Le blabla avant le sujet qui fait "No one will love you like I did, will you fuck you like I did" :

Le dernier article a été partagé des milliers de fois sur les réseaux sociaux.

Ohlala.

Merci beaucoup pour vos mails, vos commentaires, pour vos mots et vos experiences. Merci de m'avoir livré des morceaux de votre vie, et de m'avoir donné matière à réfléchir.

Bref, je vous aime.

Et en l'honneur de mes nouveaux potes mourmons-tisane (je change l'orthographe exprès les bichons), qui, malgrè le fait d'avoir une religion un peu con, sont un peu sympas, je vais essayer de suivre leurs interdits sur cet article et je vais donc m'abstenir de :

boire de l'alcool (Nope)

boire du café (Nope)

boire du thé (Nope)

fumer des clopes (Nope)

baiser (Nope)

Jurer

Love you, Chemisettes friends.

 

Sujet du jour :

 

"Quand les féministes donnent envie d'être sexiste"

Et ta mère, elle est sexiste?

 

 

Le 21 avril dernier, Philippe Bilger publiait un article sur le figaro.net pour parler de la polémique de la réédition des carnets de santé des Bouches-du-Rhône. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est pas trop d'accord avec Phiphi.

(Alors oui, j'aurais pu en parler plus tôt, mais j'étais un peu occupée à parler de sexe. Et si on peut éviter de lier ma vie sexuelle et un homme né en 1934, je suis plutôt pour).

Alors, cette polémique. 

Donc, le conseil régional des Bouches du Rhône a édité un carnet de santé avec une couverture over cliché sexiste par delà la Lune.

Bouchas du rhonas

(une petite carte pour situer The Rhône's mouth parce que fais pas genre tu sais où c'est)

 

Du coup, quand les gens ont commencé à se plaindre, les 33 000 carnet ont été réédités.

En terme de thune dépensée pour que dalle, ça se pose là cette histoire.

En même temps, en terme de sexisme bien moche, on est pas mal. Voici la jolie couverture qui ne choque absolument pas Phiphi :

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Cheumerie Cheum

Du coup, Philou, il nous a fait une sortie en mode "Filez moi le Goncourt bande de chiens" (à lire ICI) :

"Le visuel de la première page de ce carnet a été jugé «sexiste» parce qu'on y voyait une fille inquiète pour son tour de taille et un garçon heureux de se mesurer. L'un et l'autre, en dehors de cette différence psychologique, ne se trouvaient pas dans une posture de nature à blesser l'un ou l'autre. Juste ensemble et différents. Ce n'était pas bouleversant d'originalité!"

Moi, j'aime bien quand on met le mot sexiste entre guillemets. J'imagine bien un grand monsieur/vieux/blanc/cis/cravaté faire le geste des guillemets avec les doigts. Ça discrédite, l'air de rien. Genre moi je connais mieux le mot, genre moi JE SAIS.

Et encore heureux que les gamins ne se tapent pas dessus, je te demande pas les Hunger Games quand je veux un carnet de santé, remets toi.

 

"Ainsi, le simple fait d'oser renvoyer à une caractéristique qui, pour n'être pas fondamentale, est réelle dans la quotidienneté, a suffi pour jeter au pilon un carnet de santé qui avait été validé par le précédent exécutif départemental. On tombe sur la tête.

On aurait figuré un garçon fier d'avoir minci et une fille béate d'avoir grandi, tout aurait été donc parfait, conforme, exemplaire? Faut-il à tout coup casser des représentations qui en elles-mêmes ne portent pas atteinte à l'égalité des sexes mais s'ancrent dans une spécificité qui ne permet pas, certes, de définir le féminin ou le masculin dans sa globalité mais n'en est pas honteuse pour autant?"

Ma rhétorique préférée de l'amour. Quand tu accuses quelque chose d'être sexiste, tu peux être sure que tu vas te manger un "Ouais donc si on échange les genres, t'es contente? T'as qu'à vouloir des métiers où on porte des choses lourdes! T'as qu'à faire du marteau piqueur!"

Qu'on soit bien d'accord : Vouloir l'égalité, ce n'est pas inverser les rôles et donner les oppressions de l'un à l'autre.

C'est enlever l'oppression sur les deux.

Et puisqu'il faut le redire : Personne n'a envie de porter des choses lourdes parce que ça, c'est vraiment de la merde (POINT LEVÉE DE L'INTERDIT MOURMON)

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Sorry oh Jesus qui s'est aussi réincarné aux America Amen oh Lord

 

"J'entends bien que les images, les magazines, les publicités et les photographies ont de l'importance et qu'ils peuvent favoriser, structurellement, des stéréotypes mais d'une part il en est qui n'ont rien de blâmable et d'autre part cette manière de poser la grosse patte de l'État ou d'un antisexisme dilaté et militant sur tout et n'importe quoi interdit l'élaboration personnelle, intime, familiale des configurations qui nous regardent."

Les images, les magazines et les publicités ne favorisent pas les stéréotypes, ils les martèlent et infligent des putain de codes de féminité et de virilité dont le monde se passerait bien. La souffrance occasionnée par des injonctions liées au poids ou à la taille respectable de muscles à avoir ne devrait jamais être minimisée. Et j'aimerais bien qu'on développe un peu ce que tu veux dire par une "élaboration familiale des configurations", parce que ça sent très fort la manif pour tous et la théorie du djendeur tout ça.

Et je t'ai aussi perdu à "antisexisme dilaté". Je suis pas bien sure, mais j'imagine qu'il s'agit d'un antisexisme pas sympa qui va contre les stéréotypes genrés et qui va donc détruire la famille et provoquer (encore) l'effondrement de la civilisation.

Cool.

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Un papa une maman on ne ment pas aux enfants

 

Au nom de quoi récuser le plaisir que vous offre une petite fille déjà attentive à sa taille et un petit garçon investi par l'envie de grandir? Conviendra-t-il bientôt de s'excuser parce qu'on prononcera homme ou femme, qu'on s'obstinera à identifier de belles différences entre eux et que, loin d'être attristé par ces singularités riches et fluctuantes, on les mettra au contraire au crédit de l'humanité?"

J'attends les prochaines salves délirantes de ceux à qui la nature répugne. Et qui prétendent nous imposer une condition, une vision, une éducation qui ne relèvent que de notre seule responsabilité. Une résistance à ce mouvement faussement progressiste et vraiment totalitaire doit se manifester et un coup d'arrêt et de bon sens survenir. Et d'urgence.

Nope.

Nope.

Nope.

Hey teacher, leave that kid alone!

Le sexisme nous bouffe déjà tout entier, aussi grands et adultes soyons nous. C'est déjà trop tard pour nous, notre cerveau est complètement bourré d'automatismes et de stéréotypes tous aussi cons les uns que les autres.

Mais si on est déjà foutu, j'aimerais qu'on foute la paix aux enfants. Qu'on arrête de donner du rose aux petites filles jusqu'à ce qu'elles vomissent. Qu'on arrête de ne leur parler que de maternité et de leurs apparences. Quelle horreur de balancer l'obsession du poids aux plus jeunes, quand on sait le taux de problèmes de troubles alimentaires à l'adolescence.

Sois mignonne et mince, chérie. Sois belle et désirable. Encore. Encore. Encore.

Mais non, c'est juste "une belle différence" hein?

Et bon dieu, qu'on laisse les petits garçons vivre un peu. Les conneries virilistes qu'ils reçoivent dès qu'ils sont en âge d'écouter, c'est à gerber. A qui souhaiterait on de ne pas avoir le droit de pleurer? De ne pas montrer ses sentiments? Ça va durer jusqu'à quand, ce mythe de l'endurance à la souffrance. Tu es le péché originel, tu dois souffrir durant toute ta vie. Cimer la culture judéo-chrétienne, on va encore devoir l'appliquer dans nos vies jusqu'à quand?

Même mes potes Mourmons, ils disent que « les hommes seront punis pour leurs propres péchés et non pour la transgression d'Adam ». Ça veut dire que même les plus gros intégristes que je connaisse, ils se libèrent du culte de la culpabilité qu'on se tape nous dès l'enfance. Mais continuons, on est sûrement sur le droit chemin.

Souffrons tous ensemble, formons les petits garçons à souffrir et à enfermer leurs émotions à double tour. On aura bien le temps de vendre des millions de magazines féminins avec des articles à la con du genre "10 astuces pour réussir à le faire partager ses sentiments hihihi les filles".

Ce ne sont pas des "singularités riches et fluctuantes", ce sont des injonctions qui forcent les individus à se forger dans des moules avec lesquels ils n'ont parfois rien en commun. C'est empêcher les personnalités de se créer et aux enfants de grandir comme ils voudraient être. C'est enfoncer des stéréotypes dans leurs têtes comme on mettrait des coups de pelles dans la gueule.

Le monde dans deux cases, et rien qui dépasse.

L'horreur.

"Parce que sinon, par réaction, on aura tous envie de devenir sexistes. Et 33 000 euros dilapidés pour rien!"

Ce que j'aime le plus, c'est quand même cette petite phrase de fin qui finit, comme une fleur, par une menace. Genre t'es bien gentille ma jolie, mais n'oublie pas qu'on pourrait redevenir des grands méchants. Et que si tu as le droit de l'ouvrir, c'est justement parce qu'on te l'a gentiment accordé. Mais qu'on pourrait revenir sur nos paroles si tu cherchais à trop bouleverser les codes établis. Faites attention les filles, on pourrait devenir violent.

Non mais Philou, sérieusement, parce qu'on l'est pas déjà tous, des gros cons sexistes? Murés dans nos petits rôles genrés? Genre, c'est pas déjà le cas?

Ta menace, ça serait pas plutôt "On aura tous envie de devenir d'ENCORE PLUS GROS CONS sexistes"? On vous a bien laissé déconner avec votre volonté d'égalité mais faudrait pas voir à vouloir nous prendre nos rôles. Qui va s'occuper des enfants, hein? Et la famille, alors?

On devient quoi, si on n'est plus obligé de se conformer aux rôles avec lesquels on nous a éduqué? On devient quoi, si on se retrouve libre de choisir en fonction de ce qu'on est, et pas en fonction de ce qu'on devrait être?

T'as raison Philou, ça fait trop flipper tout ça. Remettons les gens dans des cases, les garçons en bleu, les filles en rose, et les moutons seront bien gardés. Laissons les filles s'obséder avec leurs poids, et les garçons s'écraser dans le moule de l'homme grand et fort. Laissons ceux qui dépassent trop se laisser mourir à l'adolescence (15% des décès des moins de 20 ans sont des suicides, mais n'y réfléchissons pas) et on aura toujours un joli monde beau et conforme aux normes.

Deviens encore plus sexiste si tu veux Philou. Je suis bien contente que ce carnet de santé à la couverture nauséabonde ne soit plus donné aux familles. Et peut être que la prochaine fois, plutôt que de claquer de l'argent, on refléchira à deux fois avant d'imprimer 33 000 euros de couvertures sexistes.

Peut être que la prochaine fois, à la prochaine "salve délirante" dont tu parles, on deviendra, justement, des moins gros cons sexistes.

Amen.