Le blabla avant le sujet :

Je suis très à la bourre pour répondre aux mails et aux commentaires, mais promis je m'en occupe très vite. J'ai eu pas mal de travail et de verres à prendre, et je vous tiens particulièrement responsables d'une très vilaine cuite dont la soirée au pub de la veille avait pour thème "Viens, je t'offre des verres, mon blog a des visites".

Donc vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous même.

Love.

 

Sujet du jour :

 

Sois complexée de la teucha meuf, tome 2 :

Quand tu couches pas

 

L'autre jour, une pensée m'a traversé le crane.

Genre une vilaine, qui m'a fait m'arreter pour la contempler un petit peu.

 

"C'est vraiment cool d'être célibataire, je couche uniquement quand j'en ai envie"

 

On va prendre un moment, on va se servir un verre, et on va réfléchir deux minutes.

Avant toute chose, j'aimerais bien savoir si cette vilaine pensée ne vous ai jamais passé par la tête non plus.

(Et je suis désolée, je vais m'adresser principalement aux lectrices de ce blog dans cet article. Je n'ai pas dit que je n'aimais pas les lecteurs. Au contraire, je l'ai déjà dit, vos commentaires sur la condition masculine sont absolument fantastiques. Géniaux. Merveilleux. Je les aime autant que le verre de Tariquet du soir. Que la lune croissante. Que la rosée du matin. 

Mais là, je parle de ressenti et de vécu, et je ne peux vraiment pas parler à votre place. Mais n'hésitez pas à m'en parler dans les commentaires. Voir mieux, ouvrez un blog, je serai vraiment curieuse de voir votre ressenti sur la sexualité de votre côté. Love love love)

J'en étais où?

Ah oui.

Se forcer au lit.

Tu sais, quand t'as pas trop envie, mais que l'autre insiste. Insiste. Insiste encore.

Et que tu cèdes, pour plein de raisons diverses et (a)variées.

Voila.

Donc on reprend :

Tu baises, t'es une salope.

Tu baises pas, t'es vraiment une connasse

Yeah double yeah.

La dernière fois que je discutais avec ma grand mère, elle me parlait de son adolescence, quand les parents ne parlaient tellement pas de sexe qu'on ne discutait même pas des grossesses avec les enfants de la famille. Genre on se contentait de présenter le bébé en mode "kikoo ta 1 petit frère mintenan lol XD" sans en avoir parlé pendant neuf mois. Et que tu te trouvais mariée sans que la moindre personne ne t'ai expliqué comment marchait les rapports sexuels. Yolo, meuf, démerdes toi.

Ça, c'était il y a 60 ans.

T'imagines comment c'est rien, soixante ans. Ça fait combien d'années qu'on peut parler de sexe? Qu'on peut éduquer sur ce qui se passe dans les rapports sexuels?

Ça fait que dalle. On a encore tellement de choses à définir, tellement de sujets à aborder. Quand je me rappelle les quelques cours sur les rapports sexuels qu'on avait eu au collège, je me souviens des garçons d'un côté à qui on parlait de masturbation, et les filles de l'autre à qui on parlait règles et grossesses potentielles. Je me dis qu'il y a encore tellement de chemin à faire.

La sexualité est politique, et notre corps l'est aussi. Et j'ai parfois l'impression d'enfoncer des portes ouvertes sur ce blog, à rabâcher des choses évidentes sur le sexe et le droit de chaque humain à pouvoir disposer de lui même.

Mais bon, en exemple, un jour t'écris sur ton petit blog un article qui dit que tu es une femme et que tu veux pouvoir avoir la sexualité que tu veux. Et c'est tellement fou, tellement outrancier d'écrire ça que Jean Michel Troll est obligé de se créer un faux profil en anonyme pour venir te balancer des arguments à la con. Attends, je te montre :

troll

T'imagines le truc? Cette pensée fait tellement peur que je provoque le besoin aux anonymes de me dire que non non non, la sexualité ne changera jamais, on restera toujours comme ça, et bisque bisque rage t'es moche.

C'est effrayant. C'est fascinant.

Bref, je reprends.

Donc baiser comme tu veux, ça ne va pas.

Ca fait peur,

t'as des lunettes de hipster,

radiateur.

(haiku)

 

Pas baiser, ça ne va pas non plus, mais c'est normal qu'une fille n'ai pas trop trop envie.

On conditionne la sexualité féminine en la bridant, tout en mettant bien l'accent que la gente masculine, elle, a toujours envie. Tout le temps. Tous les jours. Toutes les minutes. Des bites sur pattes, des pénis accessibles à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Free teub everywhere, et si ton mec veut pas baiser dans la seconde, ça veut bien dire qu'il ne t'aime plus et qu'il te trompe.

D'un côté, les femmes qui sont cérébrales et n'aiment pas le sexe.

De l'autre, les hommes qui sont complètement cons et qui adorent ça.

Super super les rapports genrés.

Comment ça, j'en fais trop?

T'es déjà passé sur les sites de séductions et les sites de presse féminine?

Moi oui. Et j'ai beaucoup souffert pour la rémission de vos péchés putain.

 

Cosmopolitan.fr te rappelle que quand même, t'es vraiment hyper teubé quand t'as un chibre  :

VEULENT VRAIMENT

#TesVraimentConJeanMarc #LaGrosseFatigue

Et côté désir féminin?

Ça donne envie de pleurer. On te donne une jolie case où tu peux bien toute te fourrer, toi et ton cérébralisme de merde qui veut jamais baiser.

Et pourquoi tu couches pas, d'ailleurs?

Parce que, bien sur, si tu veux pas avoir de rapports sexuels, c'est forcement parce que tu penses trop. Ou que tu veux de l'amour. Des preuves d'affections. Des bisous. Des bijoux. Des petits coeurs sur le miroir. Hihihi say trop mignon tu peux pas test. Moi j'ai besoin d'amour, des bisous des câlins j'en veux tous les jours #TmtcLorie4ever

Site de séduction à l'appui :

seduction

La gerbe, gerba, gerbae, gerbam

 

 Et on a aussi des sites pseudo scientifique de merde genre e-sante.fr. Attention , c'est du lourd:

 

 

Santé ta mère

(j'ai même pas de mots pour faire une légende)

Donc forcement, si tu n'as pas envie, ton partenaire est en droit de trouver des trucs et astuces pour te faire changer d'avis. C'est comme quand tu dresses un poney, tu finiras toujours par lui faire faire ce que toi tu décides. C'est normal qu'une femme n'ai pas trop envie parce qu'elle à un désir de REPONSE A L'AMOUR DE L'AUTRE (sisi, t'as bien lu).

url

 

 

Et pour qu'elle accepte de coucher, il faut juste lui parler gentiment. Gentil petit poney, regarde j'ai une pomme pour toi. Et l'affaire est dans le sac, tu connais "les chemins de son désir", et tu vas "lui ouvrir". Le cheval, le cheval, c'est trop génial.

C'est fini?

Non.

Il y a Elle.fr qui n'est jamais le dernier pour dire de la merde (ICI). Et qui te donne des conseils COMPLÈTEMENT MOISIS si tu n'as plus envie de coucher (dans le cadre d'un couple hétérosexuel hein, faut pas déconner non plus).

Qui te dit que si tu n'as pas envie, c'est aussi parce que:

"Moins on mange, moins on a faim" (moins tu couches, moins tu as envie = C'est de ta faute),

"L’appétit vient en mangeant" (force toi connasse)

"Pour entretenir l’appétit et bien digérer, faut manger régulièrement" (utilise du lubrifiant)(?)(Et force toi encore au moins une fois par semaine on a dit)

"Avant de passer à table, on met une jolie nappe, ça ouvre l’appétit (J'ai même pas compris celui là, débrouille toi pour la traduction)

"Un peu de préchauffe" (Je suis pas sure d'avoir compris si on parle de l'importance de se toucher avant ou de mettre des produits de beauté pour se sentir désirable hihihi des paillettes et du sent-bon hihihi)(#ValarMorghulis)

Et je mets le dernier en entier parce que je sens poindre la mort :

ELLLLLLE

IMAGINE ALL THE PEOPLE MEUF

 

 

Pas un seul article ne te propose de parler avec ton/ta partenaire de ce qui ne va pas. Pas un seul article ne te dit que tu n'es pas un distributeur de rapports sexuels, et ça c'est très angoissant. On te parle de faire un effort, de te forcer. On te parle de coucher alors que tu n'as pas envie. Aux hommes, on leur dit de trouver des combines. Aux femmes, on leur dit de se forcer et d'attendre que ça passe.

Ce genre d'articles, ça te balance deux trucs à la gueule :

- Le désir féminin (= le désir de l'autre personne), c'est un truc casse couille qui demande de la préparation et c'est chiant et on aime pas trop.

- Quand une femme dit non, il suffit de ne pas l'écouter et elle dira oui plus tard.

 

Donc je disais : On a encore du chemin à faire. Et il y a surtout beaucoup d'éducation à donner. Sur l'écoute de l'autre, sur les préliminaires.

Sur le consentement.

L'autre dans le couple n'est pas disponible pour moi, femme ou homme. Ce n'est pas normal de se forcer, ce n'est pas sain de penser "bon allez, je dis oui comme ça il me laisse tranquille". Et pourtant, combien de fois ça m'est arrivé. Des années de couple, et de nombreuses fois où j'ai dit oui parce que j'étais fatiguée de dire non. Parce que tu aimes ton/ta partenaire et qu'on te martèle que c'est une façon de lui prouver. Conneries.

Ce n'est pas bien que le désir de l'autre passe avant le notre.

Ton désir, tes envies, tes choix, tes règles.

ton corps, meuf. Ta chatte, ton vagin, ton plaisir.

Toi avant l'autre.

Toujours, tu m'entends.

Toujours.