche et sa culpabilisation gerbante

Voici un article racoleur où on nous raconte bien en détail le viol d'une jeune femme après le retour d'une soirée. Et qui se termine par une conclusion aussi conne qu'elle est culpabilisante :

"Régulièrement, à Toulouse, des jeunes filles sont victimes d'agressions sexuelles la nuit. Il leur est conseillé d'éviter de se promener toutes seules."

Tu l'entends autant que moi, ami lecteur?

Si si, tends bien l'oreille, il me hurle à l'oreille, à moi.

Ce cri moralisateur :

C'est

en

partie

de

ta

faute

meuf!


T'es rentrée chez toi toute seule, t'es rentrée chez toi la nuit, t'es rentrée chez toi après une soirée où tu as certainement bu, t'es rentrée chez toi après une sortie en boite où tu t'es surement faite jolie avant.

Tu t'es mise en danger, tu es donc en partie responsable de ce qui t’arrive. Bonjour le sexisme, bonjour la culture du viol, bonjour la société qui n'en peut plus de nous cracher dessus. En deux phrases, la journaliste nous prouve qu'elle a bien assimilé et appliqué avec respect les codes qu'on lui a inculqué. Et que l'on ne me dise pas que les mots n'ont pas d'importance, je viens de me taper deux ans d'études où l'on m'a enseigné encore et encore que tout est langage (kikoo-love Françoise Dolto) et que chaque mot est porteur de sens.

On ne parle du viol qu'aux femmes, et on leur donne des conseils sur comment l'éviter. On ne parle pas aux hommes, éternel absent des discutions sur le sujet (ô la douche ironie).

On me donne des conseils sur mon comportement en dehors du foyer.

Pourtant, sur le site de l'observatoire de la parité, on me dit que "9,3% des victimes seulement portent plainte parce que, dans 80% des cas, l’auteur des viols est connu de la victime, ce qui pourrait porter, selon certaines associations, le nombre réel de viols à 100 000 (par an)".

Je fais comment alors?

80 putain de pourcent des viol sont fait par des crevards qui connaissaient la victime. Qui savait qui elle était, qui connaissait peut être son prénom, qui savait qu'elle était un putain d'être humain.

Et qui n'en a, strictement, rien eu à foutre.

Ça me fout à l'envers. Et ça me met encore plus mal quand je sais qu'on essaiera encore et encore de nous faire porter une partie de la responsabilité. Depuis le jardin d'Eden, la faute sur notre sexe. Sur notre sexualité et notre séduction.

La journaliste de la dépêche nous incite à ne pas sortir seule, le reste de la société nous conseille de faire attention à ne pas porter de vêtements trop courts/trop serrés/trop décolleté. Pour ne pas se faire embêter dans la rue. Pour ne pas se faire harceler. Agresser. Violer. Rase les murs chérie et fais toi toute petite. N'attire pas le regard, plus petite parmi les plus petites.

C'est marrant, moi le seul conseil que je donnerais, ça serait celui ci :

"Range ta bite, garçon".


Commençons par le début. Foutez nous la paix. Avec les beaux jours qui reviennent, je me sens devenir de nouveau excessivement agressive. Mais comment dire? Les regards sur ma poitrine ne sont vraiment pas quelque chose qui me manquent durant l'hiver. Certains diront que "ohlala c'est la nature de l'homme/ c'est le jeu de la séduction" et autres conneries du genre.

Imaginez qu'une femme sur trois que vous croisez vous fixe l'entrejambe avec insistance.

Pas votre tête, pas votre regard. Votre entrejambe. Uniquement vos parties génitales. Vous fait sentir comme un pur objet sexuel, sans conscience, sans autre valeur que le combo testicules-pénis. Pas la couleur de vos yeux, ou votre parcours de vie. Ni votre prénom. Bite-couilles, et point.

Valorisant, hein?

Du haut de mes 25 ans, j'en ai par dessus la tête de subir votre sexualité dont je n'ai que faire. Et comme je suis pourvue d'une grosse poitrine, votre désir sexuel, je commence à bien le connaitre. Col rond ou décolleté, dès les beaux jours, c'est au moins un homme qui me matera uniquement les seins dès que j'irai chercher une baguette de pain.

Au moins.

Le message : "si je pouvais, je te baiserais bien". Alors que toi, t'es en train de réfléchir à si tu as assez de monnaie pour acheter ton pain + une chocolatine. A ton loyer en retard. A ta prochaine séance sur la conjugaison du passé composé.

Tu lèves les yeux, un crétin en plein dans tes eins. Youpi, party rock in the house tonight.

Ah oui, pardon. Dans la rue, je suis Nichon-Vagin.

Pardon.

Tu penses à comment articuler le socle commun avec les programmes officielles (prof reprezent for my people), et paf, retour à ta place.

Nichon-Vagin.

Ca me fait penser à cette vie de merde :

Aujourd'hui, j'ai vu une jolie fille dans le train. Pour attirer son attention, j'ai essayé de lui faire du pied. Elle a levé les yeux vers moi et m'a dit : "Recommence et je te casse les deux jambes." Message reçu. VDM


Elle m'a donné envie de hurler, car elle a fait écho à toutes mes expériences passées. Et à toutes celles qui ne manqueront pas d'arriver non plus. Quand j'y ai réagi, on m'a sermonné sur twitter en me disant que "les hommes ont bien le droit de tenter leur chance quoi".

C'est affreux, si je réponds que non? Je vous méprise quand vous venez m'emmerder dans la rue, je vous trouve petit et lamentable quand vous essayer d'attirer mon attention et que vous refusez d'écouter ce que disent tous les signaux que je vous envoie.

Parce que, pour votre culture les petits choux, la communication marche quand même beaucoup avec le non-verbal. Et ce n'est pas moi qui le dit, c'est ce cher Albert Mehrabian, professeur de psychologie à l'université de Californie, et qui a établi la règle des "7%-38%-55%".

Cette règle, elle est simple : 7% de la communication est verbale et passe par les mots et leur sens, 38% de la communication est vocale et passe par l'intonation et le son de la voix, et 55% de la communication passe par les expressions du visage et le langage corporel.

Et, à moins que je me trompe, cela m'étonnerait que la majorité des femmes affichent un langage corporel qui disent "Prends moi toute comme la vilaine suceuse que je suis". Cela veut donc dire qu'en temps normal, on passe outre ce que nous communiquons, et que notre propre envie est moins importance que celle de celui qui pose le regard sur nous.

Personnellement, comme je suis une très vilaine personne, je finis souvent par gueuler en pleine rue. Cela dépend de l'humeur, cela reste souvent un très sonore "putain!" en fixant la personne, jusqu'à mon préféré "oui je suis habillée comme une trainée monsieur". Quand je sens que je vais avoir un gros boulet devant moi, je passe en communication uniquement en langue des signes.

Rappeler vous que l'on ne vous doit rien. Vous voulez tenter votre chance, ne venez pas pleurer qu'on est désagréable. Je ne vous dois rien. Tu ne leur dois rien. Elle ne vous doit rien. Elles ne vous devront jamais rien.

Et par pitié qu'on arrête de nous bassiner avec l'idée que vous ne contrôlez pas vos pulsions. Je n'ose pas croire que 50% de la population se retrouve coincé à l'état de teckel qui se tape les mollets des gens qui passent.

teckel1

Sans déconner

Range ta bite, garçon.

Range la quand tu penses à ton désir avant de penser à l'être humain que tu as en face de toi. Range la quand tu pense qu'une femme a pu avoir une once de responsabilité dans l'aggression qu'elle a subi.

Et je dirais même mieux : Range ta bite, fille.

Range la quand tu penses qu'on mérite ce qui nous arrive. Range la quand tu penses "celle la, elle le cherche" quand une fille courte vêtue passe devant toi. Range la quand tu penses que tu ne dois pas être dans la rue toute seule, ni trop tard, ni après avoir bu.

Range ton pénis, Claire L.

Ne nous donne pas des conseils pour qu'on ne soit pas violées.

Donne des conseils pour qu'on ne viole pas.

Sois avec nous, et pas contre nous. Et efface cette dernière phrase, qui pourrait faire beaucoup de mal à nombres d'entre nous qui ne mérite que ton soutien.

Range ton pénis, fille. Vite.

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31 mars 2013

De Le printemps français, tu me fais honte.

Le blabla avant le sujet qui fait "ohh trouble trouble trouble":

O chère lectrice qui m'a reconnu au Colombus café de Bordeaux, sache que je t'aime d'amour de tout mon cœur. Et je m'excuse d'avoir été si peu loquace mais c'est bien la première fois que cela m'arrive. Mais c'etait vraiment l'une des surprise les plus sympa de 2013, merci encore.

Sinon, Meteora, l'album de Linkin Park, est sorti en 2003. Il y a donc 10 ans. Il y a certain coups de vieux qui sont incroyablement vicieux. C'était pour aller écouter cet album que j'étais allée pour la première fois toute seule chez mon petit copain de l'époque. Merci Chester Charles Bennington, ma découverte de l'anatomie masculine te doit beaucoup.

DIX-PUTAIN-D'ANNEES-DONNEZ-MOI-MA-CANNE.

 

Sujet du jour

De Le printemps français, tu me fais honte.


On va commencer par du simple, du facile à retenir :

L'homophobie est une violence. L'homophobie est une violence. L'homophobie est une violence.

Parce que ça va commencer à me plaire, cette histoire. Depuis des mois, vous ne cessez de trouver toujours plus de termes à la con pour ne pas afficher votre haine, qui dégueule pourtant dès qu'on interroge vos partisans dans la rue. Dès qu'on gratte un peu, on retrouve les "pd" et autres "anormaux" qu'on a l'habitude d'entendre. Des mois qu'on subit votre intolérance, bien planquée sous vos pull made in china (qui trouvent le moyen de couter 25 euros en plus : COUCOU LES SOUS)

pull

Un papa, une maman, un joli pull (et 10 euros de frais de port)
(35 euros le pull, je meurs dans ma bave)


"La manif pour tous", je trouvais déjà ça limite comme nom. Genre on invite TOUT le monde a venir défiler contre une minorité qu'on déteste et à qui on refuse les même droits. Ah non, pardon, vous êtes "homophiles, pas homophobes". Vous aimez les homosexuels, du moment qu'un couple homo vaut moins qu'un couple hétéro, c'est ça?

Mais là, votre coup de vous scinder en deux et de nommer la deuxième tête de l'hydre "le printemps français", ça m'a foutu en l'air. En lien avec le printemps arabe qu'on a pu voir en 2010, qui faisait lui même référence au Printemps des peuples.

Le mouvement du moche : ICI

C'est quoi le rapport avec vous, au juste?  J'ai vraiment honte de tout ce cirque médiatique, et de votre audace dans l'absurde.

Vous êtes morts pour vos idées? Vous avez combattu un régime autoritaire quelconque? Les manifestants des révolution arabes risquaient leurs vies (et certains en sont morts) pour des meilleurs conditions de vie, pour des emplois et un partage plus égalitaire des richesse. Pour un droit à la dignité.

Elle est où, la votre?

Quand votre seule revendication est d'interdire un droit à autrui?

J'ai honte, putain, j'ai tellement honte.

"Le Printemps Français est un mouvement spontané et populaire, profondément pacifique , dont toutes les actions se déroulent contre la Loi Taubira, strictement illégitime."

Expliquez moi, mes choux, comment un projet de loi peut être illégitime? Vu qu'il a été voté par l'Assemblée Nationale, qui est elle même légitime, qui a donc les qualités requises par la loi et le droit. Expliquez moi comment cela est donc possible?

Vous n'aimez pas cette loi? C'est votre avis. Et il ne fait pas le droit français, malheureusement pour vous et vos pull à capuche de kaillera bourgeoise.

"Depuis dimanche, les opérations de harcèlement des représentants du pouvoir se sont multipliées. Le Printemps Français les accompagne. Le groupe des « hemen » a interpellé le Préfet de police de Paris devant ses bureaux de l’Ile de la Cité, torses nus badigeonnés de slogans."


Les "hemen" ou "hommen" et leur action particulièrement ridicule :

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PROTECT KIDS, YOU KNOW, WE'RE AMERICAIN!

(And peace and love)(and Liberté)(and torses nus)(and poils)

Le rapport avec les Femen? Aucun. Elles ont au moins le courage de ne pas se masquer, elles. Et qu'est ce que j'ai du mal avec ces images de poings levés, par contre. Cette histoire de "lutte" contre une avancée pour la vie d'autrui.

Mais il y a encore plus cons que ces images de tétons pointant dans le dur froid de mars.

Il y a leur affiche.

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Vous êtes sérieux, là? Vous voulez vraiment qu'on en reparle, de vos gosses mis en premières lignes de votre manif? Quand vous avez eu la bêtise et l'inconscience d'amener des gamins à peine assez grands pour aller à l'école devant des barrages de CRS? Et quand vous osez ensuite nous parler des besoins et des droits de l'enfant?

Et puis le joli mot gazé en majuscule, point godwin pour rappeler la 39-45, ni vu ni connu. Si vous voulez jouer au jeu de "qui a été gazé en 39-45", puis je au moins vous rappeler l'existence du triangle rose? Puisqu'on en est à faire du pathos, autant y aller franchement. 

Kévin, 12 ans, n'avait rien à faire contre un barrage de police. Kevin, 12 ans, est normalement sous la responsabilité de ses parents. Et selon la Convention relative aux droits de l'enfant (vous savez, ce que vous rabâchez en permanence "le droit de l'enfant, pas le droit à l'enfant, bande de sodomites!"),

"La responsabilité d'élever l'enfant et d'assurer son développement incombe au premier chef aux parents ou, le cas échéant, à ses représentants légaux. Ceux-ci doivent être guidés avant tout par l'intérêt supérieur de l'enfant."

Et il ne me semble pas que l’intérêt supérieur de l'enfant soit d'essayer d'occuper la place de l’Étoile avec ses parents, alors que les forces de l'ordre défendent catégoriquement d'y aller. Il ne me semble pas que le bien être de l'enfant soit dans la peur et les mouvements de foule, tout ça pour l'interêt de ses parents et leurs idées.

Chers "Manif pour tous", "printemps français", "hommen" et autres mouvements aux noms offensant de bêtises, sur tous les enfants que vous promenez au fil des manifestations hivernales, certains d'entre eux changeront d'avis une fois adulte. Certains d'entre eux vous avoueront leur homosexualité, ou la cacheront en souffrance. Certains rejetteront votre vision du monde et votre esprit fermé. Dans 10, 15 ou 20 ans. J'ai confiance.

Vous savez, je suis fille d'élu politique de droite. Ne venez pas me dire que cela n'est pas possible de ne pas avoir la même vision du monde que ses parents. On peut grandir en croyant comme parole d'évangile toutes les idées de nos géniteurs. Ou on peut aussi rejeter leurs discours, une fois qu'on a dépassé de loin l'âge de 7 ans et qu'on rencontre le vrai âge de raison. A la majorité, ou même plus tard. Certains de ces enfants vous rejetteront, et il me tarde de voir ça. 

Oh, et une dernière chose. Permettez moi de vous citer :

"Au-delà du mépris que nous essuyons tous (700 000 signatures ignorées, tailles des manifestations rabaissées, sondages tournés en faveur du mariage pour tous), les partisans du mariage pour tous insultent et menacent chacun d’entre nous"

Vous vous attendez à quoi, les petits choux? Bouh le gouvernement est méchant. Bouh personne ne nous écoute. Bouh vous êtes vraiment rien que des méchants à être agressif contre nous qui défilons pacifiquement.

Vous tentez par tous les moyens de nous trainer dans la boue, et il ne faudrait pas qu'on vous crache à la gueule? Il faudrait qu'on tende l'autre joue, peut être? Il faudrait qu'on soit aussi prétendument pacifiques que vos manifestations?

Vous dépensez des fortunes dans des mouvements qui affirment que ma langue dans la bouche d'une jolie fille et bien plus dégueulasse qu'une langue dans la bouche de son cousin à qui on est lié par les liens sacrés du mariage.

Vous faites pleurer des ami(e)s qui passent déjà leurs vies à subir l'homophobie au quotidien. Vous faites du mal à ceux que j'aime, et il faudrait en plus vous faire des sourires et des gestes de fraternité? On chantera tous autour du feu, et on sera tous heureux. Kumbaya my loooord kumbayaaaa.

Si je me mets à faire une manif "Un papa, une maman, c'est mieux quand on est blanc!" et qu'on vient m'insulter, j'ai le droit d'aller me plaindre dans les médias alors? De venir pleurnicher que c'est vraiment trop méchant, et que les gens ne comprennent vraiment pas mon message d'amour. Les vilains.

Mais vous vivez où? Dans quel monde?

Bien sur qu'on vous insultera. Bien sur qu'on sera agressifs. Bien sur que vos manifs me tordront le ventre et me foutront la haine. Me feront serrer les poings et les mâchoires. Parce qu'elles véhiculent l'intolérance, et que vous faites augmenter les violences homophobes. Parce que vous faites souffrir des gens, malgré vos faux sourires et vos pull trop chers.

Veuillez agréer, madame, monsieur, l'expression de mon plus profond mépris, et de ma plus profonde indignation à partager ce pays avec vous.

Ps : On ne lachera rien non plus. Jusqu'à la fin.

Edit 01/04/13 : Le ridicule n'a pas de limites :

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Donc si vous êtes les résistants, ça veut dire que NOUS sommes les nazis, c'est ça? Oh oui, j'ai toujours voulu porter du Hugo Boss.

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18 mars 2013

De le Valeurs Actuelles, et son (vieux) machisme bien puant

De le Valeurs Actuelles, et son (vieux) machisme bien puant

 

Je ne devrais pas être en train d'écrire cet article. Je devrais être en train d'être sur la rédaction de mon ô combien passionnant mémoire, et me plaindre sur twitter en faisant des citations.

Mais bon, on n'est jamais à l'abri du cri du blaireau.

Et en ce joli mois de mars 2013, c'est merveilleux, on a encore réussi à capter radio Londres.

ICI

Alors le père Denis, il nous raconte quoi dans son billet d'humeur?

Du vilain. Du très vilain. Du vieux machisme made in France bien comme il faut, option naissance en 1947 et idées bien arrêtées. Généralement, je me fous des opinions politiques, mais là il s'agit du deuxième du même modèle qui sort des bêtises ces derniers quinze jours. Non parce qu'on a aussi eu Jacques Myard, né en 1947 et de droite lui aussi dis donc, qui nous a balancé à l'Assemblée Nationale à propos des langues étrangères : "L'anglais, ça s'apprend quand on est en âge de fréquenter des petites Anglaises!".


Cimer les garçons, vous me faites chaud au cœur.

ahaha

Hihihi bonne blague #directAN

Donc Nini, il commence son article en nous disant "La parité stricte homme-femme risque d’enclencher une guerre froide des sexes où nous laisserons des plumes."


Déjà, quand tu commences comme ça, je me doute qu'on va pas être en paix toi et moi. Mais bon, je me dis que ça peut encore coller toi et moi, qu'on peut faire des efforts chacun de notre côté. Toi d'être moins vieux réac, moins d'être moins vulgaire. Pense à nous Denis, ne nous ruine pas sur un coup de tête.

Après, tu m'as un peu compliqué la tâche avec tes lignes suivantes : Inversez les cadeaux de Noël et adviendra enfin le règne de l’androgynat, à des détails anatomiques et biologiques près."


Je sais bien, les gens vont encore parler sur notre couple Denis, mais je ne peux pas telaisser encore t'emporter comme ça. Tu sais bien pourtant que la parité n'est pas le synonyme du règle des femmes-lesbiennes-castratrices-tatoué-lesbiennes-à-moto. C'est dans ta tête, tout ça. J'ai déjà dis que je préférai que tu arrêtes de boire du café et lire de la S.F avant d'aller te coucher, elle n'est pas très "What else" ta paranoia.

"Pour l’heure, les hommes font le gros dos, rigolent en douce ou la jouent collabo. Ils se disent que ça passera, comme les orages de grêle ou les virus grippaux. À terme ils peuvent en avoir marre d’être culpabilisés, et traiter les nanas en rivales, l’arme au poing. Déjà, dans la sphère politique, ils commencent à les trouver envahissantes."


J'aime pas quand tu m'appelle "nana", Denis. Je n'aime pas quand tu me parles d'arme au poing quand je te parle d'égalité. Je n'aime pas quand tu me parles violence alors que je te parles de droit. Et j'aime encore moins cette idée sous jacente qu'on en demande trop en voulant briser les plafonds de verre. Et que dire quand tu abordes la politique Denis? Je vais encore finir par repartir chez ma mère, voila.

Parce que ce n'est pas possible que tu nous colles l'étiquette "envahissantes" quand on parle de démocratie. Ce n'est pas possible de signifier que la politique n'est réservé qu'à ta caste d'hommes vieux, blancs, et sortant des grandes écoles. Sur 65 millions de français, vous êtes combien? Quel est votre pourcentage, sur toute notre nation?

Parce que, il me semble bien que nous les femmes, nous sommes facilement 50% de la population. Alors excuse moi Denis, mais nous ne sommes pas "envahissantes", comme tu dis. Nous cherchons à prendre ce qui nous appartient. Tu sais, la république,liberté, égalité, fraternité, tout ça. On cherche à se faire élire démocratiquement, exactement comme vous.

"La femme a évidemment droit à l’égalité qui est un principe juridique, pas une finalité morale tant elle peut s’accommoder d’iniquités, voire en entraîner."


D'après mon petit dico, l'iniquité, c'est un "comportement contraire à l'équité, à la justice". Alors je te présente mes excuses, mais mon esprit de "nana" n'arrive pas à déchiffrer comment une égalité peut amener l'iniquité. Mon utérus a encore du migrer dans mon cortex cérébral. Je déteste quand ça m'arrive. Mais bon, si on doit en passer par des grands mots pour exprimer nos idées, je ne pourrais te répondre que ceci :

"Je voue mes nuits, a l’assasymphonie, aux requiems", Mozart.

Merci Denis. Regarde un peu ce que tu me pousses à faire.

"Mais en outre et en sus, la femme est la figure essentielle de l’imaginaire masculin, tantôt idéalisée, tantôt diabolisée, jamais réduite aux acquêts d’un individu aléatoire."

J'aimerais bien qu'on y revienne deux minutes à ceci. Parce que moi, personnellement, ça me gonfle un chouïa quand vous me renvoyez tout votre "imaginaire masculin" à la gueule quand je suis dans l'espace public. Je n'ai pas envie d'être idéalisée, ni diabolisée. J'aimerais bien qu'on me foute la paix, par exemple, pour commencer. Et que votre dualité Sainte/Putain, vous vous la gardiez pour vos recherches youporn. Je veux être cet individu aléatoire. Je veux être un individu Denis, pas ta pute, ni ta mère. Un individu comme toi, un rival à la limite vu que tu ne fonctionnes que comme cela. Un égal.

"Qu’elle prétende devenir une catcheuse, une sapeuse-pompière ou une magnate de la finance, pour singer le patois féminisé, je n’y vois nul inconvénient dès lors que subsiste entre les mailles de la fonction l’aura voluptueuse de l’éternel féminin. Aucun homme ne peut s’en passer, quitte à s’y laisser piéger."


On n'avait dit pas de coups bas dans les disputes Denis. Pas de moqueries basses et lourdes. Feminiser les mots en espérant nous rendre ridicule n'est pas très efficace. Mais ce qui passe encore moins, c'est encore cette idée qu'il nous faut ton aval pour vivre notre vie de femme. Qu'on ne peut être entière qu'en préservant une part de féminité, pour qu'on trouve grace à vos yeux. Peu importe vos aspirations mesdames, n'oubliez surtout pas de foutre du rouge à lèvre ou d'être maternante (COUCOU NATASHA). N'oubliez pas que le plus important, c'est le regard de l'homme sur vous, pas votre propre regard sur votre personne. Et n'oubliez pas que vous piègez les hommes, parce que vous êtes toutes des PUTES toutes descendantes d'Eve LA PUTE

Quand dans un studio j’affronte Audrey Pulvar ou Clémentine Autain, je suis comme un oiseau fasciné par un serpent. Impossible de ferrailler, leur raison est forcément la meilleure, en vertu du privilège de la séduction. La plupart des femmes en usent et elles ont bien raison. Les plus coquines en abusent et je leur donne encore raison.


Blablabla bande de putes tentatrices bla.

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UN PAPA, UNE MAMAN

 

La même injustice m’a privé des avantages susceptibles d’arraisonner toutes celles qui m’enchantent. La psyché féminine survalorise volontiers les élégants de haute taille, c’est un fait que je déplore.


Et futiles en plus bla.

(...) voilà le fin mot de mon hostilité au néoféminisme made in USA. La texture de leur métabolisme, de leur émotivité, de leur sensualité, de leur créativité, de leurs chimères, de leurs hantises, de leur relation à l’enfance, de leur approche des réalités est foncièrement différente de la nôtre. Tant mieux."


Denis, mon amour, notre amour commun du bordelais ne suffira surement pas à sauver notre couple. Parce qu'en écrivant ce billet d'humeur, tu me rabaisses, moi et mes semblables XX. Tu es ce qui me mets le plus en rogne dans cette vieille génération qui assimile encore femme et éternelle adolescente. Voir éternelle enfant. Émotivité, créativité, relation à l'enfance...J'ai l'impression qu'on parle d'un gamin en cycle 2. J'ai l'impression de ne pas être prise au sérieux.

J'ai l'impression que tu te fous de ma gueule, Denis.

"En filoutant quelques planques avec la parité, la femme s’humilie et se dépossède. Elle mérite tellement mieux que cette aumône et elle peut apporter tellement plus à nos sociétés dont les rouages manquent de douceur."


Mais je ne veux pas être douce, BORDEL DE BITE. Je ne veux pas qu'on me parle de fleurs et de romantisme pour cacher le fait que je gagne moins qu'une paire de testicules. Je ne filoute pas en demandant d'avoir des postes à la hauteur de mes ambitions et de mon travail. EGALITE DENIS, EGALITE. La nouvelle génération est là, et elle est devant. Et on foutra des coups de pompes dans les rouages qui manquent de douceurs à force de se frotter à des poils de pénis rugueux. On s'humiliera, on se dépossédera. Si l'ultime humiliation et la perte de mon âme revient à me faire perdre mon statut de créature vaporeuse, tentatrice et surtout vaguement conne, je signe desuite.

"Ce qui nous ensoleillerait l’existence n’est nullement l’égalité des sexes mais une assomption de la féminité."

Ce qui m’ensoleillerait l'existence, c'est justement cette égalité que je réclame partout. C'est qu'un Denis vaille une Dame Fanny. Et que ma féminité, ou ta masculinité, reste bien sagement au placard quand on parle de choses de grandes personnes. Quand on parle de travail et de mérite, de prétentions salariales et de reconnaissance. Paire de nichons, ou pas. Poils sous les aisselles, ou pas.

J'ai bien peur que cela marque la fin de nous, Denis. Nos chemins sont trop éloignés l'un de l'autre, moi beaucoup trop dans l'avenir, et toi encore coincé au siècle dernier. Moi et mes allures de serpent, on se chargera d'aller faire mordre des pommes qui font prendre conscience à d'autres. Plein d'autres. Mon néofeminisme est comme tes clichés sexistes, il a la peau dure et risque de durer longtemps.

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03 mars 2013

De le "Mettez du rouge", ou la campagne qui passe un peu à côté pour le 8 mars

Du blabla avant le sujet qui fait "don't want your money I've got my own I juste want your dirty love "

J’expérimente quelque chose de relativement nouveau depuis bientôt deux mois : Je suis en colère et agressive presque en permanence. Le reste du temps, je travaille. Géniale-ma-vie. Je ne peux pas en parler plus, et j'en ai encore jusqu'au mois de juillet. La plupart du temps, je refuse de voir mes amis et de les avoir au téléphone parce que je sais que je suis infecte. Et auto-centrée à mort, en mode "y'a que moi qui souffre les gars, tmtc".

Cette grosse connerie du mérite acquis par la souffrance. Miam miam la France, tu reprendras bien une cuillère de morale judéo-chrétienne ma fille.

Le seul avantage à ça, c'est quand même que je me fais bien moins emmerder dans la rue. Ça permet d'apprendre une chose que j'ignorais avant : L’agressivité fait gagner un temps un précieux lorsqu'une personne bourrée nous tient la jambe. Mon dernier "tu t'occupes de ta copine desuite sinon je la défonce" à un homme qui trouvait très drôle de nous laisser gérer sa cougar complétement raide/chiante/tactile a été d'une efficacité redoutable.

Je ne recommande évidemment pas mon attitude mais c'est indéniable : Les jambes écartées sur le siège et l'air menaçant, on doit casser un schéma.

Sujet du jour :

 

De le "Mettez du rouge", ou la campagne qui passe un peu à côté pour le 8 mars

 


Allez, je ne vous la refais pas : On est bientôt le 8 mars, et ça donne déjà envie de râper le visage des gens contre le goudron de l'A65. Chaque année, ça me donne l'occasion de virer des comptes de twitter, option non négociable, tu fais une blague puante, ciao mon gars et bonne route. Ta misogynie de merde et ton "tu feras la vaisselle demain ahaha", tu te les cales bien profond et peut être même que tu trouveras ton point G au passage. #bisous.

Cette année, il y a eu une initiative intéressante pour l'occasion de la journée des droits de la femme. L'opération "Mettez du rouge". Le problème, ce que je n'y adhère pas du tout. Et je vais expliquer pourquoi. Mais je ne m'aime pas trop quand même, de dire du mal d'une initiative pendant que moi, je ne fais rien du tout en retour. L'impression d'être un gros troll, en mode "ba c nul ske tu fé té moche lol", le derrière bien assis sur ma chaise en ne bougeant pas mon petit doigt.

L'opération, la voici :

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Merci mais non merci.

Il n'y a rien qui me plait dans cette initiative. Et pourtant, j'aime l'idée du mélange des genres, et du féminin porté par du masculin (La preuve). Mais là, ça n'a rien à voir avec rien, et on se sert des codes pour n'en faire pas grand chose d'utile.

Encore une fois, désolée de reprocher à quelqu'un qui tente alors que je ne propose rien de mon côté.

Mais bon, le message que j'ai envie d'entendre, ce n'est pas "Moi homme, je m'engage à défendre les femmes, ces êtres faibles".


Moi, je veux entendre "Moi homme, je m'engage à ne pas emmerder les femmes, même quand je trouve ça drôle et que c'est juste pour RIGOLAY, même quand je suis bourré avec mes potes et qu'on s'amuse, même quand elles portent des décolletés/jupes courtes/ du rouge à lèvres, même quand elles sortent le soir toute seule"

Bien sur que je serai favorable à ce que tu viennes m'aider si je me fais agresser et que tu es à côté. Mais comme tu le ferai pour un homme, pour un enfant ou pour un vieux. Parce que l'article Art. 223-6 du code pénal, il dit que "Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende".


Et que si tu ne le faisais pas, j’essaierais de te faire raquer jusqu'à la troisième génération mon chou. Raboule la thune, vil couard!

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Nemo censetur ignorare legem

(= La loi c'est pas pour ta mère)

 

Que tu portes du rouge à lèvres ou non choupi-chou, aides moi si on vient s'en prendre à mon intégrité corporelle. Et si tu ne peux pas, appelle la police, les pompiers, le samu, la boulangère, mais fais quelque chose. Parce que le code pénal te le dit, et parce que c'est humain. Pas parce que je suis vieille meuf qui ne peut pas se défendre toute seule. Parce que je suis le même humain que toi, et que je ferais pareil à ta place. Le mieux, ça serait surtout de commencer à nous aider quand on se fait emmerder dans l'espace public. Quand mon intégrité corporelle se porte bien mais que j'ai Jean Relou qui me gonfle, ou qui m'insulte. Ça serait bien urbain.

Mais la position de chevalier blanc qui vient à mon secours, mon dieu, c'est tellement malvenu quand on parle de viol. Je ne veux pas d'affiche parlant à ma place pour dire que je veux être secourue. Que j'ai besoin d'aide. Que je suis si faible et fragile dans la jungle de la vie.

De plus, les viols c'est rarement dans l'espace public. Je sais qu'on aimerait bien garder cette idée que les violeurs ne sont que des fous qu'on trouve dans des parking souterrains ou à la sortie des boites-de-nuit. Mais la réalité, c'est que c'est souvent à l’intérieur, que c'est souvent une personne connue de la victime (ce fait me fout tellement, tellement la gerbe).

Donc ton petit speech de "promis, je viendrais au secours d'une demoiselle en détresse", c'est un peu un coup d'épée dans l'eau. Évidemment que moi aussi, j'irais aider une personne en difficulté. Même ma grand mère et son arthrose clopinerait pour foutre des coups de pompes au connard. Cette phrase, c'est aussi con que "Moi, si j'avais une machine à remonter le temps, j'irais tuer Hilter parce qu'il est TROP BAD" (Alors que tout le monde chercherait surtout un moyen de se faire de la thune)(si, bande de menteurs)(et casser la gueule au petit con du collège qui se moquait de notre gros cul et notre absence de nichons).

L'autre point dangereux de cette campagne, c'est d'utiliser le rouge à lèvres. Le rouge à lèvres, et sa jolie symbolique de provocation, de côté sulfureux, du jolie cliché de la Salope-au-parfum-capiteux-et-aux-lèvres-rouges assoiffée de pénis. Porter du rouge à lèvres rouges, c'est comme le décolleté ou la tenue courte, c'est retenu contre toi s'il t'arrive une bricole. Genre tu l'as un peu cherché meuf.

"Tu l'as un peu cherché". Cette phrase à vomir qui dit que c'est un peu bien fait pour ta gueule, toi et ton envie de plaire, si on t'a frappé, si on t'a menacé et que t'as flippé pour ta vie, si on t'a infligé une relation sexuelle pendant que tu te débattais, ou pendant que t'étais paralysé(e) par la peur. Pendant que tu subissais un crime. Mentalité vérolée de sexisme ordinaire puant.

Encore une fois, je veux des campagnes qui ne disent pas "Ne sois pas violé(e)" mais "NE VIOLE PAS". Des campagnes contre la culture du viol. Si tu ne vois pas de quoi je parle, va voir ICI parce que ça t'apprendra des trucs. Si tu penses que cette culture n'existe pas, ce n'est pas la peine de venir le dire dans les commentaires parce que je ne te demande pas si tu crois au père noël. Je te dis qu'on vit dans une société où on cherchera toujours à savoir si la fille qui a été violée portait une tenue provocante ou qu'elle avait un comportement aguicheur.

Si tu me soutiens que ça n'existe pas et qu'on est vraiment trop méchantes, va te foutre en haut d'une grue, ça marche bien en ce moment. #bisousBis.

Je veux des campagnes du 8 mars qui font prendre conscience du sexisme qu'on vit tous les jours. Qu'on arrête de me dire en permanence que je suis hystérique quand je dis que mon sexe me dessert dans ma vie. Que je subis une discrimination que je ne subirais pas si j'avais des couilles (Y'A PAS D'OVULES DANS LES TESTICULES). Que les hommes puisse prendre conscience qu'ils ne vivent pas dans la peur du viol alors que nous, on nous plonge la gueule dedans dès qu'on peut.

Ne sors pas trop tard ma fille, n'invite pas n'importe qui ma fille, FAIS ATTENTION MA FILLE. Tout ce qui vient avec, retirer ses écouteurs la nuit pour écouter les pas des autres, les clefs dans la main comme poing improvisé. Qui ne l'a jamais fait? Je ne répéterai jamais assez que mon tiers provisionnel doit bien payer un peu du bitume de ma putain de ville, et que je peux bien le fouler de mon pied délicat à l'heure que je veux. Et même sans mon tiers provisionnel d'ailleurs.

Je ne vous veux pas comme mon sauveur. Je vous veux comme des gens qui réfléchissent et prennent conscience de ce qui reste à améliorer dans cette société de 2013. Qu'on doit faire encore beaucoup d'effort pour la parité, et pour l'égalité entre nous tous. On avance, petit à petit, chaque centimètre pris n'est plus à prendre. Je ne veux pas de rouge sur vos lèvres, j'y préfère une parole pour votre pote bourré la prochaine fois qu'il viendra draguer/emmerder la jeune fille à côté qui attend le métro. Ou même vos lèvres closes, mais un processus de réflexion dans votre tête sur ces fameux droits de la femme qui ne sont pas encore égaux à ceux des hommes. 

Par avance, merci.

Posté par Dame Fanny à 23:08 - Commentaires [51] - Permalien [#]

29 janvier 2013

Des dragées pour Christine! Des dragées pour Christine!

Oyez Oyez brave gens.

Alors je sais bien, je suis extrêmement en retard dans les articles sur le blog. Ce n'est pas l'envie qui manque, mais bien le temps. J'essaierais de reprendre ce blog en main d'ici quelques jours.

Mais avant tout, je partage avec vous une page facebook dont la création me démangeait depuis bien longtemps.

C'est avec une joie non dissimulée que je vous présente : Des Dragées Pour Christine

dragees

hihihi les dragées roses, c'est pour les filles!

Parce que cela fait tellement longtemps que j’attends de pouvoir créer cette page, et cela fait tellement du bien de le faire.

Il s'agit, une fois la loi en faveur du mariage pour tous enfin passée, d'envoyer des ballotins de dragées au siège du Parti Chrétien Démocrate.

Sans rien d'autre. Peut être un petit carton "Vive les marié(e)s". Mais sans message de haine, d'insultes ou de violence. Ne pas rentrer dans ce jeu qui a été à la une de tous les journaux. Toute cette jolie homophobie cachée derrière des jolies familles qui étaient montées à la capitale spécialement pour cette occasion. Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants. Des ballons roses et des logos de familles unies, aimantes et équilibrées.

A vomir.

Je n'avais plus de mots à venir écrire ici, parce que rien ne passait d'autre que la colère et l'incompréhension.

J'étais tellement mal ces dernières semaines, à chacunes de ces représentations grotesques de ce que peut être l'intolérance quand on veut la déguiser avec des faux prétextes. Quand on utilise la religion comme bouclier, alors que celle ci prône aussi le respect et l'amour. Et ces saloperies jetées sur la place publiques avec de très jolis mots, et qui sonnaient pourtant étrangement pareil que "sale pédale!".

Pareil que "Si t'es lesbienne, t'as rien à faire dans ce bar, c'est pour les gens normaux ici!".

Pareil que le visage d'un ami à qui on a balancé un coup de poing juste à cause de sa sexualité.

Pareil que tout ce qui ne se dit pas, des regards insistants, des silences, et de toute cette partie de la population qui pense que l'homosexualité n'existe que dans les backroom dégueulasse, entre deux partouzes et des rails de coke bon marché.

Qu'on vous tolère déjà bien assez,vous les déviants, alors pourquoi réclamer plus? Cette jolie phrase entendue partout, tout le temps, pour toutes les causes. Pourquoi t'es féministe? En France c'est pas le pire, t'as vu la situation en Arabie Saoudite? En France, on vous respecte quand même!

Viens pas faire chier avec ton salaire en moins. Ne viens pas oser réclamer le droit de vote aux municipales, même si ça fait des décennies que tu vis ici. Paye des impots, des taxes. Aide à construire ce pays, mais ne viens surtout pas réclamer des droits en plus, sinon on saura te rappeler ta place.

Celle d'un sous citoyen.
Parce que c'est toujours mieux que ne pas être citoyen du tout, non?

Et tu vois bien que tu es différent, regarde comme tu n'es pas représenté dans les hautes sphères. Des hommes vieux et blancs, bon pères de famille surtout. Un, deux ou trois enfants. Une femme. Une famille. Un papa, une maman, t'entends?

Accepte qu'on te gerbe dessus depuis des semaines. Sur toi, sur ceux qui te sont chers. Sur tes amours passés, présent et futur. De la merde, tes amours. Sur ton supposé manque de valeur et de morale. Sur ta capacité à élever des enfants, qui sera surement aussi lamentable que ton mode de vie de suceuse héroïnomane, de goudou frustrée de bite.

Parce que sinon, la polygamie, l'inceste, l'insécurité, la fin de la France. A mort le cockring qui va faire chuter la civilisation.

Ne viens pas nous faire croire qu'elle et toi, c'est du sérieux. On n'y croit pas, ça manque d'homme pour assurer la solidité du couple. Va y, embrasse ta copine que ça nous fasse un peu bander, ça nous changera de taper "lesbian" dans youporn. Mais ne viens pas réclamer des droits pour ton couple, on sait bien que vous n'avez pas trouver la bonne queue, c'est tout, vous les lesbiennes.

Et n'osez pas me faire croire que votre couple de pédales vaut aussi bien que mon couple marié. Et qui fait la femme hein? Parce que c'est ça qui nous inquiète, qui nous affole, qui nous fascine plus que ta propre vie à toi. QUI.FAIT.LA.FEMME? Hein? Dites nous! Qui nous fait l'affront de prendre la place de cette personne qu'on dénigre ici en France depuis le stade génital. Qui a l'audace d'être pris et de ne pas prendre?

Et ce genre d'immondices va encore avoir la belle part pendant deux semaines. Encore plus fort. Encore plus loin. Les prières de Civitas dans la rue, et l'Assemblée Nationale et ses cravates qui sauront dire de beaux discours alarmistes pour faire trembler le contribuable dans ses habits d’honnêtes hommes.

Alors, en échange à cette partie de la société qui nous fout la gueule dans la boue jusqu'à nous asphyxier, je propose l'humour. L'ironie. De la puérilité. La sucrerie de dragées joliment présentée dans de la tulle.

Les dragées dans un ballotin, le ballotin dans une enveloppe, l'enveloppe dans la boite aux lettre.

L'adresse :

Parti Chrétien Démocrate


38 rue de Berri – 75008 PARIS

Et toute cette violence ne sera bientôt qu'un vilain souvenir. Tenace, rancunier, mais un souvenir qui, comme son nom l'indique, fera parti du passé.
Enfin.

(Et oui, je sais, beaucoup de vulgarité pour ce retour sur le blog, mais je ne vois pas comment on peut écrire poliment quand on nous crache des molards visqueux de haine dans la bouche depuis si longtemps).

Posté par Dame Fanny à 19:11 - Commentaires [4] - Permalien [#]



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