La mise au point avant le sujet qui fait rien du tout, puisque c'est une mise au point :

On va mettre quelques petites choses au clair :

1. Dans ce blog, il y a souvent du second degrés. Remettez vous.

2. Dans ce blog, il y a souvent du second degrés. Remettez vous.

Quand par exemple, je dis "ta tête dans le sanibroyeur", je ne pense pas mettre véritablement quelqu'un la tête la première dans une cuve putride.

Donc quand je lis (oui, je cite en exemple, je suis vilaine) :

""c'est quand que ton entrejambe à croiser un rasoir?" Tiens, tiens: tu es exactement comme ceux que tu attaques, le rasage intégral serait donc obligatoire dans ton esprit, alors que ce n'est qu'une mode qui n'a qu'une vingtaine d'années et qui n'est pas des plus intelligentes du point de vue sanitaire."

Ca me fait mal au coeur pour les milliers de connexions entre les neurones d'un encéphale qui sont utilisées à perte.

Merci. Bisous.

 

Sujet du jour :

De le L'IVG de confort, t'as pas plus fort.

 

Lundi 30 janvier, dans l'émission "Mots croisés" sur France 2, on a eu la chance de voir le vice-président du Front national, Louis Aliot. Et Louis, il était pas très content, et il voulait le dire.

Louis, il aime pas trop ce qu'il nomme les "IVG de confort". On retrouvait déjà cette expression dans les paroles de Gregoire Moutel, responsable du laboratoire d'éthique médicale de l'université Paris-Descartes qui disait en 2009 dans un article du Figaro :

"Beaucoup de professionnels, qui ne sont pas du tout des militants pro-vie, changent aujourd'hui de regard après avoir trop vu de glissements sur la pratique, explique-t-il. À l'origine, les indications d'un avortement impliquaient une détresse matérielle ou psychologique de la femme, elles sont aujourd'hui plus de l'ordre du confort, ce qui n'est pas dans l'esprit de la loi.»

Donc Louis, il aime pas l'IVG de confort. Lui et son accent toulousain, ils sont pas d'accord pour qu'on rembourse l'ivg aux femmes qui le font un IVG sans que cela soit thérapeutique.

Louis, il dit donc dans cette émission :

"Il y a des femmes qui voudraient garder leur enfant, mais que tout ai fait pour qu'elle le laisse, tout est fait pour inciter à l'avortement, et rien pour inciter à préserver la vie, et pour l'accueil de la vie. Alors que nous avons besoin de naissance! (point d'exclamation putain) Vous n'avez qu'à aller visiter les planning familiaux, et vous verrez la détresse des jeunes filles, certaines voudraient garder les enfants mais ne le peuvent pas parce qu'il n'y a pas de politique incitative."

Louis_Aliot_Perpignan2008

Marine, jte kiff bébé


Alors moi, j'aimerai savoir :

Louis, mon cher Louis, tu te fournis où?

Parce que moi, j'aimerais bien consommer les mêmes stupéfiants que toi, parce que ça à l'air quand même bien chammé.

Revenons un instant sur la définition du terme confort. Selon le dictionnaire, le confort serait une situation ressentie comme non-désagréable, où le corps humain n'a aucun effort à faire pour se sentir bien.

C'est marrant, se faire cureter l'utérus ou prendre des médocs qui provoquent une fausse couche, je ne trouve pas que ça soit over jovial. Genre youhou va y Jacqueline, je me fais ma petite IVG de confort et après direction le mega macoumba, y'a des promos sur les cocktails.

Le terme IVG de confort, on le retrouve souvent chez les mouvements pro-vie. Et j'ai beau être de nature charitable, aimante et cordiale, quand je vois un cortège de Marie-Chantal et Jean-David, banderoles à la main, j'ai juste envie de leur cracher à la gueule, et de leur balancer mes tampons usagés en gueulant "MON TAMPON A LA DROIT DE VIVRE!". Et d'arracher leur "lettre d'un embryon à sa mère", où on lit les écrits du petit embryon qui aime très fort sa maman, et qui ne comprend pas pourquoi elle veut le tuer (cette pute). Je me demande toujours comment E. l'embryon, il a réussi à écrire sa lettre. On lui a calé un stylo directement par le vagin? Et un bout de papier aussi? J'aimerais bien qu'on m'explique parce que mon utérus à moi, il sait ni lire, ni écrire. Je suis un peu jalouse.

Un peu de vidéo pour vomir :


Discours de clôture - Marche pour la Vie 2011

Donc Louis, et les autres, ils sont contre l'avortement quand ce n'est pas pour des raisons médicales, ou, comme le dit Greg, quand ce n'est pas à cause de "détresse matérielle ou psychologique de la femme".

Et si je vais bien, que ma situation financière est stable, et que je ne veux juste pas d'enfants?

Ces messieurs, avec leurs jolis costumes et leurs cravates bien serrées, ils vont me dire que c'est de ma faute, et que j'aurais du être plus prudente?

Que c'est de ma faute, et que maintenant madame, il va falloir assumer.

L'enfant devient une punition pour la femme, que l'on infantilise à son tour. T'as été vilaine, tu es punie.

C'est drôle comme on se rapproche du même discours que lorsqu'on parle du viol. Que quand même, elle était habillée comme une pute, c'est bien fait pour elle. Elle a été vilaine, elle a été punie.

C'est un peu fatiguant à la longue, cette société où on ne me laisse jamais le droit d'être adulte. Où n'importe qui peut décider de ce qui doit se passer ou non dans mon utérus. Comme si, au dessus de ce sacro-saint organe de reproduction, il n'y avait pas une tête capable de réfléchir toute seule.

Cet été, j'ai oublié de prendre ma pilule. Parce que je suis distraite, et parce que ça arrive. Me voila donc partie pour la pharmacie pour prendre la pilule du lendemain. Une fois mon souhait fait auprès de la pharmacienne, j'ai eu la surprise de la voir se mettre à me chuchoter ses questions, puis les instructions.

Comme une gamine.

Chuchoter pour ne pas choquer les mamies derrière moi.

Chuchoter comme pour parler d'un sujet extrêmement honteux.

Chuchoter comme si j'étais une ado à peine pubère qui découvrait le sexe, et qui avait fait une grosse bêtise.

Moi et mes 24 ans, on n'était pas ravies. Du tout. Du coup on a répondu d'une voix normale à toutes les questions. Et même qu'on aurait bien aimé gueuler aux vieilles qui attendaient que oui, on allait prendre la pilule du lendemain, parce qu'on se faisait plus souvent sauter que donner la bénédiction.

Et que bordel, ce n'était pas grave. Ce n'était pas honteux, ce n'était pas malsain. C'était juste la vie.

Et que si, dans ce mois d'aout, j'étais tombée enceinte, j'aurais pris un rendez vous pour un avortement. Le plus tôt possible, le plus vite possible.

Pourtant je ne suis pas en détresse. Ni matérielle, ni psychologique. Ma tête va bien, mon corps aussi, mes finances moins, mais on fait avec. Mais j'ai des études à finir. Des études qui me plaisent, qui vont me donner un métier que j'aime et qui va me définir bien plus qu'une oubli de contraceptif. Je ne dis pas que cela aurait été facile, ni agréable. Cela n'aurait pas été une IVG de confort, parce que le confort n'existe pas quand on subit un acte médical, avec tous les jugements de tiers que cela peut entrainer, et les douleurs physiques qui vont avec. Cela aurait été une IVG de nécessité, parce que la société dans laquelle je vis m'offre la possibilité de le faire.

Bien sur que cela n'est pas à prendre à la légère, et que Kamilia qui fait cinq IVG dans l'année ferait peut être mieux de songer à se coudre l'entrée avec une ficelle à rôti. Sauf que Kamilia, c'est peut être pas forcément la majorité des femmes. Il y a aussi les problèmes de préservatifs, ou tout connement les oublis. Et un oubli, sur les 365 jours de l'année, crois moi, ça arrive.

Parce que, malgré tout ce que peut dire Louis, je trouve que mon utérus, il m'appartient. Je le visualise pas forcement très bien, je l'imagine comme un amas rougeâtre qui bloblote et vit sa vie d'utérus libre. Mais il est à moi. Comme mon petit orteil droit (hihihi il a un grain de beauté dessus, trop kawai) ou mon hypothalamus (mot intelligent compte triple), mon corps m'appartient, et j'en fais ce que je veux.

Mon utérus à le droit d'abriter un enfant, ou non. La loi Veil du17 janvier 1975 (et ses nouvelles mesures du 4 juillet 2001, puis en 2004) est là pour nous garantir le choix. Je ne critique pas celles qui décident après réflexions de garder leur enfant, et ça pour une simple raison :

Je me contrefous de ce qu'il peut se passer dans l'utérus de ma voisine.

En contrepartie, ma voisine ou mon voisin n'ont aucun droit à la parole quand il s'agit du mien.

Et il serait temps qu'on applique un peu plus ce mode de pensée. Que les convictions politiques ou religieuses des uns n'influent pas sur la vie concrète des autres. Qu'il ne s'agit pas d'un acte anodins, mais qu'il s'agit d'un choix personnel.

Et que si je suis un sujet aussi libre et égal qu'on me le dit, mon choix, ma vie, mon utérus, et tout ce qu'il y autour, ça ne devrait n'appartenir qu'à moi. Et que je ne devrais pas subit de pression financière parce que je me choisis ma vie avant celle d'un hypothétique enfant. Et que cet amas de cellule en restera là parce que je me choisis moi avant le reste.

Mon cher Louis, avec mon plus profond respect : Occupe toi de ta campagne, et de votre prochain ramassage aux présidentielles. Dans la douceur d'avril 2012, mon cher Louis, crois moi, je boirai une coupe à votre santé.