De le blabla avant le sujet qui fait "come on barbie let's go party":

Vous avez été plus de deux cents par jour à venir lire la dernière note. Et même les autres, grands fous que vous êtes.

Vous me faites tous très peur, vous et vos quatre cents yeux.

(Sinon je vous aime d'amour dans mon cœur, chacun de vous, même M. Pervers qui ne cesse de venir ici en tapant "mamie plan cul". J'espere un jour que tu trouveras ton bonheur, cœur vaillant.)

Sujet du jour:

 

De le Nous les filles

(ou l'art d'être une cruche chez Comptoir des Cotonniers)

 

Ce qui est bien avec internet, c'est qu'il y a toujours quelqu'un pour dire des choses très connes. Là, ça tombe sur Brèves De Styles hihihi, blog du comptoir de comptoir des cotonniers (Mais si, la marque qui coute cher pour avoir le look "hhhann jsuis trop négligée-raffinée-regarde-mon-bandeau-en-poil-de-chèvre").

Note du 9 aout, ouvrez les guillemets :

"Il faut le dire : nous les filles, on est pas forcément fans de BD. Trop d’heroic fantasy, trop de science-fiction, trop de guerres, trop de combats… Bref, tout un univers qu’a priori on ne comprend pas trop. Et pourtant ! Il y en a tellement des BD, et parmi elles, des BD de filles, écrites par des filles drôles, pour les filles modernes et malicieuses que nous sommes. C’est pourquoi pour cet été, on a fait un petit repérage fort sympathique de BD à emporter à la plage, au parc, chez sa grand-mère… Où vous voulez, tant que vous êtes en vacances!"

Je ne sais pas quelle phrase en particulier est en train de me provoquer une rupture d'anévrisme mais je la sens arriver dans mon cerveau. Chaque lettre, chaque ponctuation de ce paragraphe me fait saigner du nez, bave aux lèvres. Lire des conneries me rend donc sous-sexy, vous m'en voyez désolée.

Le terme "Nous les filles" est trop souvent suivi d’énormes clichés visant toujours à dire à quel point nous sommes rigolotes/amoureuses/futiles/adeptes du sexe SM mais seulement avec du cuir vegan. Et c'est un peu pénible.

C'est même carrément chiant. Miss Comptoir, je ne te connais pas, alors je ne suis pas over fan que tu parles à ma place. Parce que qu'est ce qu'on en commun? Un utérus? Un vagin? Des trompes de Fallope (hihihi t'as vu sur le schéma de la prof, ça rime avec salope. Big Bisous Bien Baveux jte kiffe Meuf)? Ça suffit quand même pas pour parler en mon nom. Et si je me sens plus proche de la vision de la vie d'un ami qui a un pénis et des testicules on fait comment? Ah non, c'est vrai, je suis bête, mon utérus est directement relié à mon cerveau. C'est pour ça que j'ai toujours les yeux écarquillés et que j'hurle que "C'EST TROP MIGNON PUTAIN" pour tout, mon chat, mes cheveux, mon vernis, mes tampons parfumés à la fleur-des-iles-du-pacifique.

Et c'est quoi cette histoire de on aime pas la BD parce que "trop de guerres, trop de combat". Oh merde, mon uterus est aussi relié à mes yeux. Vu le prix de mes lunettes, j'aurais aimé qu'on me le dise plus tôt histoire que je sache qu'il fallait que je me les mette dans la culotte et pas sur le nez. Trop con la meuf.

vilains soldats

Les vilains soldats de Band Of Brothers (que je vous conseillerais si je n'étais pas une fille)

LA GUERRE C'EST NUL VIVE LES PAPILLONS

 

Et même si la guerre c'est mal, et que c'est mieux les bébés chèvres qui font "béé", il faudrait arrêter de faire l'amalgame femme = enfant. Je suis majeure, je me fais prélever plein de trucs chiants sur ma feuille de paye, je couche, je baise, je fais l'amour, je bois, et je fais plein de trucs d'adulte because j'en suis une. Et j'aime la science fiction, j'aime les combats, j'aime les scènes de guerre, je connais les dates des conflits et plein d'anecdotes sur les deux guerres mondiales que même toi et ta pute de jupe longue vous connaissez pas Miss Comptoir. Et ça veut pas dire qu'on n'en est pas moins sensible, ça veut dire qu'on peut faire plusieurs choses à la fois. Je peux très bien lire des livres remplies de violence, de science fiction et tout un tas d'autres et littéralement pleurer toute la nuit suite à la fusillade Utoeya, tu sais les vrais larmes qui t’empêchent de respirer, le nez qui coule sans arrêt, et que tu ressembles à une grosse junkie au matin, hihi mes cernes vont trop bien aller avec ma robe lavande. Peut être parce que je suis adulte, et que je fais la distinction entre la réalité et la fiction.

Et parfois même, je met un gilet Rose-nude-2010 et je regarde des films d'horreur. Et j'aime ça. Les vampires, ce con de Jason Vorhees qui est beaucoup trop con, Michael Myers qui est super relou avec sa soeur, cimer la famille, Freedy Krueger qui serait bien niqué a l'époque du lexomil ("Va y viens dans mon rêve, j'en ai pris deux, je suis dans le coma jusqu'à demain). Je les aime tous, exeption pour les Zombies qui font rien qu'à être relou à vouloir te bouffer, et qui me font tous très peur à être sales, Hii barre toi Jo Le Zombie Putain, je suis végétarienne moi monsieur, et mes seins coutent beaucoup trop chers pour être bouffés merde. Et surtout, surtout, dans tout ce qui peut être horreur, et plein d'autres choses encore, il y a Guillermo Del Toro. Et lui, c'est juste Dieu. Et ses monstres sont les êtres les plus fascinants, les plus effrayants, et les plus incroyablement humains qui existe. Même mon uterus illetré le sait.

dieu

Hiiiii, mais ces lunettes, c'est sooo 2007


Et cette phrase, mon dieu cette phrase "Bref, tout un univers qu’a priori on ne comprend pas trop".

C'est à dire?

Est ce que je ne viens pas, moi et toutes mes semblables, de me faire insulter là? Est ce qu'on n'est pas en train de me dire que je suis pas assez évoluée pour comprendre des choses?

Ce blog vient de me traiter de conne. Moi, toi, vous, et même vous Gens-A-Pénis parce que vous faites rien qu'à aimer les trucs qui parlent de combats, de morts, de guerre. De trucs de brutes débiles. Et à Comptoir, on est sûres aussi que vous passez votre temps à boire des bières en regardant du sport à la télévision, pendant que nous on écarquille encore les yeux sur cette magnifique jupe qu'on vient d'acheter "REGARDE CE CORAIL COMME IL EST MIGNON".

Chere miss Comptoir, je passe ma vie à me battre conte des cases, qui sont bien trop carrés et pointues pour moi. J'aime pas qu'on me définisse par mon sexe, ou que mon sexe me définisse, comme tu veux. J'aime pas qu'on me dise quoi lire, quoi voir, quoi vivre. Et je déteste par dessus tout qu'au détour d'une idée marketing, on me traite d'imbécile. J'ai des diplômes, des années d'études, et encore d'autres à venir. Et même si je n'avais pas tout ça, même si j'avais arrêté mes études au lycée, ça serait la même chose, je n'aimerais pas qu'on me dise qu'il y a des choses que je ne vais pas comprendre, surtout quand on parle de BD, ou même d'art en général. Tu fais ce que tu veux de ta vie, si tu aimes jouer les naives un peu stupides tant mieux. Mais tu me fous pas dans le même panier, tu me vires de là, et tu brûle ce "Nous les filles" qui a fait se remplir de sang ma boite cranienne. Moi et mon absence de testicules, on te remercie.