Du blabla avant le sujet qui fait "you are my sunshine, my only sunshine, you make me happy when skies are grey"

Je vous trouve mignon, à continuer à débattre depuis deux mois sur le dernier post. Surtout pour essayer de me convaincre que vous avez raison et que je dois le reconnaitre.

Mes choux d'amour que j'aime par delà l'univers, je me permets de dire à nouveau quelque chose :

Ici, c'est chez moi.

Chez moi, je n'ai jamais tort.

Après, libre à vous de vous exprimer. Mais vous me faites penser à tous ceux qui tentent de me faire manger de la viande, avec leurs pretextes plus ou moins cons. Et je les écoute toujours, sagement, du "c'est pas sain de pas manger de protéines animales" au "Tu nies la mort!".

Et vous savez quoi?

A la fin de la journée, je finis toujours par manger mes légumes et non de la viande.

Et pendant que vous passiez votre temps à essayer d'argumenter qu'il fallait comparer la tenue vestimentaire correct des femmes à l'installation d'une porte blindé chez soi (très profond soupir), moi j'en profitais pour passer mes partiels et me faire tatouer par les deux tatoueuses les plus douées de France.

Mais je vous en prie, continuez, chacun gère son temps libre comme il veut.

 

Sujet du jour :

De le "Et toi, tu nous en fais un quand?"

 


Je suis la cadette de ma famille. J'ai deux soeurs ainées. La chose intéressante à ça, ce que cela permet de voir ce qui va t'arriver à l'avance dans la gueule. Plus ou moins.

Je me souviens que les gens ont vraiment cassés les ovaires à ma deuxième sœur à partir de ses 25 ans. A propos d'avoir des enfants. Parce qu'elle était en couple depuis un moment, et parce que les gens adorent se mêler de ce qui ne les regarde pas. Et ce pendant des années. Jusqu'à ce qu'elle finisse par en avoir un. Et qu'elle se prenne cette réflexion :

"J'aurais pensé que tu te serais mariée avant de tomber enceinte".

J'admire le courage de ma sœur, je pense qu'à sa place, je me serais balancée du haut du pont d'Aquitaine en ayant pris soin de buter toute ma famille avant en mode Seven "WHAT'S IN THE BOX? WHAAAAT'S IN THE BOOOOOX??".

De loin, j'ai trouvé ça très lourd.

Pendant que mes sœurs passaient (ou non) entre les mailles du filet des réflexions, je vivais ma vie. J'ai la chance d'avoir 12 ans d'écart avec la première, et 6 ans avec la deuxième. Ce qui laisse beaucoup de temps pour s’épanouir tranquillement pendant que les autres se font massacrer par les questions envahissantes. Et par le poids de la famille, sur ce qu'il faut faire ou non pour être une fille/femme respectable.

Et puis j'ai eu 25 ans.

Et puis, pire, j'ai eu 26 ans.

Cet âge qui ne signifie absolument rien, qui n'est même pas aussi drôle a fêter que les 25 ans. Mais qui pour beaucoup signifie le début du décompte avant les 30 ans. Et je crois que cet âge fait clairement disjoncter les plombs à beaucoup de personnes.

Et permet ainsi de casser les couilles à son prochain sous prétexte qu'on n'assume pas qu'on est en train de vieillir.

Et donc qu'on va mourir.

Nice.

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OMG c'est trop affreux, je suis aussi périssable qu'une vieille boite de surimi


Moi qui pensais être un peu à l’abri de toutes les conneries de normes qu'on refile sur le coin de la tronche de chaque fille qui devient pubère. Avec mes cheveux rouges/rose/violet/rasé. Les tatouages. Les plugs. Le féminisme. L'idée que j'envoie se faire foutre systématiquement tous ceux qui me parlent du rôle que je devrais avoir en tant que femme. Je pensais que ca donnerait un indice.

Loupé.

Meuf, t'as passé 25 ans. Meuf, t'as ton horloge biologique qui fait tic tac toc (on the clock)(but the partie don't stop).

Le problème, ce n'est pas l'horloge biologique et la viabilité des ovules. Le problème, c'est le nombre de gens qui se permettent de t'en parler.

De tes ovaires. De tes ovules. Qui rencontreront un joli petit spermatozoïde pour créer un tout petit embryon, qui deviendra un fœtus, qui deviendra un tout petit bébé.

Vomir.

A 26 ans, j'ai déjà tout eu, je me demande (avec joie et bonheur) ce que l'avenir peut encore me réserver. 

"Et toi, tu t'y mets quand?"

"Tu nous en fais un quand?" (affreux-affreux-affreux)

"Ça serait bien si tu faisais un bébé avant tes 30 ans mais tu fais ce que tu veux, je dis juste ça parce qu'après c'est plus dur"

"Oh ça fait X années que vous êtes ensemble? Vous n'avez pas envie de fonder une famille?"

Ce genre de phrases n'étant balancé qu'au sexe féminin évidemment. Aux dernières nouvelles, mon conjoint ne s'est jamais autant fait emmerder que moi. Alors que pourtant, il fait parti des 50% de mon couple, il mériterait d'avoir droit à son lot de merde aussi. Mais non, tout ça, c'est juste pour moi. Et après, on va parler de l'horloge biologique qui rend les femmes complétement folle.

Connerie.

Le problème, ce n'est pas l'horloge biologique. Le problème, c'est le nombre de personne qui veulent des nouvelles de ton utérus. J'avais écris un article qui en parlait il y a deux ans. Je ne pensais pas qu'entre temps, ça serait pire.

Pauvre de moi.

Je n'ai rien contre les enfants. En temps normal, je les aime bien vu que la plupart du temps, je leur fais cours. Je suis folle de joie quand j'entends les gens me parler de grossesses. Je deviens hystérique quand les grossesses concernent les gens proches de moi. Il y a tellement de mauvaises nouvelles dans la vie qu'apprendre une naissance à venir me rend complétement niaise. Surtout quand j'apprends que l'enfant à naitre ne souffre d'aucune pathologie. Vous ne vous en doutez pas, mais quand votre enfant n'a pas de problème, c'est une putain de chance qui mériterait d'être célébrer beaucoup plus que cela.

Par contre, quand on vient foutre son nez entre mes jambes, option "coucou je te fais une consulte gényco gratos", ça me fait bondir. Après multiples réflexions, j'ai enfin trouvé pourquoi :

Je passe tellement de temps de ma vie à prouver que je vaux autre chose que mon sexe que ça me rend folle qu'on m'y ramène sans arrêt. Je fais des études, des projets, des voyages. J'ai des convictions.

Et à la fin, ce que les gens retiennent, c'est mon utérus. Oui je suis contente de tes études ma fille, mais enfin, le plus important, tu nous fais quand un petit fils? Comment ça, ça me regarde pas? Mais on peut jamais rien te dire, c'est fou ce que tu es désagréable!

sam

T'es vraiment trop méchante

Pour le moment, je n'ai absolument aucune envie de faire des enfants. Je pense plutôt au futur remplissage de la pièce sur ma cuisse, ou à la rentrée scolaire et le boulot que cela va amener. Mon prochain voyage en Pologne. Les cours d'arabe que j'aimerais prendre un jour. Apprendre à faire de la guitare. Faire des plans à trois. Tout ça.

Quand on me dit que je DEVRAIS faire des enfants, je mords, je griffe et j'envoie balader. Parce qu'à ce que je sache, un enfant se fait par la rencontre d'un ovule et d'un spermatozoïde, durant un rapport sexuel. Donc ça veut dire que les gens se permettent de venir se mêler de ce qu'il se passe pendant que d'autres font l'amour. Couchent ensemble. Baisent. Copulent. Jouissent.

Fuck me like a bitch, darling.

De quel putain de droit?

A quel moment il est normal de venir donner des directives aux femmes sous prétexte qu'elles sont en âge d'enfanter? Et que la société trouve cela parfaitement sain? De quel droit doit on ENCORE décider pour nous comme si nous étions d’éternelles mineures?

On parle de rapport sexuel. Moi ça me fout la tête à l'envers que ma mère vienne s'en mêler. Que ma grand mère m'en parle. Que les amies de mon père me demandent quand est ce qu'elles verront mon premier né.

Le sperme de mon mec qui devrait aller dans mon vagigi pour rencontrer l'un de mes ovules pour que tout le monde s'en réjouisse.

Dégueulasse.

Pas dégueulasse de faire un enfant, mais dégueulasse que tout le monde ai l’œil dessus. J'ai peur de finir par croiser un membre de la famille lors de ma prochaine partie de jambes en l'air, qui me glissera à l'oreille "tu devrais essayer la brouette japonais chérie, c'est meilleure pour la fécondation" (déjà que j'ai des problèmes à concevoir l'idée des morts qui peuvent nous regarder depuis là-haut-dans-les-cieux "ME REGARDE PAS ARRIÈRE MAMIE JE SUIS UNE SI VILAINE FILLE!")

C'est malsain le regard des gens dans mon utérus. C'est malsain le regard des gens dans ma teucha. C'est malsain le regard d'autrui sur ma vie sexuelle. A les entendre parler de procréation, j'ai l'impression de me retrouver dans toutes les saloperies de manif pour tous, un papa une maman on ne ment pas aux enfants et y'a pas d'ovules dans les testicules.

Comme si le sexe servait uniquement à procréer. J'ai à peine 10 ans de vie sexuelle active et on essaie déjà de me la ruiner. N'oublie pas que la baise n'est rien chérie. N'oublie pas que toi non plus tu n'es rien tant que tu n'as pas prouvé à la société que tu pouvais porter la vie. Enfante, c'est ton seul but.

vierge

Oh Jesus oh Lord Alleluia!

 

Alors, comme je sais que j'ai encore quelques joyeuses années d'intrusion dans ma vie privée devant moi, je sais ce que je vais faire. Puisque les gens aiment savoir les projets de mon utérus, je parlerai de ma vie sexuelle en retour. Que dans la levrette, j'aime qu'on me tire les cheveux mais moins qu'on m'étrangle.

Que j'aime laisser des marques sur mon partenaire mais que je préfère encore plus en porter.

Qu'être au dessus, c'est sympa mais c'est plus fatiguant qu’être au dessous.

Que ça finit toujours mal dans la douche, et que c'est vraiment pas drôle de se bloquer la mâchoire lors d'une pipe.

Que je rêve de filles tout le temps, et que je trouve que les garçons, ça manque de seins parfois quand même.

Que le sperme, c'est vraiment pas bon, je ne sais pas comment vous faites?

Qu'à partir de combien de personnes on considère que c'est une partouze? 4? 5? C'est comme le foot, c'est à partir de 11?

 

Et quand j'aurai ratissé tout le domaine sexuel et qu'on me demandera enfin de me taire, je rappellerai qui a commencé.  Qui a absolument voulu parler de l'intimité de l'autre, et de toutes les choses qui ne le regarde pas. Oui oui, même si c'était "juste pour être gentil", "juste comme ça, pour demander", "après, tu fais ce que tu veux, t'es grande".

Foutez la paix aux femmes. Occupez vous de votre propre couple, et de votre propre vie sexuelle. Cessez de nous prendre pour des foutus incubateurs. Mêlez vous de votre utérus, de votre paire de couilles et de tous les organes sexuels de votre partenaire. Foutez la paix aux couples autour de vous. Oui, même si cela fait 5/6/7 ans qu'ils sont ensembles et qu'ils n'ont pas de projets.

Foutez leur la paix parce qu'encore une fois, cela ne vous regarde pas. Et que, souvent, les gens sont assez gentils pour ne pas vous rappeler que vous ne faites pas partie de leur duo. Que vous n'avez pas votre mot à dire, même si vous avez un lien de sang avec l'un d'eux.

Les gens ne sont pas à votre service, et surtout, plus important : Qu'ils fassent ou non un gamin, vous allez mourir quand même et dans un centenaire, personne sur terre ne se souviendra de vous.

Allez, bisous.