le blabla avant le sujet qui fait "danse, en rythme et en cadence, faut qu'à chaque fois que j'y pense, ça me mette en transe":

Le dernier article a été diffusé par je ne sais qui, je ne sais où, je ne sais comment. J'ai cru comprendre qu'il avait été relié par Rezo.net (je vous aime d'amour).

Du coup, je me suis retrouvée avec des statistiques avec cette gueule :

 

stats

 

Sachant qu'on tourne plutôt aux alentours d'une centaines de visites habituellement, je tiens à vous remercier tous de passer par ici, de faire connaitre le blog sur les réseaux sociaux, et d'en parler à vos ami(e)s. Et pour vos petits commentaires de l'amour du love, de la profondeur des sentiments et de la beauté des anges qui font "tsouin" avec leurs trompettes aussi.

 

Sujet du jour:

 

De les quatre cavaliers de l'apocalypse du débat

 

Je suis chiante.

C'est un fait.

Je suis la hippie connasse du bout de la table. Mais si, celle qui mange plus ou moins bio, végétarienne, féministe, en lutte permanente pour plein de sujets, et qui pourrait te parler pendant des heures de l'intégration désastreuse des personnes handicapées sur le marché du travail (4% dans le public, 2% dans le privé).

Ouais mec, ce genre de fille. Heureusement que je bois et que je me tape ta mère, sinon on se ferait vraiment chier.

Donc j'ai l'habitude des débats. Je ne dis pas que j'aime ça, mais j'ai l'habitude. Et sur ce blog (ou un autre), c'est la même chose. A force de parler de sujets sensibles (ou non, dois je vous dire à quel point certains ne se sont pas remis que j'attaque Spécial K dans le dernier article?)(Spécial K les mecs, des putain de céréales de merde quoi), j'ai pu constater une chose propre à l'espèce humaine :

Dans un débat, on tourne en rond.

Dans un débat, sur n'importe quel sujet, tu te retrouves toujours face aux 4 cavaliers de l'Apocalypse.

Présentation:

Celui qui nie

(Ap 6:1-8) Et ma vision se poursuivit. Lorsque l’Agneau ouvrit le premier des sept sceaux, j’entendis le premier des quatre Vivants crier comme d’une voix de tonnerre : « Viens ! » {2} Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval blanc ; celui qui le montait tenait un arc ; on lui donna une couronne et il partit en vainqueur, et pour vaincre encore.

(On se marre quand même bien comme il faut dans la Bible)(Et quand le gens de la Bible, il dit "l'agneau", il parle de Jésus hein, l'agneau qui fait "bé", il ne peut pas ouvrir un sceau avec son petit sabal)

la conquète

 

Le premier cavalier, c'est celui qui nie tout ce que vous allez dire. Généralement, il ne s'y connait absolument pas sur le sujet, mais "non, je ne pense pas que cela soit vrai ce que tu dises". Au pire, il dirait qu'il a lu un article qui en parlait, sans citer de sources. Dans sa vision du monde, soit les faits que vous dites ne sont pas vrais, soit c'est vous qui exagérez. On se retrouve dans des situations absurdes où même toutes les preuves du monde ne changeront pas sa position.

Oui, généralement, c'est celui qui fait péter le plus les plombs, en mode poursuite avec une hache à la Shining. C'est la personne qui finira par être ridicule plutôt que de concéder qu'il n'a pas raison. Et dira des choses aussi connes que "mais non, dans les abattoirs, les animaux ne souffrent pas autant, n'en rajoutes pas", ou "Si, il y a beaucoup de femmes dans les hauts postes en France, qu'est ce que tu es médisante!".

Ou qui, dans un élan de bonté de sa part, admettra enfin que vous avez un peu raison. Tout en rajoutant que le merveilleux argument de : "

"Oui, mais regarde, (placez un nom de pays, souvent d'Afrique ou du Moyen Orient)(ou placez une époque passée, genre avant la guerre ou carrément le moyen age), c'est pire!"

Ce qui reviens un peu à dire à quelqu'un victime d'une agression raciste :

"Oui mais regarde, avant aux Etats Unis, ils t'auraient brûlé, c'est bon arrête de te plaindre!"

C'est un argument qu'on retrouve souvent, et que je trouve d'une connerie sans borne. Si je me coupe un doigt, en quoi ça va me rassurer qu'on me dise que le voisin, lui, s'est coupé le bras? Ça ne change rien à ma condition de doigt coupé et de sang qui gicle partout version remake de Saw partout dans la baraque. Ou alors faut être sacrément pervers dans sa tête pour penser que "Oh oui je souffre mais je souffre toujours moins que cette pute de Christiane".

 

Celui qui dit qu'il y a des causes plus importantes :


"Lorsqu’il ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième Vivant crier ; « Viens ! » Alors surgit un autre cheval, rouge-feu ; celui qui le montait, on lui donna de bannir la paix hors de la terre, et de faire que l’on s’entr’égorgeât ; on lui donna une grande épée."

(L'agnal, toujours aussi déconneur)(Oh oui, la graande épée)

la guerre

J'ai un petit coup de cœur pour ce cavalier là. Celui qui, quoi que tu défendes dans ta vie, finira toujours par te dire qu'il y a des causes dans le monde. Avec la Best cause ever and ever and ever, c'est à dire IL Y A DES GENS QUI MEURENT DE FAIM DANS LE MONDE.

Quoi que tu fasses, n'importe quoi qui te fasse bouger ton cul, on en reviendra toujours aux petits gamins d'Afrique qui crèvent la dalle. Je ne sais pas bien pourquoi, ça doit réveiller des trucs dans notre inconscient, ça doit être comme les chatons.

Et donc ce cavalier là te dit qu'en gros, ce que tu défends, c'est quand même grave de la merde. T'as un peu l'impression devant lui d'avoir quatre ans, quand tu montrais tes dessins faits avec ta bave et que tes parents te faisaient un gentil sourire en disant "c'est bien ma chérie, c'est trop jolie tout ça, oh oui c'est jolie, retourne manger ta colle cléopatra, Maman est occupée là".

C'est vrai, toi, ça fait une semaine que tu te démènes pour faire adopter des chatons pour ne pas qu'ils finissent euthanasiés, mais chérie, ne crois tu pas qu'il ai des choses plus importantes? Est ce que tu as résolu le problème de la faim dans le monde? Non? Connasse, va.

Ce qui est merveilleux, c'est que généralement, ce cavalier là qui te parles de causes plus justes, plus grandes, plus capitales, et bien il n'en fout pas un. Pour rien. Par exemple, ceux/celles qui critiquaient les actions contre le mot "mademoiselle", on ne les a pas beaucoup vu le 25 novembre pour la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Le cavalier, il aime bien dire des jolis mots, mais quand il s'agit de se bouger un peu le cul de son cheval, bizarrement y'a plus personne.

 

Celui qui dit que "ça sert à rien de toute façon"

"Lorsqu’il ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième Vivant crier : « Viens ! » Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval noir ; celui qui le montait tenait à la main une balance, et j’entendis comme une voix, du milieu des quatre Vivants, qui disait : « Un litre de blé pour un denier, trois litres d’orge pour un denier ! Quant à l’huile et au vin, ne les gâche pas !"

(Et oui, le troisième cavalier était juste un putain de rabat-joie, ça casse sévère le mythe)

la famine

 

Lui, c'est le cavalier Relou. C'est le cavalier dépressif, celui qui sur son cheval avec sa couette, les cheveux gras, et qui se plaint sans arrêt que les autres l'attendent pas parce que personne ne l'aime.

Qui te dira toujours que tous tes efforts sont inutiles, qu'au final il y aura toujours de malheur sur terre. Que la condition des femmes sera toujours aussi mauvaise, qu'on n'aura jamais la parité et qu'il faut faire avec. Que se battre demande trop d'effort, et que ça n'en vaut pas la peine.

Et pour argumenter, lui te dira que le monde a toujours fonctionné comme ça, c'est bien pour une raison. Qu'il y a toujours eu de l'injustice, et qu'on ne peut rien y faire. Le genre de personne qui voyant une mamie se vautrer par terre, serait foutu de l'enjamber et de ne pas l'aider à se relever parce que "A quoi bon, elle est tellement vieille, elle va bientôt mourir de toute façon".

Le cavalier qui a plein de discours sur la vie, la mort, la cruauté du monde. J'ai déjà eu quelqu'un comme ça qui, après qu'on lui ai dit que j'étais végétarienne, m'avait regardé dans les yeux et dit "Tu n'acceptes pas la mort, Fanny, tu n'acceptes pas la mort, et pourtant elle fait partie de la vie".

En dehors des débats, c'est ceux qui vont t'inciter à ne pas faire des choses qu'ils estiment dangereuses, qui seront toujours là pour te rappeler tous les nombreux risques que tu prends. Et à leurs contacts, il est possible qu'ils te contaminent dans leurs peurs et leurs dépressions.

J'imagine tous le temps ces gens comme t'aggripant les chevilles de leurs deux mains, et t'obligeant à marcher en les trainants alors qu'ils hurlent un seul mot en continue :

"Aquoibonpourquoifaire.....Aquoibonpourquoifaire....Aquoibonpourquoifaire..."

Angoisse.

Bref, le cavalier numéro trois, il fait sacrément chier.

 

Celui que c'est juste un troll

"Lorsqu’il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis le cri du quatrième Vivant : « Viens ! » Et voici qu’apparut à mes yeux un cheval verdâtre ; celui qui le montait, on le nomme : la Mort ; et l’Hadès le suivait. Alors, on leur donna pouvoir sur le quart de la terre, pour exterminer par l’épée, par la faim, par la peste, et par les fauves de la terres."

(Comme quoi, on peut avoir un cheval couleur épinard et avoir la Seucla)

la mort

 

Bon alors, pour commencer j'ai mis le troll en dernier parce que je trouvais que le vert lui allait pas mal. Mais il ne faudrait pas s'imaginer qu'il a le même pouvoir que la Mort.

Le troll, il ressemble pas à trop à un cavalier. Si je devais donner une image, le troll, c'est plutôt genre Faf' larage sur un poney :

Faf_la_Rage_2007

Yiiiaaah!

Le troll, c'est genre ton petit neveu qui se met le doigt dans le nez, et l'essuie sur ton manteau quand tu le prends dans tes bras. C'est chiant, c'est dégueulasse, mais ce n'est pas mortel.

Le troll dans le débat, il sert à rien. Son seul argumentaire s'arrête au niveau collège. Il est là pour te dire que tu es moche, grosse, sans vie, sans sexe. Que "c tro bidon cque tu di lol" sans autre forme de procès. A l'écrit, il va forcément dire que tu écris mal, et puis en rajouter encore sur le fait que "c nul lol".

Généralement, c'est aussi la personne qui essaie de faire de l'humour sur n'importe quel sujet. Petit exemple tiré d'un article sur ozap.com qui traitait de l'affaire de la journaliste française aggressée en Egypte :

dugland

Le troll ne sert à rien, fait des polémiques ridicules sur tout ce qu'il touche, fait souvent des fautes. Par contre, aussi inculte puisse -t'il être la plupart du temps, il est très au courant du droit. Surtout de la Déclaration Universelle des droits de l'homme votée par l'ONU en 1984, et surtout de son article 19 qui dit que "Tout individu a droit à la liberté d'expression". 

C'est son seul argument, mais il tient. Et on se retrouve donc souvent avec des gens qui clament aussi fort qu'ils le peuvent que "On est dans un pays libre, j'ai le droit de m'exprimer comme je veux!".

Ce en quoi je suis entièrement d'accord. Mais quand même, quand Mère-Grand elle te disait de tourner sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler, c'était peut être pas pour rien. Quand elle disait ça Mère Grand, elle voulait peut être aussi signifier que si tu as quelque chose à dire qui est tout aussi con que toi, il serait peut être plus juste que tu ailles caler ton cul sous l'arbre de la Bodhi et que, au mieux t'apprennes à méditer, et qu'au pire ça te fera toujours un peu fermer ta gueule un moment.

Elle était pas si con que ça, hein, Mère Grand.

 

La prochaine fois que vous croiserez l'un des quatre cavaliers, voir les quatre parce que vous êtes chanceux, n'oubliez pas que ça ne sert à rien d'avoir une discussion censée avec eux. C'est juste une perte de temps, et le votre vaut largement mieux. Parce qu'au fond, ça reste juste que quatre blaireaux sur des montures aussi connes que des chèvres.

(Les masques qui déboitent leurs mères sur les photos sont faits par ce monsieur : ici)