Le Café Langues de Pute sort de son hibernation pour une cause à défendre. Un complot à éliminer. Une souffrance à éviter.

Tout a commencé il y a quelques temps, en entendant une phrase anodine "Non mais moi, j'aimerais bien avoir un meilleur ami homo, ça doit être trop bien". Phrase dite en se référant à je ne sais quel Marc Lévy doté d'un personnage meilleur-ami-pour-la-vie-lolilol-amour.

Puis j'ai découvert l'émission des Grosses et un Gay, baptisé de façon beaucoup plus correcte Belle Toute Nue. Ou chaque femme ronde en vrai ou dans sa tête peut s'entendre dire par un friendly homo à quelle point elle est belle, et désirable, et belle, et c'est trop bien la vie quand même va y pose à poil on te photoshopera après.

Stupeur.
Stupéfaction.
Horreur.

Je m'insurge. Et pas qu'une fois. J'accuse, comme Zola (en moins politique et littéraire, certes). Je m'attaque à un très gros mensonge de notre temps :

Le meilleur ami homo, à l'art d'être une Fiyapédé

Point numéro un, The Numberouane, Celui que jamais tu oublis.

Les amis gays dans la vraie vie, c'est pas (du tout du tout) comme ceux de la fiction. En exemple:

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(William Carnimolla. Tu oublis. Mais tu oublis tout de suite!)

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(Stanford, de Sex And The City. Tu oublis aussi)

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(J.P de Clara Sheler. La même)

Et enfin le plus cliché pour la fin:
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(Le meilleur ami Gay de l'héroine, capable de faire de la couture sur une robe, ou parler de blush. Certes. Et son petit ami est mort du sida, parce qu'il avait été infidèle. Oh oui du cliché, encore!)
(Et au passage, tu me balances tes Marc Levy).

Donc alors, en vrai, les meilleurs amis gay, ça sait rarement manier une aiguille (oh non), c'est rarement styliste (oh non), ça sait rarement la différence entre du blush et de l'anti cerne (oh non) et ça ne va pas toujours te faire des discours sur les derniers défilés du moment. Oui, je sais, moi aussi, j'aimerais crier OH NON, quelle odieuse trahison, quel infâme mensonge, moi qui y croyais si fort!

Mais en fait non.
Parce que moi, tout ça, je le sais déjà. Je suis un joli (bonne) spécimen de Fiyapédé.

C'est quoi exactement une Fiyapédé? C'est une fille à qui les Morues ont arrêté de demander "T'as pas un ami célibataire?" parce que s'entendre toujours répondre "Si mais t'es pas son genre", c'est pas flatteur. C'est une fille à qui on a déjà dit "Passe devant, t'es la plus virile de nous", ou encore "Tu peux me passer ton crayon noir?" alors qu'elle était la seule personne pourvu d'un utérus dans le groupe.

Si je voulais être complètement réaliste et langue de Pute, une Fiyapédé ça peut souvent être moche, et vivre par procuration la vie de ses amis gays en leur rabâchant toujours "toute façon, si je rencontre personne, on fera un enfant ensemble hein?".

(Ce qui viole la Règle Importante numéro 2 : On ne couche pas avec quelqu'un qui n'a pas franchement envie de vous. Jamais. Never Ever Ever Ever.)

Mais revenons à cette jolie tirade "Moi j'aimerai bien avoir un meilleur ami homo". Je dis ok Girlie, pourquoi pas, tu as raison, c'est sympa. Sauf que déjà, choisir un ami selon son orientation sesouel, c'est un peu moyen. C'est pas comme si t'avais choisis tes Morues en leur posant d'abord la question "t'es plutôt du genre à coucher le premier soir ou plutôt menotte en fourrure?". Et chez les gays, y'a des boulets autant que chez les autres hein.

Donc vraiment, cette idée que tu auras enfin un ami garçon qui saura reconnaitre tes gouts en mode, ou te faire des compliments sur tes chaussures, tu oublis. Parce que ton pote gay, la plupart du temps, la mode féminine, il s'en tape. Mais genre vraiment. Il pourra éventuellement te dire que tu es jolie, bonne, ou encore c'est quoi ce décolleté chagasse va!. Il pourra aussi te dire que tu as grossi, oh oui tout à fait (je vous tuerai un jour pour ça mes choux). Il pourra même te mettre un main au cul quand il aura trop bu, ou vouloir se mettre nu devant toi. Si si. (Mensonge numéro deux : Le gay n'est pas toujours distingué. Surtout, surtout pas).

Donc vraiment, pour le bien de tous, on arrête l'idéalisation. On arrête de courir après un garçon parce qu'il est gay et qu'il ferait un très bon ami (pas forcement). On arrête de courir après un artiste parce qu'il doit être trop sensible et ferait un très bon petit ami. On arrête de croire à tous les clichés qu'on nous sert. La seule chose valable, c'est qu'on a les amis qu'on mérite. C'est flatteur ou non, mais c'est souvent vrai. Et si les tiens du coup, ils sont plutôt du genre à boire souvent, à t'appeler pour te raconter le dernier Sexy Connard qui a fini dans leurs draps, ou leur rupture douloureuse d'il y a déjà un an (mensonge numéro trois: Le gay n'est pas toujours à ton écoute. Non non non non), et bien c'est comme ça. C'est ni mieux, ni moins bien. C'est juste ceux qui te ressemblent le plus. Qu'ils aiment les pénis, ça nous fait juste un point commun en plus.