Du blabla avant le sujet

Presque 3 mois sans post, je pense que je suis en train de battre un record. Outre le fait que la rentrée scolaire ai été sacrement chaotique, je crois que le silence sur le blog est aussi du à l'exaspération que j'ai pour les commentaires. La violence gratuite et moralisante que je me tape à chaque note.

Du coup j'hésite. J'ai deux solutions que j'envisage sérieusement : La fermeture pure et simple des commentaires ou la migration sur une autre plate-forme, où il faudrait s'inscrire pour laisser un commentaire. Parce que ce qui me fatigue le plus la dedans, c'est bien le côté branleur anonyme, en mode "je me touche en donnant des leçons mais je ne veux surtout pas qu'on sache qui je suis".

Parce que si je veux de la rébellion adolescente, je vais directement au boulot, et je parle à mes collégiens, sweat à capuches et postures de larves incluses.

Pas à des adultes avec des masques sur internet.



Sujet du jour :

L'insulte aux femmes politiques :

Toutes les mêmes, toutes les mêmes, toutes les mêmes et y'en a marre



En ces temps de crise, s'il y a bien quelque chose sur lequel on ne fait pas de baisse, c'est bien la misogynie. Sous couvert d'humour, on s'en donne à cœur joie. On tape sur tout ce qui dépasse de la norme. On se la joue politiquement incorrect. On fait du grossier, du vulgaire, du bien graveleux. On insulte les femmes politique. Et on se marre bien oulala.

Hihihi c'est drôle. hihihi c'est pour RIGOLAY merde. T'as pas d'humour.

 

 

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My god, I'm so funny.

Guy Bedos traite Nadine Marano de connasse et de salope durant l'un de ses spectacles.
Et Jean Bourdeau, attaché parlementaire du sénateur Jean Pierre Michel en profite pour faire de même envers Marion Maréchal Le Pen.

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Bref, c'est la grosse poillade. J'ai un peu l'impression d'être aux fêtes de la Saint Jean, entourée de bariques et de rugbymen à poil sur les voitures. C'est chouette, ça fait saveur local. Manque plus qu'une ou deux mains au cul, et j'ai pas l'impression d'avoir quitté le sud ouest.

Chouette.

Alors c'est quoi le problème?

Le problème, c'est qu'on n'attaque pas l'élue politique. On n'attaque pas le parti politique de ces deux femmes (et il y aurait pourtant à dire), ni leur rang d'élue. On n'attaque même pas leurs prises de position sur des sujets actuels.

L'attaque passe par une formule réductive que l'on connaît bien :


Etre humain => Etre feminin => Vagin

Vagin = Pas beau

On a encore rien trouvé de mieux pour crédibiliser quelqu'un. Genre "hey bichette, t'as pas de couilles toi!"

Fin de l'argumentaire.

Pas besoin d'en dire plus. Moi, du haut de mon statut de non-détenteur-de-vagin, je te signale que tu en as un.

Trop cassé la meuf. Comment jt'ai ken (orthographe non vérifiable), comment tu peux plus rien répondre, va y me parle même pas. Grosse bouffone, t'es trop cheum. Trop le seum quoi.

Niveau de l'argumentation : 5ème. Je le vois presque tous les jours avant mes cours.

Je suis contente de savoir que la parole est détenu par ces individus là. Je suis contente de voir que le sexisme à de si beaux jours devant lui. Qu'on continue de caqueter quand une députée prends la parole à l'Assemblée Nationale. Qu'on continue à me faire savoir que je suis le 2 et pas le 1 sur la carte vitale. Je passe en deuxième, je suis le pictogramme sur lequel on rajoute une jupe pour montrer ma différence avec le pictogramme "humain normal". Moi je suis "humain à jupe", je ne suis pas la norme.

Et la norme me le fait bien sentir.

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C'est pour ça que je suis souvent énervée, et que j'accueille très mal la drague dans les espaces publiques. Parce que j'aimerais qu'on arrête de me faire cette jolie réduction "Etre humain => Etre feminin => vagin (avec possibilité d'accession par mon pénis)". Je ne veux pas qu'on fasse sans cesse référence à mon sexe, en esperant me diminuer ou me flatter. Il est ce qu'il est, au même titre qu'une jolie paire de testicules. Et s'il n'y avait pas cette construction sociale du genre, il aurait autant d’intérêt aux yeux des autres que mon gros orteil (au demeurant très joli) ou ma chaîne des osselets (marteau, enclume, étrier CA VA J'AI EU MON PARTIEL).


Et comme je n'ai pas fini avec l'infiniment bas, je voulais montrer cet exemple d'humour, vu hier sur twitter. Attention, c'est vraiment moche.

blaireau

Voilà où ça mène, le sexisme. Rappeler à l'autre qu'il a un vagin, et que cela le rend moins digne de valeur. Que nous, en tant que non détenteur, on a le droit de balancer à la face du monde que c'est une honte d'avoir été violé.

L'humour de merde, c'est croire qu'on est politiquement incorrect quand on blâme la victime d'un viol, et non le violeur. Alors que c'est la norme, la règle ultime en matière d’humour. Je ne connais pas de blagues où l'on se moque du coupable. C'est bien plus facile de cracher sur la victime. Je peux te salir ad vitam eternam. Et c'est bien fait pour toi.

Connasse.

Salope.

Tu prends de la place dans l'espace public.

Tu prends MA place. Alors je vais te ramener à ton sexe, et à ta condition de numéro 2.

C'est de l'humour, hein!

Vraiment?

Messieurs les hommes politique, les humoristes connus et moins connus, il serait peut être temps de réfléchir aux sens de vos parole. A la signification du langage que vous utilisez. A votre idée de "l'humour noir" et autre expression qui justifient le fait de l'ouvrir pour dire des conneries.

Rabaisser les femmes n'est pas drôle. Rabaisser les femmes montrent juste que la parité vous agace, et qu'on est encore bien loin de l'égalité. Rabaisser les femmes, par des insultes ou des bons mots, ne fait pas de vous quelqu'un de provocant.

Ca fait juste de vous un connard.

Et c'est profondément navrant.