De le Valeurs Actuelles, et son (vieux) machisme bien puant

 

Je ne devrais pas être en train d'écrire cet article. Je devrais être en train d'être sur la rédaction de mon ô combien passionnant mémoire, et me plaindre sur twitter en faisant des citations.

Mais bon, on n'est jamais à l'abri du cri du blaireau.

Et en ce joli mois de mars 2013, c'est merveilleux, on a encore réussi à capter radio Londres.

ICI

Alors le père Denis, il nous raconte quoi dans son billet d'humeur?

Du vilain. Du très vilain. Du vieux machisme made in France bien comme il faut, option naissance en 1947 et idées bien arrêtées. Généralement, je me fous des opinions politiques, mais là il s'agit du deuxième du même modèle qui sort des bêtises ces derniers quinze jours. Non parce qu'on a aussi eu Jacques Myard, né en 1947 et de droite lui aussi dis donc, qui nous a balancé à l'Assemblée Nationale à propos des langues étrangères : "L'anglais, ça s'apprend quand on est en âge de fréquenter des petites Anglaises!".


Cimer les garçons, vous me faites chaud au cœur.

ahaha

Hihihi bonne blague #directAN

Donc Nini, il commence son article en nous disant "La parité stricte homme-femme risque d’enclencher une guerre froide des sexes où nous laisserons des plumes."


Déjà, quand tu commences comme ça, je me doute qu'on va pas être en paix toi et moi. Mais bon, je me dis que ça peut encore coller toi et moi, qu'on peut faire des efforts chacun de notre côté. Toi d'être moins vieux réac, moins d'être moins vulgaire. Pense à nous Denis, ne nous ruine pas sur un coup de tête.

Après, tu m'as un peu compliqué la tâche avec tes lignes suivantes : Inversez les cadeaux de Noël et adviendra enfin le règne de l’androgynat, à des détails anatomiques et biologiques près."


Je sais bien, les gens vont encore parler sur notre couple Denis, mais je ne peux pas telaisser encore t'emporter comme ça. Tu sais bien pourtant que la parité n'est pas le synonyme du règle des femmes-lesbiennes-castratrices-tatoué-lesbiennes-à-moto. C'est dans ta tête, tout ça. J'ai déjà dis que je préférai que tu arrêtes de boire du café et lire de la S.F avant d'aller te coucher, elle n'est pas très "What else" ta paranoia.

"Pour l’heure, les hommes font le gros dos, rigolent en douce ou la jouent collabo. Ils se disent que ça passera, comme les orages de grêle ou les virus grippaux. À terme ils peuvent en avoir marre d’être culpabilisés, et traiter les nanas en rivales, l’arme au poing. Déjà, dans la sphère politique, ils commencent à les trouver envahissantes."


J'aime pas quand tu m'appelle "nana", Denis. Je n'aime pas quand tu me parles d'arme au poing quand je te parle d'égalité. Je n'aime pas quand tu me parles violence alors que je te parles de droit. Et j'aime encore moins cette idée sous jacente qu'on en demande trop en voulant briser les plafonds de verre. Et que dire quand tu abordes la politique Denis? Je vais encore finir par repartir chez ma mère, voila.

Parce que ce n'est pas possible que tu nous colles l'étiquette "envahissantes" quand on parle de démocratie. Ce n'est pas possible de signifier que la politique n'est réservé qu'à ta caste d'hommes vieux, blancs, et sortant des grandes écoles. Sur 65 millions de français, vous êtes combien? Quel est votre pourcentage, sur toute notre nation?

Parce que, il me semble bien que nous les femmes, nous sommes facilement 50% de la population. Alors excuse moi Denis, mais nous ne sommes pas "envahissantes", comme tu dis. Nous cherchons à prendre ce qui nous appartient. Tu sais, la république,liberté, égalité, fraternité, tout ça. On cherche à se faire élire démocratiquement, exactement comme vous.

"La femme a évidemment droit à l’égalité qui est un principe juridique, pas une finalité morale tant elle peut s’accommoder d’iniquités, voire en entraîner."


D'après mon petit dico, l'iniquité, c'est un "comportement contraire à l'équité, à la justice". Alors je te présente mes excuses, mais mon esprit de "nana" n'arrive pas à déchiffrer comment une égalité peut amener l'iniquité. Mon utérus a encore du migrer dans mon cortex cérébral. Je déteste quand ça m'arrive. Mais bon, si on doit en passer par des grands mots pour exprimer nos idées, je ne pourrais te répondre que ceci :

"Je voue mes nuits, a l’assasymphonie, aux requiems", Mozart.

Merci Denis. Regarde un peu ce que tu me pousses à faire.

"Mais en outre et en sus, la femme est la figure essentielle de l’imaginaire masculin, tantôt idéalisée, tantôt diabolisée, jamais réduite aux acquêts d’un individu aléatoire."

J'aimerais bien qu'on y revienne deux minutes à ceci. Parce que moi, personnellement, ça me gonfle un chouïa quand vous me renvoyez tout votre "imaginaire masculin" à la gueule quand je suis dans l'espace public. Je n'ai pas envie d'être idéalisée, ni diabolisée. J'aimerais bien qu'on me foute la paix, par exemple, pour commencer. Et que votre dualité Sainte/Putain, vous vous la gardiez pour vos recherches youporn. Je veux être cet individu aléatoire. Je veux être un individu Denis, pas ta pute, ni ta mère. Un individu comme toi, un rival à la limite vu que tu ne fonctionnes que comme cela. Un égal.

"Qu’elle prétende devenir une catcheuse, une sapeuse-pompière ou une magnate de la finance, pour singer le patois féminisé, je n’y vois nul inconvénient dès lors que subsiste entre les mailles de la fonction l’aura voluptueuse de l’éternel féminin. Aucun homme ne peut s’en passer, quitte à s’y laisser piéger."


On n'avait dit pas de coups bas dans les disputes Denis. Pas de moqueries basses et lourdes. Feminiser les mots en espérant nous rendre ridicule n'est pas très efficace. Mais ce qui passe encore moins, c'est encore cette idée qu'il nous faut ton aval pour vivre notre vie de femme. Qu'on ne peut être entière qu'en préservant une part de féminité, pour qu'on trouve grace à vos yeux. Peu importe vos aspirations mesdames, n'oubliez surtout pas de foutre du rouge à lèvre ou d'être maternante (COUCOU NATASHA). N'oubliez pas que le plus important, c'est le regard de l'homme sur vous, pas votre propre regard sur votre personne. Et n'oubliez pas que vous piègez les hommes, parce que vous êtes toutes des PUTES toutes descendantes d'Eve LA PUTE

Quand dans un studio j’affronte Audrey Pulvar ou Clémentine Autain, je suis comme un oiseau fasciné par un serpent. Impossible de ferrailler, leur raison est forcément la meilleure, en vertu du privilège de la séduction. La plupart des femmes en usent et elles ont bien raison. Les plus coquines en abusent et je leur donne encore raison.


Blablabla bande de putes tentatrices bla.

pomme

UN PAPA, UNE MAMAN

 

La même injustice m’a privé des avantages susceptibles d’arraisonner toutes celles qui m’enchantent. La psyché féminine survalorise volontiers les élégants de haute taille, c’est un fait que je déplore.


Et futiles en plus bla.

(...) voilà le fin mot de mon hostilité au néoféminisme made in USA. La texture de leur métabolisme, de leur émotivité, de leur sensualité, de leur créativité, de leurs chimères, de leurs hantises, de leur relation à l’enfance, de leur approche des réalités est foncièrement différente de la nôtre. Tant mieux."


Denis, mon amour, notre amour commun du bordelais ne suffira surement pas à sauver notre couple. Parce qu'en écrivant ce billet d'humeur, tu me rabaisses, moi et mes semblables XX. Tu es ce qui me mets le plus en rogne dans cette vieille génération qui assimile encore femme et éternelle adolescente. Voir éternelle enfant. Émotivité, créativité, relation à l'enfance...J'ai l'impression qu'on parle d'un gamin en cycle 2. J'ai l'impression de ne pas être prise au sérieux.

J'ai l'impression que tu te fous de ma gueule, Denis.

"En filoutant quelques planques avec la parité, la femme s’humilie et se dépossède. Elle mérite tellement mieux que cette aumône et elle peut apporter tellement plus à nos sociétés dont les rouages manquent de douceur."


Mais je ne veux pas être douce, BORDEL DE BITE. Je ne veux pas qu'on me parle de fleurs et de romantisme pour cacher le fait que je gagne moins qu'une paire de testicules. Je ne filoute pas en demandant d'avoir des postes à la hauteur de mes ambitions et de mon travail. EGALITE DENIS, EGALITE. La nouvelle génération est là, et elle est devant. Et on foutra des coups de pompes dans les rouages qui manquent de douceurs à force de se frotter à des poils de pénis rugueux. On s'humiliera, on se dépossédera. Si l'ultime humiliation et la perte de mon âme revient à me faire perdre mon statut de créature vaporeuse, tentatrice et surtout vaguement conne, je signe desuite.

"Ce qui nous ensoleillerait l’existence n’est nullement l’égalité des sexes mais une assomption de la féminité."

Ce qui m’ensoleillerait l'existence, c'est justement cette égalité que je réclame partout. C'est qu'un Denis vaille une Dame Fanny. Et que ma féminité, ou ta masculinité, reste bien sagement au placard quand on parle de choses de grandes personnes. Quand on parle de travail et de mérite, de prétentions salariales et de reconnaissance. Paire de nichons, ou pas. Poils sous les aisselles, ou pas.

J'ai bien peur que cela marque la fin de nous, Denis. Nos chemins sont trop éloignés l'un de l'autre, moi beaucoup trop dans l'avenir, et toi encore coincé au siècle dernier. Moi et mes allures de serpent, on se chargera d'aller faire mordre des pommes qui font prendre conscience à d'autres. Plein d'autres. Mon néofeminisme est comme tes clichés sexistes, il a la peau dure et risque de durer longtemps.