Café langues de putes

25 janvier 2016

Le cas Céline Dion : Sois belle et tais toi

Le blabla avant le sujet qui fait "De tracer d'là j'compte, c'est l'âge con et là j'ai l'impression d'être en retard Il serait peut être temps de passer la seconde"

Petite astuce : Devenez membre du site deslettres.fr (C'est gratuit et c'est pas un article sponsorisé putain merci arrête de détruire la confiance qu'il y a entre nous merde) et ça vous enverra quatre fois par semaine des lettres et correspondances de personnes connues et moins connues. Genre Boris Vian. Et outre le fait qu'il est fort probable que je tombe amoureuse de lui très prochainement (je vais bientôt me pencher sur l'ensemble de ses oeuvres), j'ai pu apprendre deux choses :

1 : Il était pas mal du tout.

intro

Hey sexy lady, I like your flow

 

 2 : Il écrivait des lettres où il était très malpoli, très vulgaire, très come here rude boy, boy can you get it up:

"Linard, je vous le dis tout net, j’ai tenté avec vous la franchise, la tendresse, les bons sentiments ; mais rien ne s’accroche à votre coeur glissant comme un savon caduc mouillé de sperme. Linard, je serais ferme : à la première tentative que vous ferez de me rapporter cette guitare, je vous sonne. Et à coups de pompes dans les molaires, procédé que je répugne d’ordinaire à employer sinon avec les chevaux."

"votre coeur glissant comme un savon caduc mouillé de sperme"

L.A.M.O.U.R

 

Sujet du jour :

Le cas Céline Dion : Sois belle et tais toi

 

Point culture : Ce mois-ci, ça sera l'anniversaire du centenaire du début de la bataille de Verdun, qui a commencé le 21 février 1916.

Je répète : 1916, c'était il y a cent ans.

Il

Serait

Peut

Etre

Temps

D'arrêter

De

Se

Comporter

Comme

Des

Trous

Du

Cul

Du

Siècle

Dernier.

(Calligrames, Guillaume Apollinaire)

(Ou presque)

 

C'est quoi l'embrouille aujourd'hui?

L'embrouille, c'est qu'on a encore du boulot pour virer le sexisme des sociétés, des propos, des modes de vie et des cerveaux. Il est encore bien imprégné dans chacune de nos cellules, dans chaque connerie prête à être dite, prête à être pensée. On l'a toujours à l'intérieur de nous, et malheureusement on le véhicule.

Putain, on n'a pas encore fini d'en chier.

Aujourd'hui, on va parler de Céline Dion. C'est pas très fréquent ici mais il faut savoir s'adapter.

Donc on est parti pour un point Québec :

BLA6

Photomontage Summer '15 rien que pour toi bébé

 

Céline Dion a perdu son mari dernièrement. Tout le Canada était donc très triste, et même le premier ministre canadien Justin Trudeau a exprimé ses "sympathies les plus sincères à la famille et aux proches de René Angélil" (je parle du premier ministre uniquement pour pouvoir constituer mon article entièrement de gif de cette personne, j'assume).

soupir

Et de un.

#CoeurAvecLesDoigts

Donc le mari de Céline Dion est mort. Et comme si ce n'était pas assez, son frère est mort aussi. Ça fait plutôt beaucoup.

Surtout quand on se mange des commentaires dans des tweets aussi con que celui ci :

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Moi, ce genre de bouffonnerie, ça me donne juste envie de sortir mes citations spéciales "rap français" pour placer celle là "Tous ces connards dans la pub, dans la finance dans la com’, dans la télé, dans la musique, dans la mode. Ces parisiens, jamais content, médisants, faussement cultivés, à peine intelligents".

Ça fait du bien quand c'est dit.

Reprenons.

C'est très symptomatique du problème du sexisme qui malheureusement nous fait encore bien chier en 2016. Il s'agit d'injonctions permanentes visant à nous ordonner d'être toujours le plus présentable possible. Maquille toi bien. Assez pour ne pas avoir l'air négligé, pas trop pour ne pas avoir l'air d'une salope au rabais. Habille toi avec goût, pas trop stricte pour ne pas passer pour une coincée frigide, pas trop sexy pour ne pas provoquer le désir chez les hommes. Coiffe toi. Fais des régimes pour ne pas être trop grosse. Mais aie des formes parce que les vraies femmes en ont.

Sois belle.

Sois belle.

Sois belle.

Même quand tu enterres ton mari, meuf. Même quand t'as juste envie de te rouler en boule et pleurer. N'aie pas l'air vieille surtout, merde, on te regarde. Je m'en fous que tu sois en deuil, je m'en fous que tu souffres.

Sois présentable. Sois respectable. Sois baisable.

Baisable même si tu chiales. Baisable même avec de la morve et l'envie de crever. Respecte moi et fais attention à toi.

Je m'en fous que tu chiales du moment que tu fais toujours bander.

C'est juste un cas isolé, ce tweet?

Bien sur que non, on le sait.

Et je parle là d'un journaliste avec plus de 26 000 followers et qui n'a pas du tout compris pourquoi les gens étaient tellement méchants avec lui.

2

#MondeCruel #DurchDenMonson

 

Du coup, une personne de bon goût et avec un magnifique combishort primark lui a répondu :

 

3

 

Et à force de réponses dans le même genre et d'avalanche de critiques, le tweet de Jean Michel Journaliste a fini comme ça :

tweet indisponible

Est ce que tu m'entends hey oh

 

Yeah yeah, encore une victoire écrasante des troupes feminazies.

On passe à autre chose?

Justement non, j'aimerais bien revenir sur cette micro histoire.

J'en profite encore pour utiliser ce qu'on me dit sur twitter dans un article. Etant donné que mon tweet a été un peu partagé, je me suis donc retrouvée une nouvelle fois avec du troll anti feministes/femmes/bouhouhou vous êtes méchantes. Généralement, je me fous un peu de me faire insulter sur les différents réseaux sociaux mais là, j'ai trouvé ce tweet intéressant : 

 

4

#FrançoisBayrouDuFeminisme

 

Il y a deux choses à retenir dans cette réponse, et qui montre bien quelque chose de récurrent dans le sexisme.

Tout d'abord, il y a cette négation qu'on retrouve absolument partout quand on dénonce quelque chose. Non, ce n'est pas sexiste. Non, ce n'est pas raciste. Non, ce n'est pas contre les personnes handicapées. Non, ce n'est pas une histoire d'orientation sexuelle.

Non. Non. Non.

J'ai l'impression que lorsqu'une attitude est discriminatoire, il faut qu'on la subisse mais il faut aussi qu'on en apporte des preuves.

En clair, les autres sont cons, mais en plus je dois pointer du doigt où et comment ils sont cons, sinon ils ne pourront tout simplement pas s'en rendre compte.

Sérieusement?

Je veux dire, allez vous venir pleurer à chaque fois qu'on dénonce quelque chose parce "C'est pas grave", "Ça aurait été pareil avec un homme", "Ilyadescausesplusimportantes" et autres "not all men"? Genre pour l'éternité, on va se taper un remake de Baudelaire en mode c'est le retour "des esprits errants et sans patrie qui se mettent à geindre opiniâtrement"?

Chaque.

Putain.

De.

Fois?

Je pars pour principe que je ne suis enseignante que dans le temps réglementaire où je suis payée. C'est à dire que je ne suis pas là pour vous éduquer, et je trouve que tout type de tentatives de venir chouiner, chialer, pleurnicher est une perte de votre temps, et du mien par la même occasion. C'est de la pollution de chaque putain de fait sexiste dénoncé.

Grossièrement dit, ça me casse les ovaires mais on n'est pas dans un clash entre Booba et Rohff donc je prends rarement la peine de répondre. Mais je constate les mêmes similitudes entre toutes ces interventions.

Et ça me désespère un peu.

De plus, je prends un peu de temps pour parler de cette expression qui me pose problème :

"Il faut se calmer".

C'est tout l'enjeux qu'on retrouve avec les luttes contre les discriminations. Cette fantastique et incroyable fascination de faire passer l'autre pour une "hystérique" ou pour quelqu'un qui n'est pas maître de ses émotions.

Qui s'emballe, qui en fait trop, qui a ses règles, qui n'a pas la tenue exemplaire d'un homme, qui se comporte comme un enfant, comme une personne dépourvue de maturité émotionnelle. Et donc qui a un avis qui ne peut être aussi important que celui qui garde son calme.

Évidemment qu'il garde son calme, ce n'est pas lui qu'on discrimine à longueur de putain de journée.

C'est plus facile, la vie comme ça.

Et j'ai personnellement un peu du mal avec cette expression, "il faut se/te calmer". La dernière fois qu'on me l'a dit, c'est la seule fois où une personne avec qui j'étais en couple a voulu lever la main sur moi. C'était pour que je me calme, parait-il. Sûrement n'y avait-il pas d'autres moyens pour que j'entende raison que de me retrouver par terre. C'est peut être encore cette supposée "hystérie" qui nous anime toutes et qui nous dépossède de notre faculté de raisonnement. Et qui oblige ensuite l'autre à ce genre de comportement. Je ne sais pas.

(Mémo utile : Ce n'est pas jamais de ta faute. C'est toujours de la faute de celui/celle qui te fait du mal, peu importe le mal dont il s'agit. Qu'ils aillent tous et toutes se faire cuire le cul. Tu mérites le meilleur dans cette vie. Tu mérites qu'on t'aime et qu'on fasse attention à toi, tu mérites d'être heureuse/x)

Ok

#Poutine

Bref.

On m'a demandé de me calmer parce que j'avais écris deux tweets.

Deux.

Sur un compte twitter privé, sur un réseau social dont le but principal est de communiquer.

Deux messages et c'est déjà un temps de parole trop monopolisé. Tu imagines un peu le truc? Tu imagines un peu tout ce que ça sous entend sur la place de la parole féminine?

Quand on regarde les statistiques publiés par le Haut Conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes, on s'aperçoit que "en 2011, il y a 18% de femmes parmi les expert-e-s invité-e-s dans les émissions de télévision, de radio ou encore les principaux hebdomadaires. A la radio, le temps de parole des experts hommes est de 25 minutes contre 1 minute 35 pour les expertes femmes." (SOURCE).

Ça pue un peu, non?

Ça me fait penser à twitter où je parle parfois/souvent de mon métier et de tout ce qui l'entoure. Et je me suis permise l'autre jour de faire une mise au point après une énième réflexion pas forcement méchante mais assez significative sur comment je devais m'y prendre pour faire mon métier. Et une tentative de mansplaining sur la langue que je pratique au quotidien. Je me suis donc permise de dire ça :

specialiste

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#jresteghetto

Et vraiment, je vous encourage à l'ouvrir et à prendre du temps de parole. A revendiquer votre connaissance dans tous les domaines qui vous touchent et que vous maîtrisez. Le temps de parole ne sera jamais donné, il sera pris. Et c'est chiant, c'est long et on n'a pas envie. Mais même si on veut nous le faire croire, rien n'a jamais été donné dans les luttes contre les discriminations, tout a été pris par des combats, encore et encore.

Im focused on you

#OhYeahJustin

 

Ce qui me fait vraiment marrer aussi (enfin, qui me donne envie de me ronger les poignets plutôt), c'est qu'on reproche au féminisme de monopoliser la parole mais également de ne pas la prendre.

Exemple.

Un journal que je ne citerai pas parce je n'ai pas envie de leur faire de la pub, s'est permis une Une dans ce genre :

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Et ta mère?

 

Donc "Validité Présentement" a trouvé malin de venir chouiner qu'on ne parlait pas assez.

Est ce que ça donne envie de casser des rotules et autres prothèses de hanches?

Oh oui.

L'injonction paradoxale de la fermer et en même temps de l'ouvrir. Notons bien qu'il s'agit là de l'ouvrir afin d'alimenter des propos racistes sur la dangerosité des migrants. On ne parle pas vraiment de la sécurité des femmes, on parle juste de ces affreux barbares qui leur feraient du mal.

Parce qu'ici, dans notre beau pays, on ne leur en fait pas du tout, n'est ce pas? Et les 83 000 viols ou tentatives de viols par an seraient le fait de 83 000 migrants et autres personnes de nationalités non-françaises, c'est ça? (Source).

Mais les statistiques nous disent que 83% des agresseurs sont connus des victimes. 

Alors quoi?

Donc chère Validité Présentement, si vous écoute bien, il suffit donc que je n'adresse la parole à aucune migrant pour ne pas me faire agresser, c'est ça?

On n'utilise pas la souffrance d'autrui pour pouvoir bien se branler sur ses pensées racistes.

On n'utilise pas la cause féministe pour pouvoir écraser un peu plus les minorités.

Je ne me sens pas coupable de ne pas avoir parlé de Cologne. Je n'attends pas qu'un journal poussiéreux me donne mon diplôme de "fidèle féministe 2016". Nous n'avons pas besoin de vous pour pouvoir parler, nous ne vous reconnaissons pas cette autorité. Surtout que si vous cherchez à culpabiliser des gens par rapport au féminisme, il faudrait peut être balayer devant sa porte.

Non?

 

ou sont les femmes

Ou sont les femmes, femmes, femmes

Où sont les femmes?

 

Surtout quand on ne compte que 23 femmes sur une équipe de 74 personnes. Ça fait un peu tâche, à vrai dire. Ça ne fait pas très sérieux au niveau de l'engagement qu'on n'aurait pour lutter contre la discrimination et le sexisme, non?

Je finirai mon article en rappelant que oui, le sexisme est toujours là. Les sociétés changent petit à petit, mais il y a encore du travail à faire. Petit-à-petit, il est important de ne pas laisser passer des choses qui viendraient nous conforter dans nos habitudes discriminantes vieilles et usées, encore présentes et très utilisées.

Prenez la parole, prenez la toute entière. Prenez la même si vous n'êtes pas sure, ou même si on vous dit de vous taire.

Surtout si on vous dit de vous taire.

N'écoutez pas ceux qui voudraient donner des leçons en ne respectant même pas l'égalité et la parité dans leurs administrations.

On a besoin de vous entendre, sur tous les sujets, même les chiants. Je voudrais plus d'expertes, plus de femmes spécialistes et plus de diversité.

Plus d'égalité.

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#JustinTrudeau2017

 

Peut être que comme ça, on se retrouvera de moins en moins avec des spécialistes des médias capable de venir critiquer les choix vestimentaires d'une femme en deuil.

Peut être que ça sera la dernière fois qu'on lit des choses aussi connes re retrogrades devant un cercueil.

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03 janvier 2016

Cyber harcèlement et sexisme : On commence bien l'année

Le blabla avant le sujet qui fait "Tu parles de quoi ? J'te parle de moi, j'te parle de faire des choix Si tu renonces à rien tu choisis pas faut que j'me barre de là":

 

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En ce moment au cinéma, il y a Le pont des espions. Allez le voir. Genre, pour de vrai. Spielberg à la réalisation et les frères Coen au scénario, il vous faut quoi de plus?  Et si vous voulez vraiment écouter quelqu'un en parler, allez regarder la critique de Yannick Dahan dessus (ICI).

Ça parle de la guerre froide et du fait de tenir debout avec ses principes, même seul. Surtout si on est tout seul. Et que "Every person maters", tout ça, tout ça.

Bref, je suis donc maintenant en train d'acheter plein de livres sur la guerre froide (GNII lui il parle d'Histoire et de Sciences Humaines, putain filez moi un lexomil) et de reprendre mes manuels d'allemand.

Et c'est l'un des voeux que je rajouterai à ma vidéo de l'autre jour :

Tombez amoureux, oui.

Mais n'oubliez pas d'être curieux.

Des petites choses, des grandes choses, des autres langues, des moments de l'histoire ou des biographies de personnes célèbres ou moins célèbres. Et même surtout de celles des gens pas connus, à vrai dire. Et je ne parle pas d'acquérir de la culture pour pouvoir se toucher dessus en soirée. Mais tu vois, l'autre jour, j'ai appris que pour dire "ampoule" en allemand, on disait Glühbirne et d'après ce que j'ai compris, c'est composé de "Glühen" (être incandescent/rougeoyer/enfin tu vois le genre, ich bin pas ta mère) et "Birne" (poire).

Donc en allemand, ampoule se dit POIRE INCANDESCENTE REGARDE COMME C'EST TROP MIGNON BORDEL.

(Maintenant ok, tu peux te la péter en soirée #DeRien)

 

Sujet du jour :

 

 Cyber harcèlement et sexisme : On commence bien l'année

 

Je croyais qu'on avait pris des résolutions pour 2016. Moi, par exemple, j'ai dit que j'allais écrire plus, filmer plus, et reprendre la guitare (ouais, dans six mois, je suis une rock star et je couche avec ta meuf).

Et j'ai surtout pris comme nouvelle résolution d'être moins conne.

Parce que j'avais du level cette année.

En exemple, voici "Dame Fanny souhaite un merveilleux et joyeux Noël à son pote qui est juif et qui ne le fête donc PAS" et "Dame Fanny essaie de couper le rideau de douche" : 

bienouej

 La. Souffrance.

 

Et je pensais que c'était une résolution mondiale, d'être moins con. Mais je me plantais un peu.

Qu'est ce que j'ai vu apparaître sur les réseaux sociaux avec les premiers jours de l'année?

De la merde.

Un joli et merveilleux cas de slut shaming et de cyber harcèlement. Youpi, on est aussi con en 2016 qu'en 2015.

L'histoire :

Une jeune fille de dix sept ans a couché avec un jeune garçon dans une salle de bain, à une soirée.

Ouah, l'intrigue de malade, le truc que personne n'a jamais fait.

Problème :

Une personne a trouvé ça malin de les prendre en photo durant l'acte, de le publier sur snapchat, et même d'envoyer la dite photo au père de la gamine sur facebook. Clap clap clap, on a du haut niveau en matière de connerie.

Depuis, le snap tourne sur les réseaux sociaux qui se sont empressés de relayer le truc parce que "hihihi c'est rigolo".

 

Voici le snap en question qui a tant fait parler de lui:

 

 

Piège

TADADAM C'ETAIT UN PIEGE.

On a dit d'être curieux, pas con.

 

Bien sur que non, je ne vais pas afficher cette photo sur le blog. Tout comme je ne dirais ni le nom ni le prénom de la jeune fille. Tu noteras bien la subtilité qui fait qu'elle seule est emmerdée par l'affaire, pas le garçon. Évidemment.

Et j'en profite pour dire que le hashtag #SupportPrénomDeLaJeuneFille que j'ai vu circuler n'est pas le truc le plus malin qui puisse exister. Ça part d'un bon sentiment, c'est sur mais si ça permet de continuer à donner des informations sur son identité, c'est peut être un peu ballot.

Qu'est ce qu'on a pu voir sur Twitter à propos de cette affaire?

On a pu voir que la plate forme a mis du temps avant de se bouger le cul pour faire disparaitre le hashtag. Il a fallu beaucoup de signalements, et beaucoup d'efforts de la part d'utilisateurs avant que ça ne bouge.

On a vu du soutien aussi, de la part de beaucoup de jeunes. Ce que je trouve positif, ça pourrait montrer une certaine evolution des mentalités. Youpi, sonnez les trompettes, on avance.

Et puis, on a vu le reste.

Oh, comme d'habitude.

Du slut shamming de merde. Extraits :

Sans titre

tweet

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Oulala, n'en jetez plus.

C'est marrant tout ça, de voir qu'on continue à cracher sur la gueule des filles qui choisissent leur sexualité. Surtout quand, deux mois auparavant, on se tartinait la gueule de bon sentiments pendant que l'attention mondiale était sur nous.

Moi, je croyais qu'on devait se tenir debout pour lutter face aux vilains terroristes qui attaquaient notre "mode de vie"?

Non?

Ce qui est encore plus étonnant, c'est que j'ai retrouvé exactement les mêmes propos dans Le Pont des Espions que j'ai vu hier, et qui se passe dans les années 50 - 60. Le méchant, c'est toujours celui qui est envieux de notre mode de vie, le salaud.

Curieux, curieux, curieux.

Donc notre mode de vie, c'était "les terrasses et les françaises libres et belles et baisables et sexuelles", c'est ça? Ce mode de vie que tout le monde nous envie et qu'on défend farouchement?

 

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Tu parles.

Dès qu'on soupçonne la moindre fille d'avoir une relation sexuelle, on la traite de pute et on est à la limite de reprendre les fourches et d'aller la foutre au bûcher.

Encore.

Alors, on lui reproche quoi à cette jeune fille?

 

1. On lui reproche d'avoir eu une relation sexuelle dans un autre endroit qu'un lit.

Êtes vous sérieux?

Qui n'a jamais rien fait de sexuel dans une soirée?

Qui n'a jamais couché que dans un lit? Qui n'est jamais sorti de la chambre pour faire des perversités dégradantes ailleurs? Qui n'a jamais essayé dans la salle de bain? Qui ne s'est jamais cassé la gueule dans cette putain de baignoire qui glisse toujours trop? Qui n'a jamais réalisé que coucher sous la douche, c'était sympa mais c'était quand même un peu chiant pour respirer parce qu'on n'est pas waterproof yellow submarine? Ou qui n'a jamais compris qu'être assise sur le lavabo, ça allait permettre de réaliser le fantasme de coucher debout (soyons sérieux, se faire porter pendant n'arrive pas aussi souvent que le cinéma essaie de nous le faire croire, RIP mes fantasmes d'ados)? Qui n'a jamais couché dans le salon, dans la cuisine, dans une piscine, à la mer, avec des amis dans la pièce à côté, sur son lieu de stage, dans des archives, dans un autre pays, dans des toilettes, dans une voiture, chez un(e) inconnu(e), à l'hotel, par terre, contre un mur, sur une chaise, sur un fauteuil de bureau, sur un fauteuil électrique, sur un canapé, sur un toit, dans un grenier (je suis à court d'idées)(mais je vous fait confiance, je suis sure que vous avez les moyens de poursuivre cette liste)(#PerversionEtAbomination).

 

2. On lui reproche d'avoir fait ça avec un inconnu dans une soirée.

On n'en sait rien. Ils étaient peut être en couple, c'est peut être son mec, c'est peut être juste un coup d'un soir, c'est peut être l'amour de sa vie, c'est peut être un plan cul. On n'en a pas la moindre idée.

Et j'ai bien envie de dire : On s'en balance.

Que celui ou celle qui n'a couché qu'avec une seule personne dans toute sa vie lui jette la première pierre.

Ah oui, merde.

On est tous dans le péché. Sauf peut être ma grand mère qui me rabâche qu'elle n'a jamais connu que mon grand père. Mais elle est née en 1930, elle est genre un peu tellement vieille qu'elle a connu Hitler (par personnellement c'est bon, Ich bin pas des nazis dans la famille). Et tu vois, je discutais avec elle l'autre jour, et je lui parlais d'une relation que j'avais eu et on a eu ce dialogue :

- "Blablabla j'avais rencontré ce garçon d'Alaska avec qui j'ai eu une aventure pendant son tour de l'Europe mais blablabla détails pas intéressants.

-Ooooh, s'exclama mamie, tu couches vraiment avec n'importe qui!

-Non, répondit-elle, je ne couche qu'avec les gens qui sont jolis. (rire du public)(+ 2 points pour la rime)

-.....Tu as raison, accepta la vieille dame, je suis un peu vieux jeux!"

Ma grand mère a 85 ans. Si vous avez un avis qui est plus dépassé qu'elle qui est quand même over vieille, il ne vous reste plus qu'à aller rejoindre la manif pour tous.

Vous vous y sentirez chez vous avec leur morale de vieux, leurs avis de vieux, leur conception de la vie de vieux, et toutes les conneries qu'ils peuvent affirmer sur ce qui est bon ou pas de faire, et sur l'effondrement de la civilisation qui nous pend au nez à cause de notre perversité (Et putain, depuis le temps qu'on nous le promet, j'aimerais bien que tout s'efffondre dans un joyeux bordel pour qu'on puisse enfin reconstruire deux trois trucs plus égalitaires par dessus).

 

3. On lui reproche parce que nous hein, on n'aurait jamais fait ça à son âge.

Vous êtes vieux.

Vieux.

Vieux.

Et encore vieux.

Le problème, c'est encore et toujours ce slut shaming à propos de l'idée que les femmes ne peuvent pas être libres de leur sexualité. Je connais pas de phrases plus exactes que les paroles de "Bloqué" qui disent T'aime ta meuf parce que c'est pas une traînée Tu trompe ta meuf parce que c'est pas une traînée. On en est encore là, et putain va-t-on encore longtemps faire grandir les adolescents dans cette chrysalide de pensées rétrogrades?

Nous sommes les exemples à donner. Nous sommes les modèles vers lesquels ils tendent, sur lesquels ils s'appuient pour se façonner. Donc si on reste comme des cons à lyncher la sexualité d'une adolescente, comment voulez vous qu'on change d'un iota (#ExpressionsDeVieille) leur façon de penser?

Si on hurle avec les loups dès qu'on voit quelque chose dépasser du cadre?

Si nous même, on se fait avoir au jeu du sexisme et qu'on se permet de les juger du haut de notre prétendu âge adulte?

Celui qui reste encore flou pour nous, où on paye des impôts mais qu'on continue à se déguiser pour aller voir Star Wars? Cet état d'adulescent respectable et toujours un peu inconscient, où on a des gueules de bois encore monstrueuses, des peines de coeurs affreuses, des fêtes qui finissent tard, des histoires merveilleuses, des amitiés nouvelles et celles dont on se sépare, des fous rires à en pleurer, nos loyers à payer, nos insécurités dans le miroir, la fierté parentale qu'on n'aura jamais vraiment comme on voudrait, tout ce qu'on fait et que la morale réprouve, ce qui nous fait rougir en réunion quand notre esprit s'égare, et ce qu'on finit toujours par avouer devant des verres avec notre entourage qui nous approuve.

Nous sommes les mêmes personnes que ces deux adolescents chopés dans une salle de bain. Nous ne sommes ni mieux, ni moins bien. La seule différence notable qu'on a avec eux, c'est qu'on a eu la chance de grandir sans réseaux sociaux. Sans smartphones pour tout enregistrer, photographier, publier. On n'était pas plus intelligents, on n'avait juste pas la même technologie. Et je suis certaine que ça nous a sacrement sauvé la vie. Quand je vois la tête des appareils photos qu'il fallait se trimballer. Qui était lourds, qui nécessitaient un câble pour les relier à un ordinateur. Et puis, surtout, il fallait aussi la connexion internet qui allait avec. On était loin des iphones et des androids de maintenant, tout était plus lents et nos conneries trop rapides pour être attrapées.

Preuves de nos anciennes technologies contenant des photos dossiers, warning warning warning:

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Ce qu'il ne fallait pas faire à l'époque pour faire un selfie

PS :Oui, c'est bien un bonnet reggae, non, tu n'as pas besoin d'en savoir plus.

PPS : Oui pour les plus attentifs, je ne me vernissais pas tous les ongles #REBELLION

 

Et pour les téléphones, c'était la même. Je ne pense pas qu'on aurait pu faire quoi que ce soit des photos qu'on prenait avec nos portables de l'époque. Photo dossier, deuxième :

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TMTC les vrais amis et les merveilleux téléphones à clapet 

(+ les mitaines parce que j'écoutais Linkin Park ouais ouais)

 

On était pareils, mais peut être plus chanceux parce qu'on n'avait pas le monde entier à portée de main. Quand je me souviens de la gueule de mes statuts msn de l'époque, je me dis que c'était vraiment une chance de ne pas avoir eu facebook, twitter et tout ces outils merveilleux quand on a suffisamment de recul pour s'en servir au mieux.

Donc c'est facile de venir se foutre de la gueule des plus jeunes quand on n'a pas vécu notre adolescence de la même façon. Pas la même visibilité sur internet, pas le même accès au sexe, pas de possibilité de preuves aussitôt prises, aussitôt mises en ligne, likées, retweetées, partagées. Tes conneries adolescentes que tu as le droit de faire, en mode trending topic sur Twitter parce que les gens sont cons et qu'ils ont maintenant le pouvoir de le montrer. Comme si on n'en avait pas fait nous, des actes honteux qu'on aimerait bien oublier.

A l'adolescence, je roulais ma première pelle à 15 ans à un apprenti rugbyman à un mariage (#GrandirDansLeSudOuest). J'étais pas encore sexuellement active, pour plein de raison. Le max que j'ai pu faire en terme de scandale, c'est de me faire plaquer sur msn (#vieux) et d'embrasser un nouveau garçon le soir même. Ça avait été rapporté à celui qui m'avait quitté, et ça avait fait le tour du lycée le lundi matin. J'étais passé pour une fille facile à l'époque, et ça avait été affreux. Donc t'imagines un peu à quel point on ne jouait pas dans la même catégorie.

J'ai l'impression de parler vraiment comme une vielle conne, mais la donne a changé en dix ans. Ce n'est pas l'écart d'une génération, mais c'est assez important pour qu'on apprenne au moins à ne pas juger ce qu'on ne connaît pas. On n'a pas le même accès aux informations sur le sexe, et toute la pression qui en découle. On ne vit pas tout à fait l'entrée dans la sexualité de la même façon, même si je rejette ce discours qui dit que "ohlala les jeunes de maintenant, on était mieux avant". Non, on n'était pas mieux, on était différent.

Ce qui serait important maintenant, c'est de pouvoir avoir le rôle d'adultes bienveillants. Et de ne pas rentrer dans le jeu de la diffusion d'images à caractère pedo-pornographique, ça serait bien. Ca nous rendrait pas moins vieux, mais ça permettrait de rappeler que le monde des adultes n'est pas rempli de requins.

Et puis moi, je me permettrais juste de rappeler que si on conserve, diffuse ou laisse diffuser au public l'image d'une personne prise dans un lieu privé sans le consentement de celle ci, ça peut aller jusqu'à 45 000 euros d'amende et un an d'emprisonnement. Parce que la loi, c'est pas juste fait pour faire beau. Et ça me fatigue tout ça, d'avoir à rappeler le cadre légal parce qu'on est encore trop cons dans cette nouvelle année.

Et qu'on la commence avec du sexisme et du cyber harcelement sur une ado parce qu'on n'a rien de mieux à foutre dans nos vies creuses et insignifiantes.

Parce qu'on n'a pas encore appris la leçon, pas encore compris l'intérêt de changer des pensées retrogrades qui nous gangrènent et nous freinent jusqu'à l'amputation.

Nous sommes le 3 janvier 2016, et je finirais cet article en posant cette question :

 

Putain alors, c'est quand qu'on devient grand?

 

 

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31 décembre 2015

Finir l'année avec une vidéo

 

(Pour ceux que ça interesse, le LPC ou Cued Speech : ICI ou ICI en français)

 

Je vous souhaite plein d'amour, et un reveillon pas trop nul.

Soyez heureux, bordel.

Bisous

Dame Fanny

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14 décembre 2015

Avoir bientôt trente ans : Etre seule

Le blabla avant le sujet qui fait "Do you miss me, Miss Misery":

Je me suis rendu compte qu'à force de repousser à plus tard le fait de répondre aux commentaires/mails, je ne le faisais jamais. Ne vous étonnez donc pas de recevoir prochainement des réponses mille ans après.

Ps : Je vous aime grave, vous et vos petits mots d'amour putain.

 

 

Sujet du jour :

Avoir bientôt trente ans : Etre seule

 

Il était une fois. Votre magnifique et fantastique dévouée pour qui le calme n'est vraisemblablement pas réservé. Et qui, au détour d'une conversation téléphonique avec les hautes autorités paternelles, constituée de monosyllabes de sa part "oui, hum, oui, non, oui, ouais c'est bientôt les vacances c'est cool, oui, oui, humhum" (Ça, ça veut dire "Hey, j'ai envie de raccrocher, laisse moi partir please") s'est vu assener la sublime phrase suivante :

 

"Tu dois te trouver quelqu'un maintenant, tu n'as pas de sens à ta vie."

 

Hum.

Greys-Anatomy

(Cet article sera entièrement constitué de gif de grey's anatomy

Parce que fuck yeah Rock'n Roll bitches)

Ce sont les dépassements d'honoraires de ma psy qui ont été content, sur ce coup là.

Donc je pense qu'il est temps de faire un petit bilan sur ce qu'il est possible de dire, ou non, à autrui.

Concernant la vie sentimentale des gens que vous aimez (les autres, on est bien d'accord, on s'en branle)(sauf les gens qu'on n'aime pas, eux on peut parler de leurs vies jusqu'à ce qu'on crève de vieillesse), il est possible de dire deux choses quand on a vraiment envie/besoin de se mêler de la vie de son entourage :

1 : J'aime bien ton mec, j'aime bien ta meuf, je le trouve bien, honnêtement on l'aime bien et c'est un avis du groupe en général, elle est sympa, elle a l'air amoureuse de toi c'est chouette, je trouve que vous allez bien ensemble, je suis content pour toi, ça me fait plaisir de te voir comme ça, viens on va boire.

2 : Écoute, je sais pas comment te dire ça mais est-ce que t'es vraiment heureux avec elle ? Est ce que tu es bien avec lui? Je suis désolée mais je le sens pas, et ça me coûte de te dire ça parce que je ne veux pas qu'on se dispute mais je te sens pas heureux, je sais pas, je trouve qu'il te traite pas bien, je trouve qu'il fait pas d'efforts pour être dans ton monde à toi, je trouve que tu t'occupes trop d'elle et pas de toi, je sais pas comment te dire ça, et peut être que je me trompe mais est-ce que tu es vraiment heureuse en ce moment? Ou est ce que tu restes avec lui par habitude ou par peur, mais je trouve que tu vaux tellement mieux et que tu mérites quelqu'un de plus, de moins, je sais pas. Viens, on va boire.

Soyons bien d'accord que la deuxième alternative est une sacré merde et que vous n'allez pas du tout aimer faire ça. Et que vous risquez de perdre votre ami si celui/celle ci trouve que vous dépassez les limites. Ce qui est vrai. Mais merde, putain, fait chier, ça fait des années que je te vois avec ce mec et je trouve qu'il ne te rend pas heureuse et que tu mériterais d'être avec quelqu'un qui t'apporte tout ce que tu voudrais et que J'AIME PLUS QUE LUI BORDEL JE L'AIME PAS LUI.

Ou vous pouvez choisir de chouiner sur votre blog en esperant que ça marche. Taux de réussite : 2%.

giffffr-(3)

 

On aime tous se mêler de la vie des autres. C'est humain, ça nous fait de la conversation quand on est au pub, on n'est généralement jamais d'accord avec les choix qui ne sont pas les notres, et c'est cool. J'aime personnellement réussir à mettre des gens ensemble, comme si on était en 5°B. Le dernier couple où j'ai un peu aidé à forcer le destin n'est qu'amour et projets en ce moment, tu peux pas imaginer comme je suis contente. Inconvénient : Si le couple se sépare, il y a des grandes chances pour que ça te retombe sur la gueule. Grave. Testé et approuvé.

Reprenons.

La vie sentimentale d'autrui, c'est fun. Ça fait de quoi discuter, y'a toujours un truc qui va, ou justement un truc qui ne va pas. On peut parler de cul, d'amour, de sentiments naissants ou disparaissants, de projets, de mariage, d'enfants, de non désir d'enfants, d'emmenagement commun, de maison, de chien, de belle mère adorable ou chiante à mourir, de pénis, de chatte inoubliable, d'épilation, de se faire ou non étrangler pendant, oui, mais non, mais si, mais si, de jouets, de mots doux, d'amour, d'amour, d'amour.

J'ai été en couple pendant presque dix ans. Dans deux relations, dont l'une très grande où il y a eu beaucoup d'amour, beaucoup de passion, de dimanche pluvieux à manger des muffins sous la couette en regardant des films d'horreurs, des repas avec des bougies partout, des mots d'amour sur les murs, des lettres, du sexe, des promenades mains dans la mains, des présentations aux parents, aux grands parents, aux copains, des projets communs, des déclarations, tout ce qui se fait normalement quand on est deux et qu'on est amoureux.

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Ouais, j'ai eu ça, mot pour mot. En VO dans le texte.

TMTC bitch, love is all.

 

Mon histoire s'est terminée pour plein de raisons qui me font dire que tu sais, on s'est vraiment beaucoup aimé et je te souhaite maintenant une gastro éternelle pour tous les jours de ta vie, et plein d'autres choses peu admirables comme des pertes de cheveux ou des varices à plein d'endroits du corps. Genre plein plein plein. Merci petit Jésus.

Mais j'ai vécu toute cette histoire, même si elle n'existe plus. Et c'était chouette, et c'était affreux, et c'était plein de sentiments différents et c'était ma vie à moi, et c'était ça le plus important.

Donc du coup, quand maintenant je commence à entendre des choses aussi connes que "On s'inquiète pour toi" parce que je suis célibataire, ça me laisse quelque peu perplexe. Surtout quand je l'entends dans d'autres histoires que la mienne, chez d'autres personnes qui ne sont pas en couple et qui sont proches de la trentaine.

S'inquiéter : Tenir compte de quelque chose, s'en préoccuper, s'en soucier, me dit le Petit Larousse.

Genre.

Sérieusement.

Se faire du soucis, éprouver de l'inquiétude, se faire du mauvais sang, flipper sa mère, avoir peur sa race.

Se faire du soucis pour quelque chose qui ne rend pas malheureux la personne concernée. Qui n'en éprouve pas de peine, pas de chagrin, pas d'inquiétude. Qui dit que tout va bien dans sa vie, que tout marche, qu'elle a un travail qu'elle aime et où elle a un peu l'impression de sauver le monde parfois, ou se sauver elle surtout, qu'elle a un appartement où elle se sent à la maison, des projets de voyages, des chats à la con, des amis fidèles, des passions, des choses à créer, des hobbies où se faire mal, des week end de fêtes, des conversations derrières des tasses de thé fumants puis tièdes, des gueules de bois, un roman à écrire, un manuel à faire publier, des idées à tester, des histoires incroyables à raconter, des gens à rencontrer, des étincelles, des peut être, des parfois, des jamais.

Et on se retrouve quand même à se faire du soucis pour quelqu'un qui n'a absolument rien demander. Parce qu'elle ne rentre pas dans la case qui existe pour toute personne qui va avoir trente ans, et qui ferait mieux de se bouger le cul à réfléchir plus grand sur comment faire des enfants, comment accéder au droit à la propriété et comment trouver l'homme parfait et le garder. Ah oui, parce qu'on parle bien de relation heteronormée, évidemment. Des efforts à faire pour trouver un conjoint, pour le garder, pour rester avec lui contre vents et marées. Même si on n'est plus heureux ensemble, même si on serait mieux tout seul. Rester, rester, rester.

Quand vous parlez de votre inquiétude complètement déplacée, complètement déphasée, vous rendez vous compte que vous devenez une part du problème bien plus grande que celui d'être en couple ou non. En rabâchant l'idée qu'il faut à tout prix être à deux, on rabâche aussi l'idée qu'il faut coûte que coûte être en couple, quitte à ne pas être heureux. Que c'est trop triste d'être tout seul, et qu'il vaut mieux serrer les dents et continuer dans des chemins où on est à deux, mais pas forcément mieux.

Vous êtes l'une des raisons pour lesquelles votre copine là, qui est en couple avec ce mec qui ne la rend pas heureuse, choisit de ne pas partir et de rester à s'enfermer dans une relation qui l'asphyxie. Parce qu'on ne dit jamais assez que c'est possible d'être heureux par soi même, qu'il ne faut pas avoir peur et que ça va aller.

Ça va aller.

Même si les autres t'emmerdent, même si les autres se mêlent de ta vie sous le prétexte de vouloir t'aider.

Ça va aller.

Le couple, c'est bien. Je suis vraiment mal placée pour dire que l'amour ne compte pas, qu'il faut faire attention à ce qu'on donne à l'autre, qu'il faut être dans la demi mesure et économiser ses sentiments, et qu'il faut doucement aimer. J'aime beaucoup, j'aime complètement. J'aime à ma façon, et mon dieu je pense que parfois, c'est fatiguant.

On est d'accord, l'amour compte beaucoup, et trouver des gens qui font sourire même quand ils sont absents, c'est quelque chose auquel il faut faire attention. Trouver quelqu'un qui te fout des papillons dans le ventre, on a rarement connu mieux. Je ne dis pas le contraire, loin de là.

Mais tu n'es pas l'amour qu'il y a, ou non, dans ta vie. Tu es plus que tout ça. L'amour a besoin de toi pour créer des histoires jolies à dire et à raconter. L'amour a besoin de toi dans ce monde pour exister.

L'amour, ce n'est pas le sens unique de ta vie. Le sens qu'elle doit avoir, il n'y a que toi pour lui donner. Pas un autre, pas une relation, pas parce quelqu'un à ta main dans la sienne ou reste à tes côtés. L'autre, c'est une valeur ajoutée, c'est merveilleux, mais ce n'est pas toi tout entier.

Ta vie, c'est tout ce que tu es. Pas tout ce qu'on te fait croire qu'il faut que tu réalises avant un âge donné. Aie des enfants, n'en aie pas. Marie toi, ne te marie pas. Emménage avec elle, ayez des appartement séparés. Soyez exclusif, soyez polyamoureux, soyez en relation libre.

Sois dans une relation qui te plaît.

Ou sois tout seul. Trouve toi, toi. J'ai l'impression depuis bientôt un an et demi depuis ma séparation, que je me trouve tous les jours un peu plus. Que, derrière chaque situation, j'apprends un peu mieux à me connaître. Je trouve ça absolument incroyable, je n'aurais jamais pensé pouvoir avoir toutes ces capacités là. Cette volonté d'aller voir ailleurs si j'y étais, de me balader moi et moi même partout, d'être chez moi dans chaque endroit qui me plaît, de m'assoir toute seule au comptoir avec un livre et un verre, et avoir même l'audace d'envoyer autrui balader.

Je ne veux plus qu'on s'inquiète pour moi.

Je ne veux pas qu'on s'inquiète parce qu'on fait des transferts sur moi que je n'ai absolument pas demandé.

Il y a assez de choses dans le monde pour s'inquiéter.

Moi, je m'inquiète du réchauffement climatique, de la montée des eaux, des progrès en français de mes élèves, de ne pas savoir assez de choses, de ne pas avoir le temps de tout apprendre sur comment marche le cerveau et la neurophysiologie du langage, de ne jamais savoir assez de langues, de perdre celles déjà apprises, d'avoir la maladie d'alzeimer un jour comme mon arrière grand mère, que les gens que j'aime meurent, que les gens que j'aime souffrent de maladie que je voudrais tellement pouvoir annuler, de l'hérédité qui me fait vraiment flipper, d'écrire un livre que personne ne voudra lire, qu'on veuille me lire justement et que j'ai trop peur de décevoir à nouveau et de ne plus jamais écrire, de ne plus jamais revoir quelqu'un à qui je tiens vraiment mais c'est vraiment compliqué. Je m'inquiète même sur des sujets sur lesquels je ne peux rien, je m'inquiète de savoir si oui ou non Saint Exupery ne se serait pas suicidé et qu'il devait être si triste et se sentir si seul la veille de sa mort quand il a écrit "Si je suis descendu, je ne regretterai absolument rien. La termitière future m'épouvante. Et je hais leurs vertus de robots. Moi, j'étais fait pour être jardinier", je m'inquiète qu'il soit mort malheureux. Je m'inquiète de grossir, je m'inquiète de vieillir, je m'inquiète d'un jour perdre mon travail et ne plus avoir d'argent, je m'inquiète de ne pas avoir le temps de voyager, d'écrire, de créer, je m'inquiète de passer à côté de ma vie parce que je ne prends pas le temps de la regarder attentivement.

Ne vous inquiétez pas de savoir si j'ai ou non quelqu'un à mon bras. Que cela soit le cas ou non, il y a quelque chose de plus grand à demander aux gens que leur statut marital.Et si le leur ne vous convient pas, je ne pense pas que vous soyez en droit de leur demander quoi que ce soit.

Vos "Mais enfin, tu es si jolie, je ne comprends pas", vos "Tu devrais sortir plus, ce n'est pas normal à ton âge" et toutes les injonctions que vous faites par gentillesse/politesse/inquiétude/lâcheté et qui ne devraient même pas exister. Vous ne savez rien des batailles que les gens perdent ou gagnent, vous ne savaient rien du tout de qu'ils traversent et des exploits incroyables qu'ils sont en train de réaliser. De tous leurs efforts pour maintenir leurs vies comme ils veulent, comme ils en ont envie. Ou justement, toute la volonté incroyable que cela leur demande pour réussir, le matin, à se lever.

On ne sait rien des autres, juste ce qu'ils acceptent de vouloir nous montrer.

Arrêtez d'être aussi con à force de rabacher la même chose depuis des siècles et des siècles.

On a la chance aujourd'hui, d'avoir le droit de prendre le temps pour apprendre à s'apprivoiser. Pour choisir de réaliser, ou non, les rêves qu'on a, nos projets, nos idées. Arrêtez de voir tout au travers du prisme de la vie que vous voulez. Ouvrez un peu mieux vos yeux, déplacez de quelques centimètres vos oeillères et apprenez un peu plus à faire confiance à l'autre sur les choix qu'il fait. Sur l'amoureuse qu'elle a choisi, sur celui avec qui elle a décidé d'être, sur leur couple qu'ils choisissent de continuer à construire et fortifier, sur le choix de partir justement ou bien de rester, sur les chemins qu'on arpente tout seul et dont on est si fier quand on se retourne, et qu'on voit l'étendue immense qu'on a traversé.

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Je ne manque pas de sens à ma vie, cher père. Je n'en ai jamais manqué. Ni à deux, ni toute seule. J'ai beaucoup de choses à faire, beaucoup d'endroits où me perdre et encore plus où me trouver. Je ne suis pas seule, nous sommes des millions, nous sommes des milliers.

Foutez la paix aux célibataires de votre entourage. Vous n'êtes pas leurs pères, vous n'êtes pas leurs mères, vous ne savez pas mieux qu'eux sur comment gérer leurs vie parce que vous avez un crédit sur trente ans ou des enfants à élever. Laissez les faire, laissez les expérimenter. "Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé" comme c'est écrit dans le Petit Prince, mais les autres ne sont pas ton putain de renard, ni cette conne de rose qui fait crever le Petit Prince de ne pas être auto suffisante et d'avoir besoin d'être arrosée. Nous n'avons pas besoin que vous vous sentiez responsable de notre destin, on est déjà suffisamment occupé à nous même s'en charger.

Les gens n'ont pas besoin de conseils, ni d'inquiétude qu'ils n'ont pas demandé.

Et croyez moi, vraiment, ça va aller.

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30 novembre 2015

Marion Maréchal Le Pen et les plannings familiaux : Chère Marion

Le blabla avant le sujet qui fait "Ah, ces jeunes, il faut les voir, les voir et les entendre, vu qu’ils braillent tous les soirs":

On est lundi.

Faut-il vraiment que je sois fachée.

 

Sujet du jour :

 

Marion Maréchal Le Pen et les plannings familiaux :

Chère Marion

 

Chère Marion

Selon ta fiche wikipedia, tu es née en 1989 donc on a presque le même âge. Selon ton site internet, tu as un master en droit et tu es la plus jeune députée élue de la république française.

Yep Sista, c'est du bon boulot. Une femme jeune à l'Assemblée Nationale, tu dois en manger dans la gueule bien comme il faut. Je suis sure qu'il t'a fallu du courage pour en arriver là.

Bon, maintenant, on a un problème toutes les deux. Ou deux.

Clairement, on n'est d'accord sur rien.

Je te prends un exemple au hasard, sur toutes les conneries que je peux lire sur votre site (ICI):

"La notion de « handicap » ayant été profondément élargie par la loi de 2005, elle englobe désormais certains troubles du comportement et certaines maladies qui devraient être traités hors du champ handicap."

Tu vois qu'on peut pas être copine toutes les deux. Parce que j'ai l'impression que vous faites toujours la même chose dans ton parti politique :

- Vous prenez un sujet que vous ne maîtrisez pas

- Vous essayez de parler quand même

- Vous dites de la merde.

Pour le cas du handicap, vous estimez connaître assez le sujet pour vous permettre de remettre en cause le système de classification du handicap élaborée par le docteur Philipp Wood dans les années 1980, puis réactualisé par l'Organisation Mondiale de la Santé en 2001 (ICI : CULTIVE TOI UN PEU BORDEL). Ca montre assez la taille de votre égo, et la taille des conneries possibles à dire quand on ne se renseigne sur rien, mais qu'on veut parler de tout.

Bref.

Moi Marion, ce qui me pose problème avec toi aujourd'hui, ce n'est pas le handicap. C'est plutôt la dernière tirage que tu as dit à propos des plannings familiaux dont tu voudrais couper les subventions en région PACA si tu étais élue.

Là, ça pique fort.

Je cite libération pour reprendre la polémique :

"La question est claire, la réponse définitive. «Vous l’avez dit deux fois mais je ne suis pas totalement sûr d’avoir compris : vous supprimerez la subvention accordée au planning familial ?» demande Geoffroy Lejeune, rédacteur en chef à Valeurs actuelles et animateur du débat. «Oui, absolument ! répète la députée Marion Maréchal-Le Pen, tête de liste du FN pour les régionales en Paca. Je considère qu’aujourd’hui, ce sont des associations politisées, on le sait bien, et elles véhiculent une banalisation de l’avortement.» Devant un public de militants de la Manif pour tous, la déclaration a forcément enthousiasmé la salle. Applaudissements nourris. C’était le 13 novembre à Marseille, à l’occasion d’un meeting du mouvement"

Donc nous parlons bien d'un meeting uniquement constitué de gens du FN et de gens de la Manif pour Tous. Double combo.

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Amour toujours

Marion, t'es sérieuse dis?

Tu veux vraiment faire ça?

Parce que toi, tu as un avis sur l'avortement, tu voudrais l'imposer aux autres qui ne t'ont absolument rien demandé?

C'est fâcheux.

Marion, toi et moi on est un peu pareilles. On a eu la chance de grandir sans problèmes dans un milieu social favorisé (tu as très certainement été mille fois plus favorisée que moi par la thune de ta famille, certes). On a été éduqué, on a pu faire des études. A l'adolescence, on nous a expliqué, à l'école ou à la maison, comment on devait agir responsablement par rapport à notre vie sexuelle qui démarrait. Contraception, IST, MST, préservatif, implant, pilules, pilule du lendemain et tout ce qui va bien. Je ne sais pas comment vous fonctionnez dans votre famille mais j'imagine que c'est partout pareil, on est plus ou moins obligé de parler de sujet qu'on n'aimerait pas trop aborder, comme la vie sexuelle des parents ou des enfants. Mais on le fait quand même, on est bien obligé. Parce que les risques de grossesses adolescentes et les divers MST/IST présentes, c'est un peu trop chaud potatoe pour être ignoré.

Toi et moi, on a sûrement été bien informé.

Le problème, c'est que toi, tu penses que c'est une bonne idée de couper les subventions / faire fermer les plannings familiaux.

Ok.

Et donc, comment va-t-on faire pour éduquer les adolescents sur tous les risques qu'on peut rencontrer dans une vie sexuelle s'ils trouvent portes closes quand ils veulent venir poser des questions?

Parce que moi, dans ma vie, je les côtoies les adolescents et j'ai déjà du répondre à des questions sur la sexualité. Et je peux te certifier que, quand les familles ne peuvent/ne veulent pas leur parler de ça, les méconnaissances qu'ils ont sur le sujet sont assez problématiques.

L'idée que la pilule empêche d'attraper les mst, que le VIH se voit sur le visage des gens qui l'ont parce qu'il donne des boutons, que si une fille a ses règles elle ne peut pas tomber enceinte, "Mais si je perds du sang quand j'ai mes règles, est ce que je vais mourir?", que les MST ne s'attrapent pas lors de fellations, "On utilise pas de préservatifs mais je l'aime, c'est bon je le connais il est pas comme ça", que si le garçon n'éjacule pas à l'intérieur alors c'est bon.

On en fait quoi de toutes ces questions, Marion?

Si on supprime les subventions de ceux qui sont là pour faire des missions d’éducation à la sexualité qui figurent dans la loi, alors on fait quoi?

Comment veux tu qu'il y ai moins d'avortements s'il y a moins d'informations?

Est ce que ce n'est pas complètement con, ça, Marion?

L'avortement n'est pas un crime, n'est pas un délit, n'a pas a être jugé par des gens venant de parti politique. Ou venant de mouvement comme la Manif pour Tous à qui on n'a rien demandé. Du tout. Qui ferait bien de reprendre ses meetings, ses slogans, ses défilés ridicules et ses banderoles et de ce les caler au cul une bonne fois pour toute. Plutôt que de l'ouvrir sur des sujets où on ne leur demande surtout pas leurs avis.

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Ta gueule Marie Chantal

 

Le mariage pour tous ne vous concernait pas, l'avortement d'autrui non plus.

Ce qu'il se passe dans la sphère privée des individus, aussi insupportable que cela puisse paraître, ne vous concerne pas. On se fout de vos jugements de valeurs, de vos propositions d'idées pour faire changer des choses déjà bien installées, de vos envie de retour en arrière et de vos refus pour la modernité qui semble vraiment vous effrayer vu à quel point vous ne cessez de vous débattre dans une agonie ridicule.

Vos slogans pro vie de merde, vos mensonges qui sont dangereux et qui étaient bien ancrés dans la tête de celui qui a tué trois personnes dans un planning familial des Etats Unis le 27 novembre dernier, et qui a dit après "No more baby parts!". C'était un déséquilibré mais c'était vos voix dans sa tête qui résonnaient. Vos conneries, vos lettre d'un foetus à une mère matricide et vos "Aujourd’hui, ma maman m’a fait mourir. Elle m’a avortée.Je ne verrai jamais le jour , ni la face de maman que pourtant j’aimais depuis le premier jour. Elle n’a pas voulu de moi" et toutes vos tirades insipides et mal écrites pour condamner les femmes à vie à la culpabilité.

Et en plus, Marion, si tu savais.

A quel point, ton parti, je ne l'aime pas.

Le problème fondamental que j'ai avec vous, c'est ce que je ne connais qu'une seule personne qui vote pour vous. Celui qui partage la vie de quelqu'un que je connais, et qui l'aime tellement fort que parfois, elle en a mal.

C'est con, Marion, dis?

Parce que du coup, c'est à ça que je vous associe, toi et ton parti. A cette violence qui fait que parfois, vous avez besoin de montrer qui a l'autorité, et vous frappez sur ceux qui sont plus faibles que vous. Oh, pas vraiment, oh pas beaucoup. Juste pour prouver que vous en avez, que vous avez des couilles et qu'il faut vous écouter. Vous, vous, et seulement vous. Ça laisse un peu de sang sur le carrelage bien lissé, ça fait mauvaise effet, il faut ensuite bien nettoyer et faire comme si de rien n'était pour un moment. Et hop, c'est réparé. Et hop, c'est oublié.

Vous refaites des sourires, des caresses, des propositions gentilles et accueillantes, tendres et conciliantes.

Et puis, vous recommencez.

Pour montrer qui est le chef, qui est celui qui décide et pour asseoir votre foutu complexe de supériorité. Vous frappez sur les plus faibles, ceux qui ne peuvent répondre et qui vous laissent faire en toute impunité.

Pendant que nous, on reste là, impuissants, avec une boule au ventre quand même, mais silencieux. Puisque ce sang n'est pas le notre, puisque c'est plus facile de fermer les yeux. Vous frappez à côté de nous, vraiment pas très loin, mais ce n'est pas nous qui avons des bleus.

Jusqu'à quand?

Jusqu'à quand, Marion, est ce qu'il faut vous laisser être indécents?

Ta tante a dit qu'ils ne toucheront pas aux subventions si tu es élue, que ton parti se désolidarise de toi et des propos. Mais est ce qu'il faut encore vous faire confiance? Est ce qu'il ne faut pas maintenant vous guetter, vous surveiller, observer le moindre changement de direction et le moindre retour possible sur ce sujet?

Je ne vous fais pas confiance, je ne l'ai jamais fait. Et si parfois, on voit votre vrai visage le temps d'un coup de colère, d'une perte de sang froid et d'une voix trop élevée, je sais que vous savez très bien faire semblant. Retrouver votre calme, tout maquiller, faire comme si de rien n'était. A l'interieur, tout est parfaitement dissimulé. Cette horreur que vous avez, votre vision rétrograde et haineuse de tout ce qui vous entoure, tout ce qui est différent et qui vous provoque la nausée.

Tout le monde s'en doute, de qui vous êtes vraiment, même quand vous êtes bien maquillé, même quand votre masque est bien collé et votre discours bien maîtrise.

Je ne vous fais pas confiance, et on vous garde à l'oeil. Même si ces temps ci, on a encore plus peur qu'avant. Même si le climat est terrible, la violence partout, nous en morceaux, nos peines encore trop grandes et pas cicatrisées, nos espoirs à genoux. Même si on est triste, qu'on est effrayé, qu'on est fatigué par ce mois de novembre, par tout ce qu'on a perdu et qui ne se rattrape plus.

On connaît le vrai visage de vos idées, Marion. Et il est répugnant. Et même si les sondages sont favorables pour vous, même si vous gagnez des points grâce à la haine et la peur, les deuils et le malheur.

Votre vision rétrograde du moment n'a plus rien à faire, ici.

Votre vision rétrograde de la vie n'a plus rien à faire, maintenant.

 

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25 novembre 2015

"Nos femmes françaises sont belles et libres" : Le féminisme hypocrite et opportun

Blabla avant le sujet qui fait "Baby make up your mind 'Cause I can't keep sleeping in your bed if you keep messing with my head":

L'automne 2015 est la période la plus merdique connue depuis un sacré moment. Rien ne va, tout est triste à pleurer.

Personnellement, je pense que je vais passer l'hiver entier dans ma grotte à lire. Et boire.

Livres et tequila.

Et lire des histoires de cul entre Bucky Barnes et Captain America.

Wake me up when march end, a peu près.

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Hot.

 

Sujet du jour : 

 

"Nos femmes françaises sont belles et libres" : Le féminisme hypocrite et opportun

 

Je ne reviendrais pas sur les évènements tragiques qui se sont déroulés à Paris, il y a deux semaines. Je pense que tout le monde est au courant, tout le monde s'est probablement roulé en boule et a beaucoup pleuré, et je ne saurais dire mieux que mes élèves qui ont dit "Ce sont des monsieur très méchants". Pour la forme, je dirais bien que le terrorisme peut aller se faire cuire le cul. Ça ne mange pas de pain, et ça me fait plaisir.

Par contre, il y a un sujet que je peux un peu plus aborder. Et ça tombe bien, parce que je suis infiniment pleine de colère en ce moment. N'est-ce pas fantastique, que cette fin d'année 2015 soit autant à chier?

Bon alors, je reprends.

Après les évènements de novembre, on a vu apparaître de tout sur les réseaux sociaux. Des beaux gestes, des témoignages, des chaînes de solidarités et surtout beaucoup, beaucoup d'amour. Personnellement, ça m'a fait énormément de bien de pouvoir dire et répéter à quel point j'aimais les gens, proches ou éloignés. On se recentre comme on peut, je pense, après une tragédie comme ça. Ça réunifie, on a même pu parler d'unité.

Et puis bon, après, on a fini par arrêter d'aimer tout le monde. Et on s'est rappelé que les gens étaient toujours un peu cons, en vrai. Ouf.

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Hakuna matata, brotha.

 

Mais je ne suis pas contre ce grand mouvement de patriotisme sur tous ces éléments de la culture française qu'on a pu a avoir. Se rappeler de ce qu'on a ici, la gastronomie, la fête, la liberté, l'égalité, la fraternité. Très bien. Le saucisson, le vin, le champagne, les pâtisseries, LES CANNELÉS, Carlos et Big Bisous, Sniper et gravé dans la roche, Booba, la vie, l'amour. Le patrimoine français putain. La France, la France, la France. Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré, tout ça, tout ça #HistoireEnMajeureAuBac #MissU4EverCharlesDuGaulle.

Franchement, moi tu me proposes de me la péter avec un truc dont je ne suis même pas responsable,  comme ma nationalité par exemple, j'arrive en courant. Pas besoin de faire d'effort, pas besoin de travailler. Même pas besoin de faire un régime, putain. Regarde un peu la gueule de la photo que j'ai envoyé l'autre jour à un ami canadien pour le faire venir en vacances en France :

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JEAN MICHEL CLICHÉ

Par contre, là où ça me pose un peu plus problème, c'est toutes les sorties à la con qu'on a entendu sur les femmes françaises.

A quel point elles faisaient parti du patrimoine français aussi, à être si belles et si libres sexuellement.

Genre.

Sérieusement.

Est ce que vous vous écoutez parler? Est ce que vous ne vous étouffez pas, parfois, dans votre mauvaise foi qui est si grosse qu'elle cacherait la putain de lune? Je prends un exemple :

 

exemple1

Tell me why

Ain't nothin' but a heartache

 

"Nos"

"Nos"

"Nos"

(No no there's no limit!)(#Old)

On utilise carrément le possessif, ça ne dérange personne. On est revenu comme au temps où ces salauds de boches venaient nous voler nos femmes au sein même de notre mère patrie. Les bâtards.

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Leave Miss France 2012 alone

J'ai vu partout des messages parlant et décrivant la fantastique joie que c'était d'avoir dans notre pays, NOS femmes françaises. A quel point elles étaient bonnes, baisables, et libres sexuellement. Leurs croupes parfaites, leurs tailles de guêpes et leurs joies de vivre.

Cool.

#FrenchForTheWin

Franchement, je suis ravie d'entendre tout ça. D'avoir autant de support de la part de la France entière. Que notre égalité soit enfin établie. Et de ne m'être jamais faite traiter de salope parce que j'avais une vie sexuelle.

Ah non, oups.

Ce n'est pas le cas.

Alors? Vous jouez à quoi? Quand, dans la vie de tous les jours, vous n'êtes pas foutu de déplacer vos privilèges d'un demi millimètre et qu'il faut sans arrêt se manger des armées de troll dès qu'on veut parler d'égalité. Et dès qu'on ose prononcer, du bout des lèvres, le mot "féminisme", c'est toujours comme si on vous arrachez les testicules avec un sécateur. On se mange du sexisme ordinaire toute la journée, sur notre place dans le foyer, nos salaires et même et surtout sur notre vie sexuelle. Vous ne nous aidez jamais à nous libérer de ça, on doit tout prendre par la force.

C'est parce que la communauté internationale nous regardait sécher nos larmes, qu'il faut se mettre à mentir sur la réalité?

Comment ça se passe?

Franchement, comment vous osez?

Quand on voit passer sur les réseaux sociaux ce genre de dessin, franchement, ça file un peu la nausée :

 

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Tell me why
Ain't nothin' but a mistake

 

"Un attentat à la pudeur est sanctionné sur le fondement de l'article 222-27 du Code pénal qui réprime les agressions sexuelles autres que le viol.Le Code pénal qualifie d'agression sexuelle "toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise"."

Mais t'as raison Gaston, c'est vraiment super drôle comme dessin. Surtout quand on aime à ce point, en temps normal, rabaisser la liberté sexuelle des femmes. Non franchement c'est parfait. Changez rien, surtout.

 

Mais là où je me dis qu'on a un sérieux problème avec ce soudain attrait pour le féminisme, c'est quand La Manif Pour Tous Sa Mère s'en mêle. A partir de là, ça pue sacrement la merde.

Pour de vrai.

Sans honte.

Les gens les plus intolérants de 2013. Qui viennent interpeller les féministes sur la vision rétrograde des intégristes.

O ironie, j'écris ton nom.

Cadeau :

MANIFPOURTOUSGENRE

TELL ME WHY

I NEVER WANNA HEAR YOU SAY

I WANT IT THAT WAY

 

Et tu sais ce qu'on dit, à la Manif pour tous, quand on est une feministe bien éduquée?

BOUFFE

MOI

LA

CHATTE

MARIE

CHANTAL.

On vous a vu durant toute une putain d'année sur toutes les chaînes de télévision possibles dire des conneries plus grosses que vous et votre chapelet. On vous a vu cracher votre intolérance pour les homosexuels mais aussi affabuler joyeusement en affirmant qu'on allait apprendre la masturbation à la maternelle (J'ACCUSE). Crier à qui voulait l'entendre que la "Théorie du Genre" allait déconstruire les stéréotypes qui seraient "nécessaires parce qu'ils sont l'expression de la féminité et de la masculinité, des repères qui permettent de s'identifier et d'identifier les autres comme étant homme ou femme" (J'ACCUSE J'ACCUSE) et vous scandaliser qu'on apprenne aux femmes à être autre chose qu'une inférieure à l'homme, "Au fond, pour les auteurs, la femme doit être un homme comme les autres…" (J'ACCUSE J'ACCUSE J'ACCUSE).

Donc sans déconner Marie Chantal, ta gueule.

Le féminisme et les féministes peuvent tout à fait se passer de toi et de tes jugements avariés. Je t'en prie, si tu veux aller expliquer à d'autres intégristes que toi et ton mari, qu'ils se trompent sur la place de la femme dans la société, je t'en prie. Je suis sure que les mouvements terroristes doivent avoir indiqués leurs adresses quelque part, tu peux bien leur envoyer un courrier pour leur dire que tu n'es pas d'accord. Enfin si. Enfin, un peu. Enfin, on est presque sur la même longueur d'onde par rapport à l'inferiorité de la femme mais là, les choux, vous abusez un peu quand même. Amicalement, MC for the Christ, with love.

On n'a déjà pas assez de douleur d'avoir perdu autant de gens qui voulaient vivre et qui auraient apporté à notre société de belles choses, il faut en plus se taper les cons qui tentent de l'ouvrir plus fort que tout le monde. Ce qui montre bien, d'une certaine façon, que la France va se relever de tout ça. Reprendre ses bonnes habitudes de celui qui gueulera le plus fort, moi y compris. Celui qui donnera son avis sans qu'on lui ai demandé, celui qui voudra imposer sa vision face à celle du voisin, celui qui voudra exprimer son opinion en écrasant celle de son concitoyen. Toutes ces gueuleries et cette mauvaise foi, ça pourrait bien faire parti du patrimoine français, comme le saucisson ou le vin.

Je suis donc curieuse et attentive à ce que ce sursaut au niveau du féminisme va bien pouvoir donner.

Va-t-on enfin se bouger sur l'inégalité salariale entre hommes et femmes? La taxe tampon va-t-elle être supprimée (Big kiss le Sénat, TMTC les vieux)?

Va-t-on plus facilement accepter qu'un homme prenne un congé parental, ou le nom de sa femme quand il va se marier? Va-t-on accepter que les hommes puissent exprimer d'avantage leurs sentiments et leurs faiblesses, et qu'on puisse arrêter un jour de leur demander toujours d'être forts et de nous sauver? Va-t-on laisser enfin les hommes pleurer?Est ce qu'on va pouvoir les laisser être faibles un jour, et accepter qu'on puisse prendre soin d'eux?

Est ce qu'on va enfin pouvoir foutre la paix aux petits garçons qui veulent jouer à la poupée? Aux petites filles qui veulent jouer à la guerre? Est ce qu'on va enfin pouvoir les laisser comme ils sont, et arrêter de toujours les limiter?

Est ce qu'on va pouvoir être égaux dans nos lits, dans notre baise, notre stupre et notre affreux péché de luxure? Est ce qu'on va pouvoir faire l'amour, coucher, niquer, baiser, gémir, crier, caresser, griffer, se mordre, se tordre, se faire retourner et recommencer en tout égalité?

Est ce qu'on va pouvoir accéder à des postes plus importants sans s'entailler sur ce plafond de verre qui n'en finit pas de nous étouffer? Est ce qu'on va avoir enfin la parité? La liberté? L'égalité? La fraternité?

Est ce qu'on va s'aimer plus, bordel de merde?

Est ce qu'on va, putain, enfin se l'accorder?

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15 novembre 2015

Un petit mot.

Je vous poste ce message que j'ai mis sur facebook parce que j'ai besoin d'envoyer de l'amour autant que je peux.

Prenez soin de vous.

Fanny

Après les évènements affreux d'hier soir, je voulais juste vous dire que je vous aime. 


Je vous aime les amis à Paris, je vous aime les amis partout en France et à l'étranger.
Je vous aime ceux que je vois tout le temps et ceux que je ne vois jamais.
Ceux que j'ai au téléphone tous les quatre matin et je vous aime aussi ceux avec qui je suis brouillée. Les amis d'enfance, les amis de cet âge adulte si dur où il faut tellement lutter, les plans cul, les amours à venir et ceux perdus.
Oui je vous aime même quand on s'est déchirés, fallait-il vraiment que Paris perde son sang pour qu'on en arrive là.
Je vous aime même si on ne s'est vu qu'une fois, même si on est loin, même si on communique peu  ou même si on n'est jamais d'accord sur rien. 
Je vous aime même si on ne se connait pas.
Prenez soin de vous, prenez soin de nous. Merde à tout ça et n'oubliez pas la devise de Paris "Fluctuat nec mergitur", qui veut dire "Il est battu par les flots, mais ne sombre pas".
 
Nous sommes battus par les flots mais nous ne sombrons pas. 
De l'amour de l'amour de l'amour autant qu'il le faudra.

Posté par Dame Fanny à 14:18 - Commentaires [1] - Permalien [#]

30 septembre 2015

Avoir bientôt trente ans : Voyager toute seule

Le blabla avant le sujet qui fait "Gib mir input! Come on give me some Give me give me some reaction!"

Hum.

Tout d'abord, merci pour vos messages et merci pour vos mails. Merci pour toutes vos histoires et celles de vos proches. Merci de vous soucier de moi, merci pour vos petits mots inquiets et vos grands mails remplis d'amour.

J'avais l'impression d'avoir épuisé tout ce que j'avais à dire, et j'avais besoin de temps. Je suis partie au quatre coins de la France, je suis partie aux quatre coins du monde. J'ai envoyé de l'amour, j'ai envoyé les gens se faire mettre et je me suis fait passer en priorité surtout. J'ai été heureuse sur les toits de buildings à Brooklyn et dans un petit bar de Kiev où personne ne parlait anglais et où me servait des pintes à 0,80 centimes.

Septembre était affreusement long. Et plutôt que céder à cette hypersensibilité qui me fait écrire des articles ici mais aussi beaucoup de conneries non tempérées, j'ai préféré partir courir à chaque fois que la vie me dérangeait et que ça me démangeait trop.

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SALUT SAY LA MODERATION

 

Sujet :

Avoir bientôt trente ans :

Voyager toute seule

 

Quand j'étais petite, j'étais assez chiante. Je ne dormais pas. Mes parents étaient un peu désespérés à force de se réveiller en sursaut parce qu'une petite ombre les fixait au pied de leur lit la nuit #angoisse. Mais bon, comme j'avais l'âge d'être à l'école, c'était un peu tard pour l'avortement. Le problème s'est résolu quand j'ai appris à lire, et qu'à bout d'arguments, on m'a laissé le droit de lire jusqu'à l'heure que je voulais le soir. Je lisais tout le temps, toute la journée, et une partie de la soirée. Je maitrisais un peu mes angoisses nocturnes, j'avais acquis ma première idée de l'indépendance :

Laissez moi gérer mes problèmes, et foutez moi la paix.

Ça n'a pas fait de moi une enfant moins gérable. Juste une gamine qui a beaucoup, beaucoup lu. Puis une adulte qui ne peut pas se déplacer sans un ou deux livres dans son sac. Plus en cas de voyages. Beaucoup plus encore en retour de voyage. Et qui gère toujours ses émotions et son stress en achetant de quoi lire.

 

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SALUT SAY LA MODERATION BIS

(Y'en a beaucoup pour le boulot, ça va laisse moi tranquille je lis plus la collection cascade)

(Chut)

Bref.

J'ai grandi, j'ai eu 28 ans. J'ai voulu avoir mon indépendance, je voulais pouvoir gérer ma vie comme je l'entendais. Ma vie, mes problèmes, mes joies et mes peines, ma tête sur mon bureau pendant des heures à réfléchir à comment résoudre ce qui coince. Mon travail, mon salaire, mes impôts, ma TVA à 5,5% sur les produits alimentaires. S'occuper de ses parents, s'occuper des personnes âgées, s'occuper des plus jeunes aussi. Gérer les élèves, les devoirs, les évaluations normatives somatives formatives. Les larmes de frustration et de désespoir. Essuyer les leurs, et s'étouffer parfois dans les miennes quand j'éteins le moteur de ma voiture et que je dois attendre un peu pour sortir d'avoir fini de sangloter. Sur leurs passés si durs et sur la vie qui ne fait pas de cadeaux.

Dans mon portefeuille, mon permis, ma carte vitale, ma carte d'electeur. Ma carte de donneur d'organes, ma carte de donneur de moelle osseuse (ouais non mais je suis vraiment une bonne personne, tu peux pas test, heureusement que je jure un peu bordel de merde)

Je suis adulte là, non?

Alors quoi?

Comment ça se fait qu'on me parle encore comme si j'étais mineure? Qu'on s'inquiète de ma sécurité, de mon avenir comme si j'étais une adolescente rebelle?

"Tu ne devrais pas partir toute seule, c'est dangereux pour une fille."

En boucle avant que je parte. C'est dangereux le monde, tu sais. C'est rempli de gens qui vont te vouloir du mal, et tu ferais mieux de rester dans la sécurité de ton pays occidental si sur pour les femmes. Tu sais, ce pays où tu te fais emmerder quand tu sors parce qu'on n'apprend pas aux garçons à ne pas faire chier les filles, on préfère apprendre aux filles à avoir peur et à se sentir en permanence coupable du harcèlement qu'elles subissent.

Ne va pas plus loin que la barrière, ne va pas plus loin que le coin de la rue, là où je peux te voir. Le monde est dangereux, le monde fait peur. Tu te feras agresser à la nuit tombée. Le loupe, le loup, le loup. Si tu portes quelque chose de trop court, de trop moulant, de trop masculin, de trop féminin. On t'agressera si tu vas chez un garçon que tu connais. On t'agressera si tu vas chez un garçon que tu ne connais pas. Si tu bois trop, si tu rentres trop tard. Si. Tu. Es. Dehors.

Ai peur. Crève de trouille. Comme ça, tu n'iras jamais plus loin que la barrière du jardin. Bien clôturé, bien fermé. Parfait.

On t'agressera si tu es toute seule, et ça sera de ta faute puisque tu portes le péché originel.

Point.

Je ne vois même pas pourquoi on s'emmerde avec toutes ces recommandations. Tu te feras agresser, puisque l'agression est comme une catastrophe naturelle et que tu ne peux absolument rien contre. Et ça sera de ta faute. Ta faute ta faute ta faute. Pas celle de l'immonde connard qui osera te faire du mal.

Non, la tienne. Pourquoi? Parce que.

Logique.

Ok.

Il y a quelques années, je devais tout juste avoir la vingtaine. Alors que j'avais mis une jolie robe à pois et que je m'étais faite belle pour aller danser la salsa, j'avais croisé mon père dans le hall d'entrée. Il m'avait dit alors :  "Ne t'étonne pas s'il t'arrive quelque chose".

"Ne t'étonne pas s'il t'arrive quelque chose"

On a tous une façon différente de réagir à des moments importants du développement de notre personnalité. Avec cette phrase, j'ai appris que je serais toujours jugée coupable d'une potentielle agression dont je serais la victime. Que là était la fatalité de la vie quand on était une femme, et que le monde ne s'encombrerait pas à changer son point de vue merdique et sexiste. Et qu'on se servirait de cette peur pour m'empêcher d'aller où bon me semble.

Bien.

A vingt ans et quelques, je suis donc allée prendre mon joli couteau papillon et je l'ai mis dans mon sac pour sortir, avec ma jolie robe à pois. Je n'en ai rien fait de ce couteau, évidemment. Mais c'était une façon de dire très bien, j'ai compris le message. Et je sors quand même.

Très bien, le monde ne m'aime pas.

Très bien, dans ce cas, nique toi le monde.

Si donc je suis en permanence une cible puisque tout est de ma faute. Et bien, autant sortir. Autant aller voir le monde. Poussons la logique dans ses retranchements. Puisque le problème, ce n'est pas les autres, c'est moi. Partons. Bougeons notre cul et déplaçons nous, nous et notre péché originel. En sac en bandoulière le péché, avec mon coeur, et que vogue la jeunesse.

Merde.

Jusqu'à quelle coin de barrière on nous autorise à aller avant qu'on nous rappelle qu'on n'a pas le droit d'avancer plus loin? Qui décide? Qui fait les règles de la longueur autorisé de mon périmètre de sécurité?

Jusqu'à quand la peur comme modèle d'éducation? Jusqu'à quand va-t-on empêcher les individus de vivre leurs vies à force de leur refiler nos névroses en héritage?

Et le pire dans tout ça? J'ai fait exactement la même chose à une amie qui partait toute seule en Inde. Tu feras attention hein, tiens prends ma peur que je te donne comme un manteau, c'est cadeau. En lui disant de profiter de son voyage, je lui refilais en même temps toutes les conneries contre lesquelles je luttais. Tiens, voici des chaînes de terreur à tes pieds, je t'en fais cadeau. De rien.

Crève de peur d'être toute seule. Ne vas surtout pas là où tu n'as jamais été. Ne change surtout pas de route, ne change surtout pas les schémas qu'on te fourre dans le crane depuis des générations. Et tant pis si tu es malheureuse ou malheureux. Tant mieux si tu souffres. La souffrance, on connaît. La souffrance, c'est une terre connue, ça ne fait pas peur. Continue sur la même voie. Ne dévie surtout pas. Ne t'arrêtes pas pour réfléchir à ce que tu veux. Et si quelque chose remue trop les désirs que tu enfouies très profond, éloigne toi.

Ne. Sois. Jamais. Seul(e).

Et ça, tu l'appliques sur tes voyages, et aussi sur ta vie. Puisque, comme tu ne seras jamais majeure, on a tous notre mot à dire sur la façon dont tu gères ta vie personnelle. Est ce que ce n'est pas fantastique d'être une éternelle adolescente?

Continue à trembler devant la solitude. La solitude, ça fait peur. C'est pour les loosers de la société, les inadaptés, les moches, les mal baisé(e)s. Tous ces gens à qu'il ne faut pas ressembler. Attention, tu vas bientôt avoir l'âge d'enfanter ton premier né et tu n'as toujours personne. Et tu vas vieillir, et tu vas finir sans descendance. Et c'est le plus important au monde, la descendance. Le reste, on s'en fout.

Tes envies, tes besoins, tes aspirations spirituelles ou artistiques, tes échecs et tes réussites. On s'en fout. Donne nous un petit enfant. Fais comme tes frères et soeurs. Arrête de prendre le temps de réfléchir sur ce que tu veux. Je suis restée avec quelqu'un beaucoup plus longtemps que nécessaire parce que j'avais peur de tout recommencer. Parce qu'on m'avait vissé dans le crane qu'il valait mieux être mal accompagnée que seule.

Foutaises.

Et si tu n'as pas d'enfants, ça veut dire que tu vas mourir toute seule. C'est ça, non? C'est ça la finalité de l'obligation qu'on essaie de te faire bouffer à chaque fois qu'on te parle de procréer. Fais attention, il ne te reste plus beaucoup de temps avant de finir seul(e) et mangé par tes chats. Vite, vite, mets toi en couple, reste y enfermé(e) même si tu ne t'y plais plus. Chut, n'écoute pas ce qui crie à l'interieur, ce n'est pas aussi important que le risque de finir en terrine Sheba pour tes connards de chats.

Alors écoute moi bien la dessus. Je ne crois pas en grand chose mais j'ai une assez bonne théorie sur la mort.

Il y a quelques années, après ma licence, j'ai tout envoyé baladé en mode "bouhouhou je sais pas ce que je veux, je sais pas qui je suis, je sais rien, tout m'angoisse". Du coup, j'ai pris tous les boulots qui passaient en attendant de savoir un peu ce que je voulais des prochaines décennies à venir. Je me suis retrouvée à nettoyer les chambres d'un immense hôpital pendant des mois. Et puis, comme personne ne m'aime, on m'a foutu en gériatrie où je passais mon temps à nettoyer des chambres comme avant mais aussi voir des gens mourir. Tout seul. Souvent. En perdant la tête, et la mémoire. Très souvent.

Ma théorie, c'est que quelque part dans le monde, dans un futur lointain (on espère), il y a une chambre d'hôpital hideuse, avec du lino limé et des rideaux à fleurs usés. Qui t'attend. Toi. Et qui a ton nom sur le dossier accroché au lit. Elle est là, j'en ai nettoyé des centaines comme ça. Toutes les mêmes. Toutes horriblement banales. Et mortelles.

On a posé le décor. Maintenant, il serait peut être intéressant de ne pas gâcher tous les jours qui te séparent des rideaux à mimosas.

Personnellement, après avoir acquis cette certitude, j'ai nettoyé la dernière chambre, j'ai tout balancé, et je me suis foutu dans un avion pour la Thailande. Histoire d'aller demander à tous les temples que je croisais s'ils ne pouvaient pas m'aider à savoir ce que je voulais. Bouddha m'a dit d'aller me faire mettre, et j'ai commencé mon chemin pour essayer de mieux me connaître.

Et c'est là le conseil que je veux donner. Après être partie vadrouiller un petit peu cet été, et me retrouver toute seule dans des avions, des bus, des métros et des rues loin d'ici :

Barre toi, si tu peux. Tire toi, enfuis toi, va voir du pays. Toute seule. Accorde toi un voyage entièrement toute seule. Le monde t'attend, et il n'est pas aussi menaçant qu'on te le rabâche. Que ça soit à dix kilomètres ou sur un autre continent. N'écoute pas les peurs des autres, même si elles sont très nombreuses autour de toi. Va te poser quelque part et prends le temps de réfléchir. A ce que tu veux, à ce que tu ne veux plus.

Lâche ce qui est toxique, abandonne ce qui te fait du mal. Sur le pont de Williamsburg en août, il y avait une petite française qui pleurait sur tout ce qu'elle avait achevé. Toutes les marches qu'elle avait réussi à monter, et tout ce poids dont elle s'était débarrassée. Ça allait mieux après, en retournant sur la terre ferme. J'étais plus légère et mes fantômes s'étaient noyés.

Accroche toi au reste. Accroche toi à ce(ux) qui compte(nt). N'abandonne pas quand c'est dur, n'abandonne pas quand il faut encore lutter. Tu as toute la force en toi. J'ai passé des années à me perdre,  à ne pas savoir qui j'étais. J'ai traversé des pays sans jamais me trouver, mais en me découvrant un peu plus à chaque pas que je faisais. Ne laisse pas les peurs des autres te gagner, ne laisse pas les tiennes te bouffer. C'est épuisant de se chercher, c'est éreintant de vouloir changer face à ceux qui veulent te remettre sur ce putain de droit chemin que tout le monde est censé emprunter.

Explose les barrières que les autres clôturent à ta place. Détruis l'enclos qu'on veut te construire parce dehors, il y a peut être le loup. Fais sauter tous ces schémas qu'on se refile comme s'ils étaient porteurs de vérité, comme si on était forcement mieux tous ensemble à se serrer fort en tremblant. Mets le feu à la cage que tu te façonne, année après année. Il n'y aura plus rien à sauver si c'est toi qui t'emprisonne.

Avance.

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27 mai 2015

Les relations toxiques, et comment se sauver

Le blabla avant le sujet :

Ça fait un moment que cet article est en préparation. Que je rature et que j'abandonne en me disant que ça ne vaut pas le coup.

Tout ça, c'était avant que vous soyez bien plus nombreux à venir ici.

Je pense que c'est important d'écrire mon témoignage ici. Parce que justement, vous êtes nombreux, et que ça peut parler à quelqu'un. Pour certains, ce qui suit va être du pur pathos, désolée. Mais tu sais, qu'est ce que tu peux bien attendre d'une meuf qui écoute du Simple Plan en portant des sweat à capuches? #Emo4Life

Si ce que je vais dire résonne en toi, si n'importe quelle ligne te rappelle des situations que tu connais, écoute bien ce que je vais te dire :

Sauve toi.

Et oui, je prends les deux sens du verbe exprès.

Tu es beaucoup, beaucoup trop important(e) et le monde à désespérément besoin de toi.

Desespérement.

Et moi, même si on ne se connait pas, je t'aime déjà.

 

 

Les relations toxiques, et comment se sauver

 

 

Le 27 mai 2015

 

Mon amour

 

Tu as 19 ans, nous sommes en 2006 et tu dois être en train de te promener en corset et en sarouel dans les couloirs de ton IUT. Tu dois avoir les cheveux roses, des chaussures avec des chats, et pas la moindre idée de ce que tu fais là. Tu viens de rencontrer ce garçon à la machine à café de l'entrée. Ta pièce ne passait pas, il t'en a offert une et vous avez discuté.

Après ça, vous allez vivre de jolies années en couple. Il va t'aider à grandir, il va t'aider à évoluer. Tu lui dois une partie de l'adulte que tu es. Vous aurez de très beaux souvenirs, tous les deux. Sept ans, ce n'est pas rien dans une vie. Vous allez vivre ensemble, affronter toutes les épreuves, et évoquer en deux langues mariage et noms des enfants.

 

Mais.

 

Je suis tellement, tellement désolée.

En 2014, il t'aura tellement bousillée que tu vas faillir y passer.

 

Et le pire, dans tout ça?

Tu le sais déjà, tout ce que je vais te dire.

C'est la suite logique, quand on se met en couple avec quelqu'un qu'on essaie de sauver. Le truc le plus commun du monde. Tu sais, tout ce qu'on te met dans la tête quand tu es une petite fille. Sois gentille, sois douce, sois tendre, écoute l'autre et aide le. On t'apprend la compassion, on te la greffe directement dans tes putains de veines. Et on ne te donne aucune arme pour te battre contre la violence, contre la tienne et celles des autres. Pretties petites martyres, victimes et bourreaux de leurs propres sorts.

On ne sauve pas quelqu'un de ses propres schémas destructeurs. On aide à les adoucir, on aide à les maintenir. Et un jour, comme tout le reste, ils te dévorent à toi aussi. Quand les choses vont commencer sérieusement à déraper, c'est l'une des premières pensées que tu vas avoir : C'est mon tour, maintenant. Il va me détruire, à moi aussi.

Crois moi, je t'aime de tout mon coeur. Mais crois moi, j'ai toujours du mal à te pardonner pour ça.

Il y aura de l'amour, dans ton couple. Il y en a toujours, quoi qu'il arrive. Mais il y a d'autres enjeux. Parfois, c'est de l'amour au début, et ça devient une lutte de pouvoir ensuite. C'est bien ça, le problème. Tu peux crever d'amour pour quelqu'un qui ne sera jamais fier de ce que tu es.

Je ne peux pas lire ce que tu écris, tu fais trop de fautes.Tu es belle mais tu serais plus belle si tu étais plus mince. Tu seras plus belle quand. Tu seras mieux quand. Tu seras plus aimée quand. Tu fais passer tes études avant moi. Tu fais passer ton travail avant moi. Tu penses trop à tes amis, et ils ne sont pas assez bien pour toi. Et tu les fais passer avant moi.

Moi.

Moi.

Moi.

 

Le problème avec les relations toxiques, c'est qu'elles te prennent une partie de toi tout le temps.

Le problème avec les relations toxiques, c'est qu'elles te bouffent tout entière quand tu veux y mettre fin.

Durant tes études, tu vas etudier le principe de perdre la face chez Goffman. L'idée que chaque individu ne puisse se manifester qu'à travers un rôle, et que leur face, leur image qu'ils mettent en jeu lors des interactions, est la chose la plus importante à avoir. Et à ne pas perdre, surtout. Mais t'écoutais pas trop, à l'époque. T'inquiète, ça te reviendra assez vite, le visage collant de larmes et de morve englué dans tes mains.

T'avais qu'à mieux écouter à l'école, petite.

Je continue.

Un jour, longtemps après 2006, tu vas avoir une intuition. Un truc dans ta poitrine, un truc que tu n'expliques pas, qui va te dire d'aller fouiller dans ses mails. Ce que tu vas y trouver va te laisser par terre. Physiquement par terre. Une histoire de tromperie, à très très grande échelle. Rien que du très banal, en somme. Dans ton téléphone, il y aura des voix qui te crieront de t'enfuir. Mais tu ne vas pas les écouter, parce que tu sais mieux qu'eux. Tu connais mieux ton couple, tu connais mieux ton mec, tu sais mieux que tout le monde ce que tu dois faire. Tes études le prouvent, tu es l'une des plus intelligentes personne que tu connaisses. Tu sais ce que tu fais. Tu sais mieux que tout le monde, toi.

Evidemment.

Welcome in hell, darling.

Ecoute moi très attentivement, je vais t'expliquer comment survivre.

Tu vas le confronter. Et c'est là qu'intervient l'histoire de perdre la face.

Tu vas remettre en cause une relation toxique sans penser à prendre un bouclier.

Tu vas demander des explications à la personne que tu aimes le plus au monde. Et comme justement, c'est celui que tu aimes aveuglement, rien ne sera objectif. Et tout ce qu'il te dira sera tordu, et toi, tu ne verras rien. La tête dans son épaule, ses bras autour de toi, il va t'expliquer pourquoi. Que s'il te trompe, c'est parce que tu consacrais trop de temps à tes études. Que tu ne faisais plus attention à ton apparence. Que tu avais grossi. Qu'il était désolé de te faire du mal, mais que qu'est ce qu'il pouvait faire quand tu faisais aussi peu attention à lui et qu'il en souffrait tellement?

Que tout ça, c'était de ta faute.

L'amour et la culpabilité ma puce. C'est comme ça que ça marche. Je t'aime mais c'est toi qui fais tout foirer. Je t'aime mais tu m'obliges à avoir ce comportement avec toi. Je t'aime mais tu te comportes tellement mal que je suis obligé de te faire ça.

A partir de là, tu vas être à genoux. Une partie du travail est déjà fait. Le choc est tellement brutal que tu n'auras même pas l'idée de te relever.

Bien.

Deuxième étape.

Le renversement de la normalité.

L'une des normes standards dans un couple, c'est de se jurer fidelité. Mais si la norme est déjà biaisée, alors pourquoi ne pas en profiter? On se retrouve dans une autre réalité, où chacun des participants accepte un schéma qui devient de plus en plus malsain.

Chérie, tu seras déjà tellement par terre qu'il sera très facile de te faire croire que les bons comportement se méritent.

Que pour que l'autre arrête de te faire du mal, il faudra te montrer d'une perfection absolue. Perdre du poids. Etre gentille. Etre serviable. Accepter de faire partie d'un harem. Arreter de te plaindre tout le temps. Arrête de pleurer putain, tu crois que ça va changer quelque chose?

A partir de ce moment, ton entourage va hurler. Gémir. Te secouer par les épaules. Et tu vas les repousser. Gentiment. Lachement. Ils ne savent pas, eux. Tous les efforts que tu fais. Ils ne savent pas tout ce que tu as à perdre. Que si la personne que tu aimes le plus te traite comme ça, c'est bien que tu dois être remplie de défauts. Que tu dois être affreusement laide, à l'interieur. Puisqu'il est le seul à le voir, et qu'il te connaît par coeur. Le dos vissé contre la rambarde du balcon du sixième étage, sur tous les ponts de la ville, tu te mets à avoir très souvent le vertige.

Pendant que tu vois le profil de ces autres filles défiler devant tes yeux sur son téléphone pendant qu'il sort fumer. Puis quand il va décider de partir du domicile, et qu'il va te demander de l'attendre. Puisqu'il va faire ça pour nous, pour notre mariage, pour notre avenir à tous les deux. Tu deviens silencieuse, et tu te fais toute petite. Tu deviens transparente.

L'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien.

Sauf qu'un putain de chien, on a la décence de le piquer. Toi, on t'attache à un arbre, et tu vas rester là bien sagement. Tu vas arrêter de manger, tu vas passer des jours à attendre que le soleil se lève et se couche. A te demander quelle sera son humeur du jour. De l'amour, ou bien de l'indifference? La boule au ventre, et les mains qui tremblent. Nager des kilomètres et ne pas bouffer pendant des jours. Baisser la tête, et pleurer beaucoup. Je ne vais plus pleurer, je ne vais plus parler, je me cacherai là à te regarder danser et rire.

Tu vas perdre 12 kilos.

 

2014

 

Et le monde entier va te féliciter. Te trouver belle, te congratuler de tous les efforts que tu fais, puisque la société est pourrie jusqu'à la moelle de ces concepts de beauté de merde qui ne veulent rien dire. Et tu auras la tête si basse, que tu ne pourras même pas leur répondre qu'ils ont tort, qu'ils ne faut pas t'applaudir du tout. Qu'ils ont tellement tout faux. Qu'ils sont tellement trop cons qu'ils ne voient pas que tu es en train de mourir, là, devant leurs yeux. Que tu ne peux plus écrire, plus danser, plus rire. Tu arrives à peine à travailler, et le reste du temps, tu couvres tes yeux avec des lunettes de soleil parce que tu pleures trop.

Pendant ce temps là, dans ce concept affreux des relations toxiques, il y a quelque chose qui va très bien marcher sur toi.

La négation de ta souffrance.

Mais non, tu n'as pas mal. Mais non, tu en fais trop. Mais non, tu vois, tu es folle et tu me fais souffrir à moi. Tu te rends compte du mal que tu ME fais avec tes crises?

Mais est ce que tu crois vraiment que ta dépression est séduisante?

Hypothétiquement, je pourrais te tromper avec n'importe qui, tu resterais avec moi pour avoir le statut de victime pour pouvoir te plaindre devant tes amis. Laisse moi respirer, bon dieu.

Tu vas être en train de crever, là.

Je te résume. Tu as la personne de ta vie qui te traite, petit à petit, mot après mot, tellement mal que tu n'as plus aucune idée de ce pourquoi tu es sur terre. Tu vas regarder sans arrêt les arbres plantés près des routes, et tu vas retenir tes mains de tourner le volant dans chaque platane que tu croiseras, tellement fort que tu auras les jointures blanches. Tu vas passer ta vie sur les ponts, et tu te demandes bien combien de temps il faudrait pour te noyer. Le sol de votre appartement va se couvrir des choses que tu vas casser, intentionnellement ou non. Des morceaux de verres sur le lino, et du sang que tu ne prendras même pas la peine de nettoyer. Ton entourage va s'affoler, mais tu ne l'entendras plus. C'est comme si on t'avait balancé à l'eau, pieds et poings liés. Tu perçois un fouillis mais tu ne comprends rien, parce que tu coules vers le fond.

Une seule personne va suffire pour remettre en cause ton existence toute entière. Une seule personne va te faire te questionner sur ton utilité. Une seule va tellement te plonger la tête sous l'eau que tu vas finir totalement.

Asphyxiée.

Au bout d'un moment, il ne va pas te rester beaucoup d'options. La toxicité sera telle qu'il sera impossible pour toi de te relever. La tête baissée sur les chaussures de l'autre, les doigts accrochés dans tes cheveux en priant que ça s'arrête. Et rien de tout ça ne sera suffisant. Je ne sais pas ce qu'est devenu celui qui t'avait offert un jour des pièces pour un café.

Mais je t'assure, amour, il sera très très loin d'ici à ce moment là.

Pour survivre à ça, il faudra faire deux choses :

Relever la tête, et la détourner de l'autre qui prendra toute la place dans ta vie.

Et je te l'annonce, tu auras beaucoup de chance. Car la première impulsion, la première étincelle qui te fera couper toutes les ficelles de cette affreuse chose qu'est devenu ta relation, ce n'est pas à toi que tu la devras.

Un jour, un docteur t'annoncera avec une mine très serieuse :

"La masse que vous avez, j'ai peur que ça soit un cancer".

Et tu vas ouvrir grand la bouche de stupeur. Et tout va se craqueler à l'interieur. Tous les schémas de destruction, tous les mécanismes de soumissions et de douleur. Et d'un coup, un immense sourire va se creuser sur ton visage. Et tu retiendras tout ce que tu peux pour ne pas éclater de rire, pendant que tu te rhabilles.

"Mais je ne peux pas avoir cancer, je suis cocue, je suis sensé avoir de la chance vous savez?"

"Vous allez rester en couple avec cet homme?"

"Oh, là je crois que je suis à 60% contre maintenant."

Et tu te souviendras de ce dialogue, parce que c'est la première fois de ta vie que tu verras ton docteur si sérieux mettre son visage dans ses mains. Et ne plus pouvoir arreter un fou rire si fort qu'il te devorera à toi aussi. C'est la première fois depuis très longtemps que tu feras rire quelqu'un. Comme tu le faisais avant. Avant la tempête et la noyade. L'espace d'un instant, tu vas te souvenir qui tu étais.

Relever la tête.

Et pendant ces longs examens médicaux, le regard vissé sur l'écran dont tu ne vas pas comprendre un seul mot, tu auras une seule pensée en tête "Non non non, s'il vous plait non, non non non". Et cette dame au regard si sérieux finira par t'expliquer, après de longues minutes, que non, ce n'est pas un cancer. Que non mademoiselle, vous n'allez pas mourir.

Comment veux tu baisser la tête à nouveau quand tu l'auras levée si haut pour bien écouter tout ce qu'on aura à te dire. Comment veux tu considerer toujours quelqu'un comme le centre de ta vie quand n'importe quel Dieu de la Mort t'a murmuré que ce n'était pas encore ton heure?

La detourner de l'autre qui prend toute la place dans ta vie.

Ta vie va devenir immensement vide à ce moment. Toute la place prise par ta relation toxique sera tellement étouffante qu'il va falloir la combler rapidement pour ne pas y replonger. Tu vas trouver des activités, des plaisirs, des envies et des petites joies qui vont petit à petit boucher le vide immense qui continuera de t'appeler. Chacun ses bequilles. Tu vas trouver les tiennes.

Les tiennes seront toutes aussi folles les unes que les autres. Tu vas faire des heures de voyages, prendre trois trains et franchir une frontière. Tu vas payer une chambre de palace excessivement chère, et attendre l'arrivée d'un cowboy venu faire le tour de l'Europe tout en priant "Please don't be mean dont be mean DON'T BE UGLY don't be mean". Et tu reprendras le train le lendemain en ricanant, le cou plein de love bites, après avoir passé la nuit à attacher avec ta ceinture de fille les poignets du plus beau texan que tu n'aies jamais vu et l'avoir fait gémir en disant des horreurs en français.

Tu vas te prendre d'affection pour tous les sports violents que tu vas croiser. Le hockey, et tous les autres qui nécessitent des protections. Tu vas aller les regarder pendant des mois sans réfléchir. Et puis, un jour, tu vas vouloir glisser un casque sur ton visage, et des protections sur ton corps. Car la finalité, ce n'est pas que tu voulais voir des garçons en armures se faire mal, c'est que tu voulais désespérément être un garçon en armure qui se fait mal mais qui se relève. Et les autres, qui te feront tomber et qui s'excuseront toujours pour ça, ils ne sauront pas à quel point ils vont t'aider à finir de te relever.

Alors bien sur, au moment où tu te détacheras, l'autre essaiera de revenir. En te disant des mots doux, en te donnant l'affection que tu auras supplié d'avoir pendant des mois. Tu t'aggriperas à tout ce que tu peux pour ne pas courir dans ses bras. Tu tendras l'oreille encore et encore pour écouter ton entourage te dire que tu vaux mieux que ça. Tu accrocheras tes ongles très fort dans le dos de jolies personnes pour t'empecher de faillir.

Tu vas devenir la plus forte personne que tu aies rencontré.

Et, dans la lueur de tous tes efforts, tu redeviendras humaine. Il te faudra tellement pour remonter à la surface. Tellement de luttes, tellement de larmes, tellement de sang versés pour la rémission de péchés pour lequel tu n'es pas vraiment coupable. Tu abandonneras tout. Le matériel. Le spirituel. Tout ce qui faisait de toi la personne que tu étais. Tes habitudes et tes manies, la façon que tu avais de sourire, tes rires et tout ton passé qui te tirait encore vers le fond. Pour arrêter de te noyer, tu devras entièrement te sacrifier. Tu ne trouveras la surface que complètement nue et écorchée.

Il te faudra entièrement changer pour survivre. Tu deviendras moins patiente, et tu ne sauras plus bien comment on fait pour pardonner. Tu t'enfuieras à chaque erreur qu'un autre commettra, et tu seras incapable de laisser une deuxième chance. La confiance aveugle que tu avais dans l'humanité va un peu se ternir, mais crois moi, on arrivera à réparer ça.

Pour cicatriser, il faut un temps fou. Mais tu verras, ça sera pas si important d'être complètement exsangue, du moment que tu tiens toute seule debout.

 

Mon amour, mon coeur, tout ce que tu es maintenant et que je ne suis plus. Tu vas vivre des jours terribles, des moments d'obscurité totale et de lumière introuvable. Tu ne pourras pas compter sur tous les gens autour de toi, car tu seras la seule personne à te brûler.

Mais tu trouveras de la force, je te promets. Cette personne qui t'attache les mains, avec amour ou avec dureté, tu t'en éloigneras.

Quoi qu'il arrive, un jour, tu auras la force de te relever.

Quoi qu'il arrive.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je t'attends de l'autre côté.

Ton toi même qui a réussi à se sauver.

Posté par Dame Fanny à 14:43 - Commentaires [54] - Permalien [#]

13 mai 2015

Sois complexée de la teucha meuf, tome 2 : Quand tu couches pas

Le blabla avant le sujet :

Je suis très à la bourre pour répondre aux mails et aux commentaires, mais promis je m'en occupe très vite. J'ai eu pas mal de travail et de verres à prendre, et je vous tiens particulièrement responsables d'une très vilaine cuite dont la soirée au pub de la veille avait pour thème "Viens, je t'offre des verres, mon blog a des visites".

Donc vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même.

Love.

 

Sujet du jour :

 

Sois complexée de la teucha meuf, tome 2 :

Quand tu couches pas

 

L'autre jour, une pensée m'a traversé le crane.

Genre une vilaine, qui m'a fait m'arreter pour la contempler un petit peu.

 

"C'est vraiment cool d'être célibataire, je couche uniquement quand j'en ai envie"

 

On va prendre un moment, on va se servir un verre, et on va réfléchir deux minutes.

Avant toute chose, j'aimerais bien savoir si cette vilaine pensée ne vous ai jamais passé par la tête non plus.

(Et je suis désolée, je vais m'adresser principalement aux lectrices de ce blog dans cet article. Je n'ai pas dit que je n'aimais pas les lecteurs. Au contraire, je l'ai déjà dit, vos commentaires sur la condition masculine sont absolument fantastiques. Géniaux. Merveilleux. Je les aime autant que le verre de Tariquet du soir. Que la lune croissante. Que la rosée du matin. 

Mais là, je parle de ressenti et de vécu, et je ne peux vraiment pas parler à votre place. Mais n'hésitez pas à m'en parler dans les commentaires. Voir mieux, ouvrez un blog, je serai vraiment curieuse de voir votre ressenti sur la sexualité de votre côté. Love love love)

J'en étais où?

Ah oui.

Se forcer au lit.

Tu sais, quand t'as pas trop envie, mais que l'autre insiste. Insiste. Insiste encore.

Et que tu cèdes, pour plein de raisons diverses et (a)variées.

Voila.

Donc on reprend :

Tu baises, t'es une salope.

Tu baises pas, t'es vraiment une connasse

Yeah double yeah.

La dernière fois que je discutais avec ma grand mère, elle me parlait de son adolescence, quand les parents ne parlaient tellement pas de sexe qu'on ne discutait même pas des grossesses avec les enfants de la famille. Genre on se contentait de présenter le bébé en mode "kikoo ta 1 petit frère mintenan lol XD" sans en avoir parlé pendant neuf mois. Et que tu te trouvais mariée sans que la moindre personne ne t'ai expliqué comment marchait les rapports sexuels. Yolo, meuf, démerdes toi.

Ça, c'était il y a 60 ans.

T'imagines comment c'est rien, soixante ans. Ça fait combien d'années qu'on peut parler de sexe? Qu'on peut éduquer sur ce qui se passe dans les rapports sexuels?

Ça fait que dalle. On a encore tellement de choses à définir, tellement de sujets à aborder. Quand je me rappelle les quelques cours sur les rapports sexuels qu'on avait eu au collège, je me souviens des garçons d'un côté à qui on parlait de masturbation, et les filles de l'autre à qui on parlait règles et grossesses potentielles. Je me dis qu'il y a encore tellement de chemin à faire.

La sexualité est politique, et notre corps l'est aussi. Et j'ai parfois l'impression d'enfoncer des portes ouvertes sur ce blog, à rabâcher des choses évidentes sur le sexe et le droit de chaque humain à pouvoir disposer de lui même.

Mais bon, en exemple, un jour t'écris sur ton petit blog un article qui dit que tu es une femme et que tu veux pouvoir avoir la sexualité que tu veux. Et c'est tellement fou, tellement outrancier d'écrire ça que Jean Michel Troll est obligé de se créer un faux profil en anonyme pour venir te balancer des arguments à la con. Attends, je te montre :

troll

T'imagines le truc? Cette pensée fait tellement peur que je provoque le besoin aux anonymes de me dire que non non non, la sexualité ne changera jamais, on restera toujours comme ça, et bisque bisque rage t'es moche.

C'est effrayant. C'est fascinant.

Bref, je reprends.

Donc baiser comme tu veux, ça ne va pas.

Ca fait peur,

t'as des lunettes de hipster,

radiateur.

(haiku)

 

Pas baiser, ça ne va pas non plus, mais c'est normal qu'une fille n'ai pas trop trop envie.

On conditionne la sexualité féminine en la bridant, tout en mettant bien l'accent que la gente masculine, elle, a toujours envie. Tout le temps. Tous les jours. Toutes les minutes. Des bites sur pattes, des pénis accessibles à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Free teub everywhere, et si ton mec veut pas baiser dans la seconde, ça veut bien dire qu'il ne t'aime plus et qu'il te trompe.

D'un côté, les femmes qui sont cérébrales et n'aiment pas le sexe.

De l'autre, les hommes qui sont complètement cons et qui adorent ça.

Super super les rapports genrés.

Comment ça, j'en fais trop?

T'es déjà passé sur les sites de séductions et les sites de presse féminine?

Moi oui. Et j'ai beaucoup souffert pour la rémission de vos péchés putain.

 

Cosmopolitan.fr te rappelle que quand même, t'es vraiment hyper teubé quand t'as un chibre  :

VEULENT VRAIMENT

#TesVraimentConJeanMarc #LaGrosseFatigue

Et côté désir féminin?

Ça donne envie de pleurer. On te donne une jolie case où tu peux bien toute te fourrer, toi et ton cérébralisme de merde qui veut jamais baiser.

Et pourquoi tu couches pas, d'ailleurs?

Parce que, bien sur, si tu veux pas avoir de rapports sexuels, c'est forcement parce que tu penses trop. Ou que tu veux de l'amour. Des preuves d'affections. Des bisous. Des bijoux. Des petits coeurs sur le miroir. Hihihi say trop mignon tu peux pas test. Moi j'ai besoin d'amour, des bisous des câlins j'en veux tous les jours #TmtcLorie4ever

Site de séduction à l'appui :

seduction

La gerbe, gerba, gerbae, gerbam

 

 Et on a aussi des sites pseudo scientifique de merde genre e-sante.fr. Attention , c'est du lourd:

 

 

Santé ta mère

(j'ai même pas de mots pour faire une légende)

Donc forcement, si tu n'as pas envie, ton partenaire est en droit de trouver des trucs et astuces pour te faire changer d'avis. C'est comme quand tu dresses un poney, tu finiras toujours par lui faire faire ce que toi tu décides. C'est normal qu'une femme n'ai pas trop envie parce qu'elle à un désir de REPONSE A L'AMOUR DE L'AUTRE (sisi, t'as bien lu).

url

 

 

Et pour qu'elle accepte de coucher, il faut juste lui parler gentiment. Gentil petit poney, regarde j'ai une pomme pour toi. Et l'affaire est dans le sac, tu connais "les chemins de son désir", et tu vas "lui ouvrir". Le cheval, le cheval, c'est trop génial.

C'est fini?

Non.

Il y a Elle.fr qui n'est jamais le dernier pour dire de la merde (ICI). Et qui te donne des conseils COMPLÈTEMENT MOISIS si tu n'as plus envie de coucher (dans le cadre d'un couple hétérosexuel hein, faut pas déconner non plus).

Qui te dit que si tu n'as pas envie, c'est aussi parce que:

"Moins on mange, moins on a faim" (moins tu couches, moins tu as envie = C'est de ta faute),

"L’appétit vient en mangeant" (force toi connasse)

"Pour entretenir l’appétit et bien digérer, faut manger régulièrement" (utilise du lubrifiant)(?)(Et force toi encore au moins une fois par semaine on a dit)

"Avant de passer à table, on met une jolie nappe, ça ouvre l’appétit (J'ai même pas compris celui là, débrouille toi pour la traduction)

"Un peu de préchauffe" (Je suis pas sure d'avoir compris si on parle de l'importance de se toucher avant ou de mettre des produits de beauté pour se sentir désirable hihihi des paillettes et du sent-bon hihihi)(#ValarMorghulis)

Et je mets le dernier en entier parce que je sens poindre la mort :

ELLLLLLE

IMAGINE ALL THE PEOPLE MEUF

 

 

Pas un seul article ne te propose de parler avec ton/ta partenaire de ce qui ne va pas. Pas un seul article ne te dit que tu n'es pas un distributeur de rapports sexuels, et ça c'est très angoissant. On te parle de faire un effort, de te forcer. On te parle de coucher alors que tu n'as pas envie. Aux hommes, on leur dit de trouver des combines. Aux femmes, on leur dit de se forcer et d'attendre que ça passe.

Ce genre d'articles, ça te balance deux trucs à la gueule :

- Le désir féminin (= le désir de l'autre personne), c'est un truc casse couille qui demande de la préparation et c'est chiant et on aime pas trop.

- Quand une femme dit non, il suffit de ne pas l'écouter et elle dira oui plus tard.

 

Donc je disais : On a encore du chemin à faire. Et il y a surtout beaucoup d'éducation à donner. Sur l'écoute de l'autre, sur les préliminaires.

Sur le consentement.

L'autre dans le couple n'est pas disponible pour moi, femme ou homme. Ce n'est pas normal de se forcer, ce n'est pas sain de penser "bon allez, je dis oui comme ça il me laisse tranquille". Et pourtant, combien de fois ça m'est arrivé. Des années de couple, et de nombreuses fois où j'ai dit oui parce que j'étais fatiguée de dire non. Parce que tu aimes ton/ta partenaire et qu'on te martèle que c'est une façon de lui prouver. Conneries.

Ce n'est pas bien que le désir de l'autre passe avant le notre.

Ton désir, tes envies, tes choix, tes règles.

ton corps, meuf. Ta chatte, ton vagin, ton plaisir.

Toi avant l'autre.

Toujours, tu m'entends.

Toujours.

Posté par Dame Fanny à 20:21 - Commentaires [25] - Permalien [#]