Une petite note rapide puisque le prochain article que je suis en train d'écrire prend beaucoup plus de temps que prévu. 

Et puis parce que je suis actuellement à Los Angeles. Aussi.

Non, je rectifie.

Et puis parce que je suis actuellement incroyablement heureuse à Los angeles. Aussi.

Alors je sais que j'ai beaucoup de chance. J'ai la chance d'avoir un métier que j'aime, et qui me donne en plus du temps et de l'argent pour pouvoir voyager.

Donc j'aimerais bien te dire viens, sois heureux toi aussi, c'est easy. Forcement, en allant marcher dans toutes les rues du monde, en levant le nez devant tous les buildings et en prenant des coups de soleil en avril, c'est toujours plus simple d'être très content.

Mais je vous souhaite tellement d'être aussi heureux que je peux l'être quand je suis en mouvement.

Parce que putain quand même, qu'est ce que je suis contente ici. Genre I feel it in my fingers, I feel it in my toes. J'achète 1200 bouquins que je lis sur le toit de l'immeuble où il y a des coussins, des palmiers et des oiseaux. J'ai découvert San Francisco qui est belle à en mourir de jalousie. J'ai vu le Golden Bridge et quand tu me connais un minimum, tu sais que moi et les ponts c'est l'amour par delà les étoiles (ET ON A MÊME ROULE DESSUS PUTAIN)(#hyperventilation). J'ai insulté en français un asshole qui a ensuite baissé la tête parce que, même si tu ne comprends pas, quand on te gueule "TU ASSOIS TON PUTAIN DE CUL SUR TA PUTAIN DE CHAISE MAINTENANT", tu sens bien qu'on te murmure pas l'Hymne à l'amour. Genre le ciel bleu sur nous peut s'effondrer connard, jamais tu me touches le mollet sans mon autorisation. 

Bref. 

Je souris quand on me parle de mon accent, je ris avec Flavie et ses amis d'ici. J'achète des hoddies et des bonnets avé "California" dessus, comme les vraisJ'ai passé une heure à Hollywood et j'ai trouvé ça chiant. J'ai passé huit heures en voiture entre Los Angeles et San Francisco et tu n'imagines pas comme la côté américaine est belle. Et les étoiles aussi. Les collines vertes immenses et le désert.

J'ai vu des lapins lumineux géants, des hommes se baladant nus avec juste une (huuuuge) chaussette sur le pénis. Des passages piétons aux couleurs de l'arc en ciel, et du street art partout partout partout. J'ai mangé mon poids en saloperies d'ici, en burger, en frites, en m&m's au beurre de cacahuète et au piment, en citronnade de toutes les marques et toutes les tailles (becose c'est mon obsession made in USA for ever), en pizza végétarienne et en bières à la fraise. J'ai eu une gueule de bois à en mourir parce que j'ai bu de la bière qui s'appellait "VOODOO" (et peut être à cause des gin tonic d'après mais ça va, t'es pas ma mère) mais je ne suis pas morte youpi oh Lord.

Chaque matin, je me réveille sur mon matelas pneumatique dans le salon, et je me dis que je ne pourrais pas être plus heureuse et que j'ai de la chance. 

C'était pas gagné d'avance, il y a quelques années. Crois moi chaton.

Et puis j'ai filmé tout le temps. La lumières, les couleurs, les gens, les bâtiments qui taillent le ciel ou les pots de glaces qu'on s'enfilent sur le toit la nuit. 

Parce que j'ai pris beaucoup de résolutions en ce début d'année. Il y en a que j'ai déjà réalisé, et plein d'autres qui me restent à commencer. Je mélange le tout, genre continuer à apprendre l'allemand et prendre contact avec un professeur de guitare. Acheter des manuels de braille et regarder le prix des airBnb en Irlande. 

Mais surtout, j'ai enfin acheté un logiciel de montage. 

J'ai une caméra depuis 2014 et j'ai filmé plein de morceaux de ma vie depuis. Mais je ne les ai jamais monté, je pensais que j'étais trop nulle pour ça, que je ne n'étais pas assez douée.

Et c'est bête comme idée. Je crois qu'on passe à côté de plein de trucs parce qu'on pense ne pas être à la hauteur de les faire, de les vivre, de les réaliser. Et on est vraiment des gros cons, à croire qu'on ne mérite pas les choses. On ne mérite pas de filmer des moments, on ne mérite pas de monter des films, on ne mérite pas d'écrire et d'être lu, on ne mérite pas d'être publié.

On ne mérite jamais d'être heureux, jamais. Ça fout trop d'angoisse, trop de pression, trop de craintes d'inachevé.

Bref, du coup, moi en 2016, je me fous des coups de pieds au cul. Je ne peux plus rester à tourner dans des schémas contenants, poussiéreux et miséreux. Moi j'essaie pour voir si je n'arrive pas à faire mieux. Et à faire fermer la gueule deux minutes à toutes les voix de mes peurs qui crient toujours à l'unisson, que je n'arriverais à rien, jamais.

Donc avant de partir aux États Unis, j'ai réussi à monter toutes les vidéos que j'ai pu filmer durant mon dernier voyage de 4500 kilomètres en février, à travers la France et l'Allemagne. C'est ICI.  C'est débutant, c'est tremblant, c'est mal cadré. Mais c'est plein de personnes que j'aime tellement, c'est plein d'Hambourg, de Berlin, de Marseille et de Sainté. Y'a même mon rire très fort, c'est pour dire. C'est peu intéressant, au final. Mais ce n'est pas le plus important.

Parce que putain, je l'ai fait. Le premier pas pour sortir des sentiers. Je vais maintenant monter mes autres films, celui de ce voyage ci. Et puis ceux d'avant. Revoir New York, Kiev, Montréal l'été.

J'ai débloqué un verrou que je m'étais moi même cadenassé, et putain ça valait le coup.

Alors pendant que je suis encore à neuf heures de décalage de vous. Je prends le temps de blablater un peu trop longtemps pour vous rappeler que vos cadenas, vous pouvez un jour réussir à vous les virer. Les tordre, les découper à la tenaille et les balancer. 

Je crois en toi depuis mon toit californien, je crois en toi à 9000 kilomètres de là. Je crois en toi, vraiment.

Donc alors dis, tu te décadenasse enfin quand?

Je reviens vite pour des articles plus complets. Bon la semaine prochaine, je serai en jet lag (so jet laaaaag ooooh ooooh)(T'as qu'à avoir de la culture musicale pour cette référence, merde) donc même pas on m'approche en vrai.

Mais bientôt, promis juré craché.

Je vous fais mille bisous de loin.

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