Le blabla avant le sujet qui fait "I'm not gonna write you a love song":

Une lectrice-de-google est arrivée ici depuis plusieurs jours en tapant :

"Répondre quand on te traite de pute"

Chère demoiselle en détresse, je ne peux que te conseiller la répartie qui marche le mieux de l'histoire des reparties (après "Tu quoque mi fili" de Juju après s'être fait mettre profond par son pseudo fils, Cimerus la Famillis):

"Pas autant que ta mère"

 

Sujet du jour:

De le La courbe pondérale

(que ça rime avec Chantal t'as oublié le Cantal)

 

Ce qui est bien quand on se retrouve avec la flemme d'écrire, c'est qu'il finit toujours par avoir un truc qui gonfle et qui énerve. Et je crois que sur ce blog, on n'aura jamais assez fini de parler des kilos, des courbes pondérales, de la cellulite, et des vannes 39-45.

Prenons l'histoire depuis le début :

Depuis quelques mois maintenant, je traine sur le grand site qu'est Suicide Girls. Quand je dis que je traine, comprenez que je commente et que je participe, mais qu'il n'y a pas de photos de moi dessus, pas la peine de taper "DAME FANNY TEUCHA SUICIDE GIRLS" sur google, cimer.

Et vu que j'y suis souvent, j'y ai rencontré des gens, et c'est l'amour, les coeurs et les petits agneaux qui font "bhééé" dans les pâturages. On papote, on s’envoie des messages sur tous les réseaux sociaux possible, et quand on peut, on se rencontre en vrai, on discute en mangeant des plats végétariens comme des connasses. Bonheur. Joie.

mon-petit-poney

Mets toi à oilp et soyons keupines

Et comme le but de SG, c'est aussi les photos, les filles font des set de malades, on commente en mettant plein de cœurs, et on re-mange des plats végétariens comme des connasses. Bref, des relations comme les autres, avec des photos à poil en plus (Non, on ne tape pas non plus "COPINES DAME FANNY TEUCHA", cimer)(Et arretez d'essayer, vous allez retomber sur le blog, je vous piste par mots-clefs Google je vous dis).

Le problème avec le fait de mettre des photos de soi sur le net, c'est comme d'écrire un blog, t'es sure un jour où l'autre de te prendre des avalanches de troll qui ressemblent furieusement au teckel de ta grand mère, celui qui essaie toujours de se masturber sur ta jambe. Ils sont collants et chiants. Et tu peux leur shooter dedans, ils finissent toujours par revenir.

C'est un peu ce qui arrive à mon amie A., qui a eu le droit à son avalanche de teckels méprisants et agressifs. Et je sais bien qu'il ne faut pas répondre aux trolls, mais depuis que je suis au courant de tous les commentaires dégueulasses, j'ai juste envie de choper tous les comptes et d'aller les insulter un par un. Voir même un message collectif, avec objet "va baiser ta cousine connard".

Ce qui m'agace/énerve/donne envie de battre tout le monde à coup de pieds de chaise "ôlogÏÖf" d'Ikéa, ce qu'elle est attaquée sur l'un des trucs les plus faciles et le plus communs du monde : Le poids.

Dans le vaste monde de l'insulte, nous avons trois sujets qui reviennent tout le temps:

Le poids.

La beauté.

La Vie sexuelle.

Autant te dire ami lecteur qu'en ces lieux, je me suis déjà faite traiter du combo "grosse + laide + mal baisée". Comme si c'était les choses les plus affreuses jamais dites, comme si on ne ne pouvait toucher quelqu'un qu'en rabaissant son apparence extérieure et l'état de son vagin. Sur ce blog, on ne voit ni ma ganache, ni mon cul, et personne n'a pour l'instant installé un compteur à pénis dans ma culotte, je peux donc dire que ces mots me laissent indifférente. En langage commun, que je m'en bats la race tasvu, bien ou bien?

C'est autre chose lorsqu'on a le courage de mettre des photos de soi sur internet. C'est autre chose lorsqu'on ose poser et poster les photos sans bac 4 photoshop oh oui retouche moi la gueule, j'aime pas être humaine. Et c'est encore plus courageux quand on ne correspond pas aux canons des silhouettes que l'on nous gerbe partout à la gueule, à coups de visages à peine réels, de peaux sans pores et de corps sans aucun plis, ni aucune putain de courbe-même-pas-le-bassin. Du faux, du lisse, du fabriqué par écran et pinceau numérique. Des corps démembrés, parfois des visages composé de plusieurs parties de femmes différentes. Cimer Lancôme en passant pour votre nouvelle campagne dégueulasse, déjà que la dernière avec la vieille Julia avait un gout de choucroute vomie et ravalée.

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Kikoo maman jme suis fait repasser la gueule

Je ne parle pas du combat maigre / grosse qui donne envie de massacrer tout le monde à coups de pelles. Je ne suis pas là pour dire que "hihihi moi jsuis pas une planche à pain, les hommes de toute façon ils préfèrent les courbes, y'a de quoi s'accrocher hihihi pas comme sur les sac d'os", et autre conneries qu'on balance sur d'autres pour éviter de crever dans son propre mal être.

Je parle de meufs ravissantes qui osent poser sans artifices, et sans ravalement de gueule à la truelle. Et qui, forcement, se font défoncer sur ce qui est le plus facile, le poids, l'IMC réglementaire et autre conneries.

Ca me fout la gerbe, ce genre de comportement. Entendre des commentaires aussi cons que "Tu te caches dans le noir pour pas qu'on voit que tu es grosse", bien planqué derrière son anonymat crasseux, ça m'hérisse le poil, et ça me fait bouffer tous mes ongles. Parce que ça marche, parce que ça joue sur des cordes sensibles et qu'on sait très bien que ça va faire mal.

Parce qu'à l'heure actuelle, quand on te traite de grosse, un cas sur deux, ça te fout au fond.

Depuis bien longtemps, je ne sais pas mon poids. Je refuse de monter sur une balance. Je case mon cul, mes seins, mes hanches dans un 40, voir un 42 selon les marques. Il parait que c'est pas bien. Qu'il faudrait plutôt jouer dans la ligue des 36-38 pour correspondre à la norme. Ce qui me fait doucement rire, vu à quel point ce sont toujours ces dernières tailles qui restent en magasins. Il parait que c'est trop, que "tu serais mieux avec une taille en moins", "je croyais que les végétariens, c'était mince!" et autre conneries sorties par des gens (trop) proche ou non, qui prouvent bien encore une fois que les gens feraient toujours mieux de se mêler de leur culs plutôt que de celui de celle d'à côté.

Qu'est ce que le surpoids? Qu'est ce que la norme? Qu'est ce qui est aussi affligeant dans ces kilos en trop? Et ces nouveaux termes à la con, "ronde" et autres "pulpeuses" de merde pour te balancer à la gueule que si, on voit bien que t'es grosse mais on va faire avec. On va trouver un mot tamponné marketing pour te refourguer des crèmes anti-cellulite. Et des régimes à la con genre bouffe que des protéines et nique tes reins, c'est pas grave ma chérie, tu seras mince. C'est sur qu'avec plusieurs dialyses par semaine, tu seras plus fine, c'est cool, ça sera le bonheur.

Quand on te traite de grosse, c'est aussi qu'on t'insulte de tous le vocabulaire qu'on planque derrière ces six lettres. Dans la société mangerbouger.tamère, le gros renvoit au pas sain. Celui qui manque de volonté, celui qui ne se bouge pas le cul pour aller faire du sport. Celui qui est mou, et donc non dynamique. Celui qui ne fait pas marcher la société. La feignasse, celui qui n'a le courage de rien, qui manque de volonté. Et que si elle ne fait même pas d'effort pour faire attention à elle, cette fille, ça veut dire qu'elle manque de rigueur pour tout le reste.

Quelques kilos en trop, et on te fit clairement que t'es pas quelqu'un de fréquentable.

(En passant, petit conseil d'amie aux fiyapédé : Vous n'êtes pas moins jugée parce que vous trainez dans le milieu gay. Si vous avez un gros cul, croyez moi que c'est remarqué, et moqué. Par pitié, arrêtez de croire que l'homosexualité enlève tous les aspects négatifs des individus. Par pitié aussi, arrêtez de trainer avec des personnes en fonction de leur sexualité, aussi. C'est chiant, à la longue)

Moi, je trouve sincèrement que c'est assomant cette histoire. De voir des amies sortir des cabines d'essayage au fond du seau, au bord des larmes, parce qu'elle se trouve grosse, alors qu'elle sont belles. Mais qu'on l'oublie, que la beauté n'est pas qu'une histoire de chiffres et de mesures. Que moi même, je me mette dans des états pas possible à cause de cette conne de voisine qui m'a demandé pour quand c'était le petit, cet été, alors que je portais une robe empire et que j'avais pris du cul. Ta mère la voisine, je te demande si tu fais le trottoir avec ta robe en léopard de pute et ton rouge à lèvre fushia collection Yves Rocher 1997?

C'est fou le mal qu'on nous inflige, le mal qu'on s'inflige nous même, à rester à se fixer dans le miroir, yeux dans les yeux, en espérant quoi? Que nos globes occulaires se retournent, et que, bave aux lèvres, on se mette à gueuler "TA MERE SUCE DES BITES EN ENFER"? Ca serait pourtant bien plus fun que de faire une liste mentale de tout ce qui ne rentre pas dans une taille imaginaire qu'on ne fera jamais.

On mérite mieux. Chaque putain de personne mérite mieux que de se prendre la tête avec des choses insignifiantes, de s'affamer jusqu'à s'en évanouir pour atteindre le bonheur. Alors que là, devant le miroir, y'a un paquet de choses qu'on loupe à force de loucher sur notre cellulite. La couleur de nos yeux, la forme de ma bouche, son port de tête, la forme de leurs seins, les morsures au creux du cou ou les griffures contre l'omoplate qui montrent bien, bordel, qu'on plait à quelqu'un.

Et une fois qu'on l'aura pigé, on ne se laissera plus bouffer par la hargne malade et pernicieuse (mot compte triple, jte démonte au scrabble) de ces cons de trolls qui n'ont pas de vie et préfère essayer de bouffer celles des autres plutôt que de créer la leurs. Ca nous touchera plus parce qu'on sera mieux que tout ça. Pour de vrai. On arrêtera de chialer parce qu'on ne rentre pas dans un vêtement mal taillé du Bangladesh, on ira boire un putain de verre, et même bouffer des chips plutot que de suivre les conseils de Dukan avec son avoine à la con et ses plats hyper-proteinés.

Et on enverra en mail collectif à tous ces cons, à leurs remarques acides, et leurs conneries qui traversent les océans et les décalages horaires, un énorme GO FUCK YOURSELF.

Please.

And ta gueule, because I'm French, and I'm fucking beautiful.

Batard of your mother.

Kiss and love and little ponies in the sky.

 

(Ca faisait un mois que je n'avais pas posté, et mes petits poussins, vous m'avez manqué)